Jésus, jugé par tous, Jean 18.28-32

« Frères et sœurs, nous devons savoir que nous vivons dans un monde d’opposition à Jésus-Christ, à l’évangile, au christianisme biblique. Chacun a ses prétextes. Les Juifs avaient des raisons différentes des Romains, mais en bout du compte, ils ont travaillé main dans la main pour que Jésus soit crucifié. Pour nous, chrétiens, nous savons que nous avons toutes les raisons d’accueillir le Seigneur. Il est celui qui s’est livré pour nous sauver. Il est le Roi des rois. Il siège à la droite du Père. Il reviendra chercher ses élus et jugera les réprouvés pour l’éternité. Ne nous laissons pas ébranler par les pensées du monde qui sont en opposition à Jésus-Christ. Soyons de ceux qui, non seulement, reconnaissent son innocence, affirment ses perfections, mais qui vivont aussi pour lui. »

 

Ce matin, nous revenons dans l’évangile de Jean, toujours dans le procès de Jésus. Ce procès a conduit à la condamnation de Jésus, condamnation injuste mais condamnation.

Texte biblique

De chez Caïphe, ils emmenèrent Jésus au prétoire : c’était le matin. Ils n’entrèrent pas eux-mêmes dans le prétoire, afin de ne pas se souiller et de pouvoir manger la Pâque. Pilate sortit donc pour aller vers eux et dit : Quelle accusation portez-vous contre cet homme ? Ils lui répondirent : Si ce n’était pas un malfaiteur, nous ne te l’aurions pas livré. Sur quoi, Pilate leur dit : Prenez-le vous-mêmes et jugez-le selon votre loi. Les Juifs lui dirent : Il ne nous est pas permis de mettre quelqu’un à mort. C’était afin que s’accomplisse la parole que Jésus avait dite, pour indiquer de quelle mort il devait mourir. (Jean 18.28-32)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

Exposé

Procès juif

Les récits bibliques nous rapportent que Jésus n’a pas subi un procès, mais deux procès : un devant les dirigeants juifs; l’autre devant des autorités romains. Ces procès étaient séparés : ce n’était pas les mêmes juridictions, ni les mêmes charges, ni les mêmes juges. Le seul point commun, c’est que ce sont les mêmes accusateurs qui ont accusé le même accusé, Jésus. Ce sont les mêmes accusateurs : en effet, les dirigeants juifs ont accusé Jésus devant les autorités romaines. En fait, les autorités juives avaient toute la latitude pour appliquer leurs lois sur leur territoire sans que les autorités romaines ne s’en mêlent, sauf pour la peine de mort. Si les autorités juives voulaient appliquer la peine de mort, elles devaient exposer la situation aux autorités romaines : c’est ce qui se passe ici. Ce qui se passe ici est unique.

D’abord, ce procès devrait chercher l’application de la loi de Dieu, cette loi sainte, bonne et parfaite. De plus, ce procès devait se dérouler dans les règles judiciaires les plus strictes, les plus protectrices qui soient. Les Juifs avaient mis des consignes très strictes concernant les procès. Ces consignes ne figuraient pas dans la loi mosaïque mais ce n’est pas un problème. Au contraire, ces consignes visaient à ce que tout se déroule dans la justice la plus parfaite possible. Nous avions vu, par exemple, qu’un procès ne devait jamais se dérouler la nuit. Nous avions aussi vu qu’un procès dont les accusations encouraient la peine de mort devait obligatoirement se dérouler sur deux jours différents. La raison est que, dans le cas d’un verdict de culpabilité, les membres du Sanhédrin devaient bénéficier d’une nuit complète afin de réfléchir sur le verdict. Les Juifs avaient à l’époque un système judiciaire inégalé : rien n’était négligé pour s’assurer de procès les plus justes qui soient. Ajoutons à cela le respect que la loi juive portait envers la vie humaine. Chez les autres peuples autour, la femme était vue comme une créature de second niveau, les esclaves n’avaient aucune protection, les maîtres avaient droit de vie et de mort sur ceux-ci et les enfants étaient parfois maltraités. Toutefois, chez les Juifs, la loi de Dieu protège les femmes, les enfants, les esclaves et même les ennemis sauf en cas de guerre. Chez les Juifs, la vie avait une très grande valeur, et ce, pour la raison suivante : le Seigneur avait révélé à son peuple que l’homme est créé à l’image de Dieu. Ce n’est pas que l’homme porte, en quelque part en lui, l’image de Dieu. C’est plutôt que l’homme est l’image de Dieu. Autrement dit, l’image de Dieu n’est pas un aspect de l’homme : l’image de Dieu décrit tout ce qu’est l’homme. C’est justement pour ça que la peine de mort a été prescrite :

Celui qui verse le sang de l’homme par l’homme son sang sera versé. Car Dieu a fait l’homme à son image. (Genèse 9.6-7)

Il y a deux aspects à cette consigne : le premier aspect, c’est que la peine de mort doit être appliquée dans le cas d’un meurtre, parce que la victime est une créature à l’image de Dieu. Autrement dit, parce que le meurtrier s’en est pris à une créature à l’image de Dieu, il mérite la mort. Le deuxième aspect qui n’exclut pas le premier, c’est ceci : parce que l’homme est créé à l’image de Dieu et que Dieu est juste et punit le crime, l’homme, comme créature à l’image de Dieu, va appliquer le jugement de Dieu. Autrement dit, l’image applique la peine de mort, parce que le créateur, à l’image de qui l’homme est créé, est un Dieu qui punit le crime. Donc, la valeur de l’être humain était reconnue chez les Juifs. Certains pourraient dire que ce n’est pas accorder une grande valeur à l’homme que d’appliquer la peine de mort. Autrement dit, on ne tue pas un homme sous aucune considération, parce qu’il a une grande valeur, mais c’est justement parce que l’homme a une grande valeur que Dieu a demandé d’appliquer la peine de mort. Ceci aggrave la condamnation de Jésus. Ces dirigeants religieux ont condamné à mort un homme sous de fausses accusations. Nous devons prendre conscience de ce qui s’est passé. Un homme est accusé par la cour du peuple de Dieu. Les dirigeants juifs sont mandatés par Dieu pour conduire les affaires selon Dieu. Les dirigeants juifs ont la loi de Dieu, inspirée par Dieu, afin que tout se passe selon Dieu. Les Juifs avaient le système judiciaire le plus rassurant, le plus protecteur qui soit. Toutes les consignes visaient les procès les plus équitables possibles et les verdicts les plus justes possibles.

Le tout s’est déroulé dans la ville sainte, Jérusalem, là où Dieu faisait résider son nom sous l’alliance mosaïque. À vue humaine, Jésus pouvait s’attendre aux meilleurs conditions et être traité avec justice, selon Dieu… et pourtant! Je ne rappellerai pas tout ce que nous avions vu sur le sujet, mais juste vous rappeler ce qui est dit en Matthieu 26.59 :

Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus, suffisant pour le faire mourir. (Matthieu 26.59)

C’est très grave ce qui est dit ici : ceux qui avaient la vocation d’honorer le Seigneur et d’être les modèles du peuple ont cherché des menteurs, des gens prêts à incriminer injustement Jésus. À titre de rappel, on a accusé faussement Jésus des crimes suivants :

  • Blasphème, parce qu’il se disait Dieu lui-même;
  • Sédition : des faux témoins ont dit que Jésus avait menacé de détruire le temple. Nous avions vu que Jésus n’a jamais dit cela. Il avait plutôt dit : « Détruisez ce temple, et je le rebâtirai en 3 jours »;
  • Insoumis, parce qu’il n’appliquait pas la loi mosaïque selon la compréhension tordue que les autorités juives en avaient.

Le verset 28 nous dit :

De chez Caïphe, ils emmenèrent Jésus au prétoire : c’était le matin. Ils n’entrèrent pas eux-mêmes dans le prétoire, afin de ne pas se souiller et de pouvoir manger la Pâque. (Jean 18.28)

Le prétoire était le quartier général du gouverneur romain. Les dirigeants juifs, afin de garder leur pureté, n’y sont pas entrés. On est prêt à tuer un innocent, par surcroît le Fils de Dieu, mais on n’entre pas dans le prétoire pour garder sa pureté. Le rejet de Jésus par les autorités juives s’explique. Jésus a révélé le péché des dirigeants.

Procès romain

Jésus a comparu devant Caïphe, puis tout le Sanhédrin. Comme je vous avais dit, les autorités romaines donnaient carte blanche aux Juifs d’appliquer la loi mosaïque, excepté pour la peine de mort. Dans ce cas, les autorités juives avaient l’obligation de porter la cause devant les autorités romaines. La condamnation de Jésus par cette dernière instance s’explique moins bien, mais avant, quelques mises en contexte. À cette époque, ce sont les Romains qui régnaient. On parle de l’empire romain. Les Romains avaient compris que la meilleure chose pour garder l’empire, c’était de ne pas écraser les nations vaincues. L’ambiance était telle qu’on parle de la pax romana. Dans cette optique, les Juifs avaient la permission de pratiquer leur religion. C’était la seule nation conquise dans tout l’empire qui avait ce privilège. C’est au point où les dirigeants romains n’érigeaient pas de statues d’empereurs ni de temples dédiés à une divinité gréco-romaine afin de respecter la religion juive. Ces considérations étaient uniques dans tout l’empire. Les dirigeants juifs appréciaient vraiment ces privilèges et faisaient tout pour ne pas les perdre. Il y avait une condition : que les dirigeants juifs évitent les soulèvements populaires. Il ne fallait pas compromettre la pax romana, la paix romaine. Dans tout l’empire, il y avait toujours des problèmes ici et là, mais les autorités romaines faisaient tout pour garder la paix dans l’empire en évitant les soulèvements. Pour garder la paix, il fallait être sévère envers ceux qui représentaient une menace à la paix. Le verset 28 nous informe que Jésus a été conduit devant Pilate le matin. Un commentaire qui s’intéresse particulièrement à tout ce qui concerne le contexte de l’époque estime qu’il était environ 6 heures du matin. Nous avions vu que l’arrestation de Jésus, sa comparution devant Caïphe, puis sa comparution devant tout le Sanhédrin se sont passées en quelques heures, c’est-à-dire depuis tard la veille jusqu’au matin. Jusque là, tout s’est déroulé la nuit, ce qui était interdit chez les Juifs pour un procès dont l’accusé encourait la peine de mort. Maintenant, on retrouve Jésus tôt le matin devant Pilate. Nous savons qu’à cette époque, il était de mise que les dirigeants règlent les questions politiques et judiciaires très tôt le matin pour terminer vers midi.

Pilate était procurateur de Judée. Un procurateur agit par procuration. Il s’agissait d’un homme placé par l’empereur de Rome afin d’appliquer les politiques de l’empire sur un territoire donné. Pour Pilate, c’était en Judée.

La Judée était la partie sud d’Israël. C’est là que se trouvait Jérusalem. C’était un territoire très important pour les Juifs. Comme toute la vie du peuple tournait autour de la religion du judaïsme, il y avait beaucoup d’effervescence dans ce territoire. Les autorités romaines étaient très sensibles à la religion juive, sauf Pilate. La Bible ne nous dit pas grand-chose sur Pilate, mais il y a des documents extra-bibliques qui nous donnent des informations. Un historien de l’époque bien connu, du nom de Flavius Joseph, rapporte les faits suivants : quand Pilate est arrivé en Judée pour exercer sa fonction, il avait d’abord envoyé des soldats de nuit pour installer des insignes à l’image de l’empereur romain Tibère. C’était une provocation ouverte à l’endroit des Juifs. Ensuite, un jour, Pilate a voulu construire un aqueduc pour amener l’eau de bassins, appelés les piscines de Salomon, vers Jérusalem. En soi, c’était une bonne idée. Le problème, c’est que Pilate a financé ce projet avec l’argent des trésors du temple de Jérusalem.

Les Juifs considéraient cet argent comme sacré, c’est-à-dire comme devant être utilisé exclusivement au service du temple. Ces faits ne sont pas rapportés dans la Bible, mais ça ne signifie pas qu’ils ne sont pas vrais. Un incident nous est rapporté en Luc 13.1 :

En ce temps-là, quelques personnes vinrent lui raconter ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang avec celui de leurs sacrifices. (Luc 13.1)

On voit quel genre d’individu il était : il était cruel, surtout envers les Juifs. Ce qui surprend, c’est sa conduite recommandable envers Jésus, du moins, en apparence.

Pilate déclare Jésus innocent

À trois reprises, Pilate va déclarer que Jésus est innocent :

Pilate dit à Jésus : Qu’est-ce que la vérité ? Après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs et leur dit : Moi, je ne trouve aucun motif de condamnation en lui. (Jean 18.38)

Jésus a répondu aux questions de Pilate et il affirme qu’il n’y a aucun motif pour condamner Jésus. Puis, plus tard, Pilate va confirmer :

Pilate sortit de nouveau et dit aux Juifs : Voici, je vous l’amène dehors, afin que vous sachiez que je ne trouve aucun motif de condamnation en lui. (Jean 19.4)

Finalement, au verset 6 :

Lorsque les principaux sacrificateurs et les gardes virent Jésus, ils crièrent : Crucifie ! Crucifie ! Pilate leur dit : Prenez-le vous-mêmes et crucifiez-le ; car moi, je ne trouve pas de motif de condamnation en lui. (Jean 19.6)

Dans Luc 23, nous lisons que Pilate s’est débarrassé du cas en envoyant Jésus à Hérode. Ce dernier s’est réjoui de voir Jésus, parce qu’il avait appris qu’il faisait des miracles. Puis, il a traité Jésus avec mépris et s’en est moqué. Finalement, Hérode le renvoya à Pilate. Pilate dit alors ceci au peuple :

Pilate dit aux principaux sacrificateurs, aux chefs et au peuple : Vous m’avez amené cet homme comme entraînant le peuple à la révolte. Voici : je l’ai interrogé devant vous et je ne l’ai trouvé coupable d’aucune des fautes dont vous l’accusezHérode non plus, car il nous l’a renvoyé, et voici : cet homme n’a rien fait qui soit digne de mort. (Luc 23.14-15)

C’est inouï : Pilate affirme à trois reprises que Jésus n’est pas coupable et affirme qu’Hérode pense la même chose. Pilate est difficile à comprendre, difficile à suivre. Les données extrabibliques le présentent comme un monstre cruel, en particulier vis-à-vis les Juifs. Il se peut que certains disent que ce n’est pas dans la Bible et c’est vrai. Les documents extrabibliques ne sont pas inspirés, mais ça ne signifie pas que ce qui s’y trouve est faux. Nous avons des documents sur César, sur les pyramides d’Égypte, sur Alexandre Legrand, bref, sur plein de personnages et d’événements historiques. Ces ouvrages sont utiles pour connaître les contextes. Les données bibliques nous informent que Pilate est capable de reconnaître ce qui est juste. Il l’a fait en déclarant Jésus innocent, mais immédiatement après, il laisse le peuple décider s’il préfère que Barrabas ou Jésus soit relâché.

Pilate impressionné

Le théologien James Montgomery Boice propose que Pilate ait été impressionné par Jésus. C’est vrai que ça devait être impressionnant : avoir devant soi celui qui fait des miracles dans toute la Judée et dans la Galilée, c’est-à-dire autant au sud qu’au nord du pays d’Israël. Nous avons lu que Pilate avait su que Jésus faisait des miracles. On peut facilement supposer que Pilate savait au moins un peu quel genre de miracles. La multiplication des pains n’est sûrement pas passée inaperçue : 5 000 hommes, sans compter les femmes et les enfants. La résurrection de Lazare lui a sans doute été rapportée : les dirigeants juifs en ont entendu parler et ça s’est passé pas très loin de Jérusalem, à Béthanie. Pilate a probablement été impressionné aussi par les réponses de Jésus. Pilate venait de dire aux dirigeants juifs que Jésus était innocent, mais aussi, il venait de dire à la foule de choisir entre Jésus et Barabbas. À chaque année, la coutume voulait que le procurateur relâche un condamné à mort.

Matthieu 27

Nous allons lire les versets 17 à 26 de Matthieu 27 :

À chaque fête, le gouverneur avait coutume de relâcher un prisonnier, celui que demandait la foule. Ils avaient alors un prisonnier notoire nommé Barabbas. Comme ils étaient assemblés, Pilate leur dit : Lequel voulez-vous que je vous relâche, Barabbas, ou Jésus appelé le Christ ? (Matthieu 27.15-17)

Pour que Pilate fasse cette proposition, c’est qu’il se fout complètement de Jésus. Il a dit que Jésus est innocent, il va le répéter plus loin, mais il est prêt à le proposer à la foule. Parce que proposer de choisir un des deux pour être libéré, c’est proposer d’envoyer l’autre à la croix. Le texte dit bien que Barabbas est un prisonnier notoire. Pilate reconnaît à trois reprises que Jésus est innocent. C’est horrible ce qui se passe ici. On a 2 prisonniers : un innocent et l’autre coupable. Pilate fait choisir la foule.

Car Pilate savait que c’était par jalousie qu’ils avaient livré Jésus. (Matthieu 27.18)

Portez bien attention à ce verset 18 : Pilate savait que c’était par jalousie que les Juifs avaient livré Jésus. Il savait donc que les accusations étaient fausses. Pilate n’a aucune moralité. Il sait que les Juifs accusent Jésus par jalousie et il sait que Jésus est innocent.

Pendant qu’il siégeait au tribunal, sa femme lui fit dire : Ne te mêle pas de l’affaire de ce juste, car aujourd’hui j’ai beaucoup souffert en songe à cause de lui. (Matthieu 27.19)

Un dénommé Frank Morison, qui a écrit un livre Qui a bougé la pierre ?, a étudié tout ce qui a entouré les procès, la mort et la résurrection de Jésus. À l’époque, les gens étaient très superstitieux. Les rêves étaient vus comme des communications des dieux. L’épouse de Pilate a rêvé à Jésus. Ce qui est révélateur, c’est qu’elle le présente comme « le juste ». Elle demande à son mari de ne pas se mêler de cette affaire. Nous ne savons rien d’autre de ce songe. Quand le Seigneur parle dans un songe, le texte le dit, mais ici, le texte ne le dit pas. Quoi qu’il en soit, elle le présente comme un juste, c’est-à-dire quelqu’un qui n’est pas coupable devant la loi, quelqu’un qui ne mérite pas la mort. Puisque ce songe est rapporté, c’est probablement parce que ça a influencé Pilate. D’ailleurs, au verset 24 que nous verrons bientôt, Pilate va reprendre la même expression pour désigner Jésus.

Les principaux sacrificateurs et les anciens persuadèrent la foule de demander Barabbas et de faire périr Jésus. (Matthieu 27.20)

On apprend ici que les dirigeants juifs ont persuadé la foule de faire libérer Barabbas. C’est une autre démonstration de l’injustice profonde des dirigeants juifs : c’est à eux que le Seigneur avait confié le peuple israélite et, en particulier, le soin de faire respecter sa loi en toute justice. Nous découvrons ici que ces dirigeants préfèrent avoir un criminel libre dans leur société que d’avoir Jésus.

Le gouverneur prit la parole et leur dit : Lequel des deux voulez-vous que je vous relâche ? Ils répondirent : Barabbas. Pilate leur dit : Que ferai-je donc de Jésus, appelé le Christ ? Tous répondirent : Qu’il soit crucifié ! Le gouverneur dit : Mais quel mal a-t-il fait ? Et ils crièrent encore plus fort : Qu’il soit crucifié ! Pilate, voyant qu’il ne gagnait rien, mais que le tumulte augmentait, prit de l’eau, se lava les mains en présence de la foule et dit : Je suis innocent du sang de ce juste. Cela vous regarde. Et tout le peuple répondit : Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants ! Alors Pilate leur relâcha Barabbas ; et après avoir fait flageller Jésus, il le livra pour être crucifié. (Matthieu 27.21-26)

Nous voyons un Pilate qui semble ne plus savoir quoi faire. Il a déclaré l’innocence de Jésus. Puis, il propose à la foule de choisir entre Jésus et Barabbas. Ma pensée est qu’il s’attendait à ce que la foule choisisse Barabbas. Son épouse lui fait part du songe qu’elle a eu. Pilate retourne devant la foule pour soumettre la même proposition en précisant que Jésus est juste.

Je pense qu’il ne savait plus quoi faire. Il a finalement mis le sort de Jésus-Christ entre les mains de la foule, mais en précisant qu’il s’en lave les mains.

Applications

Maintenant, quelques applications. La première est que le fait de fréquenter un milieu où la révélation de Dieu est connue et véhiculée, le fait de mariner dans un tel milieu, ne garantit rien sur notre condition spirituelle.

Les dirigeants juifs connaissaient très bien les Écritures. Ils avaient grandi et avaient été instruits dans la Torah, mais leur cœur n’était pas pour Dieu. Si nos cœurs ne sont pas transformés par l’Esprit de Dieu, qui a comme épée la Parole de Dieu, si nous ne recherchons pas la sanctification dans nos vies, si nous ne vivons pas une vie d’Église, avec tous les défis, toutes les déceptions et toutes les joies qui s’y rattachent, bref, si nous ne vivons pas la vie chrétienne, nous sommes comme ces dirigeants juifs qui se promenaient dans la ville et qui laissaient croire que Dieu était avec eux, mais qui n’avaient aucun intérêt pour les choses de Dieu. Ils ont finalement renié le messie. La deuxième application, c’est qu’un système politique, judiciaire, aussi bien ficelé soit-il, n’est pas la solution à l’homme. Je ne dis pas que ça n’a pas d’importance, mais ce n’est pas la solution au problème de l’homme. Tout système, et les Juifs avaient le meilleur système, sans des cœurs transformés, deviendra corrompu, parce que l’homme est corrompu.

Autrement dit, l’homme ne peut pas vivre de manière vertueuse même dans le meilleur système, parce que l’homme corrompt tout ce qu’il touche. La troisième application est que ceux qui dirigent, et ça s’applique pour Sylvain et moi comme pasteurs, mais aussi pour tous ceux qui occupent un rôle de direction, y compris les parents, ceux qui dirigent ne doivent jamais prendre des décisions dans le but de garder une paix superficielle. Les Romains ont condamné Jésus pour d’autres raisons que les Juifs. Ils l’ont condamné pour garder une paix superficielle dans la région. Pour avoir cette paix, ils ont fait crucifier le Prince de Paix. Une paix qui se fait au prix de la vérité et de ce que Dieu demande est une fausse paix. Frères et sœurs, nous devons savoir que nous vivons dans un monde d’opposition à Jésus-Christ, à l’évangile, au christianisme biblique. Chacun a ses prétextes. Les Juifs avaient des raisons différentes des Romains, mais en bout du compte, ils ont travaillé main dans la main pour que Jésus soit crucifié. Pour nous, chrétiens, nous savons que nous avons toutes les raisons d’accueillir le Seigneur. Il est celui qui s’est livré pour nous sauver. Il est le Roi des rois. Il siège à la droite du Père. Il reviendra chercher ses élus et jugera les réprouvés pour l’éternité. Ne nous laissons pas ébranler par les pensées du monde qui sont en opposition à Jésus-Christ. Soyons de ceux qui, non seulement, reconnaissent son innocence, affirment ses perfections, mais qui vivont aussi pour lui.

Les Juifs étaient jaloux de Jésus. Les Romains craignaient les soulèvements populaires, mais nous, nous avons la paix avec Dieu par ce Jésus-Christ, que les hommes ont rejeté. Ne soyons pas surpris si nous sommes rejetés : nous sommes unis à notre Seigneur dans la souffrance, dans les persécutions, dans le rejet, mais le plus important, ce n’est pas d’être accueilli par les hommes païens, mais par notre Dieu. Que le Seigneur vous bénisse.

Daniel Durand, pasteur
9 février 2020

Prédicateur invité

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