Introduction à la série sur la Croix

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« Bien évidemment, nous luttons encore et encore avec notre nature pécheresse, mais les effets de la croix sont tels que ces choses s’installent dans nos vies par les moyens de grâce. Nous découvrons que l’œuvre de Jésus à la croix nous guérit du passé, nous relève de nos chutes et restaure ce que le péché a détruit. »

 

Introduction

Ce soir, nous débutons une série sur la croix.

Dans l’Antiquité

La croix a pour les chrétiens un sens religieux, mais à l’époque de Jésus, la croix n’avait pas ce sens. La crucifixion était pratiquée par divers peuples. Même bien avant, la suspension de personnes sur une croix ou un poteau était déjà pratiquée. Genèse 40 rapporte le récit de deux détenus en prison avec Joseph. Ces deux détenus étaient auparavant serviteurs à la cour du roi. Joseph fait un rêve : un des détenus sera rétabli dans ses fonctions, mais l’autre sera pendu à un bois. Les pendaisons n’étaient pas celles qui consistent à placer une corde autour du cou. La pendaison consistait à pendre ou à suspendre quelqu’un sur un bois jusqu’à ce que la personne décède. La personne pouvait être clouée sur le poteau ou sur la croix, comme Jésus l’a été, mais chez d’autres nations, la personne pouvait être fixée par des cordes sur le poteau. Lorsque nous avons étudié le livre d’Esther, nous avions vu que Haman, le premier ministre du roi de Perse, fut pendu sur une potence. Chez les Juifs, ce genre de mise à mort était la plus dégoûtante à cause de ce qui est dit dans le livre du Deutéronome.

Si l’on fait mourir un homme coupable d’un péché passible de mort et que tu l’aies pendu à un bois, son cadavre ne passera pas la nuit sur le bois; mais tu l’enseveliras le jour même, car celui qui est pendu est un objet de malédiction auprès de Dieu et tu ne souilleras pas le territoire que l’Éternel, ton Dieu, te donne pour héritage. (Deutéronome 21.22-23)

Paul reprend ce texte :

Christ nous a rachetés de la malédiction de la loi, étant devenu malédiction pour nous, car il est écrit : Maudit soit quiconque est pendu au bois. (Galates 3.13)

C’est ce qui explique la difficulté pour les Juifs de croire au Christ. Pour eux, la croix était la malédiction suprême et on leur demande de croire en un crucifié. Ils n’ont pas compris que la malédiction que le Christ a prise sur la croix est notre malédiction.

Pour les chrétiens

Pour nous, chrétiens, la croix représente quelque chose de positif. Ceci dit, il est possible que nous ne soyons pas reconnaissants de l’ampleur de la croix à sa juste valeur. Je vous cite le théologien Paul Wells :

« Les chrétiens, toutes tendances confondues, mesurent-ils vraiment la nature de ce qui s’est passé le Vendredi saint ou apprécient-ils bien le véritable enjeu de la mort de Jésus-Christ? Le sentimentalisme, si courant de nos jours, risque de court-circuiter la parole biblique. »

Peut-être avons-nous l’impression que le message de la croix n’est pertinent que pour les non croyants, que nous, chrétiens, avons déjà reçu la vie éternelle et que ce message n’est plus pertinent pour nous. Peut-être voyons-nous le message de la croix comme le formulaire pour obtenir un passeport et que, lorsque nous avons reçu le passeport, le formulaire n’est plus nécessaire. La réalité, c’est que le message de la croix demeure pertinent et va le demeurer pour toute l’éternité. Pour l’éternité, nous allons adorer l’Agneau immolé, c’est-à-dire que nous allons adorer le Fils de Dieu en particulier pour ce qu’il a fait à la croix. Nous allons reconnaître que tout ce que nous posséderons et tout ce que nous serons découle de la croix. Sans la croix du Calvaire, il n’y a rien de tout cela. La Bible nous dit que la croix est la base de la foi. La croix est le but premier de Dieu lorsqu’il a envoyé son Fils. Le premier but n’était pas de fournir un exemple de consécration à l’homme, mais de s’offrir pour le péché de son peuple. La croix a une puissance. Elle agit. Elle a ses effets. La croix apporte le pardon des péchés; et la guérison, à celui qui croit. La croix a ses effets verticaux, c’est-à-dire entre Dieu et l’homme. La croix réconcilie l’homme pécheur repentant au Dieu qui a été offensé. La raison est que Dieu a totalement agréé le sacrifice de son Fils à la croix. Cette réconciliation a aussi ses effets horizontaux, c’est-à-dire entre les hommes. Ces effets horizontaux découlent des effets verticaux. Autrement dit, c’est parce que nous avons la paix avec Dieu, parce que nous avons été réconciliés avec Dieu, que nous pouvons vivre cette paix entre nous. Le message de la croix est un message de réconciliation avec Dieu et entre les hommes qui sont réconciliés avec Dieu. Ma pensée est que la presque totalité des dysfonctions que nous vivons viennent d’une méconnaissance ou d’une mécompréhension de ce qui s’est passé à la croix.

Du coup, la solution est de revenir à la croix, non pas aux deux planches de bois, mais à ce qui s’est passé en ce fameux vendredi saint. Combien de couples ont témoigné que plus rien n’allait? C’était la faillite. La rupture était inévitable. Puis, ils entendent le message de l’évangile, qui a pour centre la croix et, non seulement tout rentre dans l’ordre, mais encore mieux : tout renaît d’une manière qu’ils n’avaient jamais connue auparavant. Frères et sœurs, c’est ce qu’on appelle la rédemption. C’est au point où deux des quatre évangiles débutent par un écho du récit de la création.

Commencement de l’Évangile de Jésus–Christ, Fils de Dieu. (Marc 1.1)

Au commencement était la Parole, et la Parole était avec Dieu, et la Parole était Dieu. (Jean 1.1)

La Parole a été faite chair, et elle a habité parmi nous, pleine de grâce et de vérité; et nous avons contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père. (Jean 1.14)

L’évangile est un commencement, je dirais un re-début, un recommencement.

Car Dieu qui a dit : La lumière brillera du sein des ténèbres! a brillé dans nos cœurs pour faire resplendir la connaissance de la gloire de Dieu sur la face de Christ. (2 Corinthiens 4.6)

La bonne nouvelle, qui a la croix pour centre, pour pilier, nous dit ceci : nous avons en Jésus-Christ un nouveau départ. Nous ne sommes pas captifs de notre passé. Notre présent et notre futur ne sont plus déterminés par notre passé. Par la croix, des personnes dont la vie était totalement brisée ont été restaurées, rebâties en Jésus-Christ. C’est le passage de l’exil à la Terre Promise, de la mort à la vie, du désespoir à l’assurance de la vie éternelle. Les effets de la croix sont décrits en des mots qui débutent par « RE » :

  • Renaissance;
  • Rédemption;
  • Réconciliation;
  • Régénération;
  • Réparation;
  • Renouveau;
  • Re-création;
  • Restauration.

C’est au point où nous pouvons dire que tout renouveau débute à la croix, parce que tout ce qui nous détruit ne peut prendre fin qu’à la croix. Quand Jésus est mort sur la croix, ce n’est pas seulement son corps qui est mort. Nous allons lire un texte que vous connaissez bien.

Qui a cru à ce qui nous était annoncé? À qui le bras de l’Éternel s’est–il révélé? Il s’est élevé devant lui comme un rejeton, comme une racine qui sort d’une terre assoiffée; il n’avait ni apparence, ni éclat pour que nous le regardions, et son aspect n’avait rien pour nous attirer. (Ésaïe 53.1-2)

Ce verset ne traite pas nécessairement de la laideur. Il est possible que la description nous indique plutôt que Jésus était un homme simple. Le roi des Juifs était vêtu comme les hommes ordinaires. Il n’avait rien pour attirer les regards.

Méprisé et abandonné des hommes, homme de douleur et habitué à la souffrance, semblable à celui devant qui l’on se voile la face, il était méprisé, nous ne l’avons pas considéré. (Ésaïe 53.3)

Là débute la nomenclature de ce que Jésus a pris sur la croix. Rappelons-nous que ce que Jésus a pris sur la croix, c’est pour y mettre fin.

Certes, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé; et nous, nous l’avons considéré comme atteint d’une plaie; comme frappé par Dieu et humilié. Mais il était transpercé à cause de nos crimes, écrasé à cause de nos fautes; le châtiment qui nous donne la paix est (tombé) sur lui, et c’est pas ses meurtrissures que nous sommes guéris. Nous étions tous errants comme des brebis, chacun suivait sa propre voie; et l’Éternel a fait retomber sur lui la faute de nous tous. Il a été maltraité, il s’est humilié et n’a pas ouvert la bouche, semblable à l’agneau qu’on mène à la boucherie, à une brebis muette devant ceux qui la tondent; il n’a pas ouvert la bouche. Il a été emporté par la violence et le jugement; dans sa génération qui s’est soucié de ce qu’il était retranché de la terre des vivants, à cause des crimes de mon peuple, de la plaie qui les avait atteints? On a mis sa tombe parmi les méchants. Son sépulcre avec le riche, quoiqu’il n’ait pas commis de violence et qu’il n’y ait pas eu de fraude dans sa bouche. Il a plu l’Éternel de le briser par la souffrance; après s’être livré en sacrifice de culpabilité, il verra une descendance et prolongera ses jours, et la volonté de l’Éternel s’effectuera par lui. Après les tourments de son âme, il rassasiera ses regards; par la connaissance qu’ils auront de lui, mon serviteur juste justifiera beaucoup (d’hommes) et se chargera de leurs fautes. C’est pourquoi je lui donnerai beaucoup (d’hommes) en partage; il partagera le butin avec les puissants, parce qu’il s’est livré lui–même à la mort, et qu’il a été compté parmi les coupables, parce qu’il a porté le péché de beaucoup et qu’il a intercédé pour les coupables. (Ésaïe 53.4-12)

Frères et sœurs, les effets de la croix dans la vie du chrétien sont tels que :

  • la douleur et la souffrance font place au bien-être;
  • le jugement de Dieu fait place à l’accueil de Dieu;
  • nos crimes font place à la vertu;
  • la malédiction fait place à la bénédiction;
  • notre culpabilité fait place à la justification;
  • nos tourments font place à la paix de l’âme;
  • la mort fait place à la vie;
  • le désespoir fait place à l’espérance;
  • l’incertitude fait place à l’assurance;
  • la peur fait place à la sérénité.

Bien évidemment, nous luttons encore et encore avec notre nature pécheresse, mais les effets de la croix sont tels que ces choses s’installent dans nos vies par les moyens de grâce. Nous découvrons que l’œuvre de Jésus à la croix nous guérit du passé, nous relève de nos chutes et restaure ce que le péché a détruit.

Daniel Durand, pasteur
18 janvier 2017

Prédicateur invité

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