La sainte paix, Éphésiens 4.3

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« [L]a paix que nous avons avec Dieu inclut la victoire sur Satan. Nous avons cette promesse que ceux qui sont réconciliés avec Dieu sont bénéficiaires de la victoire du Christ sur Satan. Si nous sommes angoissés, si nous sommes inquiets, si nous sommes troublés, sachons que nous avons la paix avec Dieu. Que nous la ressentions ou non, nous avons la paix avec Dieu. […] Quand nous ne goûtons pas la paix de Dieu, c’est probablement parce que nous ne considérons pas ces deux réalités objectives : nous avons la paix avec Dieu; l’ennemi a été vaincu à la croix. C’est cette paix que nous devons vivre dans l’Église. Imaginez : l’Esprit qui habite en moi est l’Esprit de paix et c’est le même Esprit qui habite dans mon frère. Comment puis-je être en guerre contre celui qui a le même Esprit de paix que moi? Il y a quelque chose qui ne marche pas. »

 

Introduction

Ce matin, nous revenons sur l’épître de Paul aux Éphésiens pour nous arrêter sur la notion de paix.

Texte biblique

Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience. Supportez-vous les uns les autres avec amour, en vous efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. (Éphésiens 4.1-3)

Exposé

Lorsque nous avons commencé cette série sur Éphésiens, je vous avais dit que l’Église n’est pas un champ de bataille, mais doit être un havre de paix. Cette paix représentait tout pour les Juifs. Leur salutation était shalom ce qui signifie « que la paix soit avec toi ». J’ai lu que chez les Juifs, c’est un des premiers mots qu’on apprend aux enfants. La bénédiction que Dieu voulait déverser sur son peuple se résume ainsi :

Parle à Aaron et à ses fils et dis : Vous bénirez ainsi les Israélites, vous leur direz : Que l’Éternel te bénisse et te garde! Que l’Éternel fasse briller sa face sur toi et t’accorde sa grâce! Que l’Éternel lève sa face vers toi et te donne la paix! C’est ainsi qu’ils mettront mon nom sur les Israélites, et je les bénirai. (Nombres 6.23-27)

Qu’est-ce que Jésus a dit à ses disciples lorsqu’il leur est apparu après sa résurrection?

Tandis qu’ils parlaient de la sorte, lui-même se présenta au milieu d’eux et leur dit : Que la paix soit avec vous. (Luc 24.36)

Quand Paul écrit ses épîtres, il les introduit et les termine presque toujours par :

Que la grâce et la paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et du Seigneur Jésus-Christ. (Éphésiens 1.2)

Nous retrouvons la même salutation lorsque le Seigneur apparaît à l’apôtre Jean pour qu’il écrive l’Apocalypse. Bref, la paix est un thème omniprésent dans la Bible. Cette paix résume tous les bienfaits de Dieu pour son peuple. Le monde cherche aussi la paix. L’humanité court après la paix. Combien de fois on entend : « Si seulement je pouvais avoir la paix »! Les cartes de Noël reprennent ce thème en souhaitant amour, paix et santé. Le titre de la prédication est « La sainte paix ». Elle existe, cette paix.

Qu’est-ce que la paix?

Je vous ai déjà dit que la paix de Dieu est d’abord une paix objective, c’est-à-dire que la paix n’est pas une émotion, mais une réalité qui appartient à tous les chrétiens. J’ai la paix parce que je suis réconcilié avec Dieu.

Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ; (Romains 5.1)

Autrefois, nous étions ennemis de Dieu. Étant réconciliés avec lui, nous avons la paix. Le verset dit que nous avons la paix avec Dieu :

Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus-Christ; (Romains 5.1)

Le Seigneur donne un titre particulier au messie.

Car un enfant nous est né, un fils nous est donné, et la souveraineté reposera sur son épaule; on l’appellera admirable conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. (Ésaïe 9.5)

C’est par Jésus-Christ que nous avons la paix avec Dieu, parce qu’il a accompli l’expiation de nos péchés. Plus loin, le prophète Ésaïe dit :

Le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui […] (Ésaïe 53.5)

La paix avec Dieu vient aussi avec une autre réalité : la paix que Jésus nous procure comporte, comme je l’ai dit, la réconciliation avec Dieu. Cette réconciliation exigeait aussi la défaite des ennemis de Dieu. Jésus dit à ses disciples :

Je vous ai parlé ainsi, pour que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde; mais prenez courage, moi, j’ai vaincu le monde. (Jean 16.33)

Imaginez que nous soyons réconciliés avec Dieu, mais que l’ennemi, c’est-à-dire Satan, ne soit pas vaincu. Quelle paix aurions-nous si notre ennemi menace encore? Le verset que nous venons de lire fait ressortir le lien entre la paix et la victoire de Jésus-Christ sur les ennemis. Et il nous exhorte à prendre courage justement sur la base de sa victoire. Pour nous assurer que cette paix est définitive, Paul dit aux chrétiens de Rome :

Le Dieu de paix écrasera bientôt Satan sous vos pieds. (Romains 16.20)

Autrement dit, la paix que nous avons avec Dieu inclut la victoire sur Satan. Nous avons cette promesse que ceux qui sont réconciliés avec Dieu sont bénéficiaires de la victoire du Christ sur Satan. Si nous sommes angoissés, si nous sommes inquiets, si nous sommes troublés, sachons que nous avons la paix avec Dieu. Que nous la ressentions ou non, nous avons la paix avec Dieu. J’ai déjà donné l’exemple d’un pays qui était en guerre. Aujourd’hui, nous sommes informés immédiatement par tous les médias et les réseaux sociaux. À l’époque, ce n’était pas le cas. Quand un pays en guerre avait la victoire sur l’ennemi, les paysans ne le savaient pas tout de suite. Ils se croyaient encore en guerre. Ils ne goûtaient pas la paix, parce qu’ils ignoraient que leur pays avait remporté la guerre. Leur ressenti ne correspondait pas à la réalité. Quand nous ne goûtons pas la paix de Dieu, c’est probablement parce que nous ne considérons pas ces deux réalités objectives :

  • Nous avons la paix avec Dieu;
  • L’ennemi a été vaincu à la croix.

C’est cette paix que nous devons vivre dans l’Église. Imaginez : l’Esprit qui habite en moi est l’Esprit de paix et c’est le même Esprit qui habite dans mon frère. Comment puis-je être en guerre contre celui qui a le même Esprit de paix que moi? Il y a quelque chose qui ne marche pas.

Supportez-vous les uns les autres avec amour, en vous efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. (Éphésiens 4.2-3)

Efforcez-vous

Le verbe traduit par « efforcez-vous » signifie en fait « s’appliquer avec diligence, promptement ». Dans les différentes versions de la Bible, nous retrouvons les traductions « s’appliquer », « s’efforcer », « toujours chercher » : « s’appliquer » évoque l’idée de se concentrer sans se relâcher; « s’efforcer » évoque l’idée de rassembler toutes ses forces et annonce que ce ne sera pas toujours facile; et « toujours chercher » évoque l’idée de ne pas se relâcher, de ne pas baisser la garde. Le verbe comporte aussi la notion d’urgence. La conjugaison grecque nous aide à saisir la pensée de Paul. D’abord, il s’agit d’un participe présent qui, en grec, n’a pas tout à fait le même sens que le participe présent en français. En grec, le participe présent indique une action continue. Ce participe a une valeur d’impératif, c’est-à-dire d’un commandement. Ce n’est pas facultatif ou optionnel.

Le théologien Markus Barth, le fils de Karl Barth, a dit ceci sur ce verbe :

« Il n’est guère possible de rendre exactement l’urgence contenue dans le verbe grec. Non seulement la hâte et la passion, mais un plein effort de l’homme tout entier, impliquant sa volonté, son sentiment, sa raison, sa force physique et son attitude totale. La connotation impérative du participe trouvé dans le texte grec exclut la passivité, le quiétisme, l’attentisme, ou une diligence tempérée […]. Ça doit être votre initiative! Faites-le maintenant! Vous devez le faire! »

Voilà la citation de Markus Barth pour expliquer la portée du verbe grec. Pourquoi devons-nous nous efforcer? Il y a plusieurs raisons :

Menace constante

La première raison est que la menace de briser l’unité est constante : les assauts viennent de tout côté; il y a le monde qui nous influence; il y a les courants de l’Église en général; dans les deux dernières années, il y a un mouvement charismatique qui a fait en sorte que plusieurs ont quitté une Église dans les environs.

J’ai appris récemment qu’une autre Église, celle-là un peu plus éloignée, a perdu peut-être la moitié du monde en raison de ce même mouvement. Il y a quelques semaines, j’ai reçu un téléphone d’un pasteur qui semble à court d’idées. Il constate que les membres ont de plus en plus de cheveux gris et que les jeunes quittent l’Église. Il ne sait plus quoi faire. La menace est constante.

Pas naturel

La deuxième raison, c’est que ce n’est pas naturel pour nous de rechercher l’unité. Ce qui nous est demandé va à l’encontre de notre chair. Le Seigneur demande à des êtres égoïstes de conserver l’unité de l’Esprit. Il demande à des êtres impulsifs d’être patients. Il demande à des êtres égocentriques de s’aimer. Il y a donc une menace qui vient de nous-mêmes.

Heureusement, ça ne repose pas sur nos forces. Au verset 7 (Éphésiens 4.7), Paul nous dit qu’une grâce nous a été donnée. Le Seigneur donne des moyens pour vivre l’unité. Nous verrons cela une autre fois. Que dois-je faire pour conserver l’unité de l’Esprit? Je dois tout simplement mourir à moi-même. Je dois être tourné vers les autres, ce qui me demande de ne plus être centré sur moi. C’est donc un appel à être des artisans de paix. Il y a de ces chrétiens qu’on voit rechercher la paix.

Heureux ceux qui procurent la paix, car ils seront appelés fils de Dieu! (Matthieu 5.9)

Sans compromis

Je m’empresse de dire que rechercher la paix ne peut se faire au prix de la vérité. Jésus n’a jamais négocié la vérité, lui qui est le Prince de la paix. Les apôtres n’ont jamais négocié la vérité. Paul introduisait ses épîtres par l’expression « grâce et paix » et, pourtant, Paul exposait la vérité sans retenue. La paix, la vraie paix ne consiste par à taire les divergences et à ne pas affronter les situations conflictuelles. La vraie paix consiste à aborder les situations dans une disposition qui vise l’édification de mon frère et de ma sœur.

Honnêteté

Celui qui recherche la paix doit aussi être honnête sur les situations. Il ne doit pas avoir de lunettes roses qui lui font dire que tout est beau, que tout va bien aller. Certains spiritualisent cette pensée en disant qu’il faut faire confiance au Seigneur.

Je suis totalement en faveur de faire confiance au Seigneur, mais dans l’action et non dans l’inaction. Paul ne dit pas d’être passif, mais de s’efforcer. Il y a un texte qui nous appelle à l’honnêteté en matière de paix :

Ainsi, puisqu’ils égarent mon peuple, en disant : Paix! quand il n’y a point de paix […] (Ézékiel 13.10)

Ils soignent à la légère la blessure de mon peuple : Paix! Paix! disent-ils; et il n’y a point de paix […] (Jérémie 6.14)

L’artisan de paix doit être lucide. L’artisan de paix n’est pas celui qui ferme les yeux sur les situations qui menacent la paix, mais celui qui veut intervenir dans un esprit de recherche d’édification et de sanctification. L’artisan de paix est celui qui s’attriste de voir la division, les tensions, les chicanes.

Courage

L’artisan de paix est aussi quelqu’un qui prend des risques. Il risque des ruptures de relations. Quelqu’un peut l’envoyer promener. Il risque d’essuyer des répliques comme :

  • « Pour qui te prends-tu? »
  • « Tu n’es pas mieux que les autres… »
  • « Mêle-toi de tes affaires… »

L’artisan de paix est un combattant. Lorsque la tempête arrive, il ne quitte pas le bateau : ça, c’est la voie de la facilité, mais qui ne construit pas.

Ceux qui quittent le bateau lorsqu’il y a la tempête, se réfugient sur un autre bateau et, tôt ou tard, ce bateau essuiera aussi une tempête. Alors, ces personnes quittent ce deuxième bateau. Finalement, ces personnes risquent de faire naufrage quant à la foi. L’artisan de paix, au contraire, va s’impliquer. Il va s’impliquer dans la prière. Il va prier pour son Église, afin que le Seigneur garde ses enfants dans la paix.

Il va s’impliquer aussi en voyant comment il peut aider dans ce sens. Il peut encourager une personne frustrée ou en conflit à aller régler son problème avec son frère ou avec sa sœur. Il peut encourager à demander de l’aide si la personne se sent dépourvue. Il peut prier avec cette personne. Il peut conseiller. Il est un artisan de paix : il veut procurer la paix. Il prend des risques parce que, pour lui, ne pas prendre de risque, c’est demeurer dans la division. Je sais que la voie de la facilité est de ne pas s’impliquer. Comme on dit, on ne veut pas de trouble. Finalement, en ne voulant pas de trouble, on laisse le trouble entrer. Lorsque le peuple juif était menacé, le Seigneur leur a adressé cette exhortation :

Fortifiez-vous et prenez courage! Soyez sans crainte et sans effroi devant eux; car l’Éternel, ton Dieu, marche lui-même avec toi, il ne te délaissera pas, il ne t’abandonnera pas. (Deutéronome 31.6)

En fait, on découvre que le courage nous est commandé :

Fortifie-toi et prends courage, car c’est grâce à toi que ce peuple héritera du pays […] (Josué 1.6)

Seulement fortifie-toi, aie bon courage, en observant et en mettant en pratique toute la loi que t’a prescrite Moïse […] (Josué 1.7)

Ne t’ai-je pas donné cet ordre : Fortifie-toi et prends courage? Ne t’effraie pas et ne t’épouvante pas, car l’Éternel, ton Dieu, est avec toi partout où tu iras. (Josué 1.9)

Je pense qu’une des pires choses contre l’unité, contre la paix, est la désolidarisation : c’est l’attitude de celui qui ne veut pas s’investir, qui préfère rester à l’écart alors qu’il est témoin d’une situation problématique. En plus, il sait que cette situation menace l’Église. Frères et sœurs, ayons le courage d’être des artisans de paix, ceux qui procurent la paix.

Conciliant

L’artisan de paix est aussi celui qui va chercher à tout prix la réconciliation s’il est directement concerné dans la situation.

S’il est possible, autant que cela dépend de vous, soyez en paix avec tous les hommes. Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère, car il est écrit : À moi la vengeance, c’est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur. Mais Si ton ennemi a faim, donne-lui à manger; s’il a soif, donne-lui à boire; car en agissant ainsi, ce sont des charbons ardents que tu amasseras sur sa tête. Ne sois pas vaincu par le mal, mais vainqueur du mal par le bien. (Romains 12.18-21)

Ainsi donc, recherchons ce qui contribue à la paix et à l’édification mutuelle. (Romains 14.19)

De l’Esprit

Maintenant, comment se fait-il que Paul nous demande de nous efforcer de conserver l’unité de l’Esprit? Si c’est l’unité de l’Esprit, n’est-ce pas à l’Esprit à la conserver? L’unité de l’Esprit n’est rien de moins que l’unité que l’Esprit crée. Alors, en quoi devons-nous nous efforcer de conserver ce que l’Esprit de Dieu crée? Cette unité, puisque c’est Dieu qui la crée, se réalise assurément. De plus, elle ne peut être détruite. Pourtant, Paul en parle en nous donnant l’impression que cette unité repose sur nous. Il y a deux vérités sur cette unité. La première, c’est que cette unité est déjà là. Paul ne dit pas de la créer, il ne dit pas qu’elle va venir éventuellement : il parle de l’unité de l’Esprit comme d’une réalité déjà présente et active. Je vous ai déjà dit que j’ai toujours été impressionné de constater l’unité qui existe entre deux chrétiens qui ne se connaissent pas.

Lorsque j’étais pasteur à Montréal, nous recevions souvent des frères et des sœurs qui venaient soit des États-Unis ou d’Europe. Dès qu’on nous mettait en contact avec ces personnes, je leur offrais d’aller les accueillir à l’aéroport et nous les recevions à la maison. Ça a toujours été une grande joie de goûter à la communion, à l’unité de l’Esprit. Ça a toujours été une grande bénédiction. Nous avons fait des rencontres édifiantes.

Ça nous a permis de voir que le peuple de Dieu est un grand peuple et que c’est Dieu qui unit ses enfants. La deuxième vérité, c’est que nous devons la maintenir, la conserver. Il semble donc que ce que Paul demande, c’est que nous vivions l’unité que Dieu a créée en nous, au sein de son peuple. Nous sommes appelés à démontrer de manière visible l’unité invisible. C’est comme une famille : le couple est marié, et donc uni par Dieu. Avec leurs trois enfants, ils forment une famille. C’est une entité. Il y a une famille unie par des liens familiaux, mais il est possible que cette famille connaisse des difficultés au point où le couple se sépare. Les trois frères se chicanent et en viennent à ne plus se parler. Chacun, devenu adulte, va vivre dans un coin du globe et n’a plus de contact avec les autres.

Admettons que nous sommes les cousins de ces trois frères. N’allons-nous pas tenter d’œuvrer pour la réconciliation, la restauration de cette famille? N’allons-nous pas nous dire que cette famille est unie par les liens familiaux et qu’en raison de ces liens, il faut être des artisans de paix dans cette famille pour tenter de la réconcilier? Je connais des parents qui pleurent de voir leurs enfants ne plus se parler.

Pensez à Adam et Ève : lorsque Caïn a tué Abel, ils n’ont pas perdu un fils. Ils en ont perdu deux. Ils ne pouvaient plus avoir une relation avec Caïn, qui avait tué son frère sans se repentir. Combien ça a dû être pénible de voir cela! L’Église, c’est la même chose. Frères et sœurs, nous sommes appelés à vivre l’unité avec les autres Églises. Bien sûr, il y a des limites. Dans une Église, nous nous entendons sur une confession de foi sans laquelle il n’y a pas d’unité durable, mais nous sommes appelés à vivre l’unité avec d’autres Églises. Nous ne pourrons pas collaborer aussi étroitement avec certaines Églises qu’avec d’autres. Si une Église enseigne aux nouveaux convertis qu’ils doivent parler en langues et rechercher le baptême du Saint-Esprit, nous ne pourrons pas collaborer étroitement, mais nous devons vivre l’unité la plus étroite sans faire de compromis sur nos convictions.

C’est surtout dans l’Église locale que nous allons vivre l’unité plus étroitement. Les liens qui nous unissent sont indestructibles. C’est l’Esprit de Dieu qui nous unit. Effectivement, quand on y pense, c’est le même Esprit qui habite en moi et qui habite en chacun de vous, en autant que vous soyez chrétiens. Nous sommes appelés à conserver, à maintenir pratiquement, quotidiennement, ces liens indestructibles. Nous sommes appelés à ne ménager aucun effort pour conserver cette unité de l’Esprit. Ça doit être vrai dans l’Église locale. C’est dans l’Église locale que nous sommes appelés à vivre plus étroitement les réalités du royaume. C’est dans notre Église que nous sommes appelés à vivre l’unité la plus visible. C’est dans notre Église que nous sommes appelés à nous édifier.

Il n’y a donc pas de place pour les rivalités, pour le dénigrement, pour le ressentiment, pour la médisance, pour la calomnie. Il n’y a de la place que pour l’édification commune, que pour le support mutuel, que pour la sanctification. Avez-vous déjà pensé à ce que Dieu pense des querelles entre chrétiens? Il a placé son Esprit d’unité en moi et il a placé son Esprit d’unité en mon frère.

L’Esprit est une personne. Le Seigneur habite en moi et il habite dans mon frère. Là, on se querelle. C’est comme si ma main droite voulait s’en prendre à ma main gauche : les deux se blessent et c’est tout le corps qui en souffre.

Applications

Maintenant, quelques applications :

Confesser

La première, c’est que nous devons nous humilier et nous repentir, frères et sœurs. Peut-être que certains n’ont pas alimenté directement des querelles, mais il est possible que nous soyons tous responsables à différents niveaux de certaines situations. Peut-être que nous avons manqué de vigilance dans la prière; peut-être que nous avons préféré ne pas nous impliquer lorsque nous avons été témoins de certaines situations; peut-être que nous avons alimenté certaines querelles; peut-être que nous avons accepté des situations déplorables… De toute façon, nous devons confesser en Église, parce qu’un problème dans l’Église concerne toute l’Église. Confesser, c’est reconnaître dans le désir de corriger. Frères et sœurs, je ne suis pas ici ce matin pour nous condamner, mais pour nous exhorter à progresser sur ces choses.

Considérer

La deuxième application, c’est de considérer mon frère et ma sœur comme Dieu les considère. Je dois regarder chacun comme un enfant de Dieu : cher au Seigneur. La personne que j’ai en face de moi, même celle avec laquelle je ne suis pas d’accord, même celle qui a une personnalité ou un défaut qui me tape sur les nerfs, cette personne est une brebis chère au Seigneur, tellement chère que le Seigneur a livré sa vie pour elle, tellement chère qu’il veut la sanctifier, il veut la bénir. Si je la maudis, si je la détruis, qu’est-ce que je suis en train de faire? Suis-je en train de travailler contre Dieu?

Être des artisans de paix

La troisième application, c’est un encouragement à devenir des artisans de paix. Là, je me suis mis à rêver : si nous devenions tous des artisans de paix, une Église d’artisans de paix.

Une Église où le faible, au lieu de trouver le mépris des autres, trouve le soutien de ceux qui sont forts; une Église où celui qui est éprouvé, au lieu de trouver l’indifférence des autres, trouve le réconfort des frères et des sœurs dans la prière; une Église où celui qui a chuté, au lieu de trouver la condamnation, trouve l’écoute chez son frère, chez sa sœur, pour l’aider à combattre son péché.

Une Église où celui qui veut servir, au lieu de trouver la rivalité, trouve l’accueil des autres dans un désir de complémentarité. En écrivant cette prédication, en particulier ces dernières lignes, je me suis dit : » Une Église où le Seigneur Jésus est vivant au milieu d’elle; une Église où les personnes blessées peuvent être restaurées; une Église où ceux qui ont connu l’échec goûte à la victoire en Jésus-Christ. »

Frères et sœurs, moi, ça m’excite qu’on soit une Église d’artisans de paix; une Église où chacun regarde l’autre en la considérant comme une brebis du Seigneur; une Église où la souffrance de l’autre est aussi la mienne; une Église où on pleure avec ceux qui pleurent et où on se réjouit avec ceux qui sont dans la joie. Pourquoi? Parce que nous sommes une Église, le corps du Seigneur Jésus, le temple de Dieu où son Esprit habite.

Je vous exhorte donc, moi, le prisonnier dans le Seigneur, à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience. Supportez-vous les uns les autres avec amour, en vous efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. (Éphésiens 4.1-3)

Que le Seigneur vous bénisse.

Daniel Durand, pasteur
25 mars 2018

Prédicateur invité

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