La providence de Dieu, partie 2

« Dieu a placé tous les humains en Adam et il n’a pas communiqué sa grâce à Adam pour l’empêcher de désobéir. Dieu n’a pas communiqué la malice, la rébellion à Adam, mais il ne lui a pas communiqué la grâce d’obéir. Ainsi, le plan, le décret de Dieu s’accomplit sans que Dieu ne soit l’auteur du péché. La providence de Dieu ne signifie pas que Dieu commet tout ce qui arrive : ça signifie que Dieu ne communique pas sa grâce dans le cas des réprouvés et que Dieu canalise leur méchanceté. »

 

La semaine passée, nous avons débuté le sujet de la providence de Dieu. Nous avons vu que c’est conséquent à la doctrine du décret de Dieu, c’est-à-dire le fait que Dieu a tout décidé ce qui allait se passer dans la création. La doctrine de la providence de Dieu suit également la doctrine de la création. Si on veut, la création est le théâtre et la providence est la pièce qui se joue. Donc, tout arrive selon le plan parfait de Dieu. Pour que son plan se réalise, il faut que, non seulement, Dieu ait tout décrété, mais qu’il agisse providentiellement dans l’histoire de l’humanité. Ça implique que, pour que le plan de Dieu se réalise, il doit exercer sa providence du début jusqu’à la fin et dans tous les détails de la création. Nous avons vu il y a quelques mois le décret divin, c’est-à-dire que Dieu a tout décrété ce qui arrive dans la création. Dieu n’a pas seulement décrété le bien qui allait arriver, mais aussi le mal. C’est une doctrine difficile, mais qui reçoit l’appui de textes bibliques. Nous allons revoir quelques éléments pour bien comprendre ensuite la providence divine.

Même le mal

Dieu a tout décrété, même le mal qui arrive.

Car l’Écriture dit à Pharaon : Je t’ai suscité tout exprès pour montrer en toi ma puissance et pour que mon nom soit publié par toute la terre. Ainsi, il fait miséricorde à qui il veut, et il endurcit qui il veut. Tu me diras donc : Qu’a-t-il encore à blâmer ? Car qui résiste à sa volonté ? (Romains 9.17-19)

Autrement dit, si c’est Dieu qui décide de faire miséricorde à qui il veut et qui décide d’endurcir qui il veut, pourquoi Dieu blâme-t-il encore ? Si c’est Dieu qui décide de ceux qui croient et de ceux qui rejettent, comment Dieu peut-il punir ensuite ? Paul pose la question, parce qu’il sait très bien qu’elle constitue un nœud dans la pensée des chrétiens.

Comment un Dieu totalement juste peut-il punir des personnes alors que c’est Dieu qui a décidé que ces personnes allaient être endurcies ? Donc, Paul pose la question, pour y répondre immédiatement au verset 20 :

Toi plutôt, qui es-tu pour discuter avec Dieu ? Le vase modelé dira-t-il au modeleur : Pourquoi m’as-tu fait ainsi ? Le potier n’est-il pas maître de l’argile, pour faire avec la même pâte un vase pour un usage noble et un vase pour un usage méprisable ? (Romains 9.20-21)

Le verset 21 (Romains 9.21) est tellement clair : Dieu est le maître. C’est lui qui décide de faire en sorte que le vase est pour un usage noble ou un usage méprisable. Dans le contexte, le vase pour un usage noble : c’est celui que Dieu a élu pour le salut. C’est un usage très noble d’être ceux en qui Dieu habite. De l’autre côté, il y a les vases pour un usage méprisable : ce sont les réprouvés. Le verset 21 (Romains 9.21) dit clairement que c’est Dieu qui les a faits ainsi.

Ceci dit, en même temps que nous prenons acte de cette doctrine, nous devons nous empresser de nous rappeler que Dieu n’est pas l’auteur du péché, n’est pas l’auteur du mal.

Car Dieu a enfermé tous les hommes dans la désobéissance, pour faire miséricorde à tous. (Romains 11.32)

Ce verset affirme que c’est Dieu qui a enfermé tous les hommes dans la désobéissance. Alors, comment est-ce possible que Dieu ait décidé de toutes ces choses sans les avoir faites lui-même ? Dans son article Comment Dieu endurcit-il les pécheurs ?, Pierre Lombard dit ceci :

« Dieu n’endurcit pas en communiquant la malice […] mais en ne communiquant pas la grâce. »

Je trouve cette phrase très éclairante sur le sujet. Comment se fait-il que tous les hommes se retrouvent dans la même situation ? Dieu a placé tous les humains en Adam et il n’a pas communiqué sa grâce à Adam pour l’empêcher de désobéir. Dieu n’a pas communiqué la malice, la rébellion à Adam, mais il ne lui a pas communiqué la grâce d’obéir. Ainsi, le plan, le décret de Dieu s’accomplit sans que Dieu ne soit l’auteur du péché. La providence de Dieu ne signifie pas que Dieu commet tout ce qui arrive : ça signifie que Dieu ne communique pas sa grâce dans le cas des réprouvés et que Dieu canalise leur méchanceté. Ainsi, en Ésaïe 10, le Seigneur a canalisé la méchanceté des Assyriens pour que ceux-ci s’en prennent aux Israélites, mais ensuite, Dieu a puni les Assyriens pour leur méchanceté envers les Israélites. Après avoir affirmé que c’est Dieu qui a enfermé tous les hommes dans la désobéissance, Paul ajoute :

Ô profondeur de la richesse, de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables et ses voies incompréhensibles ! En effet, qui a connu la pensée du Seigneur, ou qui a été son conseiller ? Qui lui a donné le premier, pour qu’il ait à recevoir en retour ? Tout est de lui, par lui et pour lui ! À lui la gloire dans tous les siècles. Amen ! (Romains 11.33-36)

Puis, tout est pour lui. Le but ultime de tout, c’est Dieu, sa gloire.

Daniel Durand, pasteur
14 juillet 2019

Prédicateur invité

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