Imiter Dieu, agir comme le Christ, Éphésiens 5.1-2

« Dans cette prédication, je vous ai dit qu’il me semble qu’à la lumière de ces versets de l’épître aux Éphésiens, si je persiste dans mon péché, si je maintiens une attitude contraire à Dieu, si je me complais dans la haine, l’amertume, le rejet, la calomnie, la médisance et tous les autres péchés envers mes frères et mes sœurs, il me semble que je dois envisager la possibilité que je méprise sérieusement trois doctrines majeures : qui est Dieu; ce qu’il a fait pour moi; et son plan de sanctification pour ma vie et celle de mon frère, de ma sœur. Frères et sœurs, quand nous vivons une difficulté avec quelqu’un, levons les yeux vers notre Père céleste, considérons sa personne, ce qu’il a fait pour nous et ce qu’il continue de faire dans ma vie, dans la vie de l’autre. »

 

Introduction

Nous poursuivons ce matin dans l’épître de Paul aux Éphésiens et nous lirons les deux premiers versets du chapitre 5.

Texte biblique

Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés; et marchez dans l’amour, de même que le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu pour nous en offrande et en sacrifice comme un parfum de bonne odeur. (Éphésiens 5.1-2)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

Exposé

Exhortation unique

Le verset 1 (Éphésiens 5.1) est unique. Dans toute la Bible, c’est le seul endroit où il est dit d’imiter Dieu. Il y a bien des textes où il est dit d’être saints comme Dieu est saint, mais ce n’est pas aussi fort que d’imiter Dieu. Être saint consiste à se consacrer à Dieu, mais l’imiter, c’est autre chose. Il y a un danger comme chrétiens de se comparer aux autres. Les autres s’absentent parfois du culte pour des loisirs : je peux aussi m’absenter du culte pour des loisirs. Je vois au budget que la moyenne des offrandes est de tant, alors j’y vais avec la moyenne. Je constate que plusieurs ne viennent pas aux réunions de prière, alors, moi aussi, j’ai le loisir de ne pas y participer. C’est ainsi que nous courons le danger de modeler nos vies à partir de ce que les autres font. Le verset 1 (Éphésiens 5.1) nous présente le plus haut standard du chrétien : Dieu lui-même. Le théologien William Barclay décrit ce verset comme le plus haut standard dans le monde. Alexander Maclaren le désigne comme la somme de tous les devoirs. Pour Martyn Lloyd-Jones, c’est l’argument suprême de Paul… le plus haut niveau de toute la doctrine et toute la pratique… l’idéal ultime (cités par James Montgomery Boice.)

Donc

Lorsque nous lisons la Bible, nous courons le danger de passer à côté de certains mots qui nous semblent pratiquement superflus. Or, très souvent, ces mots assurent l’ossature du texte. Au verset 1 (Éphésiens 5.1), il y a le mot « donc ».

Soyez donc les imitateurs de Dieu […] (Éphésiens 5.1)

Le mot traduit par « donc » est synonyme de « c’est pourquoi ». Ce mot nous dit de ne pas tenter de comprendre ce qui est dit sans considérer ce qui est dit dans ce qui précède. Ce mot crée un lien de dépendance dans le raisonnement de Paul. Ça peut paraître particulier de lire que nous devons imiter Dieu, en raison des attributs de Dieu qui lui sont propres. Nous avons tous été créés à l’image de Dieu, selon sa ressemblance. La chute a complètement souillé notre capacité à refléter Dieu. L’homme est encore à l’image de Dieu, mais complètement souillé, comme si je prends la photo de quelqu’un et que je la traîne dans la boue. Ce sera encore une image de la personne, mais complètement souillée. L’homme pécheur est encore à l’image de Dieu, mais souillé.

Attributs incommunicables

Une difficulté dans notre compréhension pour imiter Dieu, c’est que Dieu possède des attributs qu’on dit « incommunicables » : ce sont des attributs que Dieu ne peut communiquer.

Auto-existence

Par exemple, en théologie, on parle de l’aséité de Dieu : c’est le fait que Dieu existe par lui-même et qu’il se suffit à lui-même. Dieu ne tire pas son existence de personne d’autre et il ne dépend de personne d’autre. Comme créatures, nous tirons notre existence de Dieu et nous dépendons de Dieu. Cet attribut de Dieu ne peut jamais être communiqué. C’est comme si Dieu prenait une créature pour en faire un être non créé : c’est impossible. Ça équivaudrait à prendre une créature et à la recréer être incréé. Cette doctrine fait de Dieu un être unique : il n’a aucune origine, il n’est pas redevable à personne. Ça fait de Dieu un être distinct de tout le reste. Les humains, au contraire, sont des êtres qui tirent leur origine de Dieu : ils dépendent totalement de Dieu. Ils ont à répondre aux autorités placées par Dieu et ils devront répondre devant Dieu de toutes leurs actions. Dieu est aussi autosuffisant. On utilise le mot entre humains, mais à une autre échelle. On va dire qu’un pays est autosuffisant sur le plan énergétique : le pays a suffisamment de ressources énergétiques pour répondre à tous ses besoins. Toutefois, ce n’est pas vraiment de l’autosuffisance, parce que le pays dépend des propres ressources énergétiques et ce n’est pas le pays qui les a placées sur son territoire. Le pays dépend de Dieu qui place des ressources de toutes sortes (énergétiques, alimentaires, etc.) sur son territoire. Le pays a des ressources pour répondre à ses besoins, mais il a des besoins. Dieu est autosuffisant : il n’a besoin de rien. Frères et sœurs, Dieu n’a même pas besoin de nous. Il a décidé de nous rendre participants, mais ce n’est pas parce qu’il en a besoin : c’est parce qu’il veut que nous participions à ses œuvres. Comme humains, nous dépendons totalement de Dieu. Notre Église tire son existence de Dieu. C’est le Seigneur qui a placé des personnes à Drummondville. Le pasteur qui a fondé l’Église est M. Carson, le père du grand théologien Don A. Carson. C’est le 29 septembre 1965 que l’Église baptiste de la foi de Drummondville a été incorporée auprès des instances gouvernementales. Dieu a sauvé des personnes à Drummondville. Dieu est celui qui bâtit son Église et ça inclut les Églises locales qui lui appartiennent. Je dis cela, parce qu’il arrive que des groupes affichent le mot « Église » sur leur bâtiment, mais ça ne signifie par que ce sont des Églises devant Dieu. Pour nous, puisque nous demeurons la colonne et l’appui de la vérité, bien que nous le fassions imparfaitement, nous le faisons. Sans prétention, nous pouvons affirmer que nous sommes une vraie Église. C’est Dieu qui est à l’origine de notre Église. Notre Église tire son existence de Dieu. Notre Église dépend de Dieu. Présentement, il y a des personnes au gouvernement fédéral qui veulent examiner les avantages fiscaux de tous les organismes de bienfaisance. Il est possible que nous perdions certains avantages fiscaux. Ceci dit, nous ne dépendons pas du gouvernement : nous dépendons de Dieu.

Éternité

Un autre attribut non communicable de Dieu est son éternité : lui seul n’a jamais eu de commencement. Nous avons eu un commencement : nous avons été créés. Il fut un temps où nous n’existions pas, mais Dieu est éternel. Il est hors du temps. Il est intemporel. Dieu demeure éternel pour l’éternité. Certains diront peut-être que nous sommes devenus éternels, puisque nous avons la vie éternelle. Je répondrai deux choses sur ce point.

Paul parle de Dieu comme :

[…] seul Souverain, le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs, qui seul possède l’immortalité, […] (1 Timothée 6.15-16)

Notre immortalité n’est pas de nature. Pour l’éternité, Dieu nous communique sa vie. Il nous maintient pour l’éternité. Seul Dieu possède l’immortalité en lui-même. Lui seul est éternel en lui-même.

Omniprésence

Un autre attribut incommunicable de Dieu, c’est son omniprésence, c’est-à-dire le fait que Dieu est partout en même temps, ce que nous ne serons jamais. Possiblement que nous pourrons nous déplacer différemment dans l’éternité future, mais nous ne serons jamais omniprésents.

Omnipotence

Il en est de même pour l’omnipotence. Dieu est omnipotent, c’est-à-dire qu’il peut faire tout ce qu’il veut. Sa puissance est infinie. Nous ne serons jamais omnipotents, puisque ça signifierait que nous cesserions de dépendre de Dieu.

Omniscience

Il en est de même pour l’omniscience. Dieu sait tout : sa connaissance dépasse même la réalité des choses. Il sait même ce qui se serait passé si les circonstances avaient été différentes.

Jésus a dit :

Malheur à toi, Chorazin! Malheur à toi, Bethsaïda! Car, si les miracles faits au milieu de vous avaient été faits à Tyr et à Sidon, il y a longtemps qu’elles se seraient repenties avec le sac et la cendre. (Matthieu 11.21)

Jésus savait que, si les miracles qui ont été faits dans des villes de la Galilée avaient été faits à Tyr et Sidon, deux villes à l’extérieur du pays d’Israël, ces villes se seraient repenties. La chose n’est pas arrivée. Les miracles n’ont pas été faits dans Tyr et Sidon, mais Dieu a la connaissance de ce qui se serait passé si les miracles avaient été faits. Pour nous, notre connaissance sera toujours limitée et elle découlera toujours de la connaissance de Dieu. C’est Dieu qui nous communique sa connaissance.

Attributs communicables

Il y a aussi des attributs communicables : la justice, la sainte colère, la sagesse, la fidélité, la bonté, l’amour, la grâce, le pardon. Bref, ces attributs sont des vertus et Dieu nous les communique, c’est-à-dire qu’il nous donne, par son Esprit qui habite en nous, de les appliquer dans nos vies. Bien que, présentement, nous ne les appliquons pas parfaitement, lorsque nous serons glorifiés, nous les appliquerons parfaitement. Lorsque Paul nous exhorte à imiter Dieu, il ne parle évidemment pas d’imiter ses attributs incommunicables : il s’agit d’appliquer les attributs communicables, les vertus de Dieu. Lorsque nous regardons comment Dieu agit, force est d’admettre que lui seul applique parfaitement ces vertus.

Puisque nous sommes ses enfants

La version Colombe a traduit le verset 1 ainsi :

Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés; (Éphésiens 5.1) (Colombe)

Le « comme » ne rend pas toute la force de la pensée de Paul. La Semeur et la TOB établissent l’exhortation sur la relation avec Dieu.

Puisque vous êtes les enfants bien-aimés de Dieu, suivez l’exemple de votre Père. (Éphésiens 5.1) (Semeur)

Dieu ne nous demande pas de l’imiter comme un tyran en nous disant que, si nous n’agissons pas ainsi, il va nous terroriser. Celui qui nous parle est notre Père céleste. Il nous aime tendrement. Il nous a démontré les vertus. L’apôtre Pierre va dans le même sens :

Vous, par contre, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple racheté, afin d’annoncer les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière; vous qui, autrefois, n’étiez pas un peuple et qui, maintenant, êtes le peuple de Dieu; vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde et qui, maintenant avez obtenu miséricorde. (1 Pierre 2.9-10)

Annoncer les vertus inclut certainement la proclamation orale, mais nous annonçons aussi par notre conduite dans ce monde et, surtout, notre conduite envers les chrétiens.

Pierre, tout comme Paul, fait ressortir que tout ça repose sur notre relation avec Dieu.

Vous, par contre, vous êtes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple racheté, afin d’annoncer les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à son admirable lumière; (1 Pierre 2.9)

C’est parce que nous sommes une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple racheté, que nous sommes appelés à annoncer les vertus de celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière. Il y a un lien de cause à effet. Autrement dit, c’est parce que nous sommes ses enfants que nous pouvons imiter Dieu. Romains 8.29 va dans le même sens :

Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils, afin qu’il soit le premier-né d’un grand nombre de frères. (Romains 8.29)

Nous sommes adoptés. Nous sommes reçus enfants de Dieu et ce statut fait que nous sommes prédestinés à être semblables à l’image de son Fils. Devenir semblable au Fils inclut l’application de toutes les vertus de Dieu. Déjà, en Éphésiens 4, Paul avait mis la table au complet. Au verset 7, Paul dit :

Mais à chacun de nous la grâce a été donnée selon la mesure du don de Christ. (Éphésiens 4.7)

Nous avons tous reçu la grâce de Dieu selon la mesure du don de Christ. Le verset 12 nous dit que Dieu a donné les ministères de proclamation :

[…] pour le perfectionnement des saints. (Éphésiens 4.12)

Au verset 16, il ajoute que l’Église est le lieu parfaitement adapté pour notre croissance.

De lui, le corps tout entier bien ordonné et cohérent, grâce à toutes les jointures qui le soutiennent fortement, tire son accroissement dans la mesure qui convient à chaque partie, et s’édifie lui-même dans l’amour. (Éphésiens 4.16)

Au verset 20 (Éphésiens 4.20), il nous rappelle que nous avons appris le Christ. Nous avions vu que c’est plus qu’une simple connaissance : c’est un apprentissage qui inclut l’expérience. C’est une réalité concrète dans notre vie. Au verset 23, il dit que nous, chrétiens, sommes :

[…] renouvelés par l’Esprit dans votre intelligence, (Éphésiens 4.23)

Au verset 24, il ajoute que nous devons :

[…] revêtir la nature nouvelle, créée selon Dieu dans une justice et une sainteté que produit la vérité. (Éphésiens 4.24)

Au verset 30, il affirme :

N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. (Éphésiens 4.30)

En conséquence à cela, il nous dit :

Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, faites-vous grâce réciproquement, comme Dieu vous a fait grâce en Christ. (Éphésiens 4.32)

Le verset suivant, c’est le début du chapitre 5.

Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés; et marchez dans l’amour, de même que le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu pour nous en offrande et en sacrifice comme un parfum de bonne odeur. (Éphésiens 5.1-2)

À la lumière de ces versets, si je persiste dans mon péché, si je maintiens une attitude contraire à Dieu, si je me complais dans la haine, l’amertume, le rejet, la calomnie, la médisance et tous les autres péchés envers mes frères et sœurs, il me semble que je dois envisager la possibilité que je méprise sérieusement trois doctrines majeures.

  1. qui est Dieu;
  2. ce qu’il a fait pour moi;
  3. et son plan de sanctification pour ma vie et celle de mon frère, celle de ma sœur.

Qui est Dieu

C’est bien connu : les hommes aiment avoir des modèles, des héros auxquels s’identifier. Le problème avec cette démarche, c’est que les hommes recherchent des modèles qui correspondent à leurs critères personnels. Quelqu’un a comme modèle mère Theresa, mais ça fait ressortir que cette personne place en avant les œuvres sociales. Un autre prendra comme modèle Terry Fox, cet homme qui a couru un marathon pancanadien avec une jambe artificielle. Les jambes artificielles à cette époque n’étaient pas aussi performantes que celles qui sont offertes de nos jours. Terry Fox souffrait d’un cancer des os. Il souffrait à l’hôpital de son cancer, mais surtout de voir des enfants souffrir d’un cancer. Il décide alors de traverser le Canada au complet, d’est en ouest, afin de ramasser des fonds pour la recherche. Son entraînement dure 18 mois durant lesquels il a couru 5000 kilomètres. Le 12 avril 1980, il commence son marathon à Terre-Neuve. Au début, très peu de gens s’intéressaient à ce défi utopique aux yeux du monde, mais plus ça va, plus les gens s’y intéressent et plus l’argent entre. Terry Fox traverse les provinces maritimes, le Québec et l’Ontario à raison de 42 kilomètres par jour. Toutefois, le 1er septembre de la même année, il doit s’arrêter. Il se trouve à Thunder Bay en Ontario après 5373 kilomètres parcourus. Son cancer est réapparu dans les poumons. Cet évènement a frappé tout le pays et Terry Fox est devenu un héros et un modèle pour plusieurs. Un autre exemple moins connu : au début des années 80, ma famille et moi sommes allés à Béthel pour un camp familial et il y avait un jeune homme d’environ 30 ans. Il nous a raconté qu’il avait abandonné l’école avant de terminer ses études secondaires. Puis, le rêve lui prend de devenir médecin. Il s’inscrit aux cours du soir pour terminer ses études secondaires. Il rencontre le directeur de l’école secondaire qu’il avait connu et il lui fait part de son rêve. Le directeur lui répond que ça ne donne rien de perdre son temps. Le jeune homme têtu poursuit quand même son ambition et termine ses études secondaires dans le cadre de ses cours du soir. Puis, c’est le cégep, puis l’université. Après quelques années de persévérance, il décroche son diplôme et devient médecin. Il décide de retourner voir le directeur d’école pour lui annoncer qu’il a réussi. Le directeur lui répond qu’il le veut pour donner des conférences sur la persévérance. Ce jeune homme est probablement devenu un modèle de persévérance pour plusieurs jeunes. Tous ces modèles présentent des choses valables, mais c’est tellement pâle en comparaison de Dieu. Notre Dieu est parfait. De plus, ces gens peuvent être des modèles, mais dans un domaine : Dieu est un modèle en toute chose. Certains diront que c’est facile pour Dieu, puisqu’il est Dieu. En même temps, les modèles, les héros humains, s’ils ont pu faire des choses, c’est uniquement parce que Dieu donne les moyens de les faire. De plus, il arrive qu’on prenne quelqu’un comme modèle et que, par la suite, on apprenne une problématique sur cette personne. Quand je prends Dieu comme modèle, je ne me trompe pas. Tous les modèles humains sont imparfaits et tout ce qu’ils peuvent faire n’est possible que parce qu’un Dieu pourvoit aux ressources que les humains utilisent. Donc, ma conduite doit considérer d’abord qui est Dieu, c’est-à-dire la personne même de Dieu. Notre Dieu est un Dieu riche en bonté, lent à la colère. Soyons riches en bonté et lents à la colère.

Celui qui est lent à la colère a une grande intelligence, mais celui qui est prompt à s’emporter proclame sa stupidité. (Proverbes 14.29)

Quel fils ne voudrait pas suivre les traces de son père si son père a été un excellent père? Nous avons le meilleur Père : notre Père céleste. Il est parfait. Il est trois fois saint. La vie chrétienne est justement l’occasion de le prendre comme modèle. Frères et sœurs, nous avons en Dieu le modèle parfait et immuable. Évidemment, ce n’est que par son Fils Jésus-Christ que nous pouvons vraiment avoir un aperçu des vertus de Dieu, mais justement : son Fils a tout reçu de son Père. Il a fait sur la terre ce que son Père lui a demandé. D’abord, ses enseignements.

Moi, je dis ce que j’ai vu chez mon Père […] (Jean 8.38)

Ses actions :

Si je ne fais pas les œuvres de mon Père, ne me croyez pas! Mais si je les fais, quand même vous ne me croiriez pas, croyez à ces œuvres, afin de savoir et de reconnaître que le Père est en moi, et moi dans le Père. (Jean 10.37-38)

Le Fils est l’image parfaite du Père, justement parce qu’il est le Fils. Nous sommes transformés à l’image du Fils, donc à l’image du Père.

Ce qu’il a fait pour moi

Nous devons aussi considérer ce que Dieu a fait pour nous.

Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés; et marchez dans l’amour, de même que le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu pour nous en offrande et en sacrifice comme un parfum de bonne odeur. (Éphésiens 5.1-2)

Tout ce que Dieu est se voit dans tout ce que Dieu fait. Nous ne pouvons être reconnaissants de ce que Dieu est qu’en considérant ce que Dieu fait. Paul y va de l’acte de Dieu le plus fort de toute l’histoire de cette création. Il est venu dans la personne de son Fils unique, qui s’est offert. Remarquez le texte : il s’est offert à Dieu pour nous. C’est à Dieu qu’il s’est offert, mais c’est en notre faveur. Dieu n’avait pas besoin d’un sauveur. Dans nos rapports, puisque nous devons imiter ce que Dieu a fait, nous devons aussi considérer ces choses. Dans mes rapports, je dois toujours agir pour Dieu, mais au bénéfice de l’autre, de mon prochain. Si quelqu’un me fait du tort, je dois agir pour la gloire de Dieu seule. Je dois me poser la question : « Quelle attitude de ma part plait à Dieu? » Je ne dois jamais rejeter mon frère ni ma sœur : je dois plutôt rejeter toute idée de vengeance, de frustration, d’amertume, de mauvaises paroles. Quand je considère comment Dieu m’a traité, je ne dois pas simplement me rappeler que Jésus est mort pour moi. Je dois me rappeler que Jésus est mort pour moi, un déplaisant, un impie, un pécheur, un rebelle. Ma bonne attitude envers mes frères et mes sœurs ne doit pas être conditionnelle à leur attitude. Ça arrive que quelqu’un agisse envers nous de façon déplaisante. Ma réaction doit être celle que Dieu a envers moi, un déplaisant.

Son plan pour moi

Donc, je dois considérer qui est Dieu, la perfection de toutes ses vertus. Je dois aussi considérer ce qu’il a fait pour moi, en particulier dans la personne de son Fils qui s’est livré pour nous. Je dois finalement considérer le plan que Dieu a pour nous. Le Seigneur ne s’est pas livré pour nous uniquement pour effacer nos péchés. Ça ne pourrait être que ça pour la raison suivante : si Dieu nous pardonnait nos péchés sans avoir un plan parfait pour nous, ce pardon ne nous procurerait rien. Si le Seigneur ne nous sortait pas de notre trajectoire, de notre condition de pécheurs, le simple pardon ne produirait pas grand-chose. Paul dit :

[…] marchez dans l’amour, de même que le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu pour nous en offrande et en sacrifice comme un parfum de bonne odeur. (Éphésiens 5.2)

Le Christ s’est livré pour nous. Son sacrifice ne fait pas que nous procurer le pardon. Il nous purifie de toute iniquité.

[…] le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. (1 Jean 1.7)

La mort du Fils pour nous nous fait entrer dans une vie nouvelle, une vie libérée du péché. Le Seigneur nous purifie, il nous sanctifie, il nous fait grandir en grâce et en connaissance. J’espère que nous sommes emballés, enthousiasmés par cette vérité, mais je dois aussi être excité du fait que le Seigneur fait la même œuvre dans la vie de mes frères et de mes sœurs. Mes rapports avec mes frères et sœurs doivent aller dans le même sens. Je dois toujours me poser les questions suivantes, même lorsque j’ai un différend avec un autre, même lorsque quelqu’un se comporte mal avec moi :

  • Comment puis-je contribuer à son édification?
  • Comment puis-je le rapprocher de Jésus-Christ?
  • Comment puis-je être une bénédiction pour lui?
  • Comment puis-je participer à l’œuvre merveilleuse que le Seigneur accomplit en lui?

Dans cette prédication, je vous ai dit qu’il me semble qu’à la lumière de ces versets de l’épître aux Éphésiens, si je persiste dans mon péché, si je maintiens une attitude contraire à Dieu, si je me complais dans la haine, l’amertume, le rejet, la calomnie, la médisance et tous les autres péchés envers mes frères et mes sœurs, il me semble que je dois envisager la possibilité que je méprise sérieusement trois doctrines majeures :

  1. qui est Dieu;
  2. ce qu’il a fait pour moi;
  3. et son plan de sanctification pour ma vie et celle de mon frère, de ma sœur.

Frères et sœurs, quand nous vivons une difficulté avec quelqu’un, levons les yeux vers notre Père céleste, considérons sa personne, ce qu’il a fait pour nous et ce qu’il continue de faire dans ma vie, dans la vie de l’autre.

Prions.

Daniel Durand, pasteur
30 juin 2019

Prédicateur invité

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