Introduction

Un baptême est toujours l’occasion de s’arrêter sur la réalité du salut puisque c’est ce que le baptême représente. Aujourd’hui, nous allons regarder une parabole, celle que l’on appelle « du bon Samaritain ». C’est une parabole très connue au point où l’expression est appliquée couramment pour une personne qui tire d’embarras quelqu’un d’autre. Et on a parfois l’impression que la grande leçon de cette parabole est que nous devons être disposés à faire du bien à quiconque se trouve sur notre route, à briser les classes sociales, ou à cesser toute discrimination. Mais nous allons voir que ce n’est pas d’abord là que Jésus veut amener ses auditeurs.

 

Exposé

Avant d’aller au texte biblique, quelques mots sur les Samaritains, ce qui va nous aider à comprendre mieux la parabole.

Les Samaritains vivaient en Samarie. Jusque là, ça va?! On retrouve les débuts de leur histoire dans 2 Rois 17. La Samarie qui se trouvait dans la région du Nord du pays et qui en est même venue à désigner le pays d’Israël quand il y a eu division du royaume.  La Samarie s’est développée en raison d’une immigration d’Assyriens qui s’y sont installés en même temps que des Israélites ont été déportés. De sorte que la population comportait un bon pourcentage de païens. Plus tard, ils construisent un temple sur le mont Garizim, et quelque temps après, ce temple sera consacré au dieu païen Zeus. Un siècle avant Jésus-Christ, le temple et la ville qui l’abrite sont complètement détruits. Les Samaritains prennent comme livre saint les 5 premiers livres de la Bible, mais leurs pratiques religieuses diffèrent beaucoup de celles des Juifs. En même temps, les Samaritains vouaient un grand respect au temple de Jérusalem et plusieurs s’y rendent pour l’adoration. Au tout début de notre ère, vers l’an 7, des Samaritains souillèrent le temple en versant des ossements humains sur le portique, ce qui constituait une transgression de la loi mosaïque. Ils seront bannis et dorénavant interdits au temple. On comprend l’animosité des Juifs vis-à-vis ce peuple.

Et voici qu’un docteur de la loi se leva et lui dit, pour le mettre à l’épreuve : Maître, que dois-je faire pour hériter la vie éternelle? Jésus lui dit : Qu’est-il écrit dans la loi? Qu’y lis-tu? Il répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta force et de toute ta pensée ; et ton prochain comme toi-même. Tu as bien répondu, lui dit Jésus ; fais cela, et tu vivras. Mais lui voulut se justifier et dit à Jésus : Et qui est mon prochain? (Luc 10.25-29)

Le verset 25 présente un docteur de la loi, un spécialiste de la loi juive dont le ministère était de l’interpréter et de l’enseigner. Ces docteurs étaient souvent rattachés aux Pharisiens. Et comme ces derniers, ils rejetaient les enseignements de Jésus. Et lorsqu’ils abordaient Jésus, c’était la plupart du temps pour lui poser une question embarrassante. C’est exactement ce à quoi on assiste au verset 25.

Et voici qu’un docteur de la loi se leva et lui dit, pour le mettre à l’épreuve :

Que le docteur de la loi se lève indique que les autres présents étaient assis. Et déjà cette attitude du docteur révèle un désir de confronter Jésus, d’opposer son enseignement à celui du Christ. En principe, le maître est debout et les autres sont assis, ce qui a donné l’expression « être formé aux pieds du maître ». Ce docteur, bien qu’il appelle Jésus « Maître », ne cherche qu’à le piéger sans reconnaître son autorité. Et sa question est de savoir ce qu’il faut faire pour avoir la vie éternelle. On sent que ce docteur de la loi est sur une mauvaise piste. Sa question insinue qu’il y a quelque chose à faire pour avoir la vie éternelle. Il n’a pas compris qu’un héritage tient à une relation et non à un curriculum vitae. Ce docteur de la loi est sur un programme d’œuvres. Mais Jésus s’engage dans la discussion en reprenant les propos du docteur pour l’amener où il veut. Vous remarquerez dans les Évangiles la sagesse de Jésus, sa capacité à déceler les intentions des gens, sa capacité à prendre une question et à la retourner pour déculotter son interlocuteur. Jésus répond au verset 26 en invitant le docteur à considérer ce que dit la loi. « Qu’est ce que la loi dit en ce qui concerne ce que tu me demandes? ». Jésus renvoie le docteur de la loi à l’autorité, c’est-à-dire à la loi, et peut-être avec une invitation à la lire à nouveau avec un nouveau regard. Une nouvelle lecture de la loi s’impose au docteur puisqu’il pose la question. Ce n’est pas la réponse finale, mais une question qui poussera la discussion plus loin. Verset 27 : La pensée du docteur se porte immédiatement sur deux textes de la loi mosaïque.

Tu aimeras l’Éternel, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta force. (Deutéronome 6.5)

Tu aimeras ton prochain comme toi-même. (Lévitique 19.18)

La réponse du docteur est excellente. Il résume la loi de la même façon que Jésus l’a fait. L’amour pour Dieu résume les 4 premiers commandements et l’amour pour le prochain résume les 6 derniers. Le docteur cite deux textes qui interpellent avec un « tu » impératif. Et ce « tu » présuppose un « je » qui parle avec autorité. La loi n’est donc pas un ensemble de principes, mais la voix de celui qui a l’autorité sur le monde. La réponse de Jésus au verset 28 :

Tu as bien répondu. (Luc 10.28)

Jésus approuve la réponse. Ce docteur a une bonne théologie en ce qui concerne ces notions. Effectivement, celui qui aime parfaitement Dieu et son prochain a la vie éternelle.

Le docteur a quand même la perspicacité de citer deux textes qui parlent de l’amour. Il aurait pu parler des sacrifices, des rites ou autre chose. Au contraire, il fait référence à des textes qui ne s’intéressent pas à des pratiques extérieures, mais à des dispositions du cœur. Mais la réponse de Jésus ne s’arrête pas là. Il rajoute :

[…] fais cela, et tu vivras. (Luc 10.28)

Jésus invite ce docteur à vivre selon Dieu. Sa bonne théologie doit devenir son mode de vie. Une théologie sans intégration au quotidien demeure stérile. La vérité n’est pas faite seulement pour être sue, mais aussi pour être vécue. Le « tu » qui parle invite l’homme à s’engager. Mais en lui disant fais cela, Jésus, qui connaissait la totale impossibilité de l’homme naturel d’aimer ainsi Dieu et son prochain de toutes les puissances de son être, ne voulait que renvoyer le questionneur à sa propre conscience, après l’avoir renvoyé à la loi. Parce que la conscience de l’homme est toujours travaillée à partir de la loi. Autrement dit, c’est en face de la loi de Dieu que la conscience est interpelée. Si le docteur de la loi s’appliquait sérieusement à la pratiquer, ce docteur reconnaîtrait bientôt, avec une douloureuse humiliation, son incapacité et il recourrait à la grâce qui crée l’amour dans le cœur. Sur ces mots « fais cela », Jésus tente à bon droit et de la bonne manière celui qui l’avait tenté à tort. L’homme est incapable de s’engager totalement pour Dieu, mais d’un autre côté, Dieu ne peut accepter de relation qui n’est pas totalement engagée. D’un côté, l’homme est incapable, de l’autre côté, Dieu n’accepte pas les fruits des tentatives de l’homme incapable. Ce que Dieu veut, c’est que son peuple lui appartienne totalement, dans tous les aspects de sa vie. L’homme doit aimer Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force et de toute sa pensée et son prochain comme lui-même.

Augustin disait qu’il n’y a aucun aspect de l’homme qui n’appartienne pas à Dieu. Nous n’avons pas de coin secret qui n’appartienne pas à Dieu. Nous nous réjouissons que Dieu nous ait sauvés complètement, et pas juste un bras ou une jambe. Mais s’il nous a sauvés complètement, ça implique que nous lui appartenons complètement. La loi prend les différents aspects de l’homme : son cœur, son âme, sa force, sa pensée, et invite l’homme à mobiliser tout son être pour l’aimer. N’aimons pas seulement en parole, ou seulement en telle action, ou en tel acte religieux. Ce n’est pas là l’amour que Dieu veut. Dieu nous sauve totalement pour que nous vivions totalement pour lui. Et l’amour pour Dieu se vit dans l’amour pour le prochain. Ce sont 2 commandements très près.

On constate par contre au verset 29 que ce docteur se sent accusé. Il veut se justifier. Il veut se sortir de l’embarras. Évidemment, le docteur de la loi s’accorde une certaine crédibilité. Et être piégé est très embarrassant pour lui. Il ne veut pas perdre la face. Mais qui l’accuse? Probablement sa conscience. Et pour se justifier, il demande à Jésus qui est son prochain. Les Pharisiens ne considéraient que les Juifs comme leurs prochains, en les classant dans des cercles de plus en plus éloignés. Les leaders religieux figuraient comme les prochains les plus favorisés. Ensuite, les Juifs pieux, puis les prosélytes, c’est-à-dire les non-Juifs qui ont adhéré au judaïsme. Mais pour les autres, ils les considéraient comme des ennemis. Et le docteur de la loi demande à Jésus de tracer la ligne. Dis-moi quelles catégories de gens sont prochains et quelles ne le sont pas! Jésus va-t-il rejeter les païens, les blasphémateurs, les adultères, les voleurs? Qui sont mes prochains? Mais sans le savoir, ce docteur se trahit réellement. En posant la question sur l’identité du prochain, il passe par-dessus le premier commandement d’aimer Dieu. Ce qui insinue qu’il se croyait en règle avec ce commandement. Et s’il demande qui est son prochain, c’est qu’il n’a pas compris que tout homme qui se trouve sur sa route est son prochain. Et s’il n’a pas compris cela, c’est qu’il n’a pas compris la grâce divine. Parce que lorsque l’on comprend combien nous sommes dépravés et que Dieu nous a fait grâce, on ne pense même pas à mépriser des catégories de gens. Et là, Jésus y va d’une parabole pour faire comprendre à ce docteur cette notion. On a là un docteur qui a besoin d’être enseigné.

Jésus reprit la parole et dit : Un homme descendait de Jérusalem à Jéricho. Il tomba au milieu des brigands, qui le dépouillèrent, le rouèrent de coups et s’en allèrent en le laissant à demi-mort. (Luc 16.30)

Le chemin de Jérusalem à Jéricho avait environ 28 km. Et cette route était réellement réputée pour être visitée souvent par des brigands. Parce qu’il y avait en plusieurs endroits des sections où le voyageur se trouvait isolé. Cette route était la seule qui menait au temple.

Par hasard, un sacrificateur descendait par le même chemin ; il vit cet homme et passa outre. Un Lévite arriva de même à cet endroit ; il le vit et passa outre. Mais un Samaritain, qui voyageait, arriva près de lui, le vit et en eut compassion. Il s’approcha et banda ses plaies, en y versant de l’huile et du vin ; [le mélange d’huile d’olive et de vin était un remède fréquemment employé en Orient pour purifier et adoucir les plaies] puis il le plaça sur sa propre monture, le conduisit à une hôtellerie et prit soin de lui. Le lendemain, il sortit deux deniers, les donna à l’hôtelier et dit : Prends soin de lui, et ce que tu dépenseras en plus, je te le paierai moi-même à mon retour. Lequel de ces trois te semble avoir été le prochain de celui qui était tombé au milieu des brigands? Il répondit : C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui. Et Jésus lui dit : Va, et toi, fais de même. (Luc 16.31-34)

Les versets 30 à 33 constituent la mise en situation. Un homme a besoin d’aide et 3 personnes passent près de lui. Donc, un homme qui faisait la route entre Jérusalem et Jéricho rencontre plusieurs brigands. Et ces brigands le dépouillent, le rouent de coups et s’en vont en le laissant à demi-mort. Et on peut imaginer la scène. Les dents avant brisées, les yeux au beurre noir, les cheveux emmêlés avec du sang coagulé. C’est donc un homme qui a réellement besoin de secours. Sa vie ne tient qu’à la bonté et à la compassion du prochain voyageur qui va passer. Et comme cet homme a été dépouillé, le mot grec signifie dépouillé de ses vêtements, et qu’il est à demi-mort, cet homme ne peut s’identifier, ni être identifié par ses vêtements. Et toute la parabole va tourner autour de cet homme. La crédibilité des passants se jouera sur leur réaction devant cet homme sans identité. Et quelle bénédiction pour cet homme à demi-mort : c’est un sacrificateur qui passe! Un sacrificateur, c’est un homme qui sert Dieu et dont la vie est consacrée au temple. On s’attend à ce que le problème de l’homme tire à sa fin. Surprise! Le sacrificateur voit, mais il passe outre. Une traduction plus littérale serait : il passa de l’autre côté. Et passer de l’autre côté, c’est aussi laisser l’homme à demi-mort. Mais pour les auditeurs de la parabole, le sacrificateur a peut-être une bonne raison de laisser l’homme là. Parce que si cet homme est mort, la loi lui interdisait de le toucher par souci de pureté rituelle. D’un autre côté, on excuse le sacrificateur peut-être un peu trop vite. Il ne vérifie même pas si l’homme vit encore. Et pour préserver une pureté rituelle, il risque qu’un homme meure faute de soins.

Et là, la chance frappe à nouveau pour notre homme. Le voyageur suivant est un Lévite. Un Lévite, c’est aussi quelqu’un qui est appelé à servir au temple. Il va sûrement faire quelque chose. Il ne laissera pas cet homme à demi-mort! Malheureusement, c’est aussi ce qu’il fera. Et là, il faut se rappeler la stratégie des paraboles. Souvent, la parabole vise à prendre par surprise l’auditeur. Jésus parle à un docteur de la loi. Un docteur de la loi est habitué aux paraboles puisque cette forme d’enseignement était très utilisée par les rabbins. Le docteur savait qu’il y aurait 3 personnes qui allaient passer près de l’homme. Et après le sacrificateur et le Lévite, il s’attendait à ce que Jésus lui dise que c’est un docteur de la loi qui a secouru le malheureux homme. Le docteur de la loi va sauver l’honneur des responsables religieux du judaïsme. Mais Jésus le prend par surprise. Non seulement ce ne sera pas un docteur de la loi qui jouera le beau rôle, mais ce sera un Samaritain. Quelle gifle! Un Samaritain n’est pas du tout un homme du temple. Pire que cela, il n’est même pas un Juif. Les Samaritains étaient méprisés par les Juifs. Le beau rôle n’est pas qu’un homme du temple juif porte secours à un frère juif, mais un Samaritain porte secours à un homme. Il y a plusieurs années, un homme blanc membre du Ku Klux Klan a décidé de sortir du clan. Et les autres membres se sont mis à le tabasser. Cet homme avait été laissé dehors inconscient. Et c’est un Noir qui passait par là qui l’a secouru. Et dans la parabole, c’est un Samaritain, un méprisé, qui secourt notre homme. Trois personnes passent sur le même chemin. Les 3 voient l’homme qui a besoin. Les 2 premiers le considèrent comme un obstacle. Ils le voient avec leurs préjugés. La troisième fois, au Samaritain s’offre le même spectacle. Il voit l’homme. Mais lui est pris de compassion. Le méprisé devient l’agent de la compassion. Il y avait une grande probabilité que l’homme soit un Juif puisqu’il se trouvait sur la route vers Jérusalem. Le Samaritain ne s’enquiert même pas de cette question. Le Samaritain est peut-être en train de secourir un Juif qui le méprise… Au lieu de s’arrêter à ces choses, il secourt l’homme sans aucun égard à sa race, à sa religion ou à une quelconque caractéristique. C’est un homme, et il a besoin.

Les versets 34 et 35 relatent les soins que le Samaritain apporte à l’homme. 2 deniers représentent ce qui en coûtait à cette époque pour prendre soin de quelqu’un pour 2 jours. Ça représentait aussi le salaire de quelqu’un pour 2 jours. Il faut considérer dans leur ensemble les traits de ce tableau touchant, peint avec une extrême délicatesse. À peine le voyageur a vu le malheureux blessé, qu’il en est ému de compassion; il s’approche, il bande de ses propres mains ses plaies sanglantes, il y verse le remède, il place cet homme à demi-mort sur sa propre monture, et lui, il marche à ses côtés, s’attarde, en méprisant le danger dans ce chemin mal famé, jusqu’à ce qu’il ait atteint une hôtellerie. Là encore, il soigne son malade, passe la nuit auprès de lui, se charge de sa dépense et ne le quitte le lendemain qu’en le recommandant à la sollicitude de l’hôte et en s’engageant à défrayer ce dernier de toutes ses avances. L’œuvre de la charité est véritablement complète. Si cet étranger était son frère ou son ami, le Samaritain n’aurait rien pu faire de plus.

Les versets 36 et 37 constituent la conclusion de la conversation entre Jésus et le docteur de la loi. Le verset 36 surprend. Alors que le docteur de la loi avait demandé qui est son prochain, Jésus lui répond au verset 36 que le prochain, c’est celui qui aide, celui qui secourt. Le docteur de la loi doit reconnaître que celui qui a bien agit, c’est le Samaritain. Mais il est incapable de le dire. Il répond : C’est celui qui a exercé la miséricorde envers lui. Et Jésus conclut avec l’exhortation : « Va et fais de même ».

Théologie

Une des emphases de l’évangile de Luc, c’est l’entrée des païens dans le salut. C’est Luc qui rapporte au chapitre 17 que sur 10 lépreux guéris, un seul revient rendre gloire à Dieu. Et c’est un Samaritain. Et les Actes qui constituent le tome 2 de l’œuvre de Luc accordent une grande place à cette réalité. Nous avons vu que le docteur de la loi demande à Jésus ce qu’il faut faire pour hériter de la vie éternelle. Et le verbe grec de sa question, au verset 25, indique des actions ponctuelles. Or, Jésus répond par une autre conjugaison. Aux versets 28 et 37, quand Jésus répond « fais de même », il utilise un impératif présent qui, en grec, indique non pas des actions ponctuelles, mais un mode de vie continu. L’action exigée pour le royaume est une vie continuellement consacrée à Dieu. Une vie qui témoigne d’une appartenance pleine et entière au Seigneur. Celui qui accomplit cela a la vie éternelle. Le problème, c’est que l’homme en est incapable. Et c’est le but de Jésus de placer l’homme en face de son incapacité afin qu’il s’appuie non pas sur lui-même mais sur le Seigneur Jésus qui a pris notre péché. En même temps, l’homme à demi-mort est l’emblème de l’homme devant Dieu. Alors que le docteur veut savoir qui est son prochain, le texte démontre que l’homme a d’abord besoin d’être le bénéficiaire du secours. La vie éternelle n’est pas d’abord une question de choses à faire, mais une question d’être secouru. Et comme le Samaritain, considéré comme un ennemi des Juifs, secourt l’homme dépouillé, Dieu a ainsi compassion de nous alors que nous étions ses ennemis. Le Samaritain secourt celui qui est dépouillé, qui n’a plus d’identité. Cet homme ne pouvait plus se cacher derrière aucun signe qui l’identifierait à une communauté. Il est dépouillé. Et c’est là que le secours vient. Alors que le docteur demande qui est son prochain, Jésus retourne complètement la situation. Ce n’est plus celui qui a besoin qui est le prochain, verset 36, mais c’est celui qui secourt. Le docteur doit faire l’expérience de la grâce, de la miséricorde de Dieu pour avoir la vie éternelle. Le service vient après avoir reçu et le service se fait dans ce qui est reçu, c’est-à-dire la vie de l’Esprit en nous qui appelle à la marche par l’Esprit.

 

Applications

Si jamais il y avait quelqu’un ici qui ne croit pas au Christ, j’aimerais vous dire que vous êtes dans le fossé, ravagé par votre péché, et que sans le secours du Christ, vous allez périr.

Combien de personnes passent sur votre chemin dans votre vie, mais ne peuvent vous secourir? Le Christ est celui qui secourt. Joël, en te faisant baptiser, tu témoignes de ton besoin profond d’être secouru, d’être soigné. Tu as reconnu que tu étais impuissant dans le fossé. Tu as témoigné que tu ne pouvais compter que sur la grâce de notre Dieu. Et c’est aussi un rappel pour tous ceux qui ont reçu le baptême chrétien et qui l’ont reçu volontairement. Cette parabole nous amène à comprendre que notre attitude doit reposer sur ce que nous avons reçu de Dieu. Il n’y a rien de bon que nous puissions faire aux autres sans l’avoir d’abord reçu de Dieu. Il n’y a rien que nous puissions faire de bon sans que ce soit l’Esprit qui le fasse en nous. Jésus invite à comprendre pour vivre. C’est la complémentarité entre la théologie et la mise en pratique. Et la théologie nous plonge dans la personne de Dieu, et de cette théologie, nous tirons le mode de vie. Il n’y a que lorsque nous goûtons à la grâce de Dieu que nous pouvons exercer la grâce que Dieu demande.

Quand j’ai de la difficulté à aimer, à pardonner ou à aider quelqu’un, c’est soit que je n’ai pas goûté à la grâce de Dieu, soit que j’oublie combien Dieu m’a aimé et qu’il continue de m’aimer malgré ce que je suis et ce que je continue de faire. Quand j’ai de la difficulté à aimer, à pardonner ou à aider quelqu’un, c’est que je marche par la chair, c’est-à-dire que j’écoute et que j’obéis à ce que ma chair me dit. Et elle ne me dit jamais rien de bon.

Quand je comprends et que je me rappelle comment Dieu m’a secouru alors que j’étais à demi-mort, alors que j’étais dépouillé, souffrant, que Dieu m’a secouru, je comprends que j’ai à être le prochain de l’autre comme Dieu a été mon prochain. Que nous puissions être reconnaissants envers Dieu pour cette compassion qu’il a exercée à notre endroit et qu’il continue d’exercer. Et que nous puissions aussi être pour ceux que nous rencontrons le prochain qui secourt, le prochain qui témoigne pratiquement de la grâce de Dieu.

Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, faites-vous grâce réciproquement, comme Dieu vous a fait grâce en Christ. (Éphésiens 4.32)

Que le Seigneur bénisse sa Parole en nous.

Daniel Durand, pasteur
11 novembre 2018

 

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Prédicateur invité

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