La providence de Dieu, partie 3

« Dieu n’a pas créé pour laisser aller la création à elle-même, sans loi, sans but. Il n’y a pas de chance dans la création au sens de hasard. Rien n’arrive en dehors de sa providence. Dieu n’est pas quelqu’un qui garde un œil sur sa création, tout en la laissant aller à elle-même. Il n’est pas passif. Il n’est pas que présent. Il n’est pas que spectateur de ce qui se passe. Il est actif. Il soutient. Nous ne pourrions avoir confiance en Dieu sans cette assurance de la providence de Dieu. C’est l’assurance pour nous que rien n’échappe à Dieu et que tout ce qui arrive demeure sous son contrôle. S’il fallait que Dieu n’exerce pas sa providence, ce serait catastrophique. La providence assure aux chrétiens que Dieu est toujours présent dans sa création, une présence active et souveraine. »

 

La semaine passée, nous avons regardé quelques versets de Romains 11 où Paul affirme que Dieu a placé tous les hommes dans la désobéissance pour faire miséricorde à tous. Puis, Paul y va d’une doxologie, c’est-à-dire d’une envolée de louange à Dieu où il dit que les pensées de Dieu sont insondables. Pour mieux comprendre cette doxologie, nous allons faire un bref survol de l’épître aux Romains. Dans les trois premiers chapitres, Paul expose l’universalité du péché, autant chez les païens que chez les Juifs. Puis, à partir du verset 24 du chapitre 3 (Romains 3.24), Paul expose le moyen du salut qui est par la foi en Jésus-Christ. Il va parler du régime de la loi versus le régime de la grâce, puis, au chapitre 4 (Romains 4), il va rappeler l’expérience d’Abraham, le père dans la foi, et de David, qui parle du bonheur de celui dont les péchés sont pardonnés. Au chapitre 5 (Romains 5), il traite de l’expérience de tous les chrétiens et revient sur la croix. Il parle de la justification et des deux têtes d’alliance : Adam et Jésus-Christ. Au chapitre 6 (Romains 6), c’est la condition du chrétien, celui qui a été baptisé en Jésus-Christ et ressuscité avec lui, suivi de quelques implications pratiques. Les chapitres 7 et 8 (Romains 7-8), c’est le combat du chrétien, c’est-à-dire la marche par l’Esprit de Dieu. Les chapitres 9 à 11 (Romains 9-11), c’est l’exposé sur l’élection et le développement théologique d’Israël.

Ce ne sont pas tous les Juifs qui forment le peuple d’Israël et des non-Juifs sont greffés à l’olivier d’Israël, c’est-à-dire que des non-Juifs sont incorporés au peuple de Dieu. Maintenant, nous allons relire les versets 32 à 36 de Romains (Romains 11.32-36) en ayant en tête toute cette présentation que Paul a faite :

Car Dieu a renfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous. (Romains 11.32)

« Tous les hommes », c’est-à-dire les Juifs et les non-Juifs.

Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables et ses voies incompréhensibles ! En effet, qui a connu la pensée du Seigneur, ou qui a été son conseiller ? Qui lui a donné le premier, pour qu’il ait à recevoir en retour ? Tout est de lui, par lui et pour lui ! À lui la gloire dans tous les siècles. Amen ! (Romains 11.33-36)

Qu’est-ce qui est de lui et par lui ? Tout. D’autant plus que Paul vient d’exposer le fait que tous les hommes ont péché, affirmant même que c’est Dieu qui a placé tous les hommes dans la désobéissance. « Tout est de lui » signifie que c’est Dieu qui a tout, mais vraiment tout créé. « Tout est par lui » signifie que Dieu est totalement souverain sur tout ce qui arrive. C’est Dieu qui fait arriver toute chose. La providence de Dieu, c’est l’accomplissement du décret de Dieu : Dieu a tout décrété et Dieu fait tout arriver ce qu’il a décrété, mais il ne fait pas tout arriver de la même manière. Ainsi, dans son décret, il a élu les uns au salut éternel; et les autres, il les laisse aller à la perdition éternelle, toujours selon son décret. Ceux qu’il a élus au salut éternel, Dieu est intervenu en appliquant sa grâce pour qu’ils croient. Il y a une action directe et déterminante qui fait que les élus croient. Pour les réprouvés, Dieu les laisse aller sans leur communiquer sa grâce. Romains 1 dit à trois reprises que Dieu les a livrés au péché.

Les réprouvés agissent donc en fonction d’eux-mêmes, sans influence divine. C’est pourquoi les réprouvés subiront la condamnation éternelle et cette condamnation est totalement juste. Je reprends la phrase fameuse de Pierre Lombard :

« Dieu n’endurcit pas en communiquant la malice […] mais en ne communiquant pas la grâce. » (Pierre Lombard, Comment Dieu endurcit-il les pécheurs ?)

C’est là toute la différence : quand Dieu fait arriver le mal, il le fait en retirant son influence bienfaisante. Il n’est pas l’auteur du mal, mais il le canalise. « Tout est pour lui » signifie que tout ce que Dieu a créé et sur lesquelles Dieu est totalement souverain se dirige vers le but final qu’il a fixé depuis toute éternité. Nous avons la même idée en 1 Chroniques 29.12 :

C’est de toi que viennent la richesse et la gloire […] (1 Chroniques 29.12)

C’est Dieu qui a tout créé.

[…] c’est toi qui domines sur tout, c’est dans ta main que sont la force et la puissance, […] (1 Chroniques 29.12)

Dieu dirige tout ce qui existe, il domine sur tout. Il a une souveraineté absolue.

[…] et c’est ta main qui a le pouvoir de tout agrandir et de tout affermir. (1 Chroniques 29.12)

Dieu agit selon son plan. Il a un plan, un but final. La providence n’a rien de ponctuel, c’est-à-dire que nous ne devons pas penser que Dieu n’agit souverainement que dans certains aspects. S’il fallait que la providence soit ponctuelle, la providence serait menacée. Pour que Dieu puisse diriger parfaitement certaines choses, il doit diriger toute chose.

Ce Fils, qui est le rayonnement de sa gloire et l’expression de son être, soutient toutes choses par sa parole puissante […] (Hébreux 1.3)

Le verbe traduit par « soutenir » a le sens de « porter » et implique un mouvement vers l’avant. Le Fils soutient, maintient, porte vers le but final toute chose, et non pas certaines choses. La Bible dit aussi en Romains 11.36 que tout est de lui, par lui et pour lui, c’est-à-dire que tout, mais vraiment tout, existe par lui, c’est-à-dire que c’est la providence de Dieu qui agit pour que les causes secondes produisent.

Le mal arrive parce que Dieu l’a non seulement permis, mais il l’a décrété et il le fait advenir.

L’Éternel a tout fait pour un but, même le méchant pour le jour du malheur. (Proverbes 16.4)

Le verset ne dit pas que l’Éternel a fait le jour du malheur pour le méchant. Il dit qu’il a fait le méchant pour le jour du malheur. Je vous redis ce que nous avions vu lorsque nous avons étudié le décret de Dieu. Le chrétien qui rejette l’idée que Dieu aurait simplement permis le mal, mais sans l’avoir décrété, croit éviter les difficultés, mais nous allons voir qu’il n’en est pas ainsi.

Il serait impensable de dire que Dieu n’a même pas permis le mal. Puisque le mal est arrivé, c’est que Dieu l’a permis. Sinon, Dieu n’est plus omniscient. Il ne sait pas toute chose. Pourquoi est-ce que Dieu a permis au serpent de se pointer dans le jardin d’Éden ? Si on se contente de dire que Dieu a permis le mal, c’est que Dieu a des raisons pour l’avoir permis et de très bonnes raisons. Sinon, il ne l’aurait pas permis.

Or, si Dieu a de bonnes raisons pour avoir permis le mal, pourquoi ces raisons ne seraient-elles pas valables pour que Dieu ait décrété le mal ? Si on dit que Dieu a permis le mal, c’est que Dieu se glorifie dans cela. Si le mal sert ultimement le plan de Dieu, sinon nous ne pourrions même pas dire que Dieu l’a permis, nous pouvons évoquer les mêmes raisons pour dire que Dieu a décrété le mal.

Si Dieu a permis le mal parce que le fait que Dieu l’ait permis n’affecte pas la perfection de son plan, il me semble que nous pouvons admettre tout aussi facilement que Dieu a décrété le mal parce qu’il sert son plan parfait. Ceux qui disent que Dieu a simplement permis le mal doivent admettre que Dieu aurait pu empêcher le mal d’entrer dans le monde. Que ce soit décréter ou permettre, les deux impliquent la reconnaissance d’un choix souverain de Dieu que le mal arrive et se produise. Je cite Florent Varak :

« Un Dieu qui permet c’est un Dieu qui est maître de l’histoire et qui accepte que certaines choses ont lieu ».

Plus loin, il ajoute :

« Donc il y a bien un décret formulé avant la création du monde qui permet l’ensemble des évènements qui ont lieu. Et ce décret, il est conforme aux attributs de Dieu ».

Un autre texte qui nous parle de la providence de Dieu :

À lui appartiennent la sagesse et la force. C’est lui qui change les temps et les circonstances, qui renverse les rois et qui établit les rois, qui donne la sagesse aux sages et la science à ceux qui ont de l’intelligence. (Daniel 2.21)

Donc, nous devons maintenir à la fois la pleine réalité de la responsabilité des causes secondes et la réalité de Dieu comme cause première. Par exemple, le sacrifice de Jésus-Christ, c’est le dessein de Dieu depuis toute éternité, mais ce sont des causes secondes, c’est-à-dire les hommes, qui ont planté les clous dans sa chair. Nous avions vu deux versets qui maintiennent à la fois le décret divin qu’il accomplit providentiellement et la responsabilité humaine.

Cet homme [Jésus], livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez fait mourir en le clouant à la croix par la main des impies. (Actes 2.23)

Un autre texte qui va dans le même sens :

En effet, contre ton saint serviteur Jésus, que tu as oint, Hérode et Ponce Pilate se sont ligués dans cette ville avec les nations et avec les peuples d’Israël, pour faire tout ce que ta main et ton conseil avaient arrêté d’avance. (Actes 4.27-28)

C’est Dieu qui avait arrêté d’avance que les méchants allaient crucifier son Fils, mais ça n’ôte pas la responsabilité des méchants. Les méchants n’ont pas agi malgré eux, mais en raison de leur méchanceté.

Mener à son but

La providence vise à amener à son but tout ce qui a été créé. Nous avons déjà lu Proverbes 16.4 :

L’Éternel a tout fait pour un but, même le méchant pour le jour du malheur. (Proverbes 16.4)

Dieu n’a pas créé pour laisser aller la création à elle-même, sans loi, sans but. Il n’y a pas de chance dans la création au sens de hasard. Rien n’arrive en dehors de sa providence. Dieu n’est pas quelqu’un qui garde un œil sur sa création, tout en la laissant aller à elle-même. Il n’est pas passif. Il n’est pas que présent. Il n’est pas que spectateur de ce qui se passe. Il est actif. Il soutient.

Conditionnel à la foi

Nous ne pourrions avoir confiance en Dieu sans cette assurance de la providence de Dieu. C’est l’assurance pour nous que rien n’échappe à Dieu et que tout ce qui arrive demeure sous son contrôle. S’il fallait que Dieu n’exerce pas sa providence, ce serait catastrophique. La providence assure aux chrétiens que Dieu est toujours présent dans sa création, une présence active et souveraine.

Daniel Durand, pasteur
21 juillet 2019

Prédicateur invité

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