La réalité des persécutions, Jean 16.1-4

« Il est vrai que, sur le plan humain, l’évangile comporte des désavantages, sauf que ces désavantages n’en sont plus lorsque nous considérons les avantages spirituels : payer de sa vie pour l’évangile, c’est un désavantage sur le plan humain, mais sur le plan spirituel, quand on considère ce qui nous attend après notre départ, la mort n’est plus un désavantage, mais un avantage pour le chrétien. »

 

Introduction

Ce matin, nous poursuivons dans l’évangile de Jean, au chapitre 16, et nous lirons les versets 1 à 4 :

Je vous ai parlé ainsi, pour que vous ne soyez pas scandalisés. Ils vous excluront des synagogues ; et même, l’heure vient où quiconque vous fera mourir pensera offrir un culte à Dieu. Et ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père, ni moi. Je vous ai parlé ainsi, pour que l’heure venue, vous vous souveniez que je vous l’ai dit. Je ne vous l’ai pas dit dès le commencement, parce que j’étais avec vous. (Jean 16.1-4)

Exposé

Dans le chapitre précédent, Jésus prépare ses disciples aux persécutions à venir. Au verset 1 du chapitre 16, Jésus explique pourquoi il leur a dit cela : c’est afin qu’ils ne soient pas scandalisés. Les paroles de Jésus nous donnent une leçon sur ce que nous présentons lorsque nous parlons de l’évangile. Jésus ne craint point de dire que les disciples seront haïs de tous à cause de son nom. Au chapitre 16, verset 2, il en rajoute :

Ils vous excluront des synagogues ; et même, l’heure vient où quiconque vous fera mourir pensera offrir un culte à Dieu. (Jean 16.2)

Peut-être que nous avons l’impression que ces avertissements ne nous concernent pas, puisque nous ne subissons pas ici ce qui se passe dans certains pays. Nous verrons que ce sujet nous concerne pour plusieurs raisons. Jésus dit au verset 1 que ses avertissements visent à ce que les disciples ne soient pas scandalisés. Le théologien James Montgomery Boice affirme que beaucoup d’Églises présentent un évangile « bonbon », un évangile sans problème.

Il est vrai que, sur le plan humain, l’évangile comporte des désavantages, sauf que ces désavantages n’en sont plus lorsque nous considérons les avantages spirituels : payer de sa vie pour l’évangile, c’est un désavantage sur le plan humain, mais sur le plan spirituel, quand on considère ce qui nous attend après notre départ, la mort n’est plus un désavantage, mais un avantage pour le chrétien.

Une lecture des évangiles nous montrent que ces avertissements dans Jean 16 constituent un rappel de ce que Jésus leur avait dit au début de son ministère et, donc, au début de la vie de disciple des douze.

Heureux ceux qui sont persécutés à cause de la justice, car le royaume des cieux est à eux ! Heureux serez-vous, lorsqu’on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on répandra sur vous toute sorte de mal, à cause de moi. (Matthieu 5.10-11)

Les disciples avaient été avertis, mais jusque là, ils n’avaient pas subi beaucoup de persécutions. Ils ont surtout vu leur Maître être persécuté; du moins, être la cible des dirigeants religieux et politiques. Jésus les avertit que les choses vont changer : ce seront eux, la cible des opposants. Nous allons lire dans Apocalypse 12, les versets 4 et 17 :

La queue du dragon [Satan] entraînait le tiers des étoiles du ciel et les jetait sur la terre. Le dragon se tint debout devant la femme qui allait enfanter, afin de dévorer son enfant, dès qu’elle l’aurait enfanté. (Apocalypse 12.4)

Le dragon veut s’en prendre à l’enfant, c’est-à-dire au Christ.

Le dragon fut irrité contre la femme, et il s’en alla faire la guerre au reste de sa descendance, à ceux qui gardent les commandements de Dieu et qui retiennent le témoignage de Jésus. (Apocalypse 12.17)

Voyant qu’il n’a pas pu mettre fin à la mission du messie, Satan s’en prend maintenant au reste de la descendance : c’est l’Église, ça, c’est nous. C’est ce que Jésus dit en Jean 16.1-4. Il est vrai que Jésus parle à ses disciples, eux qui sont devenus apôtres. C’est vrai aussi qu’au début de l’Église, les apôtres ont subi des persécutions alors que l’ensemble des chrétiens se sont dispersés.

Saul approuvait le meurtre d’Étienne. Il y eut, ce jour-là, une grande persécution contre l’Église qui était à Jérusalem ; et tous, excepté les apôtres, se dispersèrent dans les contrées de la Judée et de la Samarie. (Actes 8.1)

Tous les chrétiens se sont dispersés sans les apôtres : eux, ils sont restés à Jérusalem et ont subi des persécutions vives. Notez que la dispersion était déjà une persécution. Ceci dit, il n’y a pas que les apôtres qui ont été persécutés : avant même cette dispersion des chrétiens, il y a eu la lapidation d’Étienne. Il n’était pas apôtre. Il a été un des sept hommes nommés diacres en Actes 6. L’histoire rapporte combien de tristes exemples de chrétiens persécutés pour leur foi. Ce sujet est brûlant d’actualité : dans plusieurs pays, que ce soit la Chine, par exemple, ou plusieurs pays musulmans, les chrétiens sont persécutés. Plus près de nous, aux États-Unis, on persécute certains chrétiens qui dérangent trop. On ne les tue pas, mais on les envoie en prison sous de fausses accusations.

Raisons du silence

On peut se demander pourquoi il y a des milieux qui ne disent pas la vérité sur l’évangile. Pourquoi ne pas dire que l’évangile a un coût ? Qu’il y aura des persécutions ? Je pense que la raison est qu’on fait intervenir des raisonnements étrangers. Il y a plusieurs années, j’ai voulu m’impliquer dans les GBU, c’est-à-dire les groupes bibliques universitaires.

Le responsable me demande d’enseigner à partir d’un livre. Je vais à la CLC pour l’acheter et je le lis. Je rappelle le responsable pour lui dire que, dans ce livre qui prétendait mettre les bases de la foi chrétienne, on ne parle ni de la création ni du péché. Il m’a répondu que c’est mieux comme ça afin de ne pas perdre du monde. C’est toute sa conception du salut qui était biaisée à mon avis.

La vérité biblique, c’est que c’est Dieu qui appelle. C’est Dieu qui donne la repentance et la foi. C’est Dieu qui donne l’intelligence, le vouloir et le faire. C’est Dieu qui donne un nouveau cœur. Pensons-nous que le Seigneur est bloqué dans son œuvre de salut par la doctrine de la création, parce qu’elle est impopulaire ? Si c’était cela, le Seigneur serait complètement bloqué parce que tout l’évangile est impopulaire. Il est une folie pour celui qui périt.

C’est toujours un danger de rendre l’évangile acceptable aux inconvertis, le rendre de telle façon qu’il ne heurte pas, qu’il ne s’oppose pas à la pensée du monde.  Il y a des judaïsants qui ont tenté la chose en Galatie : ils ont voulu maintenir la circoncision comme condition au salut. Paul dit qu’une telle chose est un autre évangile et que ceux qui le proposent devraient être anathémisés, c’est-à-dire maudits. De plus, ce qui semble négatif au salut ne l’est vraiment pas. Même les persécutions doivent être vues positivement. Les souffrances que nous endurons à cause de l’évangile démontrent notre union au Christ, manifestent notre foi et elles sont vues comme glorieuses par le Seigneur. Quelques versets :

Car le Seigneur a les yeux sur les justes et les oreilles ouvertes à leur prière, mais la face du Seigneur se tourne contre ceux qui font le mal. Qui donc vous maltraitera, si vous êtes zélés pour le bien ? D’ailleurs, quand vous souffririez pour la justice, heureux seriez-vous ! Ne craignez pas ce que les hommes craignent, et ne soyez pas troublés. (1 Pierre 3.12-14)

Bien-aimés, ne soyez pas surpris de la fournaise qui sévit parmi vous pour vous éprouver, comme s’il vous arrivait quelque chose d’étrange. Au contraire, réjouissez-vous de participer aux souffrances du Christ, afin de vous réjouir aussi avec allégresse, lors de la révélation de sa gloire. (1 Pierre 4.12-13)

Sont-ils serviteurs de Christ ? – je parle en termes extravagants – je le suis plus encore : par les travaux, bien plus ; par les emprisonnements, bien plus ; par les coups, bien davantage. Souvent en danger de mort, cinq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups moins un, trois fois j’ai été battu de verges, une fois j’ai été lapidé, trois fois j’ai fait naufrage, j’ai passé un jour et une nuit dans l’abîme. Souvent en voyage, exposé aux dangers des fleuves, aux dangers des brigands, aux dangers de la part de mes compatriotes, aux dangers de la part des païens, aux dangers de la ville, aux dangers du désert, aux dangers de la mer, aux dangers parmi les faux frères, au travail et à la peine ; souvent dans les veilles, dans la faim et dans la soif ; souvent dans les jeûnes, dans le froid et le dénuement. Et sans parler du reste, ma préoccupation quotidienne : le souci de toutes les Églises ! Qui est faible, que je ne sois faible ? Qui vient à tomber, que je ne brûle ? S’il faut se glorifier, c’est de ma faiblesse que je me glorifierai. Dieu, qui est le Père du Seigneur Jésus et qui est béni éternellement, sait que je ne mens pas ! A Damas, le gouverneur du roi Arétas faisait garder la ville des Damascéniens, pour se saisir de moi, mais on me descendit par une fenêtre, dans une corbeille, le long de la muraille et j’échappai à ses mains. (2 Corinthiens 11.23-33)

Tous ceux d’ailleurs qui veulent vivre pieusement en Christ-Jésus seront persécutés. (2 Timothée 3.12)

[…] et cela de la part de Dieu ; car il vous a été fait la grâce non seulement de croire en Christ, mais encore de souffrir pour lui. (Philippiens 1.29)

Paul n’a pas voulu passer les persécutions sous silence : il les mentionne dans ses lettres et il dira ensuite que ses lettres doivent être lues dans les Églises. Autrement dit, il faut absolument que les chrétiens sachent ce qui en est : il y a un coût. L’évangile est gratuit, mais il a un coût. Comment comprendre cela ? C’est comme offrir à un orphelin qui vit dans la rue une nouvelle vie. On lui offre une vraie famille, une vie dans une maison très confortable, des repas à tous les jours, un lit chaud à chaque nuit, une éducation hors pair et tout cela gratuitement. En même temps, on lui dit qu’il doit renoncer à sa vie dans la rue, à des mauvais amis qui l’entraînaient dans la consommation de drogues, etc. La vie nouvelle est totalement gratuite, mais il y a un coût : le renoncement à son ancienne vie. Ce renoncement ne remet pas en question la gratuité de la vie nouvelle, mais il est en même temps nécessaire.

L’exclusion

La persécution la plus courante, c’est l’exclusion.

Ils vous excluront des synagogues. (Jean 16.2)

Pour bien comprendre la force de ce que Jésus annonce, nous devons savoir qu’à l’époque, être exclu signifiait beaucoup plus que de ne plus pouvoir participer à des réunions religieuses. C’est beaucoup plus que lorsqu’une Église excommunie quelqu’un. À l’époque, être exclu de la synagogue signifiait une séparation du peuple de l’alliance et de ses institutions.  La personne n’avait plus accès au temple, plus d’adoration, plus de sacrifice, plus de lecture de la Parole de Dieu, puisque les Écritures n’étaient pas entre les mains des gens ordinaires. Pour être exposé aux Écritures, il fallait se rendre dans une synagogue. Être exclu, c’était perdre ce que Paul dit dans Romains 9.4 :

Les Israélites à qui appartiennent l’adoption, la gloire, les alliances, la loi, le culte, les promesses, les patriarches. (Romains 9.4)

Être exclu, c’était revivre à titre personnel l’exil, la déportation. L’exclusion était dévastatrice dans la vie de tous les jours. La personne perdait d’un coup tous ses amis. Pire que de ne plus les voir, les amis insultaient la personne exclue. Cette personne était considérée comme pire qu’un païen, d’une impureté plus nauséabonde que les non Juifs. La personne perdait son emploi, parce qu’en Israël, il n’y avait que des Juifs et les Normes du travail ne protégeaient pas les travailleurs.

Si la personne avait son commerce, ce n’était pas plus facile : elle perdait d’un coup tous ses clients. Finalement, on lui refusait une digne sépulture. C’était l’ensemble de la vie religieuse, communautaire et sociale qui était concerné. Tous les aspects de la vie étaient atteints. La parenté rejetait la personne excommuniée, les finances tombaient à plat, etc. Imaginez la vie d’une telle personne dans un village.

Martin Luther a aussi connu un tel sort. Il a dû fuir et se cacher pendant longtemps. Au Québec, au 19èmesiècle, le prêtre catholique Charles Chiniquy a aussi souffert de la sorte. Il s’est converti au Christ des Écritures. Jésus prévient ses disciples qu’il est possible qu’ils subissent des conséquences terribles. Dans les lettres aux sept Églises dans l’Apocalypse, nous voyons cette situation. Par exemple, l’Église de Smyrne :

Écris à l’ange de l’Église de Smyrne : Voici ce que dit le premier et le dernier, celui qui était mort et qui est revenu à la vie : Je connais ta tribulation et ta pauvreté, et pourtant tu es riche, et les calomnies de ceux qui se disent Juifs et ne le sont pas, mais qui sont une synagogue de Satan. Ne crains pas ce que tu vas souffrir. Voici que le diable va jeter quelques-uns d’entre vous en prison, afin que vous soyez éprouvés, et vous aurez une tribulation de dix jours. Sois fidèle jusqu’à la mort, et je te donnerai la couronne de vie. (Apocalypse 2.8-10)

Le meurtre

Jésus mentionne ensuite une persécution plus grave, le meurtre.

Ils vous excluront des synagogues ; et même, l’heure vient où quiconque vous fera mourir pensera offrir un culte à Dieu. (Jean 16.2)

Pour être honnête, en proportion, très peu de chrétiens sont persécutés jusqu’à la mort. Le propos de Jésus ici n’est pas tellement de développer les possibilités d’être victime de meurtre, mais de savoir jusqu’où sont prêts à aller les non chrétiens. Jésus précise « l’heure vient » : puisqu’il parlait aux apôtres, il avait certainement en tête le fait que tous les apôtres ont été gravement persécutés et la plupart ont été tués. Actes 8.1 nous informe que tous les apôtres sont restés sous la persécution. Mais quels sont ceux qui ont été tués ? La Bible nous dit que Jacques est mort par l’épée. En Jean 21, Jésus annonce à Pierre qu’il sera aussi tué. Selon la tradition, Paul aurait aussi été tué par des opposants à l’évangile. En fait, la tradition nous dit que tous les apôtres excepté Jean ont été tués. On sait aussi que les ennemis de l’évangile ne s’intéressent pas seulement aux apôtres. Étienne a été lapidé et, dans les trois premiers siècles de notre ère, les persécutions ont été très vives. En France, il y avait des exécutions systématiques dans la région de Lyon. Dèce, un empereur romain de 201 à 251, a voulu solidifier le culte de l’empereur, c’est-à-dire le fait de se prosterner devant l’empereur sous prétexte qu’il serait aussi de nature divine. Il a exigé que tous les habitants de l’empire romain passent un à un devant les autorités locales pour prêter allégeance à l’empereur. Les autorités remettaient à chacun un certificat. Les chrétiens qui refusaient étaient exécutés. Le Moyen âge a été rempli de persécutions. La Réforme n’a pas échappé à cela. Même aujourd’hui, dans plusieurs pays, les chrétiens sont persécutés : dans certains pays musulmans, on tue les chrétiens. Jésus donne une précision concernant les persécutions et les meurtres contre les chrétiens.

[…] quiconque vous fera mourir pensera offrir un culte à Dieu. (Jean 16.2)

Les persécutions ont toujours un motif religieux : ceux qui persécutent sont convaincus de servir Dieu. Évidemment, chez les dirigeants juifs, ce point ressort avec plus d’évidence. Ils voyaient comme une menace tout leur système religieux. Les catholiques ont persécuté des protestants pour des motifs religieux. Ils les voyaient comme une menace. Dans l’empire romain, le christianisme était vu comme une menace au culte de l’empereur. Les empereurs étaient considérés comme ayant la nature divine.

Lorsque Paul dit qu’il n’y a qu’un seul Seigneur, Jésus-Christ, c’est en opposition à l’empereur qui se faisait appeler « seigneur ». Même au sein du protestantisme, il y a eu des persécutions. Des Églises pédobaptistes, c’est-à-dire qui baptisent les nourrissons, ont persécuté des Églises baptistes. On a peut-être l’impression que les persécutions que nous subissons ici ne sont pas pour des motifs religieux.

Je comprends que la société ne cherche pas à protéger une religion au sens classique du mot, mais il y a des motifs que nous pouvons qualifier de religieux dans leurs gestes. En fait, notre société n’est pas très loin des cultes de l’empereur. Elle a ses prophètes : les scientifiques, les psychologues, et tous les autres spécialistes. Elle a son temple : la Cour suprême.

Elle a ses dogmes : l’écologie, les droits de la femme pour permettre l’avortement, la victimisation pour ceux qui sont alcooliques et pour ceux qui ne veulent pas travailler. Les persécutions sont présentes. On nous demande de se taire dans pratiquement tous les emplois. Un employé a le droit de parler de ses activités sexuelles à ses collègues, il peut porter des commentaires déplacés sur des personnes, il peut parler de ses techniques de yoga, mais s’il dit le mot « Jésus », il risque de recevoir un avertissement de la part du patron. Dans les écoles, on veut endoctriner les étudiants contre la Bible et pour l’homosexualité et pour l’avortement. Eux, ils peuvent parler de ces choses, mais si un professeur chrétien veut parler de sa foi, on va le lui interdire. Pourquoi est-ce que nos opposants ne nous tuent pas comme cela se passe dans certains pays ? C’est parce que certaines lois les empêchent de le faire. Les endroits où les chrétiens se font massacrer, c’est là où c’est permis.

Ce n’est pas parce que les gens ici sont plus sympathiques à la foi ou moins méchants : c’est parce que les circonstances ne le leur permettent pas. L’apôtre Jean dit ceci :

Quiconque a de la haine pour son frère est un meurtrier. (1 Jean 3.15)

Ceux qui n’aiment pas l’évangile n’aiment pas les chrétiens et ceux qui ont de la haine sont des meurtriers. C’est juste qu’ils ne peuvent passer à l’acte de tuer. Donc, l’exclusion et le meurtre, les deux actions, ne sont pas si loin. Dans les deux cas, c’est de dire à l’autre qu’il n’est pas bienvenu, il n’est pas désiré dans la communauté, qu’on souhaite sa disparition, qu’il n’a aucune valeur aux yeux de la communauté, qu’on se porterait bien mieux sans lui. Jésus termine ce point en disant au verset 3 :

Et ils feront cela, parce qu’ils n’ont connu ni le Père, ni moi. (Jean 16.3)

Que ce soit les Juifs qui ont persécuté les chrétiens, que ce soit les Catholiques Romains qui ont persécuté les protestants ou que ce soit notre société païenne qui rejette l’évangile, ces groupes de persécuteurs ne connaissent pas Dieu. Je ne dis pas que tous ceux qui font partie d’un de ces groupes ne connaissent pas Dieu. Je parle de ceux qui ont décidé de persécuter, ceux qui ont développé une haine contre les vrais chrétiens.

 

Applications

Maintenant, quelques applications.

Prier

La première, c’est que nous devons prier pour nos frères et sœurs qui sont persécutés dans le monde. Nous ne connaissons pas leurs noms, mais le Seigneur les connaît.

Prions que le Seigneur les soutienne dans l’épreuve, prions que le Seigneur utilise ce témoignage pour que les bourreaux se convertissent comme Paul, qui avait persécuté les chrétiens et qui s’est converti sur la route qu’il prenait pour aller persécuter des chrétiens à Damas; comme le geôlier, ce gardien de prison qui devait veiller sur Paul qui avait été incarcéré. Il a fini par se convertir. Prions pour les familles et les Églises de ceux qui sont emprisonnés ou exécutés. Prions, frères et sœurs, pour nos frères et sœurs dans le monde qui souffrent à cause de l’évangile. Nous ne réalisons pas que nous sommes solidaires, puisque nous sommes en Jésus-Christ avec nos frères que nous ne connaissons pas encore.

Mais souvenez-vous de ces premiers jours où, après avoir été éclairés, vous avez soutenu un grand et douloureux combat : d’une part exposés en spectacle par les opprobres et les tribulations, d’autre part vous rendant solidaires de ceux qui subissaient ce traitement. En effet, vous avez eu de la compassion pour les prisonniers, et vous avez accepté avec joie qu’on vous arrache vos biens, sachant que vous aviez des possessions meilleures et permanentes. (Hébreux 10.32-34)

Se préparer

La deuxième application, c’est que nous devons nous préparer, parce que selon ce que nous voyons, ce n’est qu’une question de temps pour que les choses s’aggravent. Oui, le Seigneur peut renverser la situation, mais souvent, il laisse les situations aller plus loin. Comment se préparer ? Par la connaissance de la Parole. Jésus a dit à ses apôtres qu’il les envoie comme des brebis au milieu des loups et il ajoute :

Soyez donc prudents comme les serpents, et simples comme les colombes. (Matthieu 10.16)

La prudence implique la sagesse et la sagesse implique la connaissance de la Parole. Il faut aussi se préparer en ayant une vie de prière intense surtout en Église afin de ne pas entrer en tentation : il faut demander au Seigneur de ne pas entrer en tentation, mais qu’il nous délivre du mal, ou du Malin. Il faut aussi se préparer en préparant nos épouses et nos enfants et, comme Église, en préparant les gens à cette éventualité. Jésus termine ce propos en lisant au verset 4 :

Je vous ai parlé ainsi, pour que l’heure venue, vous vous souveniez que je vous l’ai dit. Je ne vous l’ai pas dit dès le commencement, parce que j’étais avec vous. (Jean 16.4)

Qu’est-ce que ça change de savoir que Jésus a annoncé ces choses d’avance ?  En fait, c’est énorme : Jésus, en annonçant ces choses d’avance, nous dit qu’il est en contrôle dans ces situations. Il n’est pas pris au dépourvu, il n’est pas surpris. Ces choses arriveront, mais sous le contrôle parfait de Dieu. Cette opposition connaît des variations, des fluctuations depuis Genèse 3.15. On ne connaît pas ce par quoi le Seigneur nous fera passer. Ce que nous savons, c’est que le Seigneur sera toujours avec nous, même, et j’oserais dire à combien plus forte raison dans ces situations. Au pire, dans la vallée de l’ombre de la mort, ne craignons aucun mal, car notre bon Berger est avec nous. Quel est notre réconfort ? Son bâton et sa houlette : le bâton pour nous protéger des invasions ennemis; la houlette pour nous garder des évasions et nous ramener de nos égarements. Que le Seigneur nous fortifie par sa Parole. Amen !

Daniel Durand, pasteur
15 juillet 2018

Prédicateur invité

Partagez cet enseignement :

Share on facebook
Share on twitter
Share on print
Share on email