La chute de l’homme, partie 2

La semaine dernière, nous avions débuté le sujet de la chute de l’homme. Nous avions vu que l’homme a été créé à l’image de Dieu, à sa ressemblance, et que cette réalité est le plus haut standard qu’une créature pouvait recevoir. J’ajouterais que même les anges n’ont pas été créés à l’image de Dieu.

Aussi, l’homme a été placé dans la situation la plus souhaitable qui soit, c’est-à-dire dans un jardin d’Éden, un jardin d’abondance, dans une création toute en harmonie, ce qui n’est plus le cas et, surtout, dans ce jardin, la présence constante de Dieu illustrée par l’arbre de la vie. L’homme avait tout pour vivre selon Dieu. Ces données rendent la chute encore plus horrible. Dieu n’avait pas été mesquin envers l’homme. Il lui a tout donné. Il lui a donné le meilleur. La rébellion de l’homme est donc une totale ingratitude envers le créateur.

Et lui ait donné une loi juste

De plus, Dieu a donné à l’homme une loi juste. Nous pouvons être portés à penser que c’est la loi concernant le fruit défendu. Ce commandement est certainement inclus, mais il y a davantage :

Quand les païens, qui n’ont pas la loi, font naturellement ce que prescrit la loi, eux qui n’ont pas la loi, ils sont une loi pour eux-mêmes ; ils montrent que l’œuvre de la loi est écrite dans leurs cœurs ; leur conscience en rend témoignage, et leurs raisonnements les accusent ou les défendent tour à tour. (Romains 2.14-15)

Où Paul prend-il cette vérité que tous les païens ont la loi en eux-mêmes? C’est dans la Genèse. D’abord, si les païens font ce que prescrit la loi (Romains 2.14), ils le font imparfaitement (Romains 2.15), c’est que l’homme a reçu cette loi en lui. Il faut donc que la présence de la loi dans l’homme date de l’origine; sinon, nous devrions croire que Dieu a donné sa loi à un moment donné à tous les païens. Nous avions vu il y a plusieurs mois le texte de Paul en Romains 5.14 :

Cependant la mort a régné depuis Adam jusqu’à Moïse, même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam, lequel est la figure de celui qui devait venir. (Romains 5.14)

Adam avait reçu une loi magistrale, c’est-à-dire que Dieu a parlé audiblement. Il lui a dit de ne pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Quand on y pense, Adam et Ève avaient reçu une loi : ne pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Quand ils ont été expulsés, à quel commandement les descendants devaient-ils obéir? Adam a péché en transgressant la loi spécifique de ne pas manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. Cette loi avait été donnée magistralement, c’est-à-dire que Dieu a révélé ce commandement en parlant. Le même phénomène s’est produit avec Moïse : Dieu lui a donné une loi en s’adressant à lui verbalement, avec des mots. À partir de Moïse, les Juifs qui ont transgressé la loi de Dieu ont transgressé la loi donnée verbalement, une loi claire, mais entre Adam et Moïse, la mort a régné sur les hommes.

Paul dit que ces hommes n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam. Ils n’ont pas péché en rejetant une loi clairement donnée, mais si la mort a régné et que, sans loi, le péché n’est pas pris en compte, c’est qu’il devait y avoir une loi. Il fallait tout de même une loi pour que le péché soit pris en compte. Nous avions déjà vu le graphique suivant :

Adam a transgressé la loi spécifique et magistralement donnée, celle qui interdisait de manger de l’arbre de la connaissance du bien et du mal. « Magistral » signifie que Dieu l’a clairement donnée. Il a dit à Adam de ne pas manger de l’arbre interdit. À partir de Moïse, Dieu donne sa loi aussi de façon magistrale, c’est-à-dire que Dieu a communiqué sa loi à Moïse afin qu’il l’enseigne à son peuple.

Il est normal qu’Adam soit mort : il a transgressé la loi de Dieu. Il est normal qu’à partir de Moïse, les gens meurent, puisque Dieu a donné sa loi magistralement. Paul dit que, sans loi, le péché n’est pas pris en compte, c’est-à-dire que pour que Dieu punisse de mort le péché, il faut qu’il ait communiqué sa loi. Paul ajoute : « Et pourtant, la mort a régné entre Adam et Moïse même sur ceux qui n’avaient pas péché par une transgression semblable à celle d’Adam »Ceux qui ont péché après Adam n’ont pas transgressé une loi clairement communiquée, c’est-à-dire donnée magistralement. Comment se fait-il que, sans loi, le péché n’est pas pris en compte et que la mort a régné entre Adam et Moïse ?

Autrement dit, si ceux qui ont vécu entre Adam et Moïse n’avaient pas de loi, ils n’avaient pas à mourir. Comment se fait-il qu’ils sont morts? C’est parce qu’il y avait une loi en force. Elle n’avait pas été communiquée magistralement, mais elle était en force. Quelle est cette loi? Il ne reste que celle que Dieu a placée dans tous les humains. À quelle loi ces générations ont-elles désobéi? À la loi inscrite dans leur cœur, selon Romains 2.

On pourrait appeler cela une loi naturelle, même une loi universelle. Même des païens parlent d’une loi universelle. C’est universellement reconnu que des parents doivent s’occuper de leurs enfants. C’est universellement reconnu que l’homme ne peut pas tuer son prochain. L’homme a la loi de Dieu en lui.

Alliances adamique et mosaïque

Galates

L’épître de Paul aux Galates présente ce point.

Nous savons que Paul a écrit aux chrétiens des Églises de la Galatie parce qu’il y avait des Juifs sympathiques au christianisme qui disaient aux non Juifs devenus chrétiens qu’ils devaient se faire circoncire pour faire partie du peuple de Dieu. Les Juifs s’étaient fait dire depuis leur tendre enfance qu’ils devaient absolument être circoncis, sans quoi ils allaient être expulsés du peuple de Dieu. Là, des non Juifs se convertissent à Jésus-Christ. Les apôtres affirment que c’est l’Église qui est le peuple de Dieu. Ces Juifs ont fait l’équation que si l’Église est le peuple de Dieu et que, pour appartenir au peuple de Dieu, il fallait être circoncis, les païens qui entrent dans le peuple de Dieu doivent donc se faire circoncire. Ces Juifs, on les appelle les « judaïsants », c’est-à-dire qu’ils voulaient maintenir des marques du judaïsme dans l’Église. Paul écrit cette épître en disant que c’est un autre évangile. Voici ce qu’il dit au chapitre 5, versets 1 à 3.

C’est pour la liberté que Christ nous a libérés. Demeurez donc fermes, et ne vous remettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage. (Galates 5.1-3)

Paul veut convaincre ces chrétiens de ne pas se faire circoncire pour la raison suivante :

Voici : moi Paul, je vous dis que, si vous vous faites circoncire, Christ ne vous servira de rien. (Galates 5.1-3)

Ce verset prouve que Paul ne parle pas à des Juifs puisqu’il s’adresse à des incirconcis.

Et je l’atteste encore une fois à tout homme qui se fait circoncire : il est tenu de pratiquer la loi tout entière. (Galates 5.1-3)

Paul parle de la loi mosaïque, celle que Dieu a donnée par l’intermédiaire de Moïse. Bien que la circoncision a été donnée à Abraham, Paul la rattache à la loi mosaïque. Galates 3.10 confirme :

Car tous ceux qui s’attachent aux œuvres de la loi sont sous la malédiction ; car il est écrit : Maudit est quiconque n’observe pas tout ce qui est écrit dans le livre de la loi, et ne le met pas en pratique. (Galates 3.10)

Donc, Paul s’adresse à des non Juifs en leur rappelant certains injonctions de la loi mosaïque. Nous allons revenir au verset 1 :

C’est pour la liberté que Christ nous a libérés. Demeurez donc fermes, et ne vous remettez pas de nouveau sous le joug de l’esclavage. (Galates 5.1)

Comment des non Juifs pourraient-ils revenir sous le joug de l’esclavage de la loi? On dirait que c’est comme si on me disait de ne pas retourner dans la secte de l’ordre du temple solaire. Comment Paul peut-il mettre en garde des non Juifs de ne pas se remettre à nouveau sous le joug de l’esclavage? La raison est très simple : c’est qu’ils y étaient déjà de par leur appartenance à l’alliance adamique.

Daniel Durand, pasteur
8 décembre 2019

Prédicateur invité

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