Jésus faussement accusé, Jean 18.12-14

« Lorsque les dirigeants juifs ont crucifié Jésus, ils ont cru en être débarrassés pour toujours, mais non. Un jour, ils vont lui faire face et ils vont subir le jugement du Christ. Parce qu’en tant que roi, tout pouvoir lui a été remis. C’est lui qui reviendra juger les vivants et les morts. Chers frères et sœurs, il y a un danger de se dire que ça ne nous concerne pas parce que nous sommes sauvés. En fait, nous devons toujours nous examiner pour voir si, réellement, nous sommes dans la foi. […] Accueillir le Christ, c’est aussi accueillir tout ce qu’il a institué : sa Parole, son Église avec sa structure, etc. Si jamais il y a quelqu’un ici qui n’est pas chrétien, peut-être que vous vous dites que vous n’avez pas participé au procès de Jésus, mais en réalité, vous voulez le supprimer de votre vie. Il est encore temps pour vous de vous repentir et de vous tourner vers le Christ pour être sauvés. Réfléchissons à l’importance d’accueillir le Christ, de le recevoir, de reconnaître sa royauté, sa seigneurie. Pour ceux qui ne sont pas chrétiens, mais aussi pour nous, chrétiens, nous devons revenir sur ces choses. »

 

Introduction

Nous poursuivons ce matin dans l’évangile de Jean, au chapitre 18, et nous lirons les versets 12 à 14.

Texte biblique

La cohorte, le tribun et les gardes des Juifs saisirent alors Jésus et le lièrent. Ils l’emmenèrent d’abord chez Anne ; car c’était le beau-père de Caïphe qui était souverain sacrificateur cette année-là. Et Caïphe était celui qui avait donné ce conseil aux Juifs : « Il est préférable qu’un seul homme meure pour le peuple. » (Jean 18.12-14)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

Il y a deux semaines, nous avions vu Jésus qui se rend aux militaires envoyés pour l’arrêter. Ces militaires ont reculé lorsque Jésus s’est identifié. Jésus a protégé les siens afin que s’accomplisse la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés. » Maintenant, ces militaires arrêtent Jésus et lui mettent des liens.

Nous avions vu qu’une cohorte était à l’origine 1000 soldats romains mais que, parfois, ça représentait 600 hommes. Le tribun, c’est celui qui dirigeait les troupes, et il y avait les gardes des Juifs. La présence de la cohorte romaine et des gardes des Juifs nous montrent ceci : c’est la complicité entre les non-Juifs et les Juifs dans l’arrestation et la mort de Jésus. Cette complicité se confirmera jusqu’à la mort de Jésus où les autorités romaines vont accorder aux Juifs le droit de mettre à mort Jésus, et ce, sans qu’il y ait eu un procès juste. À partir de maintenant, dans l’évangile de Jean, nous allons assister au procès de Jésus. Il y a des procès qui ont fasciné les gens. Des films ont été faits sur des procès. Des journalistes sont attitrés aux grands procès. Des livres sont écrits sur ceux qui présentent un intérêt.

Au Québec, il y a des procès qui ont retenu l’attention du plus grand nombre, qu’on pense au médecin Guy Turcotte, qui a tué ses deux enfants et qui a été acquitté la première fois, parce qu’il n’aurait pas été criminellement responsable. Il a été condamné lors du deuxième procès. Ces procès ont été suivis par l’ensemble de la population. Il y a de ces procès où la population veut constater que le système de justice la protège.

D’autre part, il y a des procès qui ne sont pas toujours équitables. C’est bien connu : les plus riches ont les moyens d’embaucher des firmes d’avocats les meilleures qui vont scruter la loi pour exploiter une faille, qui vont appeler des témoins spécialistes bien payés eux aussi, alors que la partie adverse n’a pas nécessairement les moyens lui permettant de présenter un dossier aussi étoffé. C’est ainsi que nous n’avons jamais l’assurance qu’un procès sera juste et équitable.

Juifs et Romains

Le procès de Jésus a une particularité. En fait, il implique d’une part les autorités romaines. Ces autorités font partie de ce qu’on appelle « le gouvernement civil ». En Romains 13, nous voyons leur fonction :

Que toute personne soit soumise aux autorités supérieures ; car il n’y a pas d’autorité qui ne vienne de Dieu, et les autorités qui existent ont été instituées par Dieu. C’est pourquoi celui qui s’oppose à l’autorité résiste à l’ordre de Dieu, et ceux qui résistent attireront une condamnation sur eux-mêmes. Les gouvernants ne sont pas à craindre quand on fait le bien, mais quand on fait le mal. Veux-tu ne pas craindre l’autorité ? Fais le bien, et tu auras son approbation, car elle est au service de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, sois dans la crainte ; car ce n’est pas en vain qu’elle porte l’épée, étant au service de Dieu pour montrer sa vengeance et sa colère à celui qui pratique le mal. Il est donc nécessaire d’être soumis, non seulement à cause de cette colère, mais encore par motif de conscience. C’est aussi pour cela que vous payez les impôts. Car ceux qui gouvernent sont au service de Dieu pour cette fonction précise. (Romains 13.1-6)

C’est à l’Église de Rome que Paul écrit ces choses. Or, c’est aussi à Rome que les chrétiens étaient le plus persécutés à l’époque. Certains chrétiens ne voulaient pas reconnaître l’autorité des Romains sur eux et Paul leur dit que ces autorités ont été placées par Dieu, et de leur être soumis. Ce sont ces autorités qui ont participé au procès de Jésus.

Juifs

Aussi, il y a les Juifs. Nous devons savoir que les dirigeants juifs avaient aussi une autorité sur le peuple comme gouvernement civil, mais ils avaient aussi le mandat d’appliquer la loi de Dieu. Selon l’interprétation la plus plausible à mon avis, le psaume 82 traite de ces autorités juives :

Psaume d’Asaph. Dieu se tient dans l’assemblée de Dieu ; il juge au milieu des dieux. (Psaumes 82.1)

Les dieux seraient les juges placés en Israël pour juger les causes du peuple. Ils sont appelés dieux parce qu’ils devaient agir au nom de Dieu, un peu comme ce que Dieu a dit à Moïse :

Je te fais Dieu pour pharaon. (Exode 7.1)

Dieu est déçu des jugements injustes rendus par les juges de son peuple qui ne considèrent pas le droit des plus faibles.

Jusques à quand jugerez-vous avec iniquité, et aurez-vous égard à la personne des méchants ? (Psaumes 82.2)

Les juges privilégient les méchants dans les causes.

Rendez justice au faible et à l’orphelin, faites droit au malheureux et au pauvre, Sauvez le misérable et l’indigent, délivrez-les de la main des méchants. Ils n’ont ni savoir ni intelligence, ils marchent dans les ténèbres ; tous les fondements de la terre sont ébranlés. J’avais dit : Vous êtes des dieux, vous êtes tous des fils du Très-Haut. Cependant vous mourrez comme des hommes, vous tomberez comme un prince quelconque. Lève-toi, ô Dieu, juge la terre ! Car toutes les nations t’appartiennent. (Psaumes 82.3-8)

C’est entre les mains de juges pervertis que Jésus s’est placé. Dieu n’a pas envoyé son fils au temps de Salomon, alors que les jugements étaient plus équitables. Il l’a envoyé alors que l’endurcissement était à son comble. Le procès va nous montrer jusqu’où le cœur humain peut aller dans son opposition à Dieu et jusqu’où le Christ était prêt à aller pour sauver son peuple. Nous allons découvrir que, dans tout ce qui va se passer jusqu’à la condamnation de Jésus, rien n’aurait dû être fait. Le procès, loin d’inculper Jésus, va faire ressortir l’innocence de Jésus et la culpabilité de ceux qui l’ont condamné. Je vous ai donné l’image il y a peut-être deux ans d’un grand tribunal où Jésus est assis sur le banc des accusés, le juge est assis en avant et les accusateurs sont assis sur leurs bancs. Un jour, alors que les bancs ne bougeront pas, tout le reste du mobilier va bouger. De telle sorte que le pupitre du juge va se retrouver devant le banc de Jésus et les accusateurs et le juge vont se retrouver au banc des accusés. Les évènements qui débutent ne sont que la partie 1. En fait, ils s’apprêtent à accuser celui qui est devenu le juge de la cour suprême de l’univers. Nous avons déjà vu l’arrestation il y a deux semaines. Cette arrestation a eu lieu le jeudi soir assez tard, alors que le repas pascal était terminé et que Jésus eut enseigné ses disciples comme nous l’avons étudié dans les chapitres 13 à 17 (Jean 13-17).

Sanhédrin

Puis, ce sera le procès de la cour des Juifs, le Sanhédrin. Lorsque les Juifs furent assujettis aux Perses, ces derniers ont accordé aux Juifs le droit d’avoir leur propre tribunal. Le Sanhédrin pouvait prononcer des condamnations à mort. Quand l’empire est passé aux mains des Romains, ces derniers ont maintenu le droit du Sanhédrin d’appliquer la loi juive, mais lorsqu’il voulait appliquer la peine de mort, ça prenait le consentement des autorités romaines. Il semble que ce n’était pas toujours respecté. Lorsqu’ils ont mis à mort Étienne, le premier martyr de l’Église, seul le Sanhédrin s’est prononcé, mais pour Jésus, le Sanhédrin a présenté la cause aux autorités romaines, possiblement parce que trop de gens dans la population étaient sympathiques à Jésus. Donc, le Sanhédrin avait besoin des autorités romaines pour condamner à mort Jésus.

C’est là que les choses s’aggravent. Le Sanhédrin avait la loi de Dieu et devait l’appliquer avec équité, crainte et tremblement. Alors, voici la chronologie des évènements après l’arrestation de Jésus.

Anne

Il a eu un premier entretien :

Ils l’emmenèrent d’abord chez Anne ; car il était le beau-père de Caïphe, qui était souverain sacrificateur cette année-là. (Jean 18.13)

Le verset 24 confirme que si Jésus fut amené chez Anne, c’est pour subir un interrogatoire. C’est la phase 1 du procès que Jésus a dû subir devant les autorités juives.

Caïphe

Anne l’envoya lié à Caïphe, le souverain sacrificateur. (Jean 18.24)

L’interrogatoire devant Caïphe, la phase 2 du procès de Jésus devant les autorités juives, nous est rapporté par les trois autres évangiles, dont Matthieu 26.57-68.

Ceci dit, Caïque n’était pas seul :

Ceux qui avaient saisi Jésus l’emmenèrent chez le souverain sacrificateur Caïphe où les scribes et les anciens s’assemblèrent. (Matthieu 26.57)

Caïphe demande à Jésus :

Jésus garda le silence. Et le souverain sacrificateur [Caïphe] lui dit : Je t’adjure par le Dieu vivant, de nous dire si tu es le Christ, le Fils de Dieu. (Matthieu 26.63)

Il semble ici que les autorités juives n’avaient encore rien pour accuser Jésus. Ils ont besoin que Jésus dise quelque chose qui pourra le condamner. Regardez ce qui est décrit en Matthieu 26.59-60 :

Les principaux sacrificateurs et tout le sanhédrin cherchaient quelque faux témoignage contre Jésus, suffisant pour le faire mourir. Mais ils n’en trouvèrent point, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés. (Matthieu 26.59-60)

Marc 14.56 formule différemment :

[…] car plusieurs rendaient de faux témoignages contre lui, mais les témoignages ne concordaient pas. (Marc 14.56)

Les autorités juives ne cherchaient pas de vrais témoignages : que de faux témoignages. Ils ont trouvé des faux témoins, mais les faux témoins se discréditaient l’un l’autre. Nous devons savoir que le procès n’était vraiment pas gagné d’avance. Nous lisons en Jean 12.42 :

Cependant, même parmi les chefs, plusieurs crurent en lui ; mais, à cause des pharisiens, ils n’en faisaient pas l’aveu, dans la crainte d’être exclus de la synagogue. (Jean 12.42)

On se rappellera aussi la prise de position de Nicodème :

Y a-t-il quelqu’un des chefs ou des Pharisiens qui ait cru en lui ? Mais cette foule qui ne connaît pas la loi, ce sont des maudits ! Nicodème, qui était venu précédemment vers Jésus et qui était l’un d’entre eux, leur dit : Notre loi juge-t-elle un homme avant qu’on l’ait entendu et qu’on sache ce qu’il a fait ? (Jean 7.48-51)

Les Pharisiens qualifient de maudits ceux qui ne connaissent pas la loi. Nicodème, lui-même docteur de la loi et Pharisien, réplique que la loi demande d’avoir entendu un accusé avant de le condamner. Il est en train de dire à ceux qui qualifient de maudits ceux qui ne connaissent pas la loi qu’ils méprisent cette même loi. On voit que Nicodème a pris position devant les dirigeants juifs.

Nous ne savons pas si Nicodème était présent au procès, mais puisque plusieurs avaient cru en Jésus-Christ, il est très possible que les membres du Sanhédrin aient senti que ce n’était pas gagné d’avance. Ceux qui étaient les plus influents ont cherché des faux témoins. C’est aussi un grave mépris de la loi. En Exode 20.16, nous lisons le neuvième commandement :

Tu ne porteras pas de faux témoignage contre ton prochain. (Exode 20.16)

La réponse de Jésus est très forte :

Jésus lui répondit : Tu l’as dit. De plus je vous le déclare, vous verrez désormais le Fils de l’homme assis à la droite du Tout-Puissant et venant sur les nuées du ciel. (Matthieu 26.64)

En se présentant comme le Fils de l’homme, Jésus cite le livre de Daniel au chapitre 7 (Daniel 7) où le Fils de l’homme est présenté comme celui qui a la domination absolue et éternelle : c’est Dieu lui-même. En ajoutant ces éléments dans sa réponse, Jésus sait très bien qu’il alimente ses opposants.

C’est très fort pour deux raisons. La première, c’est qu’un condamné n’était jamais obligé de témoigner contre lui. Si Jésus avait voulu échapper à la condamnation, il n’aurait pas répondu. La deuxième raison, c’est que Jésus ne répond pas simplement à la question : il en ajoute. Il affirme sa divinité avec force et sans retenue. Nous avions vu que Jésus s’est avancé vers les gardes dans le jardin. Il ne s’est pas défilé. C’est justement pour être arrêté qu’il s’est présenté là. Il est entré lui-même dans la cage de son prédateur.

Lorsqu’il répond, il ne cherche pas du tout à sauver sa peau : il ne veut que sauver son peuple. Ces deux premiers interrogatoires ont certainement duré quelques heures puisque c’est immédiatement après que le coq chanta, rappelant la prophétie de Jésus que Pierre allait le renier trois fois.

Tout le Sanhédrin

La troisième phase se passe le matin du vendredi. C’est lorsque Jésus doit se défendre devant tout le Sanhédrin. Il s’agissait de la plus haute instance juridique en Israël. Les membres étaient des souverains sacrificateurs, donc ceux qui occupaient les plus hautes fonctions au temple de Jérusalem, avec des membres de leurs familles. De plus, il y avait des anciens, des scribes, des docteurs de la loi, des Pharisiens et des Sadducéens. Nous avions vu que l’arrestation de Jésus s’est déroulée le jeudi soir assez tard. Boice propose entre 11 heures et minuit. Jésus est arrêté, emmené captif. En pleine nuit, il comparaît devant Anne. Ensuite, c’est au tour de Caïphe de l’interroger. Puis, le matin, il est conduit devant tout le Sanhédrin. Tout s’est déroulé en quelques heures, à partir d’environ 11 heures — minuit, jusqu’au matin où Jésus comparaît devant le Sanhédrin. Ce qui s’est dit devant tout le Sanhédrin avait déjà été dit dans la nuit dans les interrogatoires précédents. Le Sanhédrin avait déjà son idée de faite, mais il restait une étape majeure à franchir.

Romains

En Jean 18.31, il nous est dit que les Juifs ne pouvaient condamner quelqu’un à mort. Ils devaient confirmer leur sentence auprès des autorités romaines. C’est pourquoi le Sanhédrin conduit Jésus devant Ponce Pilate. Pilate était le gouverneur de la Judée. Le gouverneur était placé par l’empereur romain. À l’époque, les Israélites, bien qu’ils vivaient dans le pays promis, ne le possédaient pas vraiment. Ils étaient dominés par les Romains. Ultimement, ce sont eux qui décidaient des droits et privilèges de la nation juive. Comme les autorités juives n’avaient pas le droit de condamner quelqu’un à mort sans l’autorisation des autorités romaines, Jésus a aussi dû comparaître devant le gouverneur Ponce Pilate, puis Hérode (Luc 23.7). Les autorités romaines n’ont pas fait preuve d’une meilleure intégrité. Nous retrouvons le procès devant Pilate :

Ils se levèrent tous ensemble, et conduisirent Jésus devant Pilate. (Luc 23.1)

Le pronom « ils » représente le collège des anciens, les principaux sacrificateurs et les scribes en plus du Sanhédrin.

Ils se mirent à l’accuser, en disant : Nous avons trouvé celui-ci qui incitait notre nation à la révolte, empêchait de payer l’impôt à César,… (Luc 23.2)

La première accusation est complètement fausse et mensongère. C’est un faux témoignage, une transgression manifeste du neuvième commandement. Jésus n’a jamais enseigné aux gens à ne pas payer d’impôt. Au contraire, nous lisons :

Alors les pharisiens allèrent se consulter sur les moyens de surprendre Jésus par ses propres paroles. Ils envoyèrent auprès de lui leurs disciples avec les hérodiens, qui dirent : Maître, nous savons que tu es vrai, et que tu enseignes la voie de Dieu selon la vérité, sans t’inquiéter de personne, car tu ne regardes pas à l’apparence des hommes. Dis-nous donc ce qu’il t’en semble : est-il permis, ou non, de payer le tribut à César ? Jésus, connaissant leur méchanceté, répondit : Pourquoi me tentez-vous, hypocrites ? Montrez-moi la monnaie avec laquelle on paie le tribut. Et ils lui présentèrent un denier. Il leur demanda : De qui sont cette effigie et cette inscription ? De César, lui répondirent-ils. Alors il leur dit : Rendez donc à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu. (Matthieu 22.15-21)

Ce sont les Pharisiens qui envoient de leurs disciples vers Jésus parce qu’ils cherchaient une manière de prendre Jésus en défaut. La question pour tenter de piéger Jésus concerne les impôts. La réponse finale de Jésus est que tous les habitants devaient rendre à César ce qui est à César. Les hommes envoyés par les Pharisiens sont retournés auprès d’eux pour leur transmettre la réponse que Jésus leur a donnée. Ils savaient très bien que Jésus n’a jamais enseigné à ne pas payer les impôts. La deuxième accusation se trouve à la fin du verset 2 de Luc 23 :

Ils se mirent à l’accuser, en disant : Nous avons trouvé celui-ci qui incitait notre nation à la révolte, empêchait de payer l’impôt à César, et se disait lui-même Christ, roi. (Luc 23.2)

Cette accusation est très grave. Ces dirigeants juifs connaissaient très bien les Écritures, mais dans le fond, ils les méprisaient totalement en plus de ne pas les comprendre, mais ils savaient que la domination romaine sur leur territoire n’était pas selon les promesses de l’alliance. Par exemple, le prophète Daniel qui annonce la domination du messie :

Le règne, la domination, et la grandeur de tous les royaumes qui sont sous les cieux, seront donnés au peuple des saints du Très-Haut. Son règne est un règne éternel, et tous les dominateurs le serviront et lui obéiront. (Daniel 7.27)

Que les Romains dominent sur la nation juive n’est pas normal. C’est un jugement de Dieu, mais Dieu a promis la délivrance à son peuple. Imaginez maintenant les dirigeants juifs utiliser l’argument qu’ils utilisent pour que les Romains condamnent Jésus. Ils disent que Jésus s’est dit lui-même Christ, roi. Le mot « Christ » signifie « celui qui a reçu l’onction ». L’onction, c’est le mandat messianique et ça inclut la royauté sur toute la terre, pas uniquement sur le pays d’Israël. Nous voyons cela dans Daniel 2 en entier, mais je vous lis le verset 44 :

Dans le temps de ces rois, (Daniel 2.44)

« Ces rois », ce sont les quatre empires : trois qui ont précédé la venue du Fils, c’est-à-dire l’empire perse, l’empire babylonien et l’empire grec; et le quatrième, c’est l’empire romain, celui qui était en force lorsque Jésus est venu au monde.

[…] le Dieu des cieux suscitera un royaume qui ne sera jamais détruit, et qui ne passera point sous la domination d’un autre peuple ; il brisera et anéantira tous ces royaumes-là, et lui-même subsistera éternellement. (Daniel 7.27)

La prophétie annonce clairement la fin de ces empires et que le dernier en liste est l’empire romain. Les dirigeants le savent bien. Ils auraient dû souhaiter l’envoi du messie, en sachant que le messie allait accéder à la royauté. C’est tout l’espoir d’Israël qui est résumé dans les titres « Christ » et « roi ». Nous allons relire les accusations.

Ils se mirent à l’accuser, en disant : Nous avons trouvé celui-ci qui incitait notre nation à la révolte, empêchait de payer l’impôt à César, et se disait lui-même Christ, roi. (Luc 23.2)

Ce que les dirigeants juifs veulent, c’est faire passer Jésus pour une menace pour l’empire romain. On se rappellera que lorsqu’Hérode a entendu que des mages étaient venus d’Orient et qu’ils voulaient se rendre auprès de l’enfant, en le désignant comme le roi des Juifs, Hérode fut troublé, avec raison.Si Jésus est roi, c’est qu’il a renversé ceux qui sont en place. C’est cette carte-là que les dirigeants juifs ont jouée.

Ils ont préféré maintenir la domination romaine, donc païenne que d’accueillir le messie promis. Le survol que nous venons de faire nous démontre quelques vérités. Les dirigeants juifs étaient très mal intentionnés. Ce n’est pas par ignorance qu’ils ont voulu éliminer Jésus, mais par endurcissement.

Tout le procès de Jésus n’est qu’une suite de manipulations, de fausses accusations. C’est tout sauf la justice. Nous découvrons également que tout Juif qui n’accueille pas le messie fait équipe avec les païens. Il est complice avec tous les opposants au règne du Christ. Que les opposants soient Juifs ou non-Juifs, ça demeure des opposants, mais ce qui m’impressionne le plus, c’est que les opposants s’opposent parce qu’ils ne veulent pas certaines choses. Leur opposition, contrairement à ce qu’ils veulent, va conduire aux choses qu’ils ne veulent pas. Ils ont rejeté Jésus parce qu’ils ne voulaient pas l’avoir comme roi. Or, en le tuant à la croix, le Christ est ressuscité et est devenu roi.

Ayez en vous la pensée qui était en Christ-Jésus, lui dont la condition était celle de Dieu, il n’a pas estimé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais il s’est dépouillé lui-même, en prenant la condition d’esclave, en devenant semblable aux hommes ; après s’être trouvé dans la situation d’un homme, il s’est humilié lui-même en devenant obéissant jusqu’à la mort, la mort sur la croix. C’est pourquoi aussi Dieu l’a souverainement élevé et lui a donné le nom qui est au-dessus de tout nom, afin qu’au nom de Jésus tout genou fléchisse dans les cieux, sur la terre et sous la terre, et que toute langue confesse que Jésus-Christ est Seigneur, à la gloire de Dieu le Père. (Philippiens 2.5-11)

Lorsque les dirigeants juifs ont crucifié Jésus, ils ont cru en être débarrassés pour toujours, mais non. Un jour, ils vont lui faire face et ils vont subir le jugement du Christ. Parce qu’en tant que roi, tout pouvoir lui a été remis. C’est lui qui reviendra juger les vivants et les morts. Chers frères et sœurs, il y a un danger de se dire que ça ne nous concerne pas parce que nous sommes sauvés. En fait, nous devons toujours nous examiner pour voir si, réellement, nous sommes dans la foi. Il se peut que nous ayons une certaine opposition à Dieu. Il se peut que nous nous opposions à sa loi. Dans ce cas, ça se manifeste par la pensée que nous pouvons faire ce que nous voulons. Il se peut que nous nous opposions à l’institution de l’Église locale telle que Dieu l’a voulue. Dans ce cas, ça se manifeste par une insoumission à l’autorité ecclésiastique, par une contestation chronique ou encore, ça se manifeste en ne reconnaissant pas le rôle de l’Église sur nos vies. Peut-être que nous ne voulons pas supprimer le Seigneur dans nos vies, mais que nous voulons supprimer sa loi, son Église. Pour d’autres, ça peut être certains frères et sœurs avec lesquels nous avons un conflit. Accueillir le Christ, c’est aussi accueillir tout ce qu’il a institué : sa Parole, son Église avec sa structure, etc. Si jamais il y a quelqu’un ici qui n’est pas chrétien, peut-être que vous vous dites que vous n’avez pas participé au procès de Jésus, mais en réalité, vous voulez le supprimer de votre vie. Il est encore temps pour vous de vous repentir et de vous tourner vers le Christ pour être sauvés. Réfléchissons à l’importance d’accueillir le Christ, de le recevoir, de reconnaître sa royauté, sa seigneurie. Pour ceux qui ne sont pas chrétiens, mais aussi pour nous, chrétiens, nous devons revenir sur ces choses.

Prions.

Daniel Durand, pasteur
21 juillet 2019

Prédicateur invité

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