La doctrine de Dieu, partie 3

Share on facebook
Share on twitter
Share on google
Share on email

« Nous pouvons regarder plusieurs choses qui nous entourent. Rien n’est unique en soi. Il existe plusieurs continents, plusieurs arbres, plusieurs planètes, plusieurs animaux. Tout ce qui nous entoure, même si chacun a des particularités, il y en a plusieurs de même nature. Mais Dieu est unique. »

 

Introduction

Dimanche dernier, dans le cadre de l’étude sur la doctrine de Dieu, nous avons vu qu’il est vital pour nous d’étudier la personne et les bienfaits de Dieu. Parce que nous sommes créés à son image et que, par définition, ça implique que nous devons refléter notre Dieu, il importe, si nous voulons le refléter le mieux possible, d’étudier qui il est et ce qu’il a fait. J’avais mentionné que nous ne posséderons jamais une connaissance exhaustive de Dieu. C’est-à-dire que nous ne le connaîtrons jamais en entier. Nous n’arriverons jamais à un point où nous ne pourrions plus rien apprendre sur Dieu. Et ce, même dans l’éternité. Nous sommes des êtres limités et finis. Nous ne pourrons jamais faire le tour de celui qui est illimité, infini. Peu importe l’ordinateur du futur, jamais il pourra nous présenter tous les nombres parce qu’il y en a à l’infini. C’est la même chose pour nous.

 

D’un autre côté, ce n’est pas parce que nous ne pouvons pas connaître quelqu’un de façon exhaustive que nous ne chercherons pas à connaître la personne. Nous ne sommes même pas capables de nous connaître exhaustivement, c’est-à-dire complètement. Un bel exemple : je ne sais pas comment je réagirais si je devais me faire amputer des deux jambes, ou si je devenais complètement aveugle. Je ne connais pas ma réaction. J’espère bien réagir et je sais que le Seigneur garde ses enfants. Mais je ne sais pas quelles émotions et quelles inquiétudes j’aurais dans ces circonstances. Je ne me connais pas. Nous voyons cela lorsque le peuple de Dieu s’apprêtait à entrer en terre promise. Le Seigneur veut que son peuple fasse une rétrospective des 40 années au désert. Deutéronome 8.2

Tu te souviendras de tout le chemin que l’Éternel, ton Dieu, t’a fait faire pendant ces quarante années dans le désert, afin de t’humilier et de t’éprouver, pour reconnaître ce qu’il y avait dans ton cœur et si tu observerais ses commandements, oui ou non.

Pages de Théologie systématique (Wayne Grudem)_Page_1.jpg

Ce n’est pas que Dieu ne savait pas ce qui était dans le cœur de son peuple. C’est que son peuple l’ignorait. Ça a pris une épreuve pour faire ressortir ce qui habitait le cœur de son peuple. Parce que l’homme ne se connaît pas. Alors imaginez. Si on n’est pas capable de se connaître, comment pouvons-nous penser connaître Dieu? C’est uniquement par sa Parole qu’il nous donne de bien interpréter ses actions. Avant de regarder quelques attributs de Dieu, nous allons considérer comment les regarder. J’ai trouvé que les illustrations que Wayne Grudem met dans son livre de théologie systématique[1] sont très utiles pour nous aider à comprendre. Cette illustration nous présente les attributs de Dieu, mais détachés les uns des autres. Ce n’est pas comme ça que nous devons concevoir les attributs de Dieu.


Cette illustration place Dieu au centre, et les attributs autour de lui. C’est aussi une mauvaise façon de concevoir Dieu. Ses attributs ne sont pas ajoutés à son être. 

 

 

Ainsi, on ne dit pas que Dieu a de l’amour, comme s’il avait quelque chose qui vient de l’extérieur de lui. On dit que Dieu EST amour. Dieu n’a pas acquis ces attributs. Ces attributs définissent qui est Dieu depuis toute éternité. Cette illustration exprime mieux les attributs de Dieu. Le cercle est toujours Dieu, comme dans l’autre illustration. Disons que les lignes horizontales représentent l’amour de Dieu, et les lignes verticales, la justice de Dieu. Dans tout ce que Dieu fait, il est à la fois amour et à la fois juste.

Dernière illustration. Le cercle représente toujours Dieu. Cette fois, il y a des lignes obliques qui peuvent représenter d’autres attributs. 

Toutes ces lignes s’entrecroisent, et jamais Dieu est un attribut plus qu’un autre. Il est toujours tout ce qu’il est dans sa totalité. Pour nous, devant une action de Dieu, nous mettons l’emphase sur un attribut plus que sur les autres. Mais ça ne devrait pas être. Dieu est toujours tout ce qu’il est. Quand l’homme cherche à connaître, il doit fragmenter. Le scientifique procède à un découpage par catégories. Notre pensée fonctionne par fragmentation. Nous n’avons pas le choix. Le danger, par contre, c’est de faire de cette fragmentation un outil pour séparer et opposer des notions. Par exemple, nous sommes tentés d’opposer l’amour de Dieu et la justice de Dieu. Comme si Dieu, lorsqu’il aime, manquerait à sa justice, et quand il juge, il manquerait à son amour. Nous devons nous garder d’opposer les attributs de Dieu, parce que Dieu est un et un attribut ne peut en annuler un autre. Nous avons de la difficulté à connaître Dieu parce que Dieu est au-dessus de nous. Et il nous est difficile de mettre de côté nos critères, nos préconceptions et nos modes de pensée.

 

Maintenant, les attributs. La Bible ouvre avec l’affirmation de Dieu. Genèse 1.1

Au commencement Dieu créa le ciel et la terre.

Nous avons déjà vu il y a près de deux ans que le texte hébreu comporte une particularité que nos traductions ne peuvent pas rapporter facilement. Littéralement, le texte hébreu dit :

Au commencement Dieux créa le ciel et la terre.

Le mot dieux est pluriel. Il s’agit d’Elohim. En hébreu, un mot qui finit par im est pluriel. On retrouve cette terminaison dans séraphim, chérubim et d’autres. Dans notre verset, le nom est pluriel, mais le verbe est au singulier. Le sujet Dieux est pluriel, mais le verbe créa est au singulier. La Bible ouvre donc sur la présentation d’un Dieu unique, le verbe au singulier l’affirme, mais en qui il y a une pluralité, Elohim étant un pluriel. Cette affirmation rejette le polythéisme. Le peuple d’Israël était entouré de nations qui avaient plusieurs divinités. Et ces divinités avaient un territoire. Quand quelqu’un voyageait, il adorait les dieux du territoire qu’il traversait. Donc, si un Égyptien voulait se rendre en Mésopotamie, il passait par la Philistie. Là, il adorait les divinités des Philistins. Ensuite, il devait traverser le pays d’Israël. Il adorait Yahvé. Ensuite, la Syrie. Il adorait les dieux syriens. Et ainsi de suite.

Le peuple était confronté à ces pratiques. Dieu dit à son peuple qu’il est le seul vrai Dieu. Les autres sont de faux dieux. Ce sont des statues, ce sont des éléments de la création, mais ce ne sont pas de vrais dieux. Puisque Dieu a créé tout ce qui existe, les divinités païennes ne peuvent être que de faux dieux. Et pour le peuple juif, cette vérité était la base de leur confession de foi. Deutéronome 6.4

Écoute, Israël ! L’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est un.

Un verset très intéressant. C’est intéressant en raison du paradoxe qu’il comporte. Dans le texte original hébreu, le mot Dieu est un pluriel. Alors, si nous considérons cela, nous avons : « Écoute, Israël ! L’Éternel, notre DieuX, l’Éternel est un ». Dieux est pluriel, pour affirmer immédiatement que l’Éternel est un. Il est unique. Seule une pluralité en Dieu que la suite de la révélation précise avec la trinité, explique ce verset. Et cette affirmation était à la base du culte juif. Dieu est un, lui seul est Dieu. On peut voir que c’est de cette affirmation que suit le grand commandement. Deutéronome 6.4-5

4 Écoute, Israël ! L’Éternel, notre Dieu, l’Éternel est un. 5 Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force.

Déjà, cet attribut de l’unicité de Dieu débouche sur un aspect très pratique, l’adoration. Les Écritures nous présentent donc un Dieu unique. Nous pouvons regarder plusieurs choses qui nous entourent. Rien n’est unique en soi. Il existe plusieurs continents, plusieurs arbres, plusieurs planètes, plusieurs animaux. Tout ce qui nous entoure, même si chacun a des particularités, il y en a plusieurs de même nature. Mais Dieu est unique. Et il est unique dans son unicité. C’est-à-dire qu’il est le seul à être unique. Le fait que Dieu soit unique nous oblige à rejeter la pensée qu’on entend souvent et qui veut que l’important est de croire, peu importe en qui ou en quoi. On entend souvent que du moment où l’on croit en quelque chose, on est correct. Dieu est un et la créature que nous sommes doit se tourner vers ce Dieu unique et vers lui-seul. Dieu n’est pas un dieu. Il est le Dieu. L’unique Dieu. Et à plusieurs reprises les prophètes ont dû rappeler cette vérité au peuple. Ésaïe 44.6 et 8

Ainsi parle l’Éternel, le roi d’Israël, celui qui le rachète, l’Éternel des armées : Je suis le premier et je suis le dernier, en dehors de moi il n’y a point de Dieu. […]

N’ayez pas peur et ne tremblez pas ; ne te l’ai-je pas depuis toujours fait entendre et annoncé ? Vous êtes mes témoins : Y a-t-il un autre Dieu en dehors de moi ? Il n’y a point d’autre rocher, je n’en connais pas.

Ésaïe 45, versets 5 et 6.

5 Je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre, à part moi il n’y a point de Dieu 6 C’est afin que l’on reconnaisse, du soleil levant au couchant, qu’en dehors de moi il n’y a que néant : Je suis l’Éternel, et il n’y en a point d’autre.

Ce verset est intéressant parce qu’il présente une déduction à l’unicité de Dieu. Puisque Dieu est unique et qu’il n’y en a pas d’autres en dehors de lui, le texte dit qu’en dehors de lui tout est néant. Parce que Dieu est seul Dieu, qu’il n’y a pas d’autres dieux, ça implique qu’il n’y a de vie qu’en Dieu. Le raisonnement est le suivant : ce qui fait que Dieu est unique, c’est qu’il a tout créé, et par conséquent, avant la création, il n’y avait que lui. Et puisque Dieu a tout créé, c’est donc que lui seul donne la vie. Un texte nous dit que le fait que Dieu a tout créé démontre qu’il n’y a de vie qu’en lui. Paul rappelle ce que Dieu a dit à Abraham. Romains 4.17

Je t’ai établi père d’un grand nombre de nations. Il est notre père à tous devant Dieu en qui il a cru, qui donne la vie aux morts et qui appelle à l’existence ce qui n’existe pas.

Il n’y a de vie qu’en Dieu. Tout ce qui est détaché de Dieu est mort. Ceux qui veulent vivre sans Dieu sont déjà morts que Jésus dit. Paul dit aussi dans 1 Corinthiens 8.4

À propos donc de la consommation des viandes sacrifiées aux idoles, nous savons qu’il n’y a pas d’idole dans le monde, et qu’il n’y a qu’un seul Dieu.

Paul dit que le fait qu’il n’y ait qu’un seul Dieu fait qu’il n’y a pas d’idole dans le monde. Les idoles sont les divinités païennes. Paul dit qu’il n’y en a pas au sens où ces idoles sont des mirages, le fruit de l’imagination de l’homme pécheur. Jérémie 10.14 et 15 dit :

14 Tout homme devient stupide par sa connaissance, tout orfèvre est honteux de sa statue ; car ses idoles ne sont que fausseté, il n’y a pas en elles de souffle, 15 Elles ne sont que vanité, une œuvre ridicule ; elles disparaîtront, quand viendra leur châtiment.

Les idoles que les hommes se fabriquent n’ont aucune personnalité, ne secourent jamais l’homme. Un jour, le réformateur suisse Zwingli jetait par terre une statue catholique. Et quelques catholiques s’offusquaient devant lui. Alors Zwingli leur a répondu : Entendez-vous cette statue se plaindre? L’entendez-vous dire « Outch! »? Ce n’est que du bois. Dieu est unique, le seul vrai Dieu vivant. En dehors de lui, tout est néant. Autant la statue que l’être humain qui vit sans Dieu.

 

Daniel Durand, pasteur

22 juillet 2018

 

 


[1] Pages 177-178.

Prédicateur invité

Partagez cet enseignement :

Share on facebook
Share on twitter
Share on print
Share on email