La doctrine de Dieu, partie 11

« Mais ces comparaisons peuvent nous piéger. Je pense qu’il vaut mieux maintenir un mystère que de défigurer Dieu. Le rationalisme ne doit pas venir s’élever au-dessus de la révélation pour trier les vérités que l’homme peut recevoir et celles qu’il ne peut pas. »

 

La semaine dernière, nous avons commencé à regarder le sujet de la trinité, et je vous avais dit que dans les premiers siècles de l’Église, les hérésies étaient presque toujours sur la personne du Christ. Nous avons vu la semaine passée l’appolinarisme. Nous allons continuer ce matin avec quelques autres hérésies.

 

Les nestorianistes

Les nestorianistes croyaient que le Logos habitait en Jésus faisant de Jésus un homme qui manifestait Dieu et non le Dieu-homme. Ils voyaient en Jésus une unité non pas organique mais mécanique des deux natures du Fils, sa nature humaine et sa nature divine. Le problème de cette pensée, c’est que le Fils ne serait pas une personne mais deux : une humaine et l’autre divine.

 

Les eutychianistes

Les eutychianistes croyaient que la nature humaine a été absorbée dans le Logos. Comme si la nature divine avait gobé la nature humaine. Ça revient à dire que le Christ n’a pas vécu comme homme.

 

Le monophysisme

Le monophysisme voyait en Jésus une seule nature.

 

Le monothélisme

Le monothélisme voyait en Jésus une seule volonté, la volonté divine. Cette pensée se heurte à la parole du Christ qui dit à son Père, non pas ma volonté mais ta volonté.

 

L’arianisme

Dans les hérésies, il y a eu aussi l’arianisme qui est l’ancêtre des Témoins de Jéhovah. Ils rejetaient la divinité du Fils faisant de lui un ange créé puis envoyé par Dieu pour sauver le peuple de Dieu.  Eux rejetaient aussi la divinité du Saint-Esprit affirmant qu’il ne s’agissait pas d’une personne mais de la force de Dieu; ce n’est pas une personne de Dieu mais une caractéristique de Dieu.

 

Le modalisme

J’ai déjà parlé du modalisme. Cette doctrine affirme que sous l’ancienne alliance, Dieu mettait son costume de Père, ensuite pendant l’incarnation, il a mis son costume de Fils, puis à partir de la Pentecôte, c’est le Saint-Esprit qui est entré en scène. Alors, comment expliquer que Jésus priait son Père? À qui a-t-il remis son esprit? Toutes ces hérésies dénaturent la personne du Fils et diminuent la valeur de l’incarnation. Nous devons croire que si le Fils a pris la condition humaine, il n’a pas pris uniquement que la partie physique. Il a pris la volonté, il a pris l’esprit humain, il a tout pris. Il a tout pris sauf le péché parce que le péché ne faisait pas partie de la nature humaine quand Dieu a créé l’homme. Parce qu’il y a une difficulté à comprendre la trinité en tenant compte de toutes les données, on forge des scénarios qui ne sont pas dans la Bible. Le mot trinité ne se trouve pas dans la Bible, mais la doctrine, oui. Le mot trinité est une jonction des mots trois et un. Quand nous parlons de la trinité, nous affirmons donc qu’il y a 3 personnes en un seul Dieu. La doctrine de la trinité nous est donnée dans l’Écriture non pas dans une définition formulée, mais dans des allusions fragmentaires. Quand nous assemblons les membres disjoints en une unité organique, nous ne violons pas l’Écriture. Au contraire, nous entrons dans le sens de l’Écriture. Cette doctrine est une doctrine purement révélée. Elle ne se découvre pas autrement que par l’Écriture. Si l’on prend la doctrine du mal, même sans l’Écriture l’homme se rend compte qu’il y a le mal commis par les hommes. Si l’on prend la doctrine de la famille, même sans l’Écriture, il y a eu des parents qui ont agi de façon responsable et affectueuse avec leurs enfants. Mais en ce qui concerne la trinité, il est impossible de la connaître sans l’Écriture. Elle ne se découvre pas par la raison et ne peut être démontrée par la raison. Parce qu’il n’y a aucune analogie dans la nature. Nous pouvons comprendre mieux que Dieu soit notre Père parce que nous avons des pères. Mais en ce qui concerne la trinité, il n’y a rien dans la nature qui lui est analogue.

 

Plusieurs ont tenté de la présenter par des analogies. J’ai entendu par exemple une comparaison avec la glace, l’eau et la vapeur. Les trois sont de même nature, mais sous des manifestations différentes. J’ai entendu une autre comparaison avec la largeur, la hauteur et la profondeur. Les 3 comportent le même contenu, mais sous des angles différents. Je me demande si ces comparaisons nous aident réellement. Elles peuvent satisfaire notre intelligence qui aimerait tellement rationaliser pour comprendre. Mais ces comparaisons peuvent nous piéger. Je pense qu’il vaut mieux maintenir un mystère que de défigurer Dieu. Le rationalisme ne doit pas venir s’élever au-dessus de la révélation pour trier les vérités que l’homme peut recevoir et celles qu’il ne peut pas. Nous sommes incapables de concevoir que la pluralité peut exister dans une unité. Et quand on parle d’unité, c’est plus qu’une unité de pensée. On parle de l’unité dans un groupe quand il n’y a pas de division. Mais l’unité en Dieu est organique. Les 3 sont un. Nous allons regarder quelques textes où l’on voit les 3 personnes de la trinité.

 

La pluralité

Il y a des textes où Dieu se présente dans sa pluralité. Dès le premier verset de la Bible, il est dit en Genèse 1.1 :

Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.

Littéralement, c’est :

Au commencement Dieux créa le ciel et la terre.

Le sujet est pluriel, le verbe est au singulier. Raël prend ce verset pour dire que l’homme n’a pas été créé par un seul Dieu, mais par plusieurs qu’il identifie comme des extra-terrestres qu’il appelle les élohim. Le problème, c’est qu’il ne peut expliquer le verbe au singulier. Certains ont dit qu’il s’agissait d’un pluriel de majesté. Comme le « vous » de politesse en français. Nous allons regarder un autre verset qui va nous éclairer. Genèse 3.22 :

L’Éternel Dieux dit : Maintenant que l’homme est devenu comme l’un de nous pour la connaissance du bien et du mal, évitons qu’il tende la main pour prendre aussi de l’arbre de vie, en manger et vivre éternellement.

Le nom Dieux est encore pluriel alors que le verbe dire est encore au singulier. On voit que ce n’est pas une erreur. Dans toute la Bible, quand le nom Dieu désigne Yahvé, le Dieu créateur, et non des dieux païens, les mots qui se rapportent à Dieu sont toujours au singulier, même si Dieu est pluriel. Puis, plus loin dans le verset, le Seigneur dit « Maintenant que l’homme est devenu comme L’UN DE NOUS ». Ceux qui rejettent la trinité affirment que Dieu incluait les anges. Le nous désignerait lui et les anges. Mais jamais la Bible ne dit que l’homme serait devenu comme les anges.

Dieu se parle dans une pluralité. Un pluriel de majesté ne peut expliquer une formulation telle que nous la retrouvons dans Genèse 3.22. On ne peut parler de l’un de nous sans une pluralité réelle.

 

La trinité

Il y a des textes qui mentionnent les 3 personnes égales. Matthieu 28.19 :

Allez, faites de toutes les nations des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit,

Remarquez qu’il n’y a qu’un nom. Les 3 personnes, le Père, le Fils et le Saint-Esprit dans un même Dieu. Un autre texte trinitaire, 1 Corinthiens 12.4-6 :

4 Il y a diversité de dons, mais le même Esprit ; 5 diversité de services, mais le même Seigneur ; 6 diversité d’opérations, mais le même Dieu qui opère tout en tous.

Nous ne pouvons penser que l’Esprit donne les dons, que les services sont du département du Fils et que les opérations concernent le Père. Paul explique ici comment Dieu dirige son Église par sa puissance. Et les 3 personnes de la trinité agissent dans l’unité. 2 Corinthiens 13.13 :

Que la grâce du Seigneur Jésus-Christ, l’amour de Dieu et la communion du Saint-Esprit soient avec vous tous !

Et un texte de l’Apocalypse, chapitre 1, verset 4 :

4 Jean aux sept Églises qui sont en Asie : Que la grâce et la paix vous soient données de la part de celui qui est, qui était et qui vient, de la part des sept esprits qui sont devant son trône,

L’expression « celui qui est, qui était et qui vient », désigne le Père. Les 7 esprits, c’est le St-Esprit. Le nombre 7 ne doit pas être pris dans son sens arithmétique mais symbolique. Le nombre 7 désigne la perfection, la plénitude. Verset 5 :

5 et de la part de Jésus-Christ, le témoin fidèle, le premier-né d’entre les morts et le souverain des rois de la terre !

On le voit, il y a plusieurs textes trinitaires.

 

Implications

La doctrine de la trinité, malgré la difficulté, voire l’impossibilité à comprendre, vient mettre une cohérence avec la création. Dans la création, il y a ce que les philosophes appellent l’Un et le Multiple. Dans la création, il y a une diversité des espèces, une diversité de natures. Il y a le marin et le terrestre. Il y a le mâle et la femelle. Il y a les êtres vivants qui sont mobiles et d’autres qui sont fixes. Les mobiles sont les animaux, les fixes sont les végétaux. Le multiple, c’est-à-dire le fait qu’il y a une multitude de choses, d’objets, dans une diversité incroyable, est visible partout dans la création. En même temps, il y a l’Un. C’est-à-dire que tout semble viser un seul but, il y a une harmonie dans la création. On parle de la chaîne alimentaire comme si quelqu’un avait tout planifié cela. Tout vient d’une même source et tout vise un seul but. Tout est dirigé par un seul être. Tout cela est l’expression de la trinité. Il y a pluralité dans l’unité parfaite. Aujourd’hui, la doctrine de la Trinité est encore menacée par des doutes grandissants parmi les évangéliques au sujet de l’engendrement éternel du Fils et de la procession éternelle de l’Esprit.

 

Daniel Durand, pasteur

 

23 septembre 2019

Prédicateur invité

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