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« L’évangile, c’est la même chose : le Seigneur donne le salut aux élus seulement, à ceux en qui il opère la réconciliation et, pourtant, l’offre demeure universelle et sincère. La croix s’adresse à tous les hommes. Par la croix, Dieu s’offre à tous les hommes. Si ce n’était pas le cas, comment Dieu pourrait-il condamner des personnes pour avoir rejeté ce qui ne leur était pas offert? »

 

Introduction

Nous allons maintenant regarder la position de juge que Dieu occupe. Lorsque nous parlons de Dieu comme un juge, nous avons parfois tendance à y ajouter une froideur, une lourdeur, une insensibilité.

Jésus leur dit une parabole, pour montrer qu’il faut toujours prier et ne pas se lasser. Il dit : Il y avait dans une ville un juge qui ne craignait pas Dieu et qui n’avait d’égard pour personne. Il y avait aussi dans cette ville une veuve qui venait lui dire : Fais-moi justice de mon adversaire. Pendant longtemps il ne voulut pas. Mais ensuite il dit en lui-même : Bien que je ne craigne pas Dieu et que je n’aie d’égard pour personne, néanmoins parce que cette veuve me cause des ennuis, je lui ferai justice, de peur que jusqu’à la fin, elle ne vienne me casser la tête. Le Seigneur ajouta : Entendez ce que dit le juge inique. Et Dieu ne ferait-il point justice à ses élus, qui crient à lui jour et nuit, et tarderait-il à leur égard? Je vous le dis, il leur fera promptement justice. Mais, quand le Fils de l’homme viendra, trouvera-t-il la foi sur la terre? (Luc 18.1-8)

Certains ont pris cette parabole pour dire que Dieu est comme ce juge dur et insensible.

Le verset 7 (Luc 18.7) nous dirige à la pensée opposée. Si un juge insensible et au cœur dur finit par accorder ce qu’une veuve lui demande, à combien plus forte raison Dieu fera justice à ses élus. Le fait que Dieu soit aussi juge ne doit pas le présenter comme un être froid, distant et impersonnel. Ce Dieu juge est aussi celui qui est descendu de son trône pour accomplir toute justice au profit de ses enfants. Il est un juge redoutable pour ceux qui le rejettent et il est un juge compatissant pour ses enfants.

Considère donc la bonté et la sévérité de Dieu : sévérité envers ceux qui sont tombés, et bonté de Dieu envers toi, si tu demeures dans cette bonté; autrement, toi aussi tu seras retranché. (Romains 11.22)

Je vous cite Paul Wells qui commente ce verset :

« Le “si” suivi du “autrement” est une importante condition. Elle montre que Dieu a été très bon envers les Juifs (Romains 9.4) et leur a donné de nombreux signes de sa bienveillance qu’ils ont négligés en tombant dans l’incrédulité. Mais à partir d’un certain point, Dieu a cessé ses actions généreuses envers ceux qui l’ont rejeté avec mépris. Derrière la bonté de Dieu se profile la menace de sévérité dans le jugement, si cette bonté est méprisée. Mais, ici encore, l’amour et la justice sont joints de façon mystérieuse sans qu’il y ait confusion entre les deux. Le bien et le mal impliquent l’un ou l’autre. » (p. 73)

À la croix, l’amour de Dieu est offert à tous les hommes. Tous les hommes sont sous cette injonction de croire en Jésus-Christ, pas seulement les élus, mais tous les hommes. Je vous ai dit récemment que la conversion n’est pas une invitation, mais une injonction.

Repentez-vous donc et convertissez-vous, pour que vos péchés soient effacés […] (Actes 3.19)

L’évangile se conjugue à impératif : c’est un commandement. Le Seigneur fait plus qu’offrir l’évangile : il commande l’évangile. Il en fait un ordre, un commandement, un impératif. L’évangile est une injonction et est suivi d’un subpena, c’est-à-dire une citation à comparaître. Le Seigneur est très sérieux avec la croix. Ceux qui la méprisent le font au prix de leur éternité.

La croix n’est pas une manifestation de l’amour de Dieu que pour les élus. Puisque l’évangile est offert à tous, la croix exprime le désir de Dieu que tous les hommes se repentent et viennent à lui. Les Écritures nous disent-elles que l’évangile est offert à tous alors qu’il est réservé aux élus seulement?

Pierre leur dit : Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés; et vous recevrez le don du Saint-Esprit. (Actes 2.38)

Ici, Pierre enseigne à tous les Juifs qui ont vu les signes de la Pentecôte. Ce sont des Juifs non convertis au christianisme. Par la suite, certains se convertiront. Ce verset nous montre l’apôtre Pierre commander aux personnes présentes à se repentir et à se faire baptiser pour le pardon de leurs péchés afin qu’ils reçoivent le don du Saint-Esprit. C’est une annonce faite à tous, aux élus comme aux autres. Le verset suivant précise :

Car la promesse est pour vous, pour vos enfants, et pour tous ceux qui sont au loin, en aussi grand nombre que le Seigneur notre Dieu les appellera. (Actes 2.39)

Pierre commande aux gens de se repentir, mais il ajoute que la promesse de Dieu n’est possible que si Dieu les appelle. Comment comprendre cela? Un homme vit dans un village isolé et où tous les gens sont pauvres, mais cet homme est le seul mécanicien du village. Il dit à ses concitoyens de ne pas mettre de tel produit dans leur moteur, sinon, ils vont briser certaines composantes et les réparations coûteront très cher. Les concitoyens s’en fichent et mettent le produit dans leur moteur. Ce mécanicien est aussi détesté de tous dans son village. Les gens ont une haine profonde pour lui.

Le mécanicien offre à tous la réparation gratuite de leur moteur à la condition qu’ils changent leur attitude de cœur envers lui, mais les gens n’y vont pas parce qu’ils ont de la haine pour lui. Ce mécanicien décide d’aller rencontrer certaines personnes chez elles afin qu’elles comprennent qu’elles n’ont aucune raison de le détester. Certaines personnes se lient d’amitié avec le mécanicien. Il remplit sa promesse et répare gratuitement le moteur de ces personnes maintenant amies. L’offre s’adressait à tous les concitoyens même si le mécanicien n’est pas allé voir chacun d’eux pour une réconciliation. L’évangile, c’est la même chose : le Seigneur donne le salut aux élus seulement, à ceux en qui il opère la réconciliation et, pourtant, l’offre demeure universelle et sincère. La croix s’adresse à tous les hommes. Par la croix, Dieu s’offre à tous les hommes. Si ce n’était pas le cas, comment Dieu pourrait-il condamner des personnes pour avoir rejeté ce qui ne leur était pas offert?

Daniel Durand, pasteur
10 mai 2017

Prédicateur invité

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