Le déclin de l’empire de l’homme, Jean 18.33-38

« [T]out cela doit nous conduire à nous consacrer aux choses du royaume dans une gratitude sans borne envers celui qui nous a transportés du royaume de ténèbres à son admirable royaume. C’est soit que nous cherchions, que nous vivions les choses de ce monde perdu, de cet empire dont le déclin a débuté avec l’œuvre de Jésus-Christ, il y a 2000 ans, soit que nous cherchions les choses d’en-haut, où le Christ est assis et où il règne. C’est soit un empire, un royaume, soit l’autre. Que le Seigneur nous fasse la grâce de tous faire partie de son royaume par la nouvelle naissance. Que le Seigneur nous donne de chercher son royaume et la justice. »

 

En 1986, Denys Arcand a sorti un film intitulé Le déclin de l’empire américain. J’aimerais vous dire qu’en 33 de notre ère, ce fut le début du déclin de l’empire de ce monde-ci. Nous poursuivons ce matin dans l’évangile de Jean, où Jésus comparaît devant Pilate. Nous lirons Jean 18.33-38 :

Texte biblique

Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus et lui dit : Es-tu le roi des Juifs ? Jésus répondit : Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? Pilate répondit : Moi, suis-je donc Juif ? Ta nation et les principaux sacrificateurs t’ont livré à moi ; qu’as-tu fait ? Jésus répondit : Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi, afin que je ne sois pas livré aux Juifs ; mais maintenant, mon royaume n’est pas d’ici-bas. Pilate lui dit : Tu es donc roi ? Jésus répondit : Tu le dis : je suis roi. Voici pourquoi je suis né et voici pourquoi je suis venu dans le monde : pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. Pilate lui dit : Qu’est-ce que la vérité ? Après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs et leur dit : Moi, je ne trouve aucun motif de condamnation en lui. (Jean 18.33-38)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

Exposé

La dernière fois que nous nous sommes arrêtés sur le procès de Jésus, nous avions vu l’implication de Pilate. Vous vous rappellerez que Pilate prononce un verdict de non culpabilité envers Jésus, et ce, à trois reprises. Nous avions aussi vu que Pilate est dépeint dans les écrits extrabibliques comme un homme cruel. Nous allons continuer ce matin sur l’implication de Pilate dans la condamnation de Jésus. Dans ce que nous avons vu jusqu’à maintenant, un élément qui frappe est de voir l’incohérence des personnes en autorité. Nous avions vu le verset 28 :

De chez Caïphe, les Juifs emmenèrent Jésus au prétoire : c’était le matin. Ils n’entrèrent pas eux-mêmes dans le prétoire, afin de ne pas se souiller et de pouvoir manger la Pâque. (Jean 18.28)

Ces dirigeants juifs refusent d’entrer dans le prétoire, c’est-à-dire dans le quartier général du gouverneur Pilate, afin de ne pas se souiller et de pouvoir manger la Pâque. L’homme est capable de geste religieux, je dirais même de scrupule religieux, sans qu’il y ait authenticité spirituelle. Ces dirigeants ne veulent pas se souiller, mais en même temps, ils viennent de piétiner la loi de Dieu sans scrupule. Est-ce possible que nous ayons nous aussi des incohérences dans nos vies? Est-ce qu’on s’adonne à une religiosité tout en méprisant la loi de Dieu? Si c’est le cas, confessons notre péché au Seigneur et demandons-lui de nous purifier, de nous sortir de cet état. Les Juifs ne s’intéressaient qu’à la forme extérieure du judaïsme sans que leur cœur ne soit transformé. De son côté, Pilate, qui est allé de trois grandes déclarations publiques sur l’innocence de Jésus-Christ, finit par s’en laver les mains et par se déresponsabiliser. Si on résume la pensée finale de Pilate, c’est : « Faites donc ce que vous voulez ».

Certaines personnes qui ont étudié les procès subis par Jésus pensent que le procès déterminant fut celui devant les autorités juives, mais ce n’est pas tout à fait juste. Un procès devant les autorités romaines comportait 4 aspects :

  1. L’accusation;
  2. L’examen;
  3. La défense;
  4. Le verdict.

Ces quatre éléments sont présents dans le procès de Jésus. En fait, Jésus avait bien eu un procès devant les autorités juives, mais lorsque Jésus comparaît devant Pilate, les autorités juives ont changé de rôle. Les membres du Sanhédrin n’étaient plus les juges, mais les accusateurs. Ça ressort du verset 29 :

Pilate sortit donc pour aller vers eux et dit : Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? (Jean 18.29)

Les Juifs sont surpris : s’ils avaient été préparés, ils auraient simplement formulé les accusations, mais voici plutôt ce qu’ils répondent à Pilate :

Ils lui répondirent : Si ce n’était pas un malfaiteur, nous ne te l’aurions pas livré. (Jean 18.30)

Ce n’est pas une bonne réponse dans un procès sérieux. Un commentateur suggère que les Juifs voyaient leurs instances comme suffisantes pour condamner Jésus et considéraient le procès devant Pilate comme une formalité obligée. Je pense que ce commentateur a raison. Nous avions vu que les dirigeants juifs ont tout précipité et, pour ce faire, ils ont bafoué toutes les règles judiciaires en force. Ils ont arrêté Jésus de nuit. Ils lui ont fait subir le procès en pleine nuit. Pour une condamnation à mort, ils devaient revenir la jour suivant pour bien réfléchir à la décision. Ils n’ont pas fait cela. Ils ont tout précipité et la raison est la Pâque juive. Ils ne pouvaient laisser les corps morts sur la croix pendant le sabbat, c’est-à-dire le samedi, jour de repos chez les Juifs. Il fallait absolument que la crucifixion ait lieu le vendredi matin. En fin de journée, les soldats passaient et, pour s’assurer que les crucifiés étaient morts, ils perçaient le côté du tronc avec une lance : si du sang sortait, ça signifiait que le crucifié vivait encore.

Dans ce cas, les soldats lui cassaient les jambes, ce qui empêchait de respirer. La mort suivait rapidement. Donc, tout s’est fait dans la précipitation. Dans cette précipitation, la dernière étape était l’approbation de Pilate. C’est probablement la pensée que ce n’était qu’une formalité qui explique que les Juifs n’étaient pas préparés à répondre à la question de Pilate. Il est possible aussi qu’ils aient été pris de court. Il est possible qu’ils aient réalisé que ça leur prend d’autres motifs pour incriminer Jésus. Dans le procès devant le Sanhédrin, ils avaient accusé Jésus de blasphème, mais les Juifs savaient très bien que le blasphème n’était pas un crime chez les Romains. Rapidement, les Juifs ont dû trouver autre chose.

Pilate

De son côté, Pilate savait très bien qu’il n’avait pas besoin des Juifs pour condamner Jésus. Si Jésus avait transgressé la loi romaine, Pilate avait l’autorité de le condamner à lui seul, mais pas n’importe comment. Nous lisons en Actes 25.16, et c’est Paul qui parle :

Je leur ai répondu que les Romains n’ont pas coutume de livrer à la mort un homme, avant que l’accusé soit confronté avec ses accusateurs et qu’il ait l’occasion de se défendre contre cette accusation. (Actes 25.16)

Jean ne rapporte pas une réponse des dirigeants juifs à Pilate, mais Luc 23.2 nous informe que ces dirigeants ont porté devant Pilate cette accusation contre Jésus :

Les principaux sacrificateurs et les scribes se mirent à accuser Jésus, en disant : Nous avons trouvé celui-ci qui incitait notre nation à la révolte, empêchait de payer l’impôt à César, et se disait lui-même Christ, roi. (Luc 23.2)

Révolte

Les dirigeants juifs ont dû trouver des accusations contre Jésus qui allaient contre les lois romaines. La première accusation est que Jésus aurait incité la nation à se révolter. Nous avons déjà vu que les autorités romaines craignaient, comme la peste, les révoltes. J’avais mentionné qu’ils avaient fait en sorte que la paix règne dans tout l’empire, ce qu’on appelait la pax romana, la « paix romaine ».

En rouge, c’est l’empire romain en 54 de notre ère. Ça couvrait une bonne partie de l’Europe actuelle et du Proche-Orient. En bleu, ce sont les étendues d’eau. Le reste, plus pâle, ce sont les territoires en dehors de l’empire. Les Romains avaient conquis toute la ceinture autour de la Méditerranée, que la Bible appelle aussi « la grande mer ». Comme l’économie de l’époque passait très souvent par les déplacements par bateaux, les Romains s’assuraient ainsi d’être au centre de cette économie. Ce n’était pas seulement des territoires que les Romains avaient conquis : c’était aussi des nations. Il fallait maintenir l’ordre à tout prix afin de préserver l’empire. Déjà, les nations autour pouvaient déclarer la guerre à tout moment. Il fallait au moins s’assurer qu’il n’y ait pas de révolte à l’intérieur. Les Juifs accusent Jésus de troubler la paix, mais en fait, ce sont eux qui ont soulevé la foule. Ils vont le faire une dernière fois en influençant la foule pour qu’elle choisisse de faire grâce à Barrabas au lieu de Jésus.

Impôt

La deuxième accusation que les Juifs présentent à Pilate contre Jésus :

Les principaux sacrificateurs et les scribes se mirent à accuser Jésus, en disant : Nous avons trouvé celui-ci qui […] empêchait de payer l’impôt à César… (Luc 23.2)

Or, c’est tout le contraire que Jésus a enseigné. Un jour, les Pharisiens ont envoyé des personnes pour questionner Jésus. Nous lisons en Luc 20.20-26 :

Ils se mirent à surveiller Jésus ; et ils envoyèrent des espions qui se donnaient l’allure d’être de bonne foi, pour le prendre à l’une de ses paroles et le livrer aux magistrats et à l’autorité du gouverneur. Ces gens lui posèrent cette question : Maître, nous savons que tu parles et enseignes avec droiture, et que tu ne fais pas de considération de personne, mais que tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité. Nous est-il permis ou non, de payer l’impôt à César ? Mais Jésus, remarquant leur fourberie, leur répondit : Montrez-moi un denier. De qui porte-t-il l’effigie et l’inscription ? De César, dirent-ils. Alors il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. Ils furent incapables de le prendre à l’une de ses paroles devant le peuple ; mais étonnés de sa réponse, ils gardèrent le silence. (Luc 20.20-26)

La question était piégée. Si Jésus répondait simplement « oui » à la question, le peuple aurait pu dire : « Quelle sorte de messie est-ce pour qu’il nous dise de contribuer financièrement au gouvernement de Rome? » Nous devons savoir que le peuple de Dieu, bien qu’il était dans le pays promis, était en fait dominé par les Romains. Alors que Dieu avait établi la royauté en Israël, dans la tribu de Juda, de la lignée davidique, il n’y avait pas de roi juif en Israël. Le peuple de Dieu était dominé par un roi païen.

Si Jésus répondait « non » à la question (« Non, il n’est pas permis de payer l’impôt à César. »), les Juifs auraient pu saisir les autorités romaines pour que celles-ci arrêtent Jésus pour sédition. Donc, les Pharisiens ont voulu piéger Jésus qui a bien répondu, comme à chaque fois qu’on a voulu le piéger. Donc, des personnes sont envoyées par les Pharisiens pour poser la question à Jésus. Ces personnes sont retournées vers les Pharisiens pour leur faire un compte rendu. Les Pharisiens ont su que Jésus enseignait de rendre à César ce qui est à César. Pourtant, ils l’accusent sans scrupule devant Pilate : une deuxième fausse accusation.

Messie et roi

La troisième accusation que les Juifs portent à Pilate contre Jésus est aussi fausse, bien qu’elle semble vraie à première vue :

Les principaux sacrificateurs et les scribes se mirent à accuser Jésus, en disant : Nous avons trouvé celui-ci qui […] se disait lui-même Christ, roi. (Luc 23.2)

Lorsque nous lisons cette dernière affirmation, nous trouvons que c’est juste. Jésus est le Christ, c’est-à-dire le messie, et il est roi. Il est même le Roi des rois. Les mots sont justes, mais pas dans la tête des Juifs. Nous devons considérer la pensée du temps. Ce que les Juifs insinuent ici, c’est que Jésus veut détrôner les autorités romaines sur le territoire d’Israël. Les Juifs veulent faire passer Jésus pour un activiste politique. Cette interprétation est confirmée en Luc 23.5 :

Mais ils insistèrent et dirent : Il soulève le peuple, en enseignant dans toute la Judée, depuis la Galilée où il a commencé, jusqu’ici. (Luc 23.5)

Autrement dit, les Juifs affirment que Jésus est en train de mijoter un coup d’état, de cuisiner un renversement politique. Pour un membre du gouvernement romain, il fallait à tout prix empêcher cela. C’était intolérable.

Interrogatoire de Pilate

Après avoir entendu les accusateurs juifs, Pilate questionne Jésus :

Pilate rentra dans le prétoire, appela Jésus et lui dit : Es-tu le roi des Juifs ? (Jean 18.33)

Cette question se retrouve dans les quatre évangiles. Pilate ne s’intéresse pas trop aux deux autres accusations. La réponse à cette question-ci va lui indiquer si Jésus cherche à soulever une révolte. La réponse de Jésus :

Jésus répondit : Est-ce de toi-même que tu dis cela, ou d’autres te l’ont-ils dit de moi ? (Jean 18.34)

Selon James Montgomery Boice, la question de Jésus est pour savoir si Pilate pose la question d’un point de vue romain ou d’un point de vue juif. La suite confirme l’interprétation de Boice :

Pilate répondit : Moi, suis-je donc Juif ? Ta nation et les principaux sacrificateurs t’ont livré à moi ; qu’as-tu fait ? (Jean 18.35)

Pilate confirme que cette accusation vient des Juifs, en particulier, des principaux sacrificateurs, mais il n’a pas d’intérêt pour la pensée des Juifs. C’est ce qui ressort lorsqu’il dit à Jésus : « Moi, suis-je donc Juif ? » Finalement, le seul souci de Pilate est de savoir si Jésus est un ennemi de César, ce qui pourrait menacer l’empire.

Réponse de Jésus

Jésus répond à Pilate :

Jésus répondit : Mon royaume n’est pas de ce monde. Si mon royaume était de ce monde, mes serviteurs auraient combattu pour moi, afin que je ne sois pas livré aux Juifs ; mais maintenant, mon royaume n’est pas d’ici-bas. (Jean 18.36)

Jésus répond ici à l’avant-dernière question de Pilate : « Es-tu le roi des Juifs? » C’est implicite, puisque Jésus parle de son royaume, mais en même temps, le développement de Jésus a possiblement rassuré Pilate. Jésus précise que son royaume n’est pas de ce monde, sinon il aurait des serviteurs pour le défendre. L’argument est intéressant, parce que Pilate craignait une révolte. Jésus lui dit qu’il n’a aucun serviteur de ce genre. Même lorsque Pierre a voulu le défendre dans le jardin de Gethsémané en coupant l’oreille du soldat, Jésus l’a repris et a guéri l’oreille du soldat.

Mon royaume

Jésus parle de son royaume et il ajoute que son royaume n’est pas de ce monde, qu’il n’est pas d’ici-bas. Quand Jésus dit que son royaume n’est pas de ce monde, qu’il n’est pas d’ici-bas, la formulation du texte original nous parle de provenance. Le royaume de Jésus n’origine pas de ce monde-ci, il ne prend pas sa source ici-bas. Le texte ne dit pas qu’il n’est ou ne sera pas terrestre. Jésus parle de l’origine et non du lieu où le royaume sera installé. Je n’entrerai pas ce matin dans les diverses interprétations du royaume, mais je vous dis simplement qu’il y en a plusieurs. Jésus a vécu en démontrant que son royaume n’est pas de ce monde. Il n’a pas pris les moyens du monde. Il n’a pas vécu comme s’il était de ce monde. Toute sa vie, il a vécu pour les choses de son Père. Le fait que son royaume n’est pas de ce monde se voit du fait que Jésus ne vivait pas comme le monde. Jésus n’a pas eu recours à une armée pour se défendre. Le fait que son royaume est d’en-haut se voit du fait qu’il vivait en parfaite conformité à son Père. Pilate répond :

Pilate lui dit : Tu es donc roi ? (Jean 18.37)

Ce à quoi, Jésus répond :

Tu le dis : je suis roi. Voici pourquoi je suis né et voici pourquoi je suis venu dans le monde : pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. (Jean 18.37)

Une réponse très intéressante : Jésus enseigne que son royaume, son empire est nettement différent de celui de César. L’empire de César avait des limites, des frontières. César avait un pouvoir sur certains aspects de la vie des gens, mais il n’en avait certainement pas sur l’âme des gens. Jésus est roi et il a un pouvoir absolu sur tout ce qui existe. L’empire de César était immense. Nous l’avons vu : il était solide et il a duré environ 1800 ans, ce qui est énorme, bien que les frontières et le pouvoir ont connu des hauts et des bas.

Ceci n’est rien en comparaison au royaume de Jésus-Christ. Le royaume de Jésus-Christ est absolu. Il s’exerce sur tout ce qui existe, y compris les forces du mal. En Matthieu 12.28, Jésus dit :

Mais, si c’est par l’Esprit de Dieu, que moi, je chasse les démons, le royaume de Dieu est donc parvenu jusqu’à vous. (Matthieu 12.28)

Le royaume de Dieu envahit toute la création, les choses visibles comme les choses invisibles. Les Romains avaient instauré la paix romaine, la pax romana, mais ils n’ont pu la conserver ni parfaitement ni indéfiniment. Pourquoi? Parce que l’empire romain était gouverné par des pécheurs et habité par des pécheurs. Jésus-Christ a un royaume sans frontières : c’est un royaume cosmique. Il n’y a pas un millimètre carré qui n’est pas concerné par le royaume de Dieu. L’empire romain conquérait des peuples qui étaient vraiment perdants. Le royaume de Jésus-Christ conquérait aussi des gens, mais ils sont tellement gagnants. En fait, nous gagnons tout. L’empire romain conquérait des peuples pour leur ôter leur autonomie, pour les assujettir et pour les priver de la liberté normale des peuples. Le royaume de Jésus-Christ passe aussi par la conquête, mais pour libérer définitivement ceux qui sont conquis.

L’empire romain était fait de forteresses, de tours de surveillance, d’armées, de soldats placés partout, de structures gouvernementales contraignantes. Le royaume de Jésus-Christ en est un d’équité, de vérité, d’amour, de communion.

Le verdict

Nous allons maintenant lire la fin du procès :

Pilate lui dit : Qu’est-ce que la vérité ? Après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs et leur dit : Moi, je ne trouve aucun motif de condamnation en lui. (Jean 18.38)

Pilate confirme l’innocence de Jésus-Christ. Il ne trouve aucun motif de condamnation, et ce, après l’avoir interrogé. Dans une prédication récente, je vous avais lu :

Car Pilate savait que c’était par jalousie que les Juifs avaient livré Jésus. (Matthieu 27.18)

Pilate savait que les accusation des Juifs étaient fausses, que ce n’était pas par souci de justice que Jésus avait été livré. De plus, Pilate savait que Jésus était innocent : il le dit à trois reprises. Pilate avait une position d’autorité très élevée. Il avait tout un pouvoir dans la Judée. C’était lui qui assurait la liaison entre la nation juive et l’empereur de Rome, César. Dans son rôle, Pilate devait rechercher la justice pour la nation. La suite logique, suite à l’acquittement de Jésus, aurait été de libérer Jésus et de voir à sa protection. Il reconnaît que les Juifs étaient mal intentionnés envers Jésus. Il sait que Jésus est en grave danger aux mains des Juifs. Pilate innocente Jésus se rend coupable de complicité de meurtre envers Jésus. Pilate avait devant lui l’homme-Dieu. Il avait devant lui le seul homme qui ait vécu sur la terre d’une manière parfaite. Pourtant, il a remis la suite des choses aux mains d’une foule manipulée par les dirigeants juifs.

Applications

Notre appartenance

J’aimerais que nous réalisions ce matin que nous appartenons tous à un des deux royaumes, un des deux empires : soit que nous appartenions à un empire humain, soit que nous appartenions au royaume de Jésus-Christ. Nous sommes soit dans le royaume de ténèbres gouverné par des païens, soit dans le royaume de lumière de Jésus-Christ.

Nous sommes soit du côté des opposants à Jésus-Christ, soit de ceux qui fléchissent le genou devant Jésus-Christ. Si jamais quelqu’un ici n’appartient pas à Jésus-Christ, vous appartenez au royaume de ténèbres et vous êtes gouvernés par le mal. Pilate n’a plus revu Jésus-Christ après ce jour, mais il va le revoir lors du jugement dernier. Cette fois, Pilate va occuper le banc des accusés et Jésus sera sur le trône du juge pour le juger. Pilate ne sera pas seul sur le banc des accusés : il sera avec tous ceux qui ne se seront pas convertis à Jésus-Christ. De grâce, ne commettez pas l’erreur irréparable d’aller à la mort sans avoir reconnu votre péché devant Dieu, péché qui mérite la condamnation éternelle, et sans reconnaître Jésus-Christ comme votre Seigneur et votre Sauveur. Si vous désirez en discuter davantage, venez nous voir après le culte et ça nous fera une grande joie de prendre du temps avec vous.

Les chrétiens

Pour ceux qui sont déjà chrétiens, ce texte nous parle aussi. Le regard que nous portons sur le monde qui nous entoure doit être celui des Écritures, celui de Dieu. Notre perspective du monde, notre cosmovision, doit prendre acte des réalités de ce monde-ci : c’est un monde de pécheurs, de rébellion contre Dieu. Tout dans ce monde s’oppose à Dieu. Nos écoles, du primaire à l’université, endoctrinent les gens contre Dieu. Les médias véhiculent ce qui s’oppose à Dieu. Les arts sont très souvent des expressions de la débauche humaine. Les lois votées par nos députés protègent les vices et condamnent ceux qui proclament la vérité. Avoir ce regard biblique sur le monde nous aidera certainement à garder nos distances face à ce monde, non pas que nous nous isolons, mais c’est plutôt que nous ne nous alimentons pas des choses du monde. Nous n’avons rien à retirer, rien à puiser de ce monde perdu.

Consécration et actions de grâce

Finalement, tout cela doit nous conduire à nous consacrer aux choses du royaume dans une gratitude sans borne envers celui qui nous a transportés du royaume de ténèbres à son admirable royaume.

C’est soit que nous cherchions, que nous vivions les choses de ce monde perdu, de cet empire dont le déclin a débuté avec l’œuvre de Jésus-Christ, il y a 2000 ans, soit que nous cherchions les choses d’en-haut, où le Christ est assis et où il règne. C’est soit un empire, un royaume, soit l’autre. Que le Seigneur nous fasse la grâce de tous faire partie de son royaume par la nouvelle naissance. Que le Seigneur nous donne de chercher son royaume et la justice. Que le Seigneur vous bénisse.

Daniel Durand, pasteur
1e mars 2020

Prédicateur invité

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