Épître aux Romains – Introduction 1

« Paul donne un exposé du plus grand problème de l’homme : le péché et ses conséquences. La contribution majeure de cette épître est de savoir comment la justice de Dieu peut être possédée par l’homme. Le problème de la culpabilité est universel. Que ce soit consciemment ou inconsciemment, tous les hommes ont cette question en eux : comment ne pas avoir de la culpabilité? Certains, tentant de régler ce problème eux-mêmes, tombent dans l’idolâtrie; d’autres se distraient. Selon William Tyndale, le grand réformateur anglais, Romains est la principale et la plus excellente partie du Nouveau Testament. »

Introduction

Pertinence à étudier ce livre

Paul donne un exposé du plus grand problème de l’homme : le péché et ses conséquences. La contribution majeure de cette épître est de savoir comment la justice de Dieu peut être possédée par l’homme. Le problème de la culpabilité est universel. Que ce soit consciemment ou inconsciemment, tous les hommes ont cette question en eux : comment ne pas avoir de la culpabilité? Certains, tentant de régler ce problème eux-mêmes, tombent dans l’idolâtrie; d’autres se distraient. Selon William Tyndale, le grand réformateur anglais, Romains est la principale et la plus excellente partie du Nouveau Testament. 

Paul

Auteur de Romains

Témoignages externes

À part quelques exceptions, la reconnaissance de Paul comme auteur est largement reconnue. Clément de Rome, un admirateur de Paul qui était évêque de Rome dans la dernière décennie du premier siècle, attribue l’épître aux Romains à Paul. Tertullien, fin 2e siècle, début 3e siècle,  mentionne cette lettre comme venant de Paul. Eusèbe, un historien de l’Église des 3e-4e siècles, fit de même. Clément d’Alexandrie, Irénée, Polycarpe, Ignace d’Antioche, Clément de Rome et d’autres joignent leur voix à celles mentionnées plus haut.

Témoignages internes favorables

Familiarité avec les autres écrits pauliniens

L’épître aux Romains est une des dernières épîtres à avoir été écrite. Certains la considèrent comme la maturation de Galates.

ROMAINS

GALATES

Romains 1.17

En effet la justice de Dieu s’y révèle par la foi et pour la foi, selon qu’il est écrit : Le juste vivra par la foi.

Galates 2.16 

Sachant que l’homme n’est pas justifié par les œuvres de la loi, mais par la foi en Christ-Jésus, nous aussi nous avons cru en Christ-Jésus, afin d’être justifiés par la foi en Christ, et non par les œuvres de la loi, parce que nul ne sera justifié par les œuvres de la loi.

Galates 3.11

Et que nul ne soit justifié devant Dieu par la loi, cela est évident puisque : Le juste vivra par la foi.

Romains 6.6-8

nous savons que notre vieille nature a été crucifiée avec lui, afin que ce corps de péché soit réduit à l’impuissance et que nous ne soyons plus esclaves du péché ; car celui qui est mort est quitte du péché. Or, si nous sommes morts avec Christ, nous croyons que nous vivrons aussi avec lui

Galates 2.20

Je suis crucifié avec Christ, et ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ, qui vit en moi; ma vie présente dans la chair, je (la) vis dans la foi au Fils de Dieu, qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi.

Romains 8.14-17

car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu. Et vous n’avez pas reçu un esprit de servitude, pour être encore dans la crainte, mais vous avez reçu un Esprit d’adoption, par lequel nous crions : Abba ! Père ! L’Esprit lui-même rend témoignage à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu. 17 Or, si nous sommes enfants, nous sommes aussi héritiers : héritiers de Dieu, et cohéritiers de Christ, si toutefois nous souffrons avec lui, afin d’être aussi glorifiés avec lui.

Galates 4.5-7

afin de racheter ceux qui étaient sous la loi, pour que nous recevions l’adoption. Et parce que vous êtes des fils, Dieu a envoyé dans nos cœurs l’Esprit de son Fils, qui crie: Abba ! Père ! Ainsi tu n’es plus esclave, mais fils ; et si tu es fils, tu es aussi héritier, grâce à Dieu.

Romains 13.8

Ne devez rien à personne, si ce n’est de vous aimer les uns les autres; car celui qui aime les autres a accompli la loi.

Galates 5.14

Car toute la loi est accomplie dans une seule parole, celle-ci : Tu aimeras ton prochain comme toi-même.

Romains 13.13-14

Marchons honnêtement, comme en plein jour, sans excès de table ni de boisson, sans luxure ni dérèglement, sans discorde ni jalousie. Mais revêtez-vous du Seigneur Jésus-Christ, et ne vous mettez pas en souci de la chair pour en satisfaire les convoitises.

Galates 5.16-17

Je dis donc: Marchez par l’Esprit, et vous n’accomplirez point les désirs de la chair. Car la chair a des désirs contraires à l’Esprit, et l’Esprit en a de contraires à la chair; ils sont opposés l’un à l’autre, afin que vous ne fassiez pas ce que vous voudriez.

Romains 14.12

Ainsi chacun de nous rendra compte à Dieu pour lui-même.

Galates 6.5

car chacun portera sa propre charge.

Témoignages internes défavorables

Familiarités avec 1 Pierre

Certaines familiarités entre Romains et 1 Pierre ont amené quelques théologiens à remettre en question la paternité de Paul sur cette épître.

ROMAINS

THÈME

1 PIERRE

Romains 12.1

un sacrifice acceptable à Dieu

1 Pierre 2.5

Romains 12.2

ne pas se conformer au monde

1 Pierre 1.14

Romains 12.3

comme Dieu a attribué à chacun

1 Pierre 4.10

Romains 12.9

aimer sans hypocrisie

1 Pierre 1.22

Romains 12.10

aimer les frères

1 Pierre 2.17

Les familiarités avec 1 Pierre sont vraies, mais il y a aussi des familiarités très fortes entre Romains et d’autres écrits pauliniens, en particulier avec Galates et Éphésiens pour le salut par la foi seule. L’image du corps de Christ pour désigner l’Église qui figure en Romains 12.5 se retrouve aussi en 1 Corinthiens 10.17; 1 Corinthiens 12.12; Éphésiens 1.22; Éphésiens 1.23; Colossiens 2.19. Il vaut mieux par conséquent trouver une autre explication que d’attribuer Romains à Pierre, sinon tout le corpus paulinien va y passer.

Ces familiarités peuvent s’expliquer autrement qu’en attribuant le même auteur pour les deux livres.

Dans 2 Pierre 3.15-16, Pierre affirme connaître les écrits de Paul. Pierre peut très bien avoir repris certains thèmes que Paul avait développés.

Sa vie pré-conversion

Paul est né dans la diaspora, à Tarse en Cilicie (Actes 21.38; Actes 22.3), une ville reconnue pour la culture grecque, mais il est peu probable que Paul ait profité réellement de la vocation académique de sa ville natale, parce que très jeune, il reçoit une formation à Jérusalem par un docteur de la Loi distingué, Gamaliel, lui-même petit-fils de Hillel.

Zélé pour Yahvé et la Torah, jusqu’à la violence (pour libérer Israël, pour chasser les païens de la terre promise, pour pouvoir adorer librement dans le Temple). Paul, un persécuteur : meurtre d’Étienne (Actes 8.1), persécution (Actes 9.1-2).

Source d’influences

Il faut souligner une triple source de la pensée et donc de la théologie de l’apôtre Paul, qui correspond au triple enracinement assez naturel qu’on reconnaît à l’homme, au croyant, à l’apôtre : source juive (on distinguera deux sources, l’AT et le milieu juif du premier siècle avec ses traditions [en particulier le pharisianisme]), le milieu hellénistique et les traditions de Jésus.

Sa personne

Paul est reconnu … [6. p. 24]

  1. pour sa brillance intellectuelle;
  2. sa connaissance de l’Ancien Testament – textes et signification christologique –. La contribution théologique de Paul est légendaire;
  3. sa volonté de fer et sa persévérance. Malheur à moi si je ne prêche pas l’Évangile;
  4. sa capacité à persévérer dans l’épreuve et l’opposition. Paul n’était pas qu’un théologien. Il a fait du terrain comme peu. Rares aujourd’hui sont ceux qui sont autant théologiens qu’évangélistes. Son apostolat semble unique;
  5. sa compassion (Onésime, intercession [Col 1.9ss ; Ép 1.16ss]). Paul s’inquiétait aussi pour les différentes églises. Je pense que la phrase de Paul qui démontre le plus sa compassion est justement dans Romains, en 2.3 : j’ai une grande tristesse et un chagrin continuel dans le cœur. Car je souhaiterais être moi-même anathème (et séparé) du Christ pour mes frères, mes parents selon la chair, qui sont les Israélites. En Actes 20.19 : j’ai servi le Seigneur en toute humilité, avec larmes, et au milieu des épreuves que me suscitaient les complots des Juifs. 2 Corinthiens 2.4 : C’est dans une grande affliction, le cœur serré, avec beaucoup de larmes, que je vous ai écrit, non pour vous attrister, mais pour que vous connaissiez l’amour extrême que j’ai pour vous;
  6. sa foi. En prison, Paul ne pleurait pas sur son sort. Il témoignait à ceux qu’il rencontrait, il en profitait pour écrire quelques épîtres. Malade, il continuait d’œuvrer. Chez les Galates, en 4.13, il dit que c’est justement à cause d’une maladie qu’il a pu leur annoncer l’Évangile.

Paul est un personnage unique ayant démontré les qualités énumérées plus haut. Il a su combiner différents ministères : exposition des vérités, structure des églises, formation de nouveaux ouvriers (ex., Timothée), attention pour certains en difficulté (Onésime), exhortations et enseignements selon les besoins locaux, évangélisation insatiable, tout ça en demeurant fabricant de tentes et malgré les persécutions et les emprisonnements.

Lisons le texte de 2 Corinthiens 11, versets 23 à 28, qui résume un peu ses qualités :

Sont-ils serviteurs de Christ? —je parle en termes extravagants—je le suis plus encore: par les travaux, bien plus; par les emprisonnements, bien plus; par les coups, bien davantage. Souvent en danger de mort, cinq fois j’ai reçu des Juifs quarante coups moins un, trois fois j’ai été battu de verges, une fois j’ai été lapidé, trois fois j’ai fait naufrage, j’ai passé un jour et une nuit dans l’abîme. Souvent en voyage, exposé aux dangers des fleuves, aux dangers des brigands, aux dangers de la part de mes compatriotes, aux dangers de la part des païens, aux dangers de la ville, aux dangers du désert, aux dangers de la mer, aux dangers parmi les faux frères, au travail et à la peine; souvent dans les veilles, dans la faim et dans la soif; souvent dans les jeûnes, dans le froid et le dénuement. Et sans parler du reste, ma préoccupation quotidienne : le souci de toutes les Églises ! (2 Corinthiens 11.23-28)

Paul a écrit 2 Corinthiens avant d’écrire Romains. C’est donc dire que, lorsque Paul a rédigé l’épître aux Romains, il avait vécu toutes ces épreuves. Dans l’épître aux Romains, on voit un Paul qui décrit le salut avec tellement d’admiration qu’il nous amène à penser que les épreuves ne comptent plus. On le sent au chapitre 11, versets 33 à 36, où Paul semble ne plus pouvoir se contenir et interrompt son exposé théologique pour s’exclamer :

O profondeur de la richesse, de la sagesse et de la connaissance de Dieu ! Que ses jugements sont insondables et ses voies incompréhensibles ! En effet, Qui a connu la pensée du Seigneur, Ou qui a été son conseiller ? Qui lui a donné le premier, pour qu’il ait à recevoir en retour ? Tout est de lui, par lui et pour lui! A lui la gloire dans tous les siècles. Amen ! (2 Corinthiens 11.33-36)

Ça prend quelqu’un qui ne regarde pas aux circonstances, mais au plan de Dieu pour affirmer cela. Paul a su aussi promouvoir l’unité entre riches et pauvres (plusieurs collectes), entre Juifs et Gentils. Ses enseignements étaient basés sur l’Ancien Testament, leur donnant leur signification théologique. Il faisait ressortir la théologie. Sa théologie débouchait constamment sur des applications pratiques.

Sa conversion

Nouvelle compréhension du rôle de la loi

Car nul ne sera justifié devant lui par les œuvres de la loi, puisque c’est par la loi que vient la connaissance du péché. Mais maintenant, sans la loi est manifestée la justice de Dieu, attestée dans la loi et les prophètes, justice de Dieu par la foi en Jésus-Christ pour tous ceux qui croient. (Romains 3.20-22)

La conversion de Paul est totale. Après sa conversion spectaculaire, Paul passa quelque temps en Arabie. Paul a goûté à son tour la persécution par les autorités juives. Paul était tellement en contraste avec l’Évangile qu’après sa conversion, ça a pris un Barnabas pour l’introduire dans le cercle apostolique, parce que les autres apôtres avaient peur et croyaient qu’il s’agissait d’une pseudo-conversion pour s’infiltrer et détruire. Après sa conversion, l’Église était soulagée.

Celui qui autrefois nous persécutait, annonce maintenant la foi qu’il voulait alors détruire. (Galates 1.23)

Enracinement et zèle : persécution jusqu’au meurtre d’Étienne. Juif avec Juifs, païen avec païens.

Prédicateur invité

Partagez cet enseignement :

Share on facebook
Share on twitter
Share on print
Share on email