La chute de l’homme, partie 8

« Les pseudo-repentances qui jettent la faute de mes péchés sur mes parents, sur Adam et Ève, sur les circonstances et même sur Dieu comme Adam a fait, ce n’est pas la repentance. Puisque l’homme devait obéir volontairement, sa désobéissance a été tout aussi volontaire. Dans certains milieux, il est fréquent de faire porter le péché de l’individu sur Satan. Il y a longtemps, un frère qui avait commis un péché grave m’avait dit : « Satan est très puissant », mais en réalité, Satan est limité dans son champ d’action. Il ne peut jamais forcer un individu à pécher. Il peut le tenter, il peut le séduire, il peut le persécuter, mais il ne peut pas le forcer à pécher. »

 

Nous poursuivons ce matin toujours dans le sujet de la chute. Nous allons regarder le texte qui décrit la chute.

Le péché d’Ève

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que l’Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? La femme dit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez. (Genèse 3.1-3)

Il est important pour nous de prendre conscience que les pensées d’Ève étaient déjà détournées de ce que Dieu avait dit. Nous lisons en Genèse 2.9 :

L’Éternel Dieu fit germer du sol toutes sortes d’arbres d’aspect agréable et bons à manger, ainsi que l’arbre de la vie au milieu du jardin, et l’arbre de la connaissance du bien et du mal. (Genèse 2.9)

Le texte hébreu n’est pas clair sur un point. Le texte peut être compris comme quoi il y avait les deux arbres au milieu du jardin : l’arbre de la connaissance du bien et du mal et l’arbre de vie.

Ou, encore, comme quoi il n’y avait que l’arbre de la vie au milieu du jardin.

Le texte ne peut jamais vouloir dire qu’il n’y avait que l’arbre de la connaissance du bien et du mal au milieu du jardin. Pourtant, c’est ce qu’Ève a affirmé au serpent :

Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez. (Genèse 3.3)

De deux choses, l’une : si les deux arbres, c’est-à-dire celui de la vie et celui de la connaissance du bien et du mal, étaient au milieu du jardin, Ève n’en voit plus qu’un. Elle ne considère pas l’arbre de la vie. Si le texte signifie qu’il n’y avait qu’un seul arbre au milieu du jardin, celui de la vie, ce qu’elle dit est totalement faux. Nous voyons que le péché d’Ève n’a pas débuté lorsqu’elle a mangé, mais avant, c’est-à-dire qu’il y a eu une préparation, une disposition à son péché. Paul confirme cela :

[…] et ce n’est pas Adam qui a été séduit, c’est la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression. (1 Timothée 2.14)

Paul affirme que si la femme s’est rendue coupable de transgression, c’est qu’elle a d’abord été séduite. Elle a d’abord écouté la voix du serpent. Elle connaissait le commandement de Dieu et s’est laissée séduire et a transgressé le commandement de Dieu.

Le serpent

Nous allons maintenant voir quelques points sur le serpent. Genèse 3 décrit la chute : le serpent a tenté Ève. Plusieurs théologiens croient qu’il s’agit d’un récit symbolique, que nous ne sommes pas devant un récit littéral. Pour ma part, rien dans le texte ne suggère un récit symbolique. C’est vrai que ce n’est pas coutume de voir un animal parler, mais ce n’est pas la seule fois :

L’Éternel ouvrit la bouche de l’ânesse, et elle dit à Balaam : Que t’ai-je fait, pour que tu m’aies frappée déjà trois fois ? (Nombres 22.28)

C’est très inusité qu’un animal parle, mais comme tout est possible à Dieu, nous ne devrions pas remettre en question l’historicité de Genèse 3 sur cette base-là. De plus, derrière le serpent, c’est Satan qui agissait :

Il fut précipité, le grand dragon, le serpent ancien, appelé le diable et Satan, celui qui séduit toute la terre habitée ; il fut précipité sur la terre, et ses anges furent précipités avec lui. (Apocalypse 12.9)

Ma pensée, c’est que Satan a pris possession de ce serpent. Nous voyons un peu la même idée dans les évangiles avec des pourceaux :

Quand Jésus eut abordé sur l’autre rive, dans le pays des Gadaréniens, deux démoniaques, sortant des tombeaux, vinrent à sa rencontre. Ils étaient si redoutables que personne n’osait passer par là. Ils lui crièrent : Que veux-tu de nous, Fils de Dieu ? Es-tu venu ici pour nous tourmenter avant le temps ? Il y avait loin d’eux un grand troupeau de pourceaux qui paissaient, les démons suppliaient : Si tu nous chasses, envoie-nous dans ce troupeau de pourceaux. Il leur dit : Allez ! Ils sortirent et entrèrent dans les pourceaux. Alors tout le troupeau se précipita du haut de l’escarpement dans la mer, et ils périrent dans les eaux. (Matthieu 8.29-32)

Nous venons de voir dans les Écritures un exemple où un animal parle et un exemple où des forces démoniaques entrent dans des animaux pour les contrôler. Par conséquent, le récit de Genèse 3, où c’est un serpent qui parle pour tenter Ève, bien que ce soit inusité, est très plausible dans une perspective biblique.

La responsabilité du serpent

Le récit de la chute ne doit pas nous amener à penser que c’est le serpent qui porte la responsabilité du péché de l’homme.

Le serpent n’est pas du tout la cause, mais uniquement l’occasion. L’erreur d’Adam et Ève a été d’écouter la parole d’une créature, Satan, au lieu de la Parole du Créateur. Satan ne peut que suggérer. Il ne commet jamais nos péchés. Quand nous péchons, c’est nous qui péchons. Les pseudo-repentances qui jettent la faute de mes péchés sur mes parents, sur Adam et Ève, sur les circonstances et même sur Dieu comme Adam a fait, ce n’est pas la repentance. Puisque l’homme devait obéir volontairement, sa désobéissance a été tout aussi volontaire. Dans certains milieux, il est fréquent de faire porter le péché de l’individu sur Satan. Il y a longtemps, un frère qui avait commis un péché grave m’avait dit : « Satan est très puissant », mais en réalité, Satan est limité dans son champ d’action. Il ne peut jamais forcer un individu à pécher. Il peut le tenter, il peut le séduire, il peut le persécuter, mais il ne peut pas le forcer à pécher. Ceci ressort du texte. En Genèse 1.26, nous lisons :

Dieu dit : Faisons l’homme à notre image selon notre ressemblance, pour qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. (Genèse 1.26)

Ce point est important : Dieu a permis à Satan de tenter Ève, mais en prenant la forme d’un serpent. Or, dès leur création, le Seigneur avait dit à Adam et Ève qu’ils devaient dominer sur tous les animaux, incluant les reptiles. Adam et Ève devaient dominer et auraient dû dominer sur le serpent. Ils n’ont pas été surclassés. Ève s’est laissée séduire et Adam a suivi.

Daniel Durand, pasteur
2 février 2020

Prédicateur invité

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