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« Notre foi, pour être en action, se doit de reposer sur la connaissance : la connaissance de Dieu et la connaissance de l’homme. En fait, c’est l’ensemble de la connaissance, parce que, même la connaissance de l’homme doit être ce que Dieu pense de l’homme. Nous ne devons pas connaître l’homme en vase clos, mais à partir de ce que Dieu dit de l’homme. »

 

Introduction

Ce soir, nous commençons une nouvelle série qui va porter sur la foi en action. La foi que Dieu donne n’est pas une foi passive, ne se résume pas à une simple adhésion intellectuelle. La foi est une dynamique d’action. La foi vivante agit. En même temps, nous sommes capables d’incohérence dans nos vies : nous sommes capables de professer une vérité et d’avoir des actions contraires. Par exemple, je peux professer que Dieu est tout puissant, mais en même temps, je peux paniquer dans une situation. Le but de cette série est de réaliser que nos actions et nos réactions sont parfois déconnectées de la vérité biblique, c’est-à-dire la foi que nous professons. Un pasteur a raconté une discussion qu’il a tenue avec une jeune adulte lors d’un voyage en avion. Il raconte que, dès qu’il lui a dit qu’il était pasteur, elle a commencé à lui partager sa vie. Elle se disait chrétienne, s’étant convertie lors d’un camp chrétien, et avait alors hâte de retourner chez elle pour partager sa foi, mais rapidement, elle est retombée dans son ancienne manière de vivre. Elle avait des relations avec son conjoint non chrétien, mais priait pour lui afin qu’il se convertisse. Elle a dit au pasteur : « Je sais que ma vie ne ressemble pas à ce que devrait être la vie d’une chrétienne, mais je crois vraiment en Dieu ».

Lorsque nous nous examinons, nous constatons qu’il y a peut-être de l’hypocrisie dans nos vies. Nous nous disons chrétiens, mais nous laissons entrer des choses que nous ne devrions pas, de sorte qu’il nous arrive de vivre, de prendre des décisions, d’adopter des comportements comme si nous n’étions pas chrétiens. Avant d’aller plus loin, j’aimerais régler deux prétextes qu’on entend de la part de certains chrétiens pour justifier leur mollesse.

Le premier prétexte est qu’il ne faut pas virer fou avec la Bible. C’est comme si on disait que Dieu accepte nos compromis, qu’il s’accommode très bien de nos relâchements, alors que c’est faux. Le Seigneur veut notre sanctification sans laquelle personne ne verra le Seigneur. Le deuxième prétexte est que prêcher une vie chrétienne sans compromis : c’est du légalisme.

Si on dit que la place du chrétien le dimanche matin est à l’Église et non dans des loisirs, c’est du légalisme. Si on encourage à prier et à lire sa Bible chaque jour, c’est du légalisme. Il y a des chrétiens qui brandissent cet argument dès qu’ils sont confrontés. Ces personnes tombent dans ce qu’on appelle l’antinomisme, c’est-à-dire qu’ils rejettent tout commandement, toute loi de Dieu, au nom d’une liberté qui, en vérité, n’est pas du tout celle que Dieu donne.

Frères, vous avez été appelés à la liberté; seulement ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre selon la chair, mais par amour, soyez serviteurs les uns des autres. (Galates 5.13)

Mais maintenant, libérés du péché et esclaves de Dieu, vous avez pour fruit la sanctification et pour fin la vie éternelle. (Romains 6.22)

Ce verset nous dit ce qu’est notre liberté : nous sommes libérés du péché pour devenir esclaves de Dieu et nous avons pour fruit la sanctification, non pas la permission de faire ce qu’on veut.

Connaître pour vivre

La vraie foi

Force est d’admettre qu’il y a un décalage entre ce que nous professons et ce que nous pratiquons. La Bible nous dit qu’il y a diverses sortes de foi.

Il y a la foi qui n’est qu’un assentiment intellectuel. Une personne peut être convaincue que Dieu existe, mais ça ne change rien.

Il en est ainsi de la foi : si elle n’a pas d’œuvres, elle est morte en elle-même. Mais quelqu’un dira : Toi, tu as la foi; et moi, j’ai les œuvres. Montre-moi ta foi sans les œuvres, et moi, par mes œuvres, je te montrerai ma foi. Tu crois qu’il y a un seul Dieu, tu fais bien; les démons le croient aussi et ils tremblent. Mais veux-tu comprendre, homme vain, que la foi sans les œuvres est stérile? (Jacques 2.17-20)

Une foi morte n’a jamais permis à quelqu’un d’être sauvé. Cette foi est commune à tous les hommes et même aux démons, comme Jacques le dit, mais elle est commune à tous les hommes, même à ceux qui renient Dieu.

Ils sont donc inexcusables, puisque, ayant connu Dieu, ils ne l’ont pas glorifié comme Dieu et ne lui ont pas rendu grâces; mais ils se sont égarés dans de vains raisonnements, et leur cœur sans intelligence a été plongé dans les ténèbres. (Romains 1.21)

Il y a une foi qui va un peu plus loin. C’est une foi qui entraîne la personne, mais superficiellement et temporairement.

Voici un texte qui fait partie de l’explication de Jésus sur la parabole du semeur :

Ceux qui sont sur le roc, ce sont ceux qui, lorsqu’ils entendent la parole, la reçoivent avec joie; mais ils n’ont pas de racine, ils croient pour un temps et au moment de l’épreuve ils se retirent. (Luc 8.13)

Une foi superficielle et temporaire n’a jamais permis à quelqu’un d’être sauvé.

Si Jésus parle de ce genre de foi, c’est parce qu’il y a des personnes qui croient pour un temps. Ces personnes peuvent avoir été touchées sur un point, elles peuvent avoir vécu une expérience, mais ça demeure superficiel. Il n’y a pas de racine. Quand l’épreuve vient, ils se retirent. Ceux qui ont quelques années de vie chrétienne ont peut-être rencontré des personnes qui semblaient tout à fait chrétiennes, mais qui se sont retirées.

La Bible ne demande pas de les excuser, peu importe les circonstances qui ont entouré le retrait. Jésus ne voit pas les épreuves comme cause du retrait : il voit le fait que la foi n’a pas de racine. La foi qui sauve est celle donnée par Dieu.

C’est par la grâce en effet que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les œuvres, afin que personne ne se glorifie. (Éphésiens 2.8-9)

La foi morte n’est pas la foi donnée par Dieu et elle ne sauve pas.

La foi superficielle et temporaire n’est pas non plus la fois donnée par Dieu et elle ne sauve pas. La vraie foi est donnée par Dieu et, par elle, nous sommes sauvés.

La connaissance

La vraie foi repose sur la connaissance. On entend souvent parler du danger de la connaissance, disant qu’elle enfle, qu’elle enorgueillit. C’est vrai qu’il y a un danger.

Toutefois, il y a aussi un grand danger d’orgueil de prétendre vivre sa foi sans voir le besoin de connaissance. Je dirais même qu’il y a toujours orgueil dans cette situation. La raison est que prétendre vivre sa foi sans la connaissance, c’est vivre sa foi à partir de ses propres pensées. C’est comme si on disait au Seigneur : « Laisse-moi vivre ma foi, je n’ai pas besoin d’être instruit pour te suivre, je sais où je vais trouver comment faire par moi-même. »

Alors, oui, il y a un danger de vivre sans connaître, mais j’ajouterais qu’il y a impossibilité de vivre sans connaître.

Connaître Dieu

Jean Calvin, dans sa grosse brique L’institution de la religion chrétienne, qui fait 1 516 pages dans sa version en français moderne, présente un exposé de l’ensemble des doctrines bibliques. C’est un véritable chef-d’œuvre.

Je ne suis pas d’accord avec tout, mais je reconnais que c’est une très belle contribution qui continue d’influencer non seulement le monde évangélique francophone, mais de toutes les langues. Son livre débute par cette question à savoir si on peut connaître Dieu sans connaître l’homme et si on peut connaître l’homme sans connaître Dieu. Il répond qu’il est impossible de connaître Dieu sans connaître l’homme.

C’est à travers nos références humaines que nous pouvons avoir une idée, bien que limitée, de qui est Dieu. La Bible nous dit que Dieu est bon. Or, pour apprécier cet attribut, il faut que nous ayons une certaine idée dans notre vécu de ce qu’est la bonté. Il en est de même pour tous les attributs : nous les observons à partir de notre expérience et de nos références soit par analogie, soit par contraste.

Par analogie, par exemple, Dieu est tout puissant. Nous-mêmes avons une force, des capacités et elles sont limitées. Nous transposons la notion du Dieu en nous disant qu’il a une force, des capacités, mais elles sont illimitées. Par contraste, Dieu est éternel. Nous regardons notre condition. Nous savons que nous avons eu un commencement et, dans ce cas, nous concevons Dieu par voie de contraste : il n’a pas de commencement. Nous avons été créés; il n’a pas été créé. Donc, c’est par rapport à nous que nous connaissons Dieu. L’inverse est vrai et nécessaire : pour nous connaître, nous devons connaître Dieu. Si nous concevons le bonheur, ce n’est que parce qu’il existe en Dieu. Si nous rêvons d’un monde meilleur, ce n’est qu’en raison d’un Dieu qui l’amène. Si nous concevons que la justice réelle existe, ce n’est que parce que Dieu l’applique. La connaissance de Dieu et la connaissance de l’homme doivent se faire en même temps. Ce sont les deux pieds qui avancent et permettent la marche sur le sentier de la progression dans la véritable connaissance. C’est normal qu’il en soit ainsi en raison de notre statut à l’image de Dieu. Imaginez que vous louiez un chalet. On vous envoie des photos. Vous avez besoin des photos pour connaître, bien que de façon limitée, les allures du chalet, mais il y a bien fallu le chalet pour prendre les photos. Notre foi, pour être en action, se doit de reposer sur la connaissance : la connaissance de Dieu et la connaissance de l’homme. En fait, c’est l’ensemble de la connaissance, parce que, même la connaissance de l’homme doit être ce que Dieu pense de l’homme. Nous ne devons pas connaître l’homme en vase clos, mais à partir de ce que Dieu dit de l’homme.

C’était donc une introduction. Dieu voulant, la semaine prochaine, nous développerons cette notion si importante de connaître et de la contribution que cette connaissance doit avoir dans notre foi et, donc, sur notre vie.

Daniel Durand, pasteur
14 mars 2018

Prédicateur invité

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