La chute de l’homme, partie 10

« Certains pensent qu’Adam s’est laissé bêtement avoir. Dieu avait dit que le jour où il en mangerait, il mourrait, et il voit Ève qui en a mangé sans mourir : c’est une possibilité. À la chute, la femme s’est désolidarisée de son mari en prenant un leadership qui ne lui appartenait pas. Remarquez que le péché d’Adam n’a pas été mieux : il a suivi. La question n’est pas d’insinuer qu’un a péché plus que l’autre, mais la séquence révèle des choses. La femme aurait dû appeler son mari pour qu’il assume son leadership. »

 

Arbre de vie

La semaine passée, suite à l’école du dimanche, j’ai reçu trois questions. J’aimerais vous dire que j’apprécie grandement vos questions. Nous avons parlé un peu de l’arbre de la vie. Je suis retourné voir les textes bibliques où il est question de l’arbre de la vie.

Récompense

Ces textes m’amènent à conclure qu’il s’agit de la récompense à l’obéissance, des bénédictions de celui qui marche selon Dieu. Nous allons voir les textes en gardant en tête cette notion de récompense :

L’Éternel Dieu dit : Maintenant que l’homme est devenu comme l’un de nous pour la connaissance du bien et du mal, évitons qu’il tende la main pour prendre aussi de l’arbre de vie, en manger et vivre éternellement. L’Éternel Dieu le renvoya du jardin d’Éden, pour qu’il cultive le sol d’où il avait été tiré. Après avoir chassé l’homme, il mit à demeure à l’est du jardin d’Éden, les chérubins et la flamme de l’épée qui tournoie, pour garder le chemin de l’arbre de vie. (Genèse 3.22-24)

En ayant choisi la désobéissance, le Seigneur ferme l’accès à l’arbre de vie. L’homme n’a pas le droit à la récompense.

La sagesse est un arbre de vie pour ceux qui la saisissent, et ceux qui la retiennent sont heureux. (Proverbes 3.18)

Apocalypse 2.7, où la notion de récompense est très évidente :

Que celui qui a des oreilles écoute ce que l’Esprit dit aux Églises : Au vainqueur je donnerai à manger de l’arbre de vie qui est dans le paradis de Dieu. (Apocalypse 2.7)

Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, se trouve l’arbre de vie, qui produit douze récoltes et donne son fruit chaque mois. Les feuilles de l’arbre servent à la guérison des nations. (Apocalypse 22.2)

Encore ici, la notion de récompense, de bénédiction ressort. Finalement, Apocalypse 22.14 :

Heureux ceux qui lavent leurs robes, afin d’avoir droit à l’arbre de vie, et d’entrer par les portes dans la ville ! (Apocalypse 22.14)

Il est encore question de récompense, de bénédictions pour ceux qui ont cru. Ces versets me semblent confirmer ce que nous avons vu, c’est-à-dire qu’Adam et Ève ont été placés dans une période de probation et que, s’ils avaient obéi, ils ne seraient pas demeurés éternellement dans l’état dans lequel ils se trouvaient. L’arbre de vie signifie et implique des récompenses, des bénédictions. C’est donc qu’il y a des récompenses dont Adam et Ève ne jouissaient pas. Si Adam et Ève avaient obéi, il est possible de penser que le serpent aurait été condamné et qu’Adam et Ève seraient entrés dans la vie éternelle. Nous avions vu qu’ils n’ont pas été créés mortels, parce que la mort est la conséquence du péché. Ils n’ont pas été créés immortels, puisqu’ils devaient prendre de l’arbre de la vie pour vivre éternellement. L’obéissance exigée était reliée aux bénédictions. Les versets que nous avons vus sur l’arbre de la vie, en particulier dans l’Apocalypse, nous montrent que ça représente les récompenses du salut.

Je suggère que ça représentait la même chose dans le jardin d’Éden et que, si Adam et Ève en avaient mangé, ils auraient aussi obtenu les bénédictions du salut. Un royaume où le mal aurait été vaincu par la condamnation du serpent. Ils auraient obtenu la vie éternelle dans des corps qui n’auraient pas pu faillir, des corps glorifiés en fait.

Séquence de la chute

Nous allons maintenant nous arrêter sur la séquence de chute et voir son importance. Nous allons lire les versets qui décrivent la chute :

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que l’Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin ? La femme dit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez. Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez pas du tout ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux qui connaissent le bien et le mal. La femme vit que l’arbre était bon à manger, agréable à la vue et propre à donner du discernement. Elle prit de son fruit et en mangea ; elle en donna aussi à son mari qui était avec elle, et il en mangea. (Genèse 3.1-6)

Nous avons donc la séquence suivante dans la participation à la chute :

Dans la chute, les personnages arrivent dans cet ordre. Satan tente Ève, qui se laisse séduire et qui séduit à son tour Adam. La séquence est importante et on voit que, dans sa sentence, le Seigneur reprend l’ordre de la chute :

L’Éternel Dieu appela l’homme et lui dit : Où es-tu ? Il répondit : J’ai entendu ta voix dans le jardin et j’ai eu peur, parce que je suis nu ; je me suis donc caché. l’Éternel Dieu dit : Qui t’a appris que tu es nu ? Est-ce que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger ? L’homme répondit : C’est la femme que tu as mise auprès de moi qui m’a donné de l’arbre, et j’en ai mangé. Alors l’Éternel Dieu dit à la femme : Pourquoi as-tu fait cela ? La femme répondit : Le serpent m’a induite en erreur, et j’en ai mangé. L’Éternel Dieu dit au serpent : Puisque tu as fait cela, tu seras maudit entre tout le bétail et tous les animaux de la campagne, tu marcheras sur ton ventre et tu mangeras de la poussière Tous les jours de ta vie. Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui écraseras le talon. Il dit à la femme : Je rendrai tes grossesses très pénibles, c’est avec peine que tu accoucheras. Tes désirs se porteront vers ton mari, mais il dominera sur toi. Il dit à l’homme : Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger, le sol sera maudit à cause de toi ; c’est avec peine que tu en tireras ta nourriture tous les jours de ta vie, Il te produira des chardons et des broussailles, et tu mangeras l’herbe de la campagne. C’est à la sueur de ton visage que tu mangeras du pain, jusqu’à ce que tu retournes dans le sol, d’où tu as été pris ; car tu es poussière, Et tu retourneras à la poussière. (Genèse 3.9-19)

Nous revenons à notre tableau en colonnes :

C’est intéressant de constater que Dieu demande des comptes d’abord à Adam. La raison est que c’est Adam qui est le responsable : c’est lui la tête d’alliance. D’abord, le Seigneur avait confié sa création à l’homme avant qu’Ève soit créée. C’est à lui à rendre les premiers comptes (Genèse 3.9). Le Seigneur confirme à la fois l’autorité de l’homme, mais aussi sa responsabilité. Adam répond et il rapporte le rôle d’Ève dans la chute (Genèse 3.12). Là, Dieu questionne Ève (Genèse 3.13).

À son tour, elle rapporte le rôle de Satan. Fait intéressant, contrairement à ce que le Seigneur a fait pour l’homme et pour la femme, le Seigneur ne demande pas au serpent pourquoi il a fait cela : il lui annonce immédiatement sa fin. Pour Satan, c’est la condamnation qui est prononcée immédiatement. Le Seigneur ne donne pas la parole à Satan. Il ne lui demande aucune explication. Plusieurs raisons peuvent expliquer cela. J’en propose deux :

Qu’un serpent parle, c’est inusité. Même si c’est Dieu qui lui a donné le pouvoir, parce qu’il n’existe aucun pouvoir en dehors de Dieu, le Seigneur a peut-être voulu montrer à Ève qu’elle n’aurait même pas dû tendre l’oreille pour entendre ce que le serpent voulait lui dire. Une autre raison possible, c’est que Dieu demande des comptes à Adam et à Ève pour leur faire réaliser leur péché. Nous verrons éventuellement les indices du texte suggérant qu’ils se sont repentés de leur péché. Finalement, la conséquence va reprendre l’ordre de la première colonne. Du serpent (Genèse 3.14-15), le Seigneur s’adressera à la femme (Genèse 3.16), puis finalement à l’homme (Genèse 3.17-19). Quand Paul va enseigner sur le rôle de l’homme et de la femme, il va rappeler la séquence de Genèse 3 :

Je ne permets pas à la femme d’enseigner, ni de prendre autorité sur l’homme mais qu’elle demeure dans le silence. Car Adam a été formé le premier, Ève ensuite ; et ce n’est pas Adam qui a été séduit, c’est la femme qui, séduite, s’est rendue coupable de transgression. (1 Timothée 2.12-14)

Pour Paul, la séquence de transgression est significative et elle a sa contribution théologique et pratique. Je vous lis ce que le commentateur William Hendriksen dit :

Mais dans sa sagesse souveraine, Dieu fit le couple d’humains de telle manière qu’il est naturel pour l’homme de mener, et pour la femme de suivre ; pour lui de prendre l’initiative, pour elle d’être réceptive ; pour lui d’inventer, pour elle d’utiliser les outils qu’il invente.

Pourquoi Paul interdit-il à la femme d’enseigner? Il donne deux raisons : la première est prélapsaire, c’est-à-dire qu’elle précède la chute. Adam a été formé le premier. La deuxième est le fait que la femme a péché avant Adam : elle s’est laissée séduire. Le péché d’Adam n’était pas mieux, mais ce que Paul dit nous permet de conclure qu’Adam ne s’est pas laissé séduire. Lorsqu’Ève a péché, Satan lui a fait miroiter une progression :

Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez pas du tout ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux qui connaissent le bien et le mal. (Genèse 3.4-5)

C’est là qu’elle a mangé le fruit défendu, mais pour Adam, il n’a pas été séduit. Ève ne lui a rien fait miroiter :

La femme vit que l’arbre était bon à manger, agréable à la vue et propre à donner du discernement. Elle prit de son fruit et en mangea ; elle en donna aussi à son mari qui était avec elle, et il en mangea. (Genèse 3.6)

Certains pensent qu’Adam s’est laissé bêtement avoir. Dieu avait dit que le jour où il en mangerait, il mourrait, et il voit Ève qui en a mangé sans mourir : c’est une possibilité. À la chute, la femme s’est désolidarisée de son mari en prenant un leadership qui ne lui appartenait pas. Remarquez que le péché d’Adam n’a pas été mieux : il a suivi. La question n’est pas d’insinuer qu’un a péché plus que l’autre, mais la séquence révèle des choses. La femme aurait dû appeler son mari pour qu’il assume son leadership.

La première raison que Paul donne pour interdire à la femme l’enseignement et la prise d’autorité dans l’Église, c’est qu’Adam a été formé le premier. C’est lui qui a le rôle de diriger, de donner la direction spirituelle pour sa femme. La deuxième raison, c’est le fait qu’Ève a chuté par séduction, ce que n’a pas fait Adam. Il a chuté, mais pas par séduction. Le serpent a séduit Ève :

Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez pas du tout ! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux qui connaissent le bien et le mal. (Genèse 3.4-5)

La séduction a été de vouloir devenir comme Dieu. En désirant cela, elle a méprisé tout ce que Dieu lui avait donné et elle a méprisé Dieu lui-même. Remarquez le contraste entre la séduction d’Ève qui a voulu devenir comme Dieu, et Jésus-Christ, de qui Paul dit :

Lui dont la condition était celle de Dieu, il n’a pas estimé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu. (Philippiens 2.6)

Daniel Durand, pasteur
16 février 2020

Prédicateur invité

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