Jésus prie pour l’unité de son Église, Jean 17.20-23

Introduction

Nous poursuivons ce matin dans l’évangile de Jean, au chapitre 17, et nous lirons les versets 20 à 23.

 

20 Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi par leur parole, 21 afin que tous soient un ; comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. 22 Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un, 23 moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés, comme tu m’as aimé.

 

Exposé

Pour ma part, j’éprouve une grande joie lorsque je lis que le Seigneur a prié non seulement pour ses disciples qui l’ont suivi durant son ministère terrestre, mais aussi pour nous. Au verset 20, Jésus précise qu’il ne prie pas seulement pour eux, c’est-à-dire pour ceux qui l’ont suivi durant 3 ans, mais aussi pour tous ceux qui allaient croire en lui par la parole des apôtres. Frères et sœurs. Si vous doutez, si vous traversez une période difficile, si vous avez l’impression de vous noyer dans les épreuves, rappelez-vous que Jésus a prié pour vous et qu’il continue de le faire. Il intercède pour nous, nous dit Romains 8.

 

Je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais j’éprouve toujours un inconfort lorsque je lis des textes où il est question de l’unité de l’Église alors qu’il y a une multitude de dénominations ayant souvent des confessions de foi différentes les unes des autres. Et je me demande comment comprendre la prière de Jésus sur l’unité de son Église alors qu’il y a tellement de divisions. En Éphésiens 4, Paul exhorte les chrétiens à vivre l’unité. Nous l’avons déjà vu. Mais ici, Jésus ne demande pas à ses disciples. Il demande à son Père. Je pense que nous devons écarter toute tentative d’unité qui n’est que superficielle et artificielle. Ce genre d’unité qui consiste à taire tout ce que l’on croit afin de ne pas heurter l’autre. Ce genre d’unité qui consiste à tout relativiser, à penser que nos convictions sont de simples adhésions personnelles et que les autres ont les leurs, et que tout est correct ainsi. Ce genre de pseudo-unité n’est pas l’unité pour laquelle Jésus a prié. Jésus vient de dire au verset 17 dans sa prière :

 

Sanctifie-les par la vérité : ta parole est la vérité.

 

Lorsqu’il arrive sur l’unité aux versets 21 à 23, ne pensons pas que cette unité peut se passer de la vérité de la Parole de Dieu.

 

Sorte d’unité

En fait, il y a des dizaines de milliers de dénominations dans le grand monde du christianisme. Ce ne sont pas toutes ces dénominations qui doivent être considérées comme des Églises habitées et dirigées par le Seigneur. Plusieurs ont un arrière-plan judéo-chrétien, mais ont abandonné la foi. Comme le dit l’Apocalypse, elles ont perdu leur chandelier, c’est-à-dire que ces Églises ont perdu ce qui faisait d’elles de vraies Églises dirigées par le Seigneur. De plus, les dénominations et les associations n’indiquent pas toujours qu’il y a divisions. La différence entre une dénomination et une association est celle-ci. Une dénomination est une organisation hiérarchisée sous laquelle toutes les Églises doivent être soumises. L’Église catholique, l’Église anglicane, les Témoins de Jéhovah sont des exemples. Lorsqu’en haut de l’organisation, on décide quelque chose, toutes les paroisses doivent s’y conformer. Une association, comme celle dont nous faisons partie, n’a pas d’autorité sur les Églises locales. Il s’agit d’un rassemblement d’Églises locales autonomes dans ses décisions qui décident de collaborer ensemble. S’il y a une organisation en haut, elle n’est là que pour favoriser la collaboration, voir aux besoins de chaque Église, planifier des projets. Mais chaque Église demeure autonome et ne doit jamais être contrainte de participer à une activité ou un projet, ni d’accepter une orientation qu’elle ne veut pas. Le plus qu’une association peut faire, c’est de désaffilier une Église locale parce qu’elle aurait pris une tangente qui ne convient pas à l’association, c’est-à-dire à l’ensemble des autres Églises. Cependant, toutes ces associations n’indiquent pas qu’elles sont divisées. Par exemple, la confession de foi de notre association peut être endossée par beaucoup d’autres associations. Nous ne devons pas penser que la multitude d’association signifie qu’il y a autant de divisions.

 

Amplifiées

Il me semble donc que nous ne devrions pas amplifier le manque d’unité à partir du fait qu’il y a plusieurs associations. Ce ne sont pas tous les groupes qui se disent Église qui sont une vraie Église. Ça prend plus qu’une pancarte sur un bâtiment pour que le Seigneur considère un groupe comme Église. Une vraie Église est l’appui et la colonne de la vérité. Une vraie Église est bâtie sur le fondement des apôtres et prophètes. Une vraie Église traite le péché de tous ses membres, incluant de ses pasteurs. Une vraie Église ne reconnaît comme membres que ceux qui ont une profession de foi crédible, c’est-à-dire qui n’est pas démentie par un mode de vie contraire aux Écritures. Dans une vraie Église, les membres se reconnaissent comme frères et sœurs, s’aiment, se supportent mutuellement, recherchent l’édification du Corps. Dans une vraie Église, les membres vivent une communion réelle avec leur Père céleste. Une vraie Église vit pour la gloire de Dieu. Une vraie Église a ce profond désir que le Seigneur soit honoré. Et une vraie Église veut être le sel de la terre, rendre témoignage de la grâce de Dieu et annoncer l’évangile à ce monde perdu. Ces choses seront toujours imparfaites ici-bas, mais ces choses seront présentes dans l’Église du Seigneur. De tous les groupes qui se disent Église, ce ne sont pas tous qui sont vraie Église. Et comme je l’ai dit, les vraies Églises, celles qui sont basées uniquement sur la Parole de Dieu, ne sont pas vraiment divisées même s’il y a plusieurs familles d’Églises différentes.

 

Organisation

Maintenant, en priant pour l’unité de son Église, est-ce que Jésus avait en tête une organisation unique comme certains le pensent? Le théologien James Montgomery Boice fait remarquer que dans l’Église primitive, il n’y avait pas une grosse organisation qui supervisait les Églises. C’est beaucoup Paul, à titre d’apôtre, qui veillait aux besoins. Il a organisé une collecte pour les chrétiens de Jérusalem qui avait été appauvris par une famine. Il a envoyé des ouvriers dans des Églises locales qui avaient des besoins particuliers. Il écrivait des lettres pour répondre à des questions théologiques ou pratiques.

Mais il me semble que, à part ces choses, nous ne voyons pas d’organisation. Ce qui est certain, c’est qu’il n’y avait pas d’organisation hiérarchisée. Au 4e siècle, lorsque Constantin a fait du christianisme une religion officielle, l’Église en place s’est organisée. Une hiérarchie a pris place. Et pendant presque tout le Moyen Âge, c’est-à-dire du 5e au 15 siècle, cette Église a dominé sur toute l’Europe. Il y avait une unité organisationnelle. Mais les résultats sont désastreux. Cette pseudo-unité a plutôt été l’occasion pour l’Église de laisser tomber presque complètement les Écritures et de développer. Elle a profité de sa domination pour adopter des doctrines comme le culte des saints, le purgatoire, les indulgences, la papauté, le culte des images, le célibat des prêtres, la confession des péchés obligatoire au prêtre, la transsubstantiation, le chapelet, et d’autres hérésies. Durant cette période, on a vu les superstitions être institutionnalisées, l’Église tyranniser les populations, et prendre l’argent des pauvres en manipulant leurs consciences. Ce n’est pas ce genre d’unité dont nous avons besoin ni pour lequel Jésus a prié.

 

Conformisme

À plus petite échelle, l’unité n’est pas le conformisme. Il y a un danger que les chrétiens adhèrent à des pratiques et des croyances uniquement par conformisme. C’est-à-dire que, parce que la majorité le fait, on le fait. Et il y a le danger que des Églises locales deviennent conformistes pour faire comme d’autres Églises locales. Certains chrétiens font des choses par souci d’unité mais sans en être convaincus. C’est du conformisme. Et si l’on gratte un peu, il est fort possible que le conformisme cache la crainte des hommes. « Si je ne le fais pas, qu’est-ce que les autres vont dire? »

 

Unité comme celle en Dieu

Mais alors, de quel genre d’unité est-il question dans la prière de Jésus? La réponse est dans le texte. Jean 17.21-23 :

 

21 afin que tous soient un ; comme toi, Père, tu es en moi, et moi en toi, qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé. 22 Et moi, je leur ai donné la gloire que tu m’as donnée, afin qu’ils soient un comme nous sommes un 23 —moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un…

 

Frères et sœurs. L’unité que Jésus a demandée à son Père pour son Église n’est pas organisationnelle, et ce n’est pas du conformisme. Il s’agit d’une unité spirituelle. Cette unité consiste à avoir tous cette même orientation de servir le Seigneur et de rechercher la gloire du Seigneur. Jésus était uni parfaitement à son Père. Comment a-t-il vécu cela? En servant son Père parfaitement. Jésus a été d’une parfaite soumission à son Père. C’est au point où Jésus n’a jamais rien fait qui ne soit pas l’accomplissement de la volonté de son Père. Si nous, chrétiens, étions tous parfaitement soumis à Dieu, nous goûterions à cette unité spirituelle. Nous devons considérer que c’est en Église que le service pour Dieu prend place. Celui qui veut servir Dieu doit le faire en Église. Mon service doit correspondre aux dons que le Seigneur m’a donnés, et il me les a donnés pour l’édification du Corps qui est l’Église. Et mon don, mon ministère est une fonction à l’intérieur du corps. Ce que je fais doit être complété par les dons et ministères de mes frères et sœurs. Lorsque les membres coordonnent leurs ministères, c’est tout le corps, comme un seul homme, qui remplit le mandat que le Seigneur lui confie. Nous ne devons jamais considérer ce que nous faisons comme si notre ministère était séparé du corps.

 

Progressive

Comme j’ai mentionné au début, on se questionne sur l’unité alors que l’Église est marquée par tant de divisions. Je dirais quelques points sur cette réalité. Le premier point est que je ne pense pas que nous vivrons cette unité parfaitement durant notre vie actuelle. Jésus a prié pour la paix, il a prié pour la joie, il a prié pour que nous soyons sanctifiés. Présentement, nous goûtons à ces choses bien imparfaitement. Je n’ai pas la joie parfaite présentement, ni la paix, ni la sanctification. Le plan de Dieu n’est pas que tout se réalise ici-bas. Un jour, nous serons débarrassés du péché dans nos vies et tous ces obstacles auront disparu. C’est la même chose pour l’unité. Nous goûtons à l’unité ici-bas, mais nous la goûtons que partiellement. Le péché des chrétiens est probablement ce qui cause le plus de divisions entre nous. Je ne pense pas que ce soit le fait que nous sommes limités dans notre connaissance de Dieu. Lorsque nous serons ressuscités, nous serons encore limités dans notre connaissance de Dieu. Nous ne serons jamais omniscients. Mais en dépit du fait que nous serons encore limités, il n’y aura plus de divisions. Le péché sera totalement derrière nous et nous goûterons totalement à l’unité en Dieu. Nous allons maintenant voir différentes comparaisons que la Bible fait avec l’Église, et ces comparaisons nous permettent d’apprécier des facettes différentes.

 

La communion

Le 1er aspect qui nous parle de l’unité en Dieu et que Dieu déverse sur son Église est la communion. Nous réduisons souvent la notion de communion au fait de prendre du temps ensemble. Et c’est vrai que ça entre dans la communion fraternelle. Si on passe du temps ensemble, c’est que les autres représentent quelque chose pour nous. Mais la notion de communion est tellement plus profonde qu’un simple café avec un beigne. La communion est le fait de vivre comme un, comme en union. On peut discuter ensemble, et c’est bien. Mais si mon frère me partage une difficulté, et que je ne fais qu’écouter sans plus, je ne vis pas vraiment la communion avec lui. La communion indique une relation d’appartenance telle que la souffrance de mon frère, de ma sœur, me concerne. Je ne peux vivre l’épreuve de l’autre. Mais je peux prier pour lui, l’aider de toutes les manières qui me sont possibles. Si le Seigneur aime mon frère, ma sœur comme la prunelle de son œil, je dois l’aimer, le soutenir comme si c’était aussi la prunelle de mon œil. Pour être en communion les uns avec les autres, ça implique deux éléments. Le 1er élément, c’est que je dois m’intéresser aux autres. Je dois vraiment considérer mes frères et sœurs, me soucier d’eux, voir s’ils ont des besoins auxquels je peux répondre. Si un frère ou une sœur passe par un moment difficile, je prie pour lui, et c’est encourageant si je lui dis que je prie pour lui. Le 2e élément qu’implique la communion, et celui-là est plus difficile, c’est que je dois non seulement accepter mais apprécier lorsque mes frères et sœurs s’intéressent à moi. C’est vrai qu’il y a des risques. Les relations comportent toujours des risques. Mais c’est la volonté du Seigneur que nous puissions veiller les uns sur les autres, et ça implique que les autres veillent aussi sur moi.

 

La famille de Dieu

Le 2e aspect qui nous parle de l’unité de l’Église est la famille de Dieu. Ça va plus loin que la communion. La famille indique une structure établie. Dieu est notre Père, nous sommes ses enfants, et par conséquents, nous sommes frères et sœurs. Éphésiens 2.19 :

 

Ainsi donc, vous n’êtes plus des étrangers ni des gens de passage ; mais vous êtes concitoyens des saints, membres de la famille de Dieu.

 

Pour certains, la notion de famille n’évoque rien de positif. De nos jours, rares sont les familles dans lesquelles tous sont unis, où l’harmonie règne. L’Église n’est pas une famille telle que nous les retrouvons dans ce monde perdu. Dans mon expérience pastorale, j’ai constaté que dans la plupart des cas, lorsque des personnes sont profondément perturbées, il y a un contexte familial dysfonctionnel. À moins de circonstances particulières, nous avons tous grandi dans une famille. Mais ces relations sont très imparfaites. Les divisions, les ruptures et les blessures familiales font des ravages. Une famille saine contribue à l’épanouissement des enfants, à leur maturité et leur équilibre. La famille est la première institution de Dieu, étant le prolongement du mariage. À l’inverse, une famille où les parents se comportent mal va engendrer des enfants qui garderont des séquelles à vie. Seul l’évangile peut renverser ces situations malheureuses. L’Église est aussi une famille. Mais une famille différente. En partant, nous avons un Père parfait. Notre Père céleste nous connaît parfaitement. Il connaît nos besoins parfaitement. Il sait nous corriger de sa tendre main. Il sait doser la correction qui produit toujours chez son enfant un fruit de sainteté. Mais il y a plus. Notre Père céleste, pour nous adopter, a envoyé son Fils, son propre Fils, son Fils unique pour prendre sur lui la condamnation qui pesait sur nous. Et c’est par son Fils que notre Père va chercher ses enfants à travers toutes les époques et de tout horizon pour nous rassembler en famille. Notre Père céleste nous convie tous à sa table pour communier avec chacun de nous, et pour que nous ayons une communion les uns avec les autres. L’image de la famille met l’emphase sur les relations. Mais dans ce cas, la notion de la famille est tellement plus riche que tout ce que nous pouvons imaginer.

Dans la famille de Dieu, le Seigneur fait et fera en sorte que la famille ne sera pas divisée. Il fait en sorte que l’harmonie règne entre les membres de la famille. Cette famille de Dieu est éternelle. Nos relations familiales ici-bas sont temporaires. Lorsque nous serons ressuscités, les seules relations qui vont demeurer sont le fait que les chrétiens sont frères et sœurs, membres de la famille de Dieu, réunis par notre Père céleste. Le fait que l’Église soit la famille de Dieu est décrite par différentes réalités.

 

L’adoption

La première, c’est l’adoption. Nous ne sommes pas des fils naturels de Dieu. Nous avons été adoptés. Galates 4.6 :

 

Et parce que vous êtes des fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, qui crie : Abba ! Père !

 

Pour que l’Église soit la famille de Dieu, le Seigneur a placé en chacun de nous l’Esprit de son Fils. Remarquez ce qui se passe. Parce que nous sommes des fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de SON Fils. Autrement dit, la relation filiale que Dieu établit avec nous est la même que celle entre le Père et le Fils éternel. Il ne s’agit pas d’une adoption du bout des lèvres. Frères et sœurs. Nous sommes une véritable famille assemblés par le Seigneur.

 

Le corps

La 4e réalité pour décrire l’Église est le corps. Dans la société, on parle du corps enseignant, du corps policier, du corps médical. Il s’agit de groupes dont ceux qui en font partie œuvrent à une même cause, mais où chacun remplit des fonctions qui lui sont propres. Et toutes ces personnes qui remplissent chacun ses fonctions particulières forment un corps de telle sorte que toutes les petites fonctions constituent en réalité une grande fonction. Par exemple, le corps policier. Certains policiers peuvent faire de la prévention dans les écoles. D’autres patrouillent les rues de la ville. D’autres encore font des enquêtes. Chacun a sa fonction qui lui est propre. Mais le corps en entier remplit une grande fonction d’assurer la sécurité, l’ordre et la justice dans la ville. Dans l’Église, c’est la même chose. Chaque ministère doit servir le mandat global de l’Église. Ce mandat est double. À l’intérieur, c’est l’édification. À l’extérieur, c’est l’évangélisation. Je pense que c’est l’image qui est la plus développée dans le Nouveau Testament. Mais lorsque la Bible nous dit que l’Église est un corps, elle la compare au corps humain. 1 Corinthiens 12.12-20 :

 

12 En effet, comme le corps est un, tout en ayant plusieurs membres, et comme tous les membres du corps, malgré leur nombre, ne sont qu’un seul corps, — ainsi en est-il du Christ. 13 Car c’est dans un seul Esprit que nous tous, pour former un seul corps, avons tous été baptisés, soit Juifs, soit Grecs, soit esclaves, soit libres, et nous avons tous été abreuvés d’un seul Esprit. 14 Ainsi le corps n’est pas formé d’un seul membre, mais de plusieurs. 15 Si le pied disait : Parce que je ne suis pas une main, je ne suis pas du corps, — il n’en est pas moins du corps pour autant. 16 Et si l’oreille disait : Parce que je ne suis pas un œil, je ne suis pas du corps, — elle n’en est pas moins du corps pour autant. 17 Si tout le corps était œil, où serait l’ouïe? S’il était tout ouïe, où serait l’odorat? 18 En fait, Dieu a placé chacun des membres dans le corps comme il a voulu. 19 Si tous étaient un seul membre, où serait le corps ? 20 Maintenant donc il y a plusieurs membres et un seul corps.

 

Cette comparaison indique beaucoup plus que la complémentarité des membres. Il n’y a aucun membre du corps qui peut rester en vie en dehors du corps. Autrement dit, la vie de chaque membre dépend de son appartenance, de son attachement au corps. Et la tête de ce corps est le Christ lui-même. Le Christ n’est pas au-dessus du corps comme un élément détaché. Le Christ est dans le corps, il est attaché au corps. D’ailleurs, l’Église EST le corps du Christ.

 

L’Épouse

Nous venons de voir l’image du corps pour décrire l’Église. Dans notre imagination, l’Église est le corps au-dessus de laquelle il y a la tête, c’est-à-dire le Christ. Paul va aussi utiliser l’image du corps sous un autre aspect. La présentation de l’Église comme corps du Christ revêt une autre vérité tout autant glorieuse, sinon plus. Éphésiens 5.23 :

 

…car le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Église, qui est son corps et dont il est le Sauveur…

 

Ici, le corps de Jésus est l’Épouse. Autrement dit, Jésus regarde l’Église et il la considère comme son Épouse, comme son corps, c’est-à-dire le corps qui lui appartient. C’est l’aspect conjugal qui ressort ici. Le parallèle est incontournable. … le mari est le chef de la femme, comme Christ est le chef de l’Église, qui est son corps et dont il est le Sauveur. Cette image est plutôt difficile pour nous. Nous ne pouvons imaginer un mariage entre un homme et une entité qui comporte des millions de personnes, c’est-à-dire les chrétiens de tous les temps. Nous devons savoir que le mariage tel que nous le connaissons est l’image du mariage entre le Christ et son Église. Ces deux unions ne sont pas identiques mais semblables. L’histoire du mariage entre le Christ et son Église connaît un parcours très particulier. Ce n’est pas l’histoire d’un jeune homme qui rencontre une jeune fille, ils se marièrent, furent heureux et eurent beaucoup d’enfants. L’histoire du mariage entre le Christ et son Église est différente. C’est l’histoire de Dieu qui s’est fait homme afin de sauver son Église. Il l’aime tellement qu’il s’est livré pour elle, il la purifie et veut passer toute l’éternité avec elle. Imaginez. Pour l’éternité, nous serons chéris par notre Époux. Pour l’éternité, nous allons le regarder et lui rendre grâce de nous avons sauvés. Pour l’éternité, son regard sur nous sera tendre et exprimera son amour profond pour nous. Pour nous, chrétiens, nous devons prendre conscience dès maintenant que c’est ensemble que nous formons l’Épouse du Christ avec tous les autres chrétiens de tous les temps. Frères et sœurs. L’unité pour laquelle le Seigneur a prié est spirituelle et éternelle. C’est cette unité que nous devons chercher à vivre dès maintenant entre nous. Et à deux reprises, Jésus fait le lien entre l’unité et l’impact qu’elle aura sur le monde. Jean 17.21 :

 

…qu’eux aussi soient un en nous, afin que le monde croie que tu m’as envoyé.

 

Et Jean 17.23 :

 

…moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés, comme tu m’as aimé.

 

Frères et sœurs. L’unité qui doit nous caractériser devient la carte de visite des non chrétiens. Cette unité est le témoignage de ce qui attend tous ceux qui croiront. Et je crois fermement que, étant donné que Jésus a prié pour cette unité, et que la prière de Jésus est toujours conforme à la volonté de son Père, je crois que cette unité s’accomplit. Et de notre côté, nous devons joindre tous nos efforts pour vivre cette unité entre nous.

 

Que le Seigneur vous bénisse.

 

Daniel Durand, pasteur

24 février 2019

 

 

Prédicateur invité

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