Le décret de Dieu, partie 9

 

« Ce que nous voyons, c’est que Dieu agit selon sa nature, selon ses attributs, et l’homme agit aussi selon sa nature qui est pécheresse. Dieu n’est pas l’auteur du péché parce qu’il ne le cause pas immédiatement. Il le fait arriver médiatement. »

 

La semaine passée, nous avons vu qu’il y a deux volontés en Dieu. Il y a la volonté morale exprimée par sa loi, et sa volonté décrétée, c’est-à-dire ce que Dieu a décidé qui allait arriver. Et nous avons vu que l’exemple le plus frappant concerne la mort de Jésus-Christ. La volonté morale de Dieu est que nous ne tuions pas. Le meurtre est formellement interdit dans la loi de Dieu. C’est sa volonté morale. Mais en même temps, Dieu a voulu, il a décrété le meurtre de son Fils. Il a établi avant la fondation du monde que son Fils allait être assassiné. Et nous voyons cette vérité dans quelques passages. Nous allons en lire seulement deux. Actes 2.23 :

Cet homme [Jésus], livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez fait mourir en le clouant à la croix par la main des impies.

Actes 4.27-28 :

27 Car en vérité, contre ton saint serviteur Jésus, à qui tu as donné l’onction, Hérode et Ponce Pilate se sont ligués, dans cette ville, avec les nations et avec les peuples d’Israël, 28 pour faire tout ce que ta main et ton conseil avaient déterminé d’avance.

Nous devons vraiment distinguer entre la volonté morale de Dieu et la volonté décrétée de Dieu. Ce point est parfois ignoré lorsque nous réfléchissons au salut.

Par exemple, Ézékiel 18.23 dit :

Ce que je désire, est-ce que le méchant meure ? dit le Seigneur, l’Éternel. N’est-ce pas qu’il change de conduite et qu’il vive ?

Et au verset 32 :

Car je ne désire pas la mort de celui qui meurt, dit le Seigneur, l’Éternel. Convertissez-vous donc, et vivez.

Finalement, au chapitre 33, verset 11, il ajoute :

Dis-leur : je suis vivant ! dit le Seigneur, l’Éternel, ce que je désire, ce n’est pas que le méchant meure, c’est qu’il change de conduite et qu’il vive. Revenez, revenez de votre mauvaise voie ; et pourquoi mourriez-vous, maison d’Israël ?

Ici, il est clair que Dieu ne désire pas la mort, la condamnation du pécheur. C’est sa volonté morale. Mais en même temps, sa volonté décrétée va parfois dans un autre sens. Alors que Paul nous parle de la fin des temps, il écrit en 2 Thessaloniciens 2.9 :

9 L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, 10 et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés.

D’abord, ici nous voyons que ceux qui périssent sont ceux qui n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. La question se pose à savoir si Dieu voulait sauver tous les hommes sans exception, pourquoi est-ce que Dieu ne donne pas l’amour de la vérité à tous les hommes pour qu’ils soient sauvés. Certains diront que c’est parce que ces hommes ne l’ont pas demandé à Dieu. Alors je réponds que ça prendrait déjà l’amour de la vérité pour demander l’amour de la vérité. Il faudrait déjà aimer la vérité pour demander de l’aimer. 2 Thessaloniciens 2.11 :

11 Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge,

Ce texte est très fort. C’est Dieu qui envoie la puissance d’égarement afin que des gens croient au mensonge mentionné plus haut. Autrement dit, Dieu donne l’amour de la vérité à ceux qu’il sauve, et une puissance d’égarement aux autres. Est-ce que ce que Dieu fait déresponsabilise ces personnes? 2 Thessaloniciens 2.12 :

12 afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés.

D’autres textes. Ésaïe 29.9-10 :

9 Attardez-vous et soyez atterrés ! Fermez les yeux et devenez aveugles ! Ils sont ivres, mais non de vin ; ils chancellent, mais non par des liqueurs fortes. 10 Car l’Éternel a répandu sur vous un esprit d’assoupissement, il a fermé vos yeux…

L’apôtre Jean qui a écrit le 4e évangile dit ceci aux versets 39 et 40 du chapitre 12 de son évangile. Jean 12.39-40 :

39 Aussi ne pouvaient-ils croire, parce qu’Ésaïe a dit encore: 40 l’Éternel a aveuglé leurs yeux ; et il a endurci leur cœur, de peur qu’ils ne voient des yeux, qu’ils ne comprennent du cœur, qu’ils ne se convertissent, et que je ne les guérisse.

D’un côté, nous lisons que Dieu ne désire pas la mort du pécheur, de l’autre côté, nous lisons que Dieu a aveuglé les yeux, endurci les cœurs, de peur qu’ils ne voient et ne se convertissent. La raison est que la volonté morale qui veut que le pécheur ne meure pas, est distincte de la volonté décrétée de Dieu qui agit souverainement.

Je pense que l’on commet une erreur lorsque nous prenons les versets qui concernent la volonté morale de Dieu et que nous en tirons des conclusions sur son décret. Dieu veut que tous les hommes soient sauvés. C’est sa volonté morale. Si l’on prend ce genre de verset pour dire que Jésus est mort pour tous les hommes, c’est une confusion à mon avis. Si Dieu avait décrété que tous les hommes soient sauvés, il n’aurait pas élu Israël seulement et laissé toutes les autres nations suivre leurs propres voies. Il aurait fait en sorte que l’évangile soit prêché partout sur la planète. Jésus n’aurait pas parlé en paraboles afin que les réprouvés ne comprennent pas. Et le Seigneur n’aurait pas fermé les oreilles des réprouvés.

 

6. Est-ce que le décret divin fait de nous des pions sur l’échiquier? C’est la réaction de certaines personnes. Et en lien avec cette pensée, il y a le déterminisme, le fatalisme. En fait, le fatalisme est contraire aux Écritures. Le fatalisme affirme que peu importe ce que l’on veut et ce que l’on fait, le destin arrive fatalement. La Bible ne dit pas ça. La Bible confirme les causes secondes. Si Dieu a décrété l’arrivée du mal et du péché dans le monde, Dieu a créé de telle façon que les hommes sont moralement responsables de leurs actions. Ce n’est pas Dieu qui pèche, mais l’homme. Et quand l’homme pèche, il le fait sans aucune contrainte extérieure. Par conséquent, nous ne sommes pas des pions qui avançons sans rien d’autre que la main qui nous déplacerait. Les hommes pèchent par eux-mêmes seulement. Contre la pensée fataliste, la Bible affirme que les hommes qui ne croient pas, ce sont eux qui refusent de croire.

 

7. Comment Dieu peut-il juger des hommes qui ne font qu’accomplir son plan?

Plusieurs éléments peuvent servir de réponse. D’abord, l’homme pécheur ne cherche pas à accomplir le plan de Dieu. Il veut plutôt s’opposer à Dieu. C’est malgré lui que le pécheur accomplit le plan de Dieu. Si Dieu a la puissance d’utiliser le mal dans le but contraire que les hommes se fixent, la gloire revient à Dieu, mais ça ne déresponsabilise pas l’homme. Ensuite, ce n’est pas parce que Dieu utilise le péché de l’homme que ce péché devient une vertu. Le péché demeure le péché. Ce que nous voyons, c’est que Dieu agit selon sa nature, selon ses attributs, et l’homme agit aussi selon sa nature qui est pécheresse. Dieu n’est pas l’auteur du péché parce qu’il ne le cause pas immédiatement. Il le fait arriver médiatement (par un médiateur). C’est-à-dire que Dieu a décrété que l’homme allait utiliser sa liberté pour péché. L’homme n’a pas été contraint de pécher. Il a péché librement, sans contrainte extérieure. Dieu a utilisé la nature de l’homme. Le pasteur Olivier Favre, auteur du livre Le bon fondement, donne l’illustration suivante, et je vous lis :

Prenons une illustration pour tenter de comprendre ce raisonnement : imaginez qu’un homme regarde un match de football qu’il a enregistré sur une vidéo. Il connaît déjà le résultat parce qu’il a vu le match en direct ; il sait quels vont en être chacun des rebondissements, quels vont être les actions qui vont amener les buts ainsi que les avertissements de l’arbitre, etc. Il connaît tout, mais est-il souverain sur le match? Absolument pas. En fait il est totalement incapable d’en changer le cours. Nous comprenons donc qu’imaginer Dieu d’une telle façon c’est d’être des plus irrévérencieux envers sa personne, parce que c’est de lui ôter tout pouvoir et toute souveraineté, puisqu’il ne pourrait rien changer à ce qui se passe ici-bas. C’est d’en faire la «victime» de la volonté humaine.[1]

 

Daniel Durand, pasteur

13 janvier 2019

 


[1] Le bon fondement, p. 55.

Prédicateur invité

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