La création de Dieu, partie 3

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« Nous ne nions pas le champ sémantique du mot. Il est fréquent qu’un mot ait plusieurs sens et nous ne nions pas non plus qu’il y a des expressions dans lesquelles le mot « jour » figure. […] Donc, sur la seule base du champ sémantique du mot « jour », la porte resterait ouverte à un sens autre qu’un jour de 24 heures, mais il n’y a pas que le mot « jour » qui pèse. Il y a la mention du premier, deuxième, jusqu’au septième jour. Jamais, dans toute la Bible, un adjectif numéral cardinal est rattaché au mot « jour » sans que ce soit un jour de 24 heures. »

 

Introduction

La semaine passée, nous avons vu que les raisons qui amènent certains théologiens à rejeter l’interprétation littérale viennent de deux côtés. Le premier côté est un malaise par rapport à ce que la science moderne affirme. J’en ai déjà parlé. Le deuxième côté est la difficulté à concilier certains versets, par exemple, que les notions de jour et de nuit arrivent avant l’apparition des corps célestes. Nous allons donc regarder les différentes difficultés du texte biblique. Ces difficultés sont réelles, mais il y a des réponses.

Sens du mot jour

Pour ceux qui croient que la notion de jour en Genèse 1 peut signifier de longues périodes, ils trouvent comme appui le fait que le mot « jour » n’a pas toujours le sens de 24 heures dans la Bible. La discussion porte en fait sur le sens du mot yôm, mot hébreu qui signifie « jour ». Ceux qui croient que ce mot peut être appliqué à une longue période citent le plus souvent le psaume 90, verset 4 :

Car mille ans sont, à tes yeux, comme le jour d’hier, quand il passe, et comme une veille de la nuit. (Psaume 90.4)

Sauf que ce verset ne remet pas en question la durée d’un jour. Le psalmiste dit simplement que, pour Dieu, le temps ne paraît ni court ni long, puisque Dieu est intemporel. Dans ce verset, le Seigneur utilise le sens reconnu par tous pour « année » ainsi que pour « jour ». Pour le Seigneur, 1000 ans, c’est-à-dire 10 siècles, sont comme une journée de 24 heures. La proposition voulant que les jours de la création représentent en fait de très longues périodes n’a qu’un seul but : ne pas entrer en contradiction avec le monde scientifique. Cette proposition consiste donc à plier les genoux devant des personnes qui tentent de comprendre les origines sans s’enquérir de ce que Dieu dit. C’est vrai qu’il y a des textes qui utilisent le mot « jour » pour présenter une période, comme lorsqu’une personne dit : « Le jour où je serai retraité, je ferai tel et tel projet ». Dans ce cas, le « jour » signifie le début d’une période. En fait, s’il n’y avait le mot « jour », cette idée serait possible puisque nous retrouvons cet usage dans la Bible.

Par exemple, Ésaïe 13.9 :

Voici le jour de l’Éternel qui arrive, cruel, de courroux et d’ardente colère, qui réduira la terre en désolation, qui en exterminera les pécheurs. (Ésaïe 13.9)

Dans ce verset, il est possible que le mot « jour » ne signifie pas une période de 24 heures et, dans le récit même de la création, le mot « jour » n’a pas toujours le sens de 24 heures. Il peut signifier la période ensoleillée de la journée :

Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres. Dieu appela la lumière jour et il appela les ténèbres nuit. Il y eut un soir et il y eut un matin : ce fut un jour. (Genèse 1.3-5)

Ici, dans le même verset, la première occurrence du mot « jour » ne signifie pas 24 heures, mais la période ensoleillée de la journée. La deuxième occurrence signifie 24 heures. Donc, dans le même verset, le mot « jour » a deux sens. Au chapitre 2, verset 4, nous voyons un autre sens :

Ce sont ici les générations des cieux et de la terre lorsqu’ils furent créés, au jour que l’Éternel Dieu fit la terre et les cieux, (Genèse 2.4 [Darby])

Ici, le mot « jour » ne peut signifier 24 heures. Il est plutôt synonyme du mot « lorsque » : « [lorsque] l’Éternel Dieu fit la terre et les cieux ».

D’ailleurs, dans le texte original, le mot est précédé d’une préposition qui forme, avec le mot « jour », une expression qui signifie « quand » ou « lorsque ». À chaque fois où le mot « jour » est précédé de cette préposition, le sens est synonyme de « lorsque ». Nous ne nions pas le champ sémantique du mot. Il est fréquent qu’un mot ait plusieurs sens et nous ne nions pas non plus qu’il y a des expressions dans lesquelles le mot « jour » figure. Sur la seule base du champ sémantique du mot « jour », ce serait possible de voir chaque jour de la création comme autant de longues périodes. Augustin, né en 354 après Jésus-Christ, semble être le premier à avoir remis en question le littéralisme de Genèse 1 et a pensé que Dieu a tout créé en un seul moment en raison de Genèse 2.4, mais Augustin ne connaissait pas du tout l’hébreu et sa connaissance du grec était très modeste. Les commentaires qu’il a écrits reposaient sur la version latine de la Bible, qui n’était vraiment pas parfaite. Donc, sur la seule base du champ sémantique du mot « jour », la porte resterait ouverte à un sens autre qu’un jour de 24 heures, mais il n’y a pas que le mot « jour » qui pèse. Il y a la mention du premier, deuxième, jusqu’au septième jour. Jamais, dans toute la Bible, un adjectif numéral cardinal est rattaché au mot « jour » sans que ce soit un jour de 24 heures.

Soir et matin

De plus, après chaque jour de la création, il y a la précision « Il y eut un soir et un matin », ce qui appuie l’idée de jours de 24 heures, chaque jour excepté au septième jour.

Le septième jour

C’est là où certains achoppent et disent que le septième jour n’est pas terminé : Dieu s’est reposé, mais il ne s’est pas remis à créer le huitième jour. Il demeure dans son repos. Donc, le septième jour serait éternel et n’est pas un jour de 24 heures. C’est vrai que Dieu s’est reposé le septième jour. C’est vrai que le repos de Dieu est éternel, mais là où le raisonnement tombe, c’est que le récit ne s’intéresse qu’à la semaine de création. Il ne s’intéresse pas du tout au huitième, neuvième et tous les autres jours. Le récit ne dit pas que Dieu ne s’est reposé que le septième jour. S’il n’y a pas la mention « Il y eut un soir et un matin » au septième jour, c’est uniquement parce que l’expression servait aux six jours précédents à préparer ce que Dieu fait le jour suivant. Or, dans la semaine de création, ça s’arrête au jour 7. L’expression n’est pas requise.

L’absence de l’expression ne signifie pas :

  • que le septième jour est éternel;
  • qu’il n’y a pas eu de soir ni de lendemain matin.

En fait, le septième jour termine la semaine où Dieu a tout créé. Imaginez que je sois en vacances pour une semaine et que je raconte à quelqu’un ma semaine. Je lui dis que les six premiers jours, j’ai travaillé sur mon cabanon, mais que la dernière journée, je n’ai rien fait, parce que j’ai attrapé une bonne grippe. Je n’insinue pas que ma grippe a pris fin aussi ce septième jour et je n’insinue pas non plus que le septième jour a duré plus longtemps. Je ne m’intéresse qu’à la semaine de vacances, bien que ma grippe s’est poursuivie par après. En Genèse 1.1 jusqu’à 2.3, le texte ne s’intéresse qu’à la semaine de création. De plus, puisque Dieu bénit et sanctifia le septième jour, si le septième jour est éternel, comme certains le disent, ça signifierait qu’il n’y aurait plus de jour de travail pour l’homme, mais que du repos. Comment comprendre que le septième jour est éternel? Est-ce à dire que ce n’est pas un jour sur sept que Dieu bénit et sanctifia, mais toute l’éternité à partir du lendemain du jour 6?

La lumière et le quatrième jour

Nous allons maintenant regarder une autre difficulté. La lumière est créée au jour 1; et les corps célestes, au jour 4. Comment la lumière pouvait-elle éclairer la terre sans le support des corps célestes? Comment les trois premiers jours de la création peuvent avoir eu un soir et un matin sans les corps célestes qui servent à les mesurer? Premièrement, l’appréciation de Dieu qui vit que c’était très bon est exprimée pour la lumière en elle-même sans que ça dépende des corps célestes. Pour nous, la présence de la lumière requiert nécessairement l’existence des corps célestes, parce que c’est notre expérience actuelle. Nous ne pouvons concevoir autre chose. Jamais le texte ne fait dépendre l’existence de la lumière des corps célestes qui apparaissent plus tard. De plus, l’alternance entre le jour et la nuit est présente dès le jour 1 :

Dieu dit : Que la lumière soit ! Et la lumière fut. Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres. Dieu appela la lumière jour et il appela les ténèbres nuit. Il y eut un soir et il y eut un matin : ce fut un jour. (Genèse 1.3-5)

Comment concevoir l’alternance jour et nuit sans les corps célestes? La réponse est que nous n’avons pas à le concevoir. Nous avons à le croire. Qu’est-ce qu’il y a d’inattendu que les choses se soient passées différemment le temps que le Seigneur termine son projet et mette de l’ordre dans le chaos? Dès le jour 1, les notions de jour et nuit sont définies non pas par les déplacements des corps célestes, mais par la présence ou l’absence de la lumière créée au jour 1.

Toujours en lien avec la lumière, un autre difficulté est la ressemblance de ce qui est dit au jour 1 et au jour 4 :

Jour 1

Dieu vit que la lumière était bonne, et Dieu sépara la lumière d’avec les ténèbres. Dieu appela la lumière jour et il appela les ténèbres nuit. (Genèse 1.4-5)

Jour 4

Qu’il y ait des astres dans l’étendue céleste, pour séparer le jour et la nuit ; (Genèse 1.14)

Dieu les plaça dans l’étendue céleste, pour éclairer la terre, pour dominer sur le jour et sur la nuit, et pour séparer la lumière d’avec les ténèbres. (Genèse 1.17-18)

Ces ressemblances sont réelles, mais ne signifient pas qu’il y a répétition. Ça signifie simplement que, selon le plan final, c’est par les luminaires que Dieu rend la lumière accessible à nous et que c’est par les luminaires que le cycle jour et nuit se fait. De la même façon qu’au jour 2, bien que les eaux apparaissent, ce n’est qu’au jour 3 qu’elles trouvent leur place finale. De la même façon, la lumière est créée au jour 1 et ce n’est qu’au jour 4 que le résultat final arrive concernant la lumière. De plus, les luminaires placés dans le ciel ne déterminent pas la valeur d’un jour ou d’une nuit, mais gouvernent, dominent le jour et la nuit. La séparation du jour et de la nuit était déjà présente dès le jour 1. Le soleil et la lune ont été créés pour que l’homme puisse compter les temps qui existaient déjà. Autrement dit, que Dieu ait créé l’horloge astrale après ne change rien. Ce n’est pas l’horloge qui fait le temps.

Daniel Durand, pasteur
10 février 2019

Prédicateur invité

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