La providence de Dieu, partie 6

« Dieu a décrété le salut des élus. Dans sa providence, il utilise des moyens tant naturels que surnaturels. Quand on y pense, la doctrine de la providence divine devrait nous encourager à témoigner et à évangéliser, parce que nous avons la certitude que Dieu nous utilise comme un moyen pour arriver à ses fins. Les décrets divins et sa providence ne diminuent jamais la responsabilité humaine. »

 

La semaine passée, dans le cadre de l’étude sur la providence divine, nous avons vu que Dieu utilise des moyens pour agir providentiellement. Ces moyens peuvent être naturels, c’est-à-dire que Dieu utilise les lois et les mécanismes de la nature qu’il a lui-même créés, mais il peut aussi utiliser des moyens surnaturels, c’est-à-dire ce qu’on appelle des miracles.

Avant d’aller aux moyens, j’ai trouvé un texte où il est question de la providence de Dieu en lien avec les lois naturelles.

Fais-tu paraître en leur temps les constellations, et conduis-tu la Grande Ourse avec ses petits ? (Job 38.32)

Ici, le Seigneur donne à Job un cours de théologie. Le Seigneur veut que Job ne peut pas comprendre certaines choses parce qu’il n’est qu’une créature. Quand le Seigneur dit : « Fais-tu paraître en leur temps les constellations ? », il montre à Job que Dieu est au-dessus de tout. Le Seigneur fait paraître en leur temps les constellations, ce que Job ne peut pas faire.

Dieu fait paraître en leur temps les constellations. Est-ce à dire que les choses ne fonctionnent pas à partir de lois établies par Dieu ou faut-il choisir entre la providence de Dieu ou un fonctionnement uniquement par les lois naturelles ? Voici ce que dit les versets suivants :

Connais-tu les lois du ciel ? Fais-tu attention à la terre, à son organisation ? Élèves-tu la voix jusqu’aux nuages, pour que des torrents d’eaux te recouvrent ? (Job 38.33-34)

Ces moyens surnaturels dépassent les lois naturelles. Quand le Seigneur a fait tomber les murs de Jéricho, il l’a fait en dehors des moyens naturels. Ce ne sont pas les trompettes qui ont réussi à les faire tomber, mais en même temps, il a utilisé les moyens naturels, puisque c’est la gravité terrestre qui a fait que les pierres des murs se sont retrouvées au sol. Quand il a fait tomber le temple juif, il l’a fait par des moyens naturels, c’est-à-dire que des nations ennemies l’ont saccagé. Quand Jésus a multiplié les pains, ceux-ci avaient été faits par des moyens naturels. La multiplication s’est faite en dehors des moyens naturels. C’est miraculeusement que ces pains ont été multipliés. Puis, c’est par un moyen naturel que les pains ont été distribués. Ce sont les disciples qui ont distribué les pains. Le Seigneur aurait pu simplement couper la faim de la foule, mais il a agi à la fois par des moyens naturels et à la fois par des moyens surnaturels.

Donc, dans sa providence, Dieu agit librement. Nous ne devons pas exiger des miracles et nous ne devons pas refuser les miracles. Dieu pourvoit comme il le veut. Pour nous, ça a un impact sur notre manière d’agir. Si la providence de Dieu passait toujours que par des moyens surnaturels, ça signifierait que nous n’aurions rien à faire sauf de prier Dieu pour le miracle, mais comme le Seigneur utilise les moyens ordinaires, les moyens naturels, ces moyens incluent notre collaboration. Un texte intéressant sur ce sujet, c’est dans Actes 10, versets 1 à 6 :

Il y avait à Césarée un homme du nom de Corneille, centenier de la cohorte appelée italienne. Il était pieux et avec toute sa maison il craignait Dieu ; il faisait beaucoup d’aumônes au peuple et priait Dieu constamment. Vers la neuvième heure du jour, il vit clairement dans une vision un ange de Dieu qui entrait chez lui et lui disait : Corneille ! Il fixa les regards sur lui, et saisi de crainte, il lui dit : Qu’y a-t-il, Seigneur ? Et l’ange lui dit : Tes prières et tes aumônes sont montées en guise de souvenir devant Dieu. (Actes 10.1-4)

Jusqu’ici, le Seigneur a utilisé un moyen qui n’est pas naturel, c’est-à-dire de se révéler par un rêve. Maintenant, l’ange donne une consigne à Corneille pour utiliser des moyens naturels, c’est-à-dire le témoignage d’un homme, l’apôtre Pierre.

Envoie maintenant des hommes à Jaffa, et fais venir un certain Simon, surnommé Pierre ; il est logé chez un certain Simon, corroyeur, dont la maison est au bord de la mer. (Actes 10.5-6)

Tous ces moyens s’inscrivent dans la providence divine. De plus, ce n’est pas parce que Dieu a décrété la fin, c’est-à-dire le salut de Corneille, que les chrétiens n’ont plus rien à faire. Au contraire, c’est parce qu’il a déterminé la fin qu’il utilise les moyens : il envoie Pierre. Nous allons maintenant voir la question de la providence de Dieu en lien avec le salut.

C’est pourquoi je supporte tout à cause des élus, afin qu’eux aussi obtiennent le salut qui est en Christ-Jésus, avec la gloire éternelle. (2 Timothée 2.10)

Paul parle des élus, c’est-à-dire de ceux qui ont été choisis avant la fondation du monde. Paul dit aussi qu’il supporte tout à cause des élus. Paul ne dit pas qu’il supporte tout à cause des perdus, mais à cause des élus. C’est parce qu’il sait que ce qu’il supporte est voulu par Dieu comme moyen afin que Dieu arrive à ses fins, c’est-à-dire de sauver ses élus.

Dieu a décrété le salut des élus. Dans sa providence, il utilise des moyens tant naturels que surnaturels. Quand on y pense, la doctrine de la providence divine devrait nous encourager à témoigner et à évangéliser, parce que nous avons la certitude que Dieu nous utilise comme un moyen pour arriver à ses fins. Les décrets divins et sa providence ne diminuent jamais la responsabilité humaine.

Le Seigneur qui a décrété le salut et qui va sauver les élus dans sa providence a aussi décrété que ces personnes seraient sauvées par le témoignage et l’évangélisation des chrétiens, utilisant leur prière. La doctrine de la providence et des moyens de providence a une répercussion pour les chrétiens à un autre niveau. C’est celui des exaucements à la prière. Vous savez comme moi qu’il y a des milieux évangéliques qui ne veulent que des solutions miraculeuses.

Ce n’est pas du tout ce que la Bible enseigne. Le Seigneur peut très bien pourvoir, et il le fait, par des moyens naturels : par exemple, la médecine pour la guérison. Ce n’est pas moins providentiel parce que les moyens sont naturels.

Pour les chrétiens

Positions théologiques

Sur la question, il y a trois grandes positions théologiques. Je sais que les mots ne sont pas dans la Bible. Ces mots servent à désigner des doctrines sur le salut. Comme je vous ai déjà dit, quand je mange une pomme Macintosh, ce n’est pas le nom Macintosh qui m’intéresse, mais la pomme et je ne m’empêcherai pas d’en manger sous prétexte que ça porte le nom d’un homme. Voici donc les trois positions sur le salut : l’arminianisme, le calvinisme et l’hyper-calvinisme.

Ces trois positions apprécient différemment le rôle de Dieu et le rôle de l’homme dans le salut. Autrement dit, c’est la fameuse question de la souveraineté de Dieu et de la responsabilité de l’homme dans le salut : est-ce que la souveraineté de Dieu dans le salut supprime totalement la responsabilité de l’homme ? Inversement, est-ce que la responsabilité de l’homme dans le salut supprime la souveraineté de Dieu ? Ou si les deux fonctionnent ensemble dans le salut ?

RESPONSABILITÉ DE L’HOMME

SOUVERAINETÉ DE DIEU

Arminianisme

Calvinisme

Hyper-calvinisme

Pour les arméniens, c’est l’homme qui a la décision entre ses mains. Dieu ne prend pas part à la décision du salut, c’est-à-dire que ce n’est pas Dieu qui a décidé qui serait sauvé. Ils vont croire à un rôle très secondaire de Dieu. Ils vont prier avant d’évangéliser afin que Dieu rende les circonstances favorables à la conversion, mais ultimement, c’est l’individu qui décide de son propre chef. À droite de l’écran, c’est l’hypercalvinisme.

Les hypercalvinistes ne reconnaissent que la souveraineté de Dieu au détriment de la responsabilité de l’homme. Autrement dit, ils font l’équation que puisque Dieu est souverain, l’homme n’a aucun rôle. Ils n’évangélisent pas parce qu’ils disent que si la personne est élue, elle viendra à l’évangile. Pour eux, évangéliser équivaut à dire que Dieu n’est pas souverain dans le salut. Entre ces deux positions (arminianisme et hyper calvinisme), il y a le calvinisme.

Malheureusement, beaucoup d’arminiens confondent le calvinisme et l’hypercalvinisme. La différence est énorme entre les deux. Les calvinistes croient que c’est Dieu seul qui décide de ceux qui seront sauvés, mais ils croient que Dieu ne les sauve pas sans les moyens qu’il a aussi décidé d’utiliser comme la prédication, l’évangélisation, etc.

Il y a une quatrième position que je n’ai pas mise dans le tableau, parce qu’elle touche moins directement la question de la providence de Dieu dans le salut. C’est la position amyraldienne que je situerais entre l’arminianisme et le calvinisme, mais plus près du calvinisme que de l’arminianisme. Ils ont la même position que les calvinistes sur le fait que l’homme est incapable de se tourner vers Dieu par lui-même, l’homme étant totalement dépravé. Ils ont la même position que les calvinistes sur le fait que Dieu a élu inconditionnellement ceux qui allaient être sauvés. Ils ont la même position que les calvinistes sur le fait que, lorsque Dieu veut sauver quelqu’un, cette personne ne peut résister définitivement. Ils ont la même position que les calvinistes sur le fait que le salut ne se perd pas.

La différence se trouve dans le fait que les amyraldiens croient que Jésus est mort pour tous les hommes, alors que les calvinistes croient que Jésus est mort pour les élus seulement. Il y a certainement de petites nuances au sein de chaque position, mais essentiellement, c’est ce que je vous présente. Comme vous le constatez, la doctrine de la providence et des moyens de providence a des répercussions dans le mandat de l’Église comme dans nos vies individuelles.

Daniel Durand, pasteur
11 août 2019

Prédicateur invité

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