Jésus, vendu, trahi, abandonné et rejeté, Jean 18.1

« Jésus a vécu les pires souffrances, qu’il ne méritait pas. Il les a subies de la part de son peuple, la nation juive. Il les a subies de la part des non-Juifs, les autorités romaines. Il les a subies de la part de son Père, tout cela pour nous […] Jésus se rendait à cette mort atroce. Chaque pas le rapprochait de cette torture, mais chaque pas le rapprochait de l’accomplissement du merveilleux plan de salut pour nous. Sachons lui rendre grâce pleinement, parce qu’il a tout accompli. Suivons-le sur l’étroite voie. Consacrons-nous dans le service pour le glorifier. Que chacun de nos pas suit ses traces. »

 

J’aimerais remercier les frères qui m’ont remplacé durant mes vacances : Sylvain, Carl et Hugo. C’est agréable de partir en paix, sachant que des frères qui aiment la Parole de Dieu prennent la relève avec dévouement. J’aimerais aussi corriger une chose que j’ai dite lors de ma dernière prédication, celle du 12 mai. J’ai dit que, à la suite de son entretien avec le jeune homme riche, Jésus avait pleuré. Or, le texte ne dit rien de cela. C’est plutôt sur Jérusalem qu’il est dit que Jésus a pleuré, de même que lorsque Lazare est mort. Merci au frère qui m’a gentiment souligné ce point.

Introduction

La dernière fois que nous nous sommes arrêtés sur l’évangile de Jean, c’était la fin de la prière sacerdotale. Nous commençons ce matin le chapitre 18 de l’évangile de Jean avec le verset 1.

Après avoir dit cela, Jésus sortit avec ses disciples pour aller de l’autre côté du ravin du Cédron, où se trouvait un jardin dans lequel il entra, lui et ses disciples. (Jean 18.1)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

Exposé

Le texte situe ce verset et les suivants juste après tout le temps que Jésus a passé avec ses disciples à partir du chapitre 13. Jésus a préparé ses disciples, ensuite il a prié son Père. Nous avons vu dans les derniers mois la prière sacerdotale au chapitre 17. Maintenant, c’est le temps de se diriger vers ses bourreaux. Ce verset marque le début de la dernière partie de l’évangile de Jean, c’est-à-dire la marche vers la croix jusqu’à la résurrection et l’apparition de Jésus à ses disciples près de la mer de Tibériade. Nous pourrions dire que ce sont les derniers jours de Jésus avant les nouveaux jours. Sans ces moments douloureux, toute la prière de Jésus n’aurait eu aucun effet. Jésus ne s’est pas contenté de prier : il a agi, il a obéi à son Père, il est allé à la croix. Si Jésus avait prié pour ceux que le Père lui a donnés sans donner sa vie pour ces mêmes personnes, ça aurait été une prière vaine. Frères et sœurs, la prière est essentielle, mais la prière qui ne s’inscrit pas dans un désir d’obéir, dans un désir de faire la volonté du Seigneur, notre prière est vaine. Jésus a prié et il est allé à la croix. Ces jours, qui furent très douloureux pour notre Seigneur, jette une lumière glorieuse sur les tragédies de notre existence en tant que chrétiens. Comment considérer les tragédies? Les tragédies ont-elles un sens dans nos vies? Cette dernière section de l’évangile, qui va des chapitres 18 à 21 inclusivement, nous dit ceci, frères et sœurs : la souffrance, les injustices, les tragédies, les épreuves, toutes les difficultés, les déceptions, tout cela est temporaire. Ce n’est pas la fin. Il y a un « après tout cela ». La façon la plus forte de considérer ces choses, c’est la vie de Jésus-Christ, sa mort et sa résurrection. Bien que tous passent par des difficultés, la vie de Jésus-Christ fut bien différente. J’aimerais faire ressortir trois facteurs qui nous montrent que les souffrances de Jésus furent très différentes de la plupart de nos souffrances.

Connues

La première raison est que Jésus savait ce qui allait survenir.

Prophéties

Il le savait en raison des prophéties qui annonçaient ses souffrances. Dans Marc 14.21, il est écrit :

Le Fils de l’homme s’en va, selon ce qui est écrit de lui. Mais malheur à cet homme-là par qui le Fils de l’homme est livré! (Marc 14.21)

Souffrances décrites

Le psaume 22, que Jésus connaissait très bien, comme le reste des Écritures, a annoncé les souffrances du Christ en croix. Le Nouveau Testament interprète ce psaume comme s’appliquant à Jésus :

De nombreux taureaux m’entourent, des taureaux de Basan m’environnent. (Psaumes 22.13)

En Espagne, il y a une tradition où on permet à des taureaux de courir dans la rue alors que des personnes qui le veulent bien s’y trouvent. Quand les taureaux arrivent, ces personnes courent pour échapper aux attaques de ces taureaux. Chaque année, il y a de graves blessés qui ont été encornés et piétinés et certains meurent de ces blessures. Personnellement, je ne vois pas le but à cette activité. Ce sont des morts inutiles et je crois que ça contrevient aux Écritures, contrairement à Jésus, dont la mort a été très utile. Le verset 13 (Psaumes 22.13) annonce que des taureaux allaient environner Jésus à la croix. Nous savons que c’est en croix en raison du verset 2 du psaume que nous verrons dans quelques instants (Psaumes 22.2). Il est évident que, dans le psaume 22, les taureaux sont une image des persécuteurs de Jésus. Le psaume précise « des taureaux de Basan ». Le Nouveau Dictionnaire biblique décrit cette sorte de taureau comme indomptable et particulièrement fort. De plus, contrairement aux Espagnols qui risquent leur vie pour rien, Jésus ne s’est pas exposé à ses persécuteurs pour rien : il l’a fait pour nous sauver. Nous poursuivons dans le psaume 22 au verset 14 (Psaumes 22.14) :

Ils ouvrent contre moi leur gueule, comme un lion qui déchire et rugit. Je suis comme de l’eau qui s’écoule, […] (Psaumes 22.14-15)

L’expression « l’eau qui s’écoule » signifie l’agonie.

[…] et tous mes os se disloquent; mon cœur est comme de la cire, il se fond au milieu de mes entrailles. Ma force se dessèche comme l’argile, et ma langue s’attache à mon palais; tu me réduis à la poussière de la mort. Car des chiens m’entourent, une bande de scélérats rôdent autour de moi, ils ont percé mes mains et mes pieds. Je compte tous mes os. Eux, ils observent, ils arrêtent leurs regards sur moi; Ils se partagent mes vêtements, ils tirent au sort ma tunique. (Psaumes 22.15-19)

Jésus savait que ce qui est décrit dans ce psaume était les souffrances qu’il allait devoir endurer. Imaginons un seul instant que ce qui est décrit ici serait les souffrances que nous devrions subir. Nous serions sûrement terrifiés. Combien ce dut être angoissant pour Jésus! Il savait ce qui allait survenir.

Trahison

Les prophéties messianiques annonçaient également que Jésus allait être trahi. Il savait qu’il allait être trahi par Judas. Judas venait de trahir Jésus quelques heures avant que Jésus se rende au jardin de Gethsémané. C’est une trahison, parce que Judas s’est fait passer pour un ami, pour un allié de Jésus, pour un de ses disciples. Judas n’est pas devenu un ennemi : il l’a été dès le début. Il n’a jamais été sympathique à Jésus. Nous lisons en Jean 6.70 :

Jésus leur répondit : N’est-ce pas moi qui vous ai choisis, vous les douze? Et l’un de vous est un démon! (Jean 6.70)

Jésus présente Judas comme un démon avec un indicatif présent. Déjà, probablement dans la deuxième année du ministère de Jésus, Judas était déjà un démon. Ce n’est que lors du dernier repas pascal que Jésus l’a démasqué. Il l’a fait à un moment précis.

Pendant que Jésus et ses disciples mangeaient, Jésus dit : En vérité, je vous le dis, l’un de vous me livrera. Ils furent profondément attristés, et chacun se mit à lui dire : Est-ce moi, Seigneur? Il répondit : Celui qui a mis avec moi la main dans le plat, c’est celui qui me livrera. (Matthieu 26.21-23)

Quand nous considérons toute la symbolique du repas dans la Bible, c’est-à-dire l’accueil, l’amitié des personnes qui partagent le même repas, que Judas ait participé à ce repas particulier, d’une manière hypocrite, c’est une trahison sans scrupule. Un deuxième élément s’ajoute : Judas a vendu Jésus pour de l’argent, c’est-à-dire 30 sicles d’argent. J’ai tenté de savoir combien représentait cette somme, mais je n’ai rien trouvé de convaincant. Un commentateur dit que ça représente une vingtaine de dollars, alors qu’un autre l’évalue à 5000 $. De toute façon, vendre le Christ pour un montant d’argent, c’est grave. Réduire la valeur du Dieu infini et éternel à une poignée de pièces d’argent, c’est complètement fou. Judas a été un traître sur toute la ligne. Jésus a enduré un homme qu’il savait être traître. Ce n’est pas que Judas a changé vers la fin : il était un traître. Il volait dans la bourse : il y a des gens qui donnaient de l’argent à Jésus pour subvenir aux besoins de Jésus et ses disciples, et Judas tenait cette bourse. Nous avions vu cela en Jean 12.6 et 13.29. Quand quelqu’un nous trahit, nous apprenons qu’il est un traître au moment de la trahison, mais Jésus le savait depuis longtemps, alors que les disciples n’avaient rien vu. Lors du dernier repas, Jésus annonce à ses disciples qu’un d’eux est un traître et les disciples se demandent bien lequel d’entre eux c’est. Ils ignoraient tout, mais Jésus le savait depuis longtemps. Judas fût un hypocrite sur toute la ligne. Lorsque Jésus annonce à ses disciples, incluant Judas, qu’il sera arrêté par les autorités, qu’il doit souffrir et être crucifié, Judas aussi entend cela. Il continue comme si de rien n’était. Il fait semblant. Ensuite, Judas a profité de l’intimité qu’il avait eue avec Jésus et ses disciples pour sa trahison :

Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, parce que Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis. (Jean 18.2)

C’est le jardin où Jésus et ses disciples ont souvent passé du temps ensemble. Jésus leur y avait enseigné à maintes reprises. C’était le lieu de leur intimité. C’est là que Jésus s’est rendu avec ses disciples, parce qu’il savait que Judas, dans sa trahison, conduirait les gardes pour se saisir de lui. Imaginons un seul instant Jésus, qui connaissait Judas, l’endurer durant tout ce temps, le voir agir hypocritement, le voir suivre les autres disciples pour faire semblant. Jésus a toléré ce traître.

Abandon des disciples

En plus de la trahison de Judas, il y a eu l’abandon des disciples, de tous les autres disciples. Ça aussi, ça avait été annoncé par le prophète Zacharie :

Frappe le berger, et que les brebis se disséminent! (Zacharie 13.7)

Mais tout cela est arrivé afin que les écrits des prophètes soient accomplis. Alors tous les disciples l’abandonnèrent et prirent la fuite. (Matthieu 26.56)

Même Pierre a renié son Maître. Lorsque Jésus est allé sur une montagne pour être transfiguré, il n’a pas permis à tous ses disciples d’y assister :

Six jours après, Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean son frère et il les conduisit à l’écart sur une haute montagne. Il fut transfiguré devant eux […] (Matthieu 17.1-2)

Pierre a assisté à la transfiguration de Jésus. Il a vu Moïse et Élie, il a entendu la voix du Père dire :

Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. Écoutez-le! (Matthieu 17.5)

Frères et sœurs, nos expériences passées ne nous gardent pas des chutes d’aujourd’hui. Pierre va renier son Maître à trois reprises. Luc est le seul à rapporter un détail. Quand je lis ces versets, je ne peux imaginer ce qui s’est passé dans la tête de chacun. Ça se passe à la suite du troisième reniement de Pierre :

Après un intervalle d’environ une heure, une autre personne encore insistait : Certainement cet homme [Pierre] était aussi avec lui car il est Galiléen. Pierre répondit : Toi, je ne sais pas ce que tu veux dire. Au même instant, comme il parlait encore, le coq chanta. Le Seigneur se retourna et regarda Pierre. Et Pierre se souvint de la parole que le Seigneur lui avait dite : « Avant que le coq chante aujourd’hui, tu me renieras trois fois. » (Luc 22.59-61)

Pouvez-vous imaginer la scène? Pierre a passé trois années complètes avec Jésus, il l’a suivi partout, il a assisté à tous ses enseignements. Le Seigneur lui a donné de faire des miracles en son nom. Pierre a vu Jésus transfiguré. Il a entendu la voix du Père. Maintenant, Pierre renie son Maître. À la suite des trois reniements, les regards de chacun se sont croisés. J’imagine le regard de Jésus plein d’amour rencontrer le regard de Pierre plein de honte. Ce regard de Jésus a certainement été déterminant. Le texte ne le dit pas directement, mais lorsqu’il est dit que Jésus se retourna pour voir Pierre, le verbe « retourner » dans l’original est utilisé à sept reprises dans l’évangile de Luc. Ce verbe a toujours Jésus comme sujet et indique toujours une action ou une parole forte. C’est plus qu’un simple regard et la réaction de Pierre est immédiate. Le verset 60 (Luc 22.60) rapporte le chant du coq suite au troisième reniement de Pierre. Le texte de Luc donne à penser que c’est le regard de Jésus qui a été déterminant. D’ailleurs, la version Semeur traduit ainsi :

Le Seigneur se retourna et posa son regard sur Pierre. Alors Pierre se souvint de ce que le Seigneur lui avait dit : « Avant que le coq ne chante aujourd’hui, tu m’auras renié trois fois! » (Luc 22.61) (Semeur)

Je présume que Pierre s’est souvenu toute sa vie de ce regard de Jésus en cette circonstance bien particulière. J’essaie aussi de m’imaginer ce que le regard de Jésus pouvait véhiculer. Ce dût être un regard plein d’amour, mais aussi de tristesse lorsqu’il a vu Pierre, son bras droit, le trahir ainsi.

Assaut

Jésus savait aussi les assauts qu’il allait subir contre sa personne :

De même que tu as été pour beaucoup un sujet d’effroi, de même son aspect n’était plus celui de l’homme, son apparence n’était plus celle des fils d’Adam […] (Ésaïe 52.14)

J’imagine Jésus lire ce texte et se demander quels sévices on va lui faire endurer pour qu’il devienne un sujet d’effroi, pour qu’il ne ressemble plus à un homme. Jésus, qui connaissait déjà les Écritures assez bien à 12 ans, on le voit lorsqu’il répond aux docteurs de la loi au temple, devait aussi connaître ce texte. Déjà, il savait qu’il devait s’occuper des affaires de son Père céleste. Jésus connaissait aussi Ésaïe 53.3, puis Ésaïe 53.5 :

Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui devant qui l’on se voile la face, il était méprisé, nous ne l’avons pas considéré. (Ésaïe 53.3)

Mais il était transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes; le châtiment qui nous donne la paix est tombé sur lui, et c’est par ses meurtrissures que nous sommes guéris. (Ésaïe 53.5)

Il me semble que si ces versets avaient décrit ce que j’aurais à endurer, j’aurais paniqué simplement en les lisant, mais ce n’est pas tout :

L’Éternel a fait retomber sur lui la faute de nous tous. (Ésaïe 53.6)

Là, ce ne sont plus les hommes qui agissent, mais Dieu lui-même.

Il a été maltraité, il s’est humilié et n’a pas ouvert la bouche, semblable à l’agneau qu’on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent; il n’a pas ouvert la bouche. Il a été emporté par la violence et le jugement […] (Ésaïe 53.7-8)

Abandonné du Père

Toutes ces souffrances sont atroces, mais il y a un autre élément :

Mon Dieu! mon Dieu! pourquoi m’as-tu abandonné? (Psaume 22.2)

Jésus a été abandonné du Père. Le Père a fait subir à Jésus la séparation relationnelle d’avec lui. Le Fils a pris la place des pécheurs que le Père voulait sauver. En prenant la place de pécheurs, il a pris la place de ceux qui étaient séparés de Dieu, mais il y a plus que la simple séparation : le Fils a subi la colère de Dieu :

C’est lui que Dieu a destiné comme moyen propitiatoire pour ceux qui auraient la foi en son sang, afin de montrer sa justice. (Romains 3.25)

Un sacrifice de propitiation est un sacrifice qui subit la colère de Dieu. Combien ce dut être terrible!

Non méritées

Donc, les souffrances de Jésus ont été différentes, parce que Jésus les connaissait d’avance. Les prophéties ont tout annoncé, mais il y a aussi deux autres raisons sur lesquelles nous allons passer plus rapidement. Jésus n’a pas du tout mérité les souffrances qu’il a subies. Nous sommes pécheurs et nous méritons tellement pire que les difficultés de la vie. Par notre péché, nous participons au désordre de la création et nous sommes complices de certaines difficultés que d’autres subissent et, même, de difficultés que nous traversons nous-mêmes, mais Jésus a vécu parfaitement. Tout ce qu’il a fait était en harmonie avec son Père. Pas un seul geste de sa part, pas une seule parole n’ont détoné du cœur de Dieu. Tout était en parfaite harmonie. Jésus a vécu de façon brillante : il a manifesté tellement de compassion; il a pris soin des siens; même sur la croix, il a confié sa mère à l’apôtre Jean, il a prié pour ses bourreaux et il a exaucé la prière du larron qui a demandé grâce. Jésus a vécu de manière parfaite et exemplaire. Pourtant, il a été injustement arrêté. D’abord, il y a eu trahison par Judas, qui s’était montré hypocritement l’ami de Jésus. Il a été condamné sur de fausses accusations en raison de l’hostilité jalouse des dirigeants religieux au sein du judaïsme qui voyait leur autorité et leurs institutions menacées. Même Pilate, qui n’a vu en lui rien de répréhensible, s’en est lavé les mains. Il a fait choisir le peuple entre Jésus et Barnabas. Puis, Jésus fut crucifié à la suite du procès le plus injuste que l’humanité aura connu. Il fut placé entre deux brigands, crucifié. Je vous rappelle que le but de la crucifixion n’était pas une simple peine de mort. Le but était de s’assurer que le condamné souffre horriblement avant de mourir. La croix était une peine de mort des plus cruelles. Le condamné agonisait lentement, supportant l’insupportable. Paradoxalement, cette horrible tragédie, que j’allais qualifier d’inhumaine, mais qui, finalement, ne surprend pas justement en raison du cœur humain, s’est terminée dans la mort du Juste, de l’Innocent Fils de Dieu.

Pour le bien des autres

La troisième raison qui fait que les souffrances de Jésus sont différentes de tout ce que nous pouvons vivre, c’est que toutes ses souffrances ont été pour le bien de son peuple, de ceux que le Père lui a donnés. Tout ce que Jésus a fait, tout ce qu’il a accepté de subir visait un premier but : plaire à son Père céleste en le glorifiant. Le but inhérent à cela était de nous sauver, puisque c’est cela qui a plu au Père et c’est aussi là que le Père se glorifie. J’ai entendu à plus d’une reprise des chrétiens penser que leurs souffrances sont pires que celles que Jésus a subies. C’est vrai qu’il y a des personnes dont les souffrances physiques peuvent être aussi intenses que celles que Jésus a subies. Il y a des personnes qui sont torturées sur la planète et ça dure des mois, voire des années. Des personnes ont subi des souffrances physiques atroces; d’autres, des souffrances émotives, morales, etc., tout aussi atroces. Des familles ont été séparées. Des enfants ont été violés devant leurs parents. Ces souffrances sont horribles, mais ne serait-ce qu’en raison de la colère de Dieu que le Fils a subie et du fait qu’il ne méritait pas ces souffrances, celles-ci ne peuvent se comparer à aucune autre souffrance.

Victoire

À la croix, la tragédie s’est terminée, mais pas l’histoire de Jésus-Christ. Ce qui semblait être une défaite totale est devenu, par la puissance de Dieu, l’évangile, la bonne nouvelle qui rassemble des hommes et des femmes de toutes les nations depuis bientôt 2000 ans. Cette puissance de l’évangile est confirmée par la résurrection de Jésus-Christ le dimanche de Pâque, mais ce n’est pas que la résurrection qui constitue d’abord la bonne nouvelle et ce n’est même pas la résurrection qui est au cœur de l’évangile. Ce qui est au cœur de l’évangile, c’est la mort de Jésus-Christ. La résurrection est importante, mais elle a été rendue possible, parce que Jésus a obéi parfaitement à son Père, allant jusqu’à la mort. Ce n’est même pas que la victoire a suivi une apparente défaite : c’est plutôt que la mort de Jésus-Christ est la victoire de Dieu. Ce n’est pas à la résurrection que le diable a été défait, mais à la croix :

Dieu a effacé l’acte rédigé contre nous et dont les dispositions nous étaient contraires; il l’a supprimé, en le clouant à la croix; Il a dépouillé les principautés et les pouvoirs, et les a publiquement livrés en spectacle, en triomphant d’eux par la croix. (Colossiens 2.14-15)

Vous vous rappelez Genèse 3.15 où Dieu dit au serpent :

Je mettrai inimitié entre toi et la femme, entre ta descendance et sa descendance : celle-ci t’écrasera la tête, et tu lui écraseras le talon. (Genèse 3.15)

En fait, tout ceci se passe dans un seul évènement. À la croix, Satan était convaincu d’avoir triomphé de Jésus-Christ et c’est justement là qu’il a connu sa défaite définitive. Si on reprend le verset, c’est en mordant le talon que Satan s’est placé en position de voir sa tête écrasée. La croix est le triomphe de Dieu sur le mal, sur Satan et sur tous ceux qui le suivent. Frères et sœurs, sans ce triomphe à la croix :

  • toutes les belles promesses de Dieu ne connaîtraient pas leur accomplissement;
  • tous les miracles de Jésus, comme tous les autres qu’on retrouve dans la Bible, n’auraient aucun sens;
  • la paix, la joie, l’unité, l’amour prêchés par Jésus demeureraient des vertus inatteignables;
  • il n’y a pas d’avenir glorieux pour le peuple de Dieu;
  • il n’y a pas d’évangile;
  • c’est la mort, c’est la fin du plan de Dieu, c’est le désespoir. Tout est plongé dans les ténèbres éternelles.

Jésus a vécu les pires souffrances, qu’il ne méritait pas. Il les a subies de la part de son peuple, la nation juive. Il les a subies de la part des non-Juifs, les autorités romaines. Il les a subies de la part de son Père, tout cela pour nous :

Jésus sortit avec ses disciples pour aller de l’autre côté du ravin du Cédron, où se trouvait un jardin dans lequel il entra, lui et ses disciples. (Jean 18.1)

Jésus se rendait à cette mort atroce. Chaque pas le rapprochait de cette torture, mais chaque pas le rapprochait de l’accomplissement du merveilleux plan de salut pour nous. Sachons lui rendre grâce pleinement, parce qu’il a tout accompli. Suivons-le sur l’étroite voie. Consacrons-nous dans le service pour le glorifier. Que chacun de nos pas suit ses traces.

Que le Seigneur vous bénisse.

Daniel Durand, pasteur
2 juin 2019

Prédicateur invité

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