L’amour et la justice, partie 1

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« Pour bien comprendre ce qui est dit et qui risque de chatouiller nos oreilles, il faut savoir que, dans la Bible, l’amour n’est jamais qu’un simple sentiment. L’amour est une disposition favorable que quelqu’un prend et qui entraîne des actions tout aussi favorables. Lorsqu’il est dit que Dieu aima Jacob, c’est que Dieu avait choisi Jacob pour le salut. L’inverse est vrai pour Ésaü : Dieu l’a haï. Dieu ne l’a pas sauvé. Ce point est majeur pour la compréhension de la croix. À la croix, Dieu a manifesté son amour le plus grand pour les siens. »

 

Introduction

Dans l’alliance, Dieu fait de l’homme un partenaire dans un partenariat où Dieu demeure Dieu et où l’homme demeure l’homme. Autrement dit, le créateur demeure le créateur avec toutes ses prérogatives et l’homme demeure l’homme comme créature devant être soumis à son créateur. Dans l’alliance, Dieu exerce pleinement sa souveraineté et l’homme doit répondre favorablement à son créateur. Cela dit, par son Esprit, le Seigneur donne à ses élus de répondre favorablement. En même temps, la croix révèle l’homme. La croix révèle l’impuissance de l’homme. Il ne peut se sauver lui-même. Il a besoin d’un sauveur. La croix révèle la mortalité de l’homme, puisqu’il a besoin de celui qui est mort sur la croix pour recevoir la vie éternelle. La croix révèle l’impureté de l’homme, qui a besoin d’être sauvé par celui qui est parfaitement saint.

La croix révèle la folie de l’homme. La croix est sagesse de Dieu. Or, l’homme est dans sa folie, parce qu’il ne peut reconnaître la sagesse de Dieu dans la croix à moins que Dieu l’éclaire. La croix révèle donc qui est Dieu, mais aussi qui est l’homme.

L’amour et la justice

Nous allons maintenant regarder la question de l’amour de Dieu versus sa justice. Comment pouvons-nous concilier l’amour de Dieu et sa justice? Dieu aime ses enfants d’un amour éternel et infini.

Quand les montagnes s’ébranleraient, quand les collines chancelleraient, ma bienveillance pour toi ne sera pas ébranlée, et mon alliance de paix ne chancellera pas, dit l’Éternel, qui a compassion de toi. (Ésaïe 54.10)

Aussi, Dieu est juste dans toutes ses voies.

L’Éternel est juste dans toutes ses voies et bienveillant dans toutes ses œuvres. (Psaumes 145.17)

Puisque Dieu est juste dans toutes ses voies, il doit être juste dans l’œuvre du salut. Comment le Seigneur peut-il être à la fois juste et à la fois amour dans la même œuvre? Puisque nous sommes sauvés du péché et que le péché est immoral, comment un Dieu parfaitement moral peut-il demeurer moral tout en sauvant l’homme immoral? Une des erreurs que certains commettent, c’est de dissocier les attributs divins. « Tantôt, Dieu est amour; tantôt, Dieu est juste ». Si l’amour de Dieu n’est pas parfaitement juste, ce n’est pas un véritable amour. Nous avions déjà vu que, pour que Dieu soit amour, il faut une pluralité en Dieu. La Bible nous informe que Dieu est trinitaire. Il y a trois personnes, mais un seul Dieu. Chaque personne est pleinement Dieu. Chaque personne de la trinité n’est pas un tiers de Dieu, mais pleinement Dieu. C’est incompréhensible pour nous, humains, mais c’est pourtant la vérité. S’il n’y avait pas la pluralité en Dieu, Dieu ne serait pas amour. Ça signifierait que Dieu n’avait aucune relation avant de nous créer, mais parce qu’il y a une pluralité en Dieu, Dieu est amour et cet amour unit les personnes de la trinité depuis l’éternité passée. Nous avions aussi déjà vu que l’amour n’est pas un sentiment : c’est une disposition favorable que la personne prend envers une autre et qui engage des actions. Nous allons regarder certains textes qui nous parlent de l’amour de Dieu. Dans le cas de Dieu envers son peuple, nous avions vu que cet amour est le plus grand qui soit.

Il n’y a pour personne de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (Jean 15.13)

Ce verset insinue qu’il y a des amours moins grands que celui de donner sa vie pour ses amis.

Et c’est à tes pères seulement que l’Éternel s’est attaché pour les aimer; et, après eux, c’est leur descendance, c’est vous qu’il a choisis d’entre tous les peuples, comme vous le voyez aujourd’hui. (Deutéronome 10.15)

L’Éternel s’est attaché à son peuple pour les aimer.

Jacob alla aussi vers Rachel, qu’il aimait plus que Léa; et il servit encore chez Laban pendant sept autres années. L’Éternel vit que Léa n’était pas aimée, et il la rendit féconde, tandis que Rachel était stérile. (Genèse 29.30-31)

Le verset 30 (Genèse 29.30) dit que Jacob aimait Rachel plus que Léa. Au verset 31 (Genèse 29.31), il est dit que l’Éternel vit que Léa n’était pas aimée. En fait, le verbe hébreu signifie « haïr », « détester ». La version Darby traduit par :

Et l’Éternel vit que Léa était haïe […] (Genèse 29.31) (Darby)

C’est le même verbe que nous retrouvons en Malachie 1.2-3 :

[…] Or j’ai aimé Jacob; mais j’ai haï Ésaü. […] (Malachie 1.2-3)

Il semble que le sens d’« être haï » signifie « ne pas être aimé du plus grand amour qui soit ». En quoi est-ce que Dieu a aimé Jacob et a-t-il haï Ésaü?

Pour bien comprendre ce qui est dit et qui risque de chatouiller nos oreilles, il faut savoir que, dans la Bible, l’amour n’est jamais qu’un simple sentiment. L’amour est une disposition favorable que quelqu’un prend et qui entraîne des actions tout aussi favorables. Lorsqu’il est dit que Dieu aima Jacob, c’est que Dieu avait choisi Jacob pour le salut. L’inverse est vrai pour Ésaü : Dieu l’a haï. Dieu ne l’a pas sauvé. Ce point est majeur pour la compréhension de la croix. À la croix, Dieu a manifesté son amour le plus grand pour les siens.

Il n’y a pour personne de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (Jean 15.13)

Cet amour, plus qu’un sentiment, est une disposition favorable que Dieu a prise envers ceux qu’il s’est choisis. Dieu a aimé Jacob : il l’a sauvé. Dieu a haï Ésaü : il ne l’a pas sauvé.

Parce qu’ils sont la descendance d’Abraham, tous ne sont pas ses enfants; mais il est dit : En Isaac tu auras une descendance appelée de ton nom, (Romains 9.7)

Paul a étudié le livre de la Genèse et en tire des conclusions théologiques. Il regarde les faits historiques et il conclut que ce n’est pas parce que quelqu’un est un descendant d’Abraham, un descendant biologique, qu’il est son enfant. Là, il se rappelle que la promesse que Dieu avait faite à Abraham et passait par son fils Isaac. Il va redire la même chose au verset 8 (Romains 9.8), mais en formulant différemment et avec une précision importante. Le verset 8 (Romains 9.8) nous informe qu’être un vrai enfant d’Abraham, c’est être un enfant de Dieu.

c’est-à-dire : ce ne sont pas les enfants de la chair qui sont enfants de Dieu, mais ce sont les enfants de la promesse qui sont comptés comme descendance. (Romains 9.8)

Là, Paul rappelle la promesse faite à Abraham :

Voici, en effet, la parole de la promesse : À cette même époque, je viendrai et Sara aura un fils. (Romains 9.9)

Sara a enfanté Isaac. Or, Isaac est né selon la promesse. Pour démontrer que c’est vraiment selon la volonté de Dieu qu’Isaac naisse, le Seigneur l’a donné alors que Sara était âgée de 90 ans (Genèse 17.17). À cet âge, un enfantement est surnaturel, d’autant plus que Sara n’avait jamais eu d’enfant auparavant.

Paul poursuit au verset 10 (Romains 9.10) avec la génération suivante. Le fils de la promesse, Isaac devient à son tour le père de deux fils.

Bien plus, il en fut ainsi de Rébecca, qui conçut seulement d’Isaac notre père; car les enfants n’étaient pas encore nés et ils n’avaient fait ni bien ni mal, pourtant — afin que le dessein de Dieu demeure selon l’élection qui dépend non des œuvres, mais de celui qui appelle — il fut dit à Rébecca : L’aîné sera asservi au plus jeune; selon qu’il est écrit : J’ai aimé Jacob et j’ai haï Ésaü. (Romains 9.10-13)

Paul nous dit ici que Dieu a élu Jacob, mais pas Ésaü. Le point ici, c’est qu’« être aimé de Dieu » est synonyme d’« être choisi de Dieu pour le salut ». Dans ce sens, Dieu a aimé les siens d’un amour bien plus grand qu’il a aimé les autres. Dieu prouve son amour en ceci : lorsque nous étions encore pécheurs, Christ est mort pour nous. Paul poursuit en Romains 9.14 avec une question qui est sur les lèvres des chrétiens :

Que dirons-nous donc? Y a-t-il en Dieu de l’injustice? Certes non! Car il dit à Moïse : Je ferai miséricorde à qui je ferai miséricorde, et j’aurai compassion de qui j’aurai compassion. Ainsi donc, cela ne dépend ni de celui qui veut, ni de celui qui court, mais de Dieu qui fait miséricorde. (Romains 9.14-16)

Dieu n’est pas injuste, mais il a la prérogative de choisir qui il sauve. Dieu ne doit rien à personne. Il est juste lorsqu’il condamne le pécheur. Il est juste lorsqu’il sauve le pécheur parce que, dans ce cas, c’est Jésus-Christ qui a accompli la justice à la place du pécheur.

Daniel Durand, pasteur
19 avril 2017

Prédicateur invité

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