Qu’est-ce que la vérité? Jean 18.37-38

« La vérité n’est pas une notion : elle est quelqu’un. Jésus est la vérité. L’Esprit, c’est l’Esprit de vérité. Tous les non croyants sont sur une mauvaise piste lorsqu’ils cherchent la vérité, parce qu’ils ne reconnaissent pas que c’est Dieu qui est vérité. »

Bonjour à vous tous. Merci de prendre le temps pour écouter ce message. Dans le cadre de son procès devant Pilate, celui-ci pose une excellente question à Jésus que nous allons lire au chapitre 18 de l’évangile de Jean, les versets 37 et 38.

Texte biblique

Pilate dit à Jésus : Tu es donc roi ? Jésus répondit : Tu le dis : je suis roi. Voici pourquoi je suis né et voici pourquoi je suis venu dans le monde : pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. Pilate lui dit : Qu’est-ce que la vérité ? Après avoir dit cela, il sortit de nouveau pour aller vers les Juifs et leur dit : Moi, je ne trouve aucun motif de condamnation en lui. (Jean 18.37-38)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

Exposé

La question de la vérité en est une essentielle. J’avance souvent que tous les humains de tous les temps se sont posé des questions existentielles, comme :

  • D’où venons-nous?
  • Où allons-nous?
  • Pourquoi existons-nous?
  • Qu’est-ce que la vérité?

La question de Pilate appelle une définition. La notion de vérité doit d’abord être définie.

Post vérité

Nous constatons que les gens se font une définition personnelle, individuelle de la vérité. Il n’est pas rare d’entendre quelqu’un dire : « C’est ma vérité. »

Un article sur le sujet dans le journal La Presse du 16 novembre 2016 traduisait ainsi la définition de la post vérité qui a fait son introduction dans le très sérieux dictionnaire britannique Oxford :

« Post-vérité » est un adjectif qui fait référence à des circonstances dans lesquelles les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion publique que les appels à l’émotion et aux opinions personnelles.

Autrement dit, ce n’est pas le fait qui compte, mais ce qui fait appel à la subjectivité. Ce n’est plus l’objectivité du fait, mais mon ressenti qui compte. Pour faire une comparaison, ce n’est plus la température réelle qui m’intéresse, mais le facteur éolien. Il fait 5 degrés à l’extérieur, mais en raison du facteur éolien, c’est -2 degrés. En réalité, il ne fait pas du tout -2 : je ressens -2, mais uniquement si je suis exposé au vent. Si je mets un bol d’eau alors qu’il fait 5 degrés, peu importe le vent, l’eau ne gèlera jamais.

Frères et sœurs, nous devons réaliser que la vérité ne se définit pas en fonction de nos impressions ni de notre ressenti.

Le royaume

La discussion entre Pilate et Jésus, des versets 36 à 38, porte sur la question du royaume de Dieu et Jésus fait un lien entre le royaume et sa mission. Au verset 37, Pilate relance Jésus ainsi :

[…] Tu es donc roi ? […] (Jean 18.37)

Et Jésus répond :

[…] Tu le dis : je suis roi. Voici pourquoi je suis né et voici pourquoi je suis venu dans le monde : pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. (Jean 18.37)

Pilate

C’est difficile de savoir ce qui se passait dans la tête de Pilate. Est-ce que ses questions étaient cyniques? Est-ce que Pilate questionnait simplement pour la forme, afin de pouvoir dire qu’il a questionné l’accusé? Est-ce que les questions de Pilate révèlent une curiosité intellectuelle ou encore est-ce que Pilate n’avait pas une crainte cachée en lui? Parce que si Jésus est roi, alors qu’arrivera-t-il du poste de gouverneur de Pilate? Nous ne savons pas vraiment. Ce qui est certain, c’est que Pilate n’avait aucune sympathie pour Jésus, ce que la suite démontrera. Au temps de Jésus, la langue et la culture de tout l’empire étaient grecques, même si c’était sous l’empire romain.

La raison est que, lorsque les Romains ont pris le dessus sur l’empire grec et ont conquis tout le territoire, les Romains ont tellement apprécié la culture grecque qu’ils l’ont conservée très longtemps. C’est ce qui explique que le Nouveau Testament a été rédigé en grec à l’origine. Un des points très fort de la culture grecque était la philosophie, les plus connus étant : Aristote, Épicure, Platon, Pythagore, Socrate. Ce sont quand même de très grands noms. Ils sont encore très étudiés dans nos cégeps, c’est-à-dire nos collèges, ainsi que dans nos universités. En philosophie, une question plutôt centrale est de définir la vérité. Je ne suis pas philosophe, mais je sais que c’est plutôt central en philosophie, mais jamais les philosophes n’ont pu répondre adéquatement à cette question : seul le christianisme le fait. Une des raisons est que l’homme a une connaissance limitée. Il apprécie des choses, des notions, des aspects en particulier. Remarquez que le mot « particulier » est de même famille que « particule ».

L’homme, même s’il se met en équipe avec d’autres, est incapable d’apprécier toutes les choses en même temps. Nous sommes des créatures finies, limitées dans tous les aspects de notre être. En tant que créature, l’homme n’a pas une connaissance exhaustive de tout ce qui existe. Alors, dans ces conditions, il est impossible pour l’homme de définir la vérité. Le non croyant improvise avec orgueil lorsqu’il tente de définir la vérité. Prenons comme exemple la pomme. Le non croyant sait que manger une pomme est bon pour la santé : c’est une vérité. Le non croyant sait que la pomme vient du pommier : c’est une autre vérité. Le non croyant sait que le pommier pousse dans la terre et qu’il a aussi besoin d’eau et du soleil : c’est une autre vérité. Le non croyant ne sait pas d’où vient le pommier; pour nous, chrétiens, nous savons que c’est Dieu qui a tout créé. Le non croyant ne sait pas pourquoi Dieu a donné le pommier; pour nous, chrétiens, nous savons que Dieu l’a donné comme nourriture. Le non croyant ne sait pas pourquoi Dieu nous a créés avec le besoin de manger; pour nous, chrétiens, nous savons que Dieu nous a créés avec des besoins afin que nous apprenions à dépandre de Dieu. Le non croyant possède des bribes de vérités et il n’est pas capable de rassembler tous les liens de cause à effet. Ajoutons à cela que le non croyant n’a aucun repère moral.

Qu’est-ce qui lui dit qu’il a le droit moral d’arracher une pomme d’un arbre pour la manger, mais qu’il n’a pas le droit d’arracher l’oreille de son voisin pour la manger? Pour nous, chrétiens, c’est la révélation de Dieu qui nous le dit. J’ai pris un exemple très banal, mais ça s’applique pour tous les gestes de la vie, tout ce que l’homme touche. Nous voyons bien que le non croyant est incapable de répondre à la question « Qu’est-ce que la vérité? ». Même les plus grands philosophes, tant qu’ils rejetteront Dieu, demeureront dans les ténèbres.

Le non croyant n’a aucun idée de ce dans quoi il entre lorsqu’il veut définir la vérité. Il s’en remet à ses sens, à ses observations et à ses conclusions. Pour Dieu, c’est insignifiant. D’après ce que j’ai lu, et encore une fois, je suis loin d’être un spécialiste, Platon et d’autres philosophes reconnaissaient que leur recherche était limitée et que la réponse se trouvait dans quelque chose qui les dépasse complètement, mais jamais ils n’ont trouvé la source, le repère, la référence pour avoir les réponses. Au plus, ils ont reconnu leur ignorance, mais sans jamais pouvoir recevoir l’instruction. Devant ce mur, cette impasse, des philosophes sont tombés dans des gouffres caractérisés par le cynisme : les stoïciens mettaient l’emphase sur le bien-être et le bonheur; les épicuriens avaient comme premier intérêt le plaisir.

Situation présente

De nos jours, la situation n’a pas vraiment changé : les non croyants définissent la vérité de façon subjective. Chacun trouve sa vérité selon ses critères, ses goûts, etc. On appelle cela « la vérité relative ». Un philosophe allemand du 19e siècle, Hegel, affirmait que la vérité n’est pas absolue. C’est plutôt quelque chose qui évolue constamment en fonction des circonstances. Cette pensée est très populaire de nos jours. Cette pensée est auto-destructive, c’est-à-dire qu’elle se détruit par elle-même.

Ceux qui disent que la vérité n’est pas absolue, qu’elle est plutôt relative, se contredisent, parce qu’ils présentent le caractère relatif de la vérité comme une vérité absolue. Autrement dit, ils disent que la vérité varie, mais dans le fond, ils croient que ça ne variera jamais : la vérité va invariablement varier. La vérité va toujours changer, et ça, ça ne changera jamais : c’est une contradiction en soi. Nous voyons bien la contradiction dans cette philosophie. Le fait que les circonstances changent ne rend pas la vérité relative et changeante.

Jésus

Du côté de Jésus, il fait un lien entre l’établissement de son royaume, qui n’est pas de ce monde, c’est-à-dire qui n’a pas comme origine une organisation humaine, donc un lien entre l’établissement de son royaume et sa mission terrestre :

Pilate lui dit : Tu es donc roi ? Jésus répondit : Tu le dis : je suis roi. Voici pourquoi je suis né et voici pourquoi je suis venu dans le monde : pour rendre témoignage à la vérité. Quiconque est de la vérité écoute ma voix. (Jean 18.37)

Jésus fait un lien de cause à effet entre sa royauté, et donc le royaume qu’il établit, et la vérité.

Je relis une partie du verset :

[…] Tu le dis : je suis roi. Voici pourquoi je suis né et voici pourquoi je suis venu dans le monde : pour rendre témoignage à la vérité. […] (Jean 18.37)

L’évangile de Jean rapporte des affirmations de Jésus très importantes concernant la vérité :

Jésus lui dit : Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. (Jean 14.6)

Jésus ne se présente pas comme une vérité parmi d’autre : il ne se présente pas comme un élément, un aspect de la vérité. Il se présente comme la vérité et non comme une vérité. En Jean 14.17, il parle du Saint-Esprit :

[…] l’Esprit de vérité, que le monde ne peut pas recevoir, parce qu’il ne le voit pas et ne le connaît pas ; mais vous, vous le connaissez, parce qu’il demeure près de vous et qu’il sera en vous. (Jean 14.17)

L’Esprit de Dieu présente la vérité. C’est lui qui a inspiré tous les auteurs de la Bible, des livres de la Genèse à l’Apocalypse. L’Esprit de vérité a conduit dans toute la vérité les apôtres, qui, à leur tour, nous ont transmis cette vérité par leurs écrits que nous avons, c’est-à-dire le Nouveau Testament. Remarquez que lorsque Jésus dit à ses apôtres que l’Esprit les conduira dans toute la vérité, ça ne signifie pas que les apôtres ont reçu l’ensemble de la vérité de manière exhaustive, qu’ils ont su par exemple comment l’âme s’unit au corps lorsqu’un être humain est conçu. Toute la vérité doit être comprise comme toute la vérité que l’Esprit a voulu révéler à son Église par l’intermédiaire des apôtres.

Comme Église, nous devons persévérer dans l’enseignement des apôtres, eux qui ont été conduits dans toute la vérité. La Parole de Dieu est donc la vérité que Dieu a pour nous. C’est pourquoi Jésus a dit au verset 17 de Jean 17, alors qu’il priait son Père pour ceux qui allaient être sauvés :

Sanctifie-les par la vérité : ta parole est la vérité. (Jean 17.17)

Jésus ne dit pas que la parole est une partie de la vérité, mais la vérité.

Frères et sœurs, les non croyants ne peuvent connaître la vérité, parce que la vérité ne consiste pas en un ensemble de connaissance sur des faits. La vérité n’est pas une notion : elle est quelqu’un. Jésus est la vérité. L’Esprit, c’est l’Esprit de vérité. Tous les non croyants sont sur une mauvaise piste lorsqu’ils cherchent la vérité, parce qu’ils ne reconnaissent pas que c’est Dieu qui est vérité. Deuxièmement, les non croyants qui cherchent la vérité dans les choses changeantes sont encore sur une mauvaise piste. Puisque Dieu ne change pas et que Dieu est la vérité, la vérité ne change pas. Elle demeure, elle est objective, elle ne varie pas en fonction des individus. Frères et sœurs, notre monde actuel est ébranlé et les non croyants n’ont aucun repère pour comprendre ce qui se passe, mais pour nous qui croyons, nous ne sommes pas dans les ténèbres pour que ces choses nous surprennent : nous sommes dans la vérité. Nous savons que ce qui se passe n’échappe pas à Dieu. Ce n’est pas parce que Dieu s’est laissé distraire et qu’il est lui-même surpris. Ce n’est pas que Dieu est impuissant face à la maladie. Ce n’est pas que Dieu est cruel. Nous, croyants, pouvons comprendre que tout ce qui se passe s’inscrit dans le plan parfait de Dieu. Nous n’avons pas toute la connaissance de ce plan. Si nous ne connaissons pas exhaustivement, nous connaissons suffisamment. Nous pouvons traverser la tempête dans la confiance, même si nous avons parfois le mal de mer. Nous savons que le Seigneur garde ses enfants précieusement et que tout ce qu’il décide pour nous concourt à notre bien, même la souffrance, même les épreuves. Nous sommes donc appelés à lever les yeux au-dessus de nos craintes, au-dessus de nos appréhensions, au-dessus de nos épreuves et regarder au Seigneur. Ainsi, nous pourrons amener devant le trône de grâce nos craintes, nos appréhensions, nos souffrances et trouver le réconfort et le secours dont nos âmes ont besoin.

Prière

Prions. Prions pour nos autorités gouvernementales (1 Timothée 2.1-2), que le Seigneur leur accorde la sagesse et le sens du bien commun dans leurs décisions. Prions pour nos frères et sœurs qui ont perdu leur emploi et qui se retrouvent dans une situation financière précaire. Prions pour la protection contre le coronavirus et la sagesse de nous imposer les consignes dictées par nos gouvernements. Prions pour nos frères et sœurs les plus fragiles, que le Seigneur les garde dans sa main paternelle. Prions en particulier pour nos frères et sœurs les plus âgés, que le Seigneur les protège et les rassure. Prions pour la sagesse chez les anciens et les diacres, qui doivent répondre à plusieurs besoins dans ces circonstances très particulières. Prions pour l’évangélisation, particulièrement dans cette situation propice.

Prions pour les besoins de l’Église, que le Seigneur nous donne d’être généreux et qu’il pourvoie financièrement à nos besoins. Prions pour notre santé morale, émotive et spirituelle, sachant que les mesures de confinement et l’insécurité sanitaire et économique peut jouer sur notre état d’âme. Prions pour les célibataires de notre Église, sachant que le confinement joint à la solitude est difficile à vivre.

Prédicateur invité

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