La patience de Dieu, partie 2

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« Quelle belle expression, quelle belle promesse! Le Christ est en train d’être formé en chacun de nous, en moi comme dans mes frères et dans mes sœurs. Quel privilège avons-nous de participer à cette œuvre de Dieu par nos encouragements, notre patience envers les autres, notre intercession pour chacun d’eux! Que le Seigneur nous donne d’être patients les uns envers les autres, qu’il nous rappelle aussi qu’il est patient envers nous. Que le Seigneur nous donne de le louer pour sa patience, parce qu’elle est nécessaire à la réalisation de son plan. Sans elle, nous n’aurions pas été sauvés. Sans elle, nous ne pourrions grandir dans la vie chrétienne. Sans elle, son plan parfait ne se réaliserait pas. »

 

Introduction

Patience (suite)

La semaine passée, nous avons regardé la question de la patience de Dieu dans nos vies. Nous avions vu que la patience de Dieu n’est pas du laxisme, du laisser-aller et de la tolérance irresponsable. La patience de Dieu est le fait que Dieu retient son jugement, parce qu’il est en train de réaliser son plan.

Si le Seigneur n’avait pas été patient, il aurait mis fin à l’humanité dès la faute d’Adam et le messie ne serait jamais venu. Le Seigneur a usé de patience envers l’humanité. Le Seigneur continue d’user de patience envers l’humanité. Lorsque nous voyons ce qui se passe dans le monde, c’est décourageant. Lorsqu’on a quelques décennies de vécu, on constate le dérapage, la chute vertigineuse de tout l’Occident. Il n’y a plus de morale : le bien est appelé « mal » et le mal est appelé « bien ». Je pense que cette évaluation est plutôt conforme à la réalité, mais nous ne devons pas oublier que derrière cette réalité, il y a le Seigneur qui règne, qui voit tout cela et qui agit. Il est patient en ce qu’il persévère avec ce monde afin de le conduire à sa finalité.

En fait, le Seigneur est en train de tout préparer pour que sa gloire resplendisse à la face de toute la création.

Les élus

Ce soir, nous allons regarder la patience que Dieu a envers ses enfants. La patience de Dieu a comme raison le salut de tous les élus.

Le Seigneur ne retarde pas l’accomplissement de sa promesse, comme quelques-uns le pensent. Il use de patience envers vous, il ne veut pas qu’aucun périsse, mais il veut que tous arrivent à la repentance. (2 Pierre 3.9)

Pierre voit la patience du Seigneur comme salutaire. Le Seigneur veut sauver tous les élus. S’il fallait que Dieu soit impatient, nous n’aurions pas été sauvés.

Dans le verset, Pierre s’adresse aux élus : le Seigneur use de patience envers « vous ». Il veut qu’aucun ne périsse, mais que tous arrivent à la repentance. C’est ce que dit Pierre au verset 15 du même chapitre.

Considérez que la patience de notre Seigneur est votre salut, comme notre bien-aimé frère Paul vous l’a aussi écrit selon la sagesse qui lui a été donnée. (2 Pierre 3.15)

Sans sa patience, le Seigneur aurait mis fin à l’humanité bien avant, mais parce qu’il veut que tous les élus soient sauvés, il use de patience envers les élus, voulant qu’aucun ne périsse. Pourquoi est-ce que le Seigneur ne met pas fin à toute la création? Parce qu’il lui reste des élus à sauver. Il n’a pas fini de sauver. Nous avons bénéficié de sa patience, parce que le Seigneur n’a pas supprimé l’humanité, parce qu’il voulait nous sauver. Il veut en sauver d’autres aussi. Même dans nos vies, le Seigneur a été patient envers nous durant notre vie pré-conversion. Il aurait pu nous supprimer en raison de notre péché, mais au contraire, il a été patient, parce que son plan était de nous sauver. Personnellement, je ne pense pas que l’action de Dieu dans nos vies a débuté lorsque le Seigneur a tourné nos cœurs vers son Fils.

Je pense que le Seigneur nous a préparés bien avant notre conversion en nous faisant traverser des situations qui nous ont aiguillés dans des questionnements, des prises de conscience sur notre propre état. Parfois, on a l’impression que le Seigneur a commencé à œuvrer en nous à partir de notre conversion. Je ne suis vraiment pas certain de cela.

Mais, quand celui qui m’avait mis à part dès le sein de ma mère, et qui m’a appelé par sa grâce, a trouvé bon de révéler en moi son Fils, pour que je l’annonce parmi les païens […] (Galates 1.15-16)

Dans ces versets, Paul, qui avait été meurtrier, lui dont l’opposition au christianisme était devenue une carrière, affirme que le Seigneur l’avait mis à part dès le sein maternel. Ça signifie que le Seigneur l’a préservé et je pense qu’il l’a préservé non seulement physiquement, mais dans tout son être, non pas qu’il l’a préservé de pécher. Il l’a préservé au sens où il a tout guidé afin de le conduire à Jésus-Christ au temps voulu. La patience de Dieu envers les élus est donc différente de celle envers les réprouvés. Dieu est patient envers nous dans le sens où il nous sanctifie patiemment, progressivement.

Dieu n’est jamais inactif dans nos vies. Il nous sanctifie progressivement. Sa patience est justement de nous transformer progressivement. Par sa Parole, par son Esprit, par la vie communautaire, par les épreuves, ce sont autant de moyens par lesquels le Seigneur sanctifie ses enfants, au point où chaque circonstance que nous traversons doit être interprétée comme des lieux de sanctification, des moyens de croissance, parce que Dieu agit. Dieu est patient envers nous : il prend le temps de nous sanctifier. Il sait doser l’épreuve afin que nous n’ayons pas à supporter au-delà de nos capacités. Il accompagne l’épreuve d’une grâce appropriée pour la traverser et comme il veut que nous en comprenions la raison, il sait que notre compréhension n’est pas instantanée mais progressive. Il agit patiemment avec nous.

Notre patience

Tout cela doit avoir un impact sur nous. D’abord, sur notre vision du monde actuel : nous devons nous rappeler que Dieu exerce sa patience. Nous devrions prier pour que le Seigneur sauve ceux qu’il a choisis. Nous devons aussi participer à ce but de Dieu de sauver les élus. Nous le faisons dans nos efforts missionnaires. Nous le faisons aussi lorsque nous présentons l’évangile.

Il y a quelques semaines, Samuel a invité une collègue de travail au déjeuner de l’espoir. Elle est venue. Ça fait deux dimanches qu’elle vient au culte. Samuel et moi l’avons rencontrée chez elle à St-Hyacinthe et, dimanche, elle m’a dit qu’elle est intéressée par des études bibliques. Nous devons louer le Seigneur pour sa patience en comprenant que le Seigneur utilise ce temps pour la réalisation de son plan. Il continue de sauver des personnes.

Savez-vous quoi? Je crois qu’il y a des élus que le Seigneur a réservés pour les confier à notre Église comme il en réserve pour les autres Églises. La patience de Dieu devrait nous encourager à persévérer dans notre mandat missionnaire, notre mandat d’évangélisation. La patience de Dieu a aussi un impact sur nous-mêmes. Il m’arrive de dire à des frères ou à des sœurs d’être patients avec eux-mêmes. Nous devons accepter que notre croissance se fasse dans le temps et non instantanément. Je ne dis pas que nous devons accepter notre péché, mais si nous péchons, nous devons revenir au Seigneur. S’il est patient envers nous, s’il nous sanctifie progressivement, patiemment, pourquoi serais-je impatient envers moi-même? Quand je tombe, je devrais plutôt revenir au Seigneur d’un cœur vraiment repentant, mais aussi louer le Seigneur pour sa patience dans ma vie. La patience de Dieu doit aussi déterminer mes relations avec mes frères et mes sœurs. Nous sommes tous confrontés à des situations qui peuvent susciter la colère en nous. Lorsque nous nous emportons, c’est que nous ne voulons plus que Dieu soit patient dans cette circonstance. Nous devons être patients les uns envers les autres, parce que Dieu est en train de faire une œuvre. Nous devons reconnaître que, si Dieu est patient envers un frère ou envers une sœur, nous devons aussi être patients envers lui ou elle.

Nous devons reconnaître que Dieu est patient envers nous-mêmes. Si je suis impatient envers mon frère, c’est que j’oublie que Dieu est patient envers moi. J’imagine la sanctification comme un artiste qui est en train de concevoir une œuvre d’art.

Car nous sommes son ouvrage, nous avons été créés en Christ-Jésus pour des œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance, afin que nous les pratiquions. (Éphésiens 2.10)

« [N]ous sommes son ouvrage » ne rend pas tout à fait le sens du mot grec. Littéralement, nous sommes son œuvre d’art. Nous sommes un projet pour Dieu dont la finalité est glorieuse. Présentement, comme un merveilleux potier, le Seigneur est en train de nous façonner patiemment. J’imagine le Seigneur qui travaille patiemment dans la vie de son enfant et un autre, qui est en colère, le brise : le Seigneur est en train de sculpter son œuvre d’art, il travaille dans la vie de mon frère pour le parfaire et, moi, j’arrive avec ma pelle et j’assène un bon coup dans le front de mon frère par une parole destructrice et un comportement dévastateur. Dans mes rapports avec mes frères et mes sœurs, je dois considérer l’œuvre que le Seigneur est en train de faire dans sa vie et ne pas saboter cette œuvre par une réaction non réfléchie. Je dois intervenir dans le même sens que cette œuvre.

Ma patience n’est possible que dans la mesure où je considère la patience de Dieu dans la vie de mon frère ou de ma sœur.

Nous tous, qui le visage dévoilé, reflétons comme un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit. (2 Corinthiens 3.18)

Mes enfants, pour qui j’éprouve de nouveau les douleurs de l’enfantement, jusqu’à ce que Christ soit formé en vous […] (Galates 4.19)

Quelle belle expression, quelle belle promesse! Le Christ est en train d’être formé en chacun de nous, en moi comme dans mes frères et dans mes sœurs. Quel privilège avons-nous de participer à cette œuvre de Dieu par nos encouragements, notre patience envers les autres, notre intercession pour chacun d’eux! Que le Seigneur nous donne d’être patients les uns envers les autres, qu’il nous rappelle aussi qu’il est patient envers nous. Que le Seigneur nous donne de le louer pour sa patience, parce qu’elle est nécessaire à la réalisation de son plan. Sans elle, nous n’aurions pas été sauvés. Sans elle, nous ne pourrions grandir dans la vie chrétienne. Sans elle, son plan parfait ne se réaliserait pas.

Nous allons terminer par la lecture de Colossiens 3.12-13 :

Ainsi donc, comme des élus de Dieu, saints et bien-aimés, revêtez-vous d’ardente compassion, de bonté, d’humilité, de douceur, de patience. Supportez-vous les uns les autres et faites-vous grâce réciproquement; si quelqu’un a à se plaindre d’un autre, comme le Christ vous a fait grâce, vous aussi, faites de même. (Colossiens 3.12-13)

Que le Seigneur vous bénisse.

Daniel Durand, pasteur
16 mai 2018

Prédicateur invité

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