Nos paroles révèlent notre coeur, Éphésiens 4.28-29

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 « On ne mesure pas le facteur d’édification d’une parole au sentiment, au ressenti. Ce n’est pas parce qu’un frère m’exhorte et que je suis fâché que ce frère ne m’a pas béni, qu’il ne m’a pas édifié. Une parole qui bénit, qui édifie, se définit par son contenu et par la façon dont elle est apportée : dire la vérité dans l’amour. Si l’autre réagit mal, ça ne fait pas de cette parole une parole malsaine. Sinon, nous devrions penser que Jésus a tenu des paroles malsaines, mais au contraire : ses paroles ont toujours été de bonnes paroles, même lorsque des auditeurs ont mal réagi. »

Introduction

Nous poursuivons ce matin dans l’épître de Paul aux Éphésiens. On constate que, si les 3 premiers chapitres étaient doctrinaux, les chapitres 4 à 6 se concentrent sur les applications pratiques de cette doctrine.

Texte biblique

Nous allons lire Éphésiens 4, les versets 28 et 29 :

Que celui qui dérobait ne dérobe plus, mais qu’il prenne plutôt de la peine, en travaillant honnêtement de ses mains, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin. Qu’il ne sorte de votre bouche aucune parole malsaine, mais s’il y a lieu, quelque bonne parole qui serve à l’édification nécessaire et communique une grâce à ceux qui l’entendent. (Éphésiens 4.28-29)

Que le Seigneur bénisse sa Parole.

Exposé

Travail et paroles

On peut se demander pourquoi Paul a enseigné sur l’importance de parler selon la vérité, pour faire un crochet de côté en parlant du travail pour revenir sur son axe principal, c’est-à-dire les paroles que nous disons. Le lien que nous pouvons faire est que, autant dans le travail que par nos paroles, nous devons être tournés vers les autres. Autant le travail que la faculté de parler, nous devons les utiliser pour le bien commun.

Le travail

Pourquoi Paul exhorte-t-il à travailler? Quel lien entre le travail et la vie chrétienne? Genèse 2.15 nous apprend que le travail est donné à l’homme dès sa création.

Le travail n’est pas une malédiction : le travail est une bénédiction de Dieu. Par le travail, le Seigneur nous fait participer à ses œuvres créationnelles. Le problème n’est pas le travail, mais le péché qui a saboté le travail. Dorénavant, c’est à la sueur de notre front que nous tirons notre subsistance. Le travail fait aussi partie des 10 commandements.

Tu travailleras six jours, et tu feras tout ton ouvrage. Mais le septième jour est le sabbat de l’Éternel, ton Dieu : tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bétail, ni l’étranger qui réside chez toi. Car en six jours l’Éternel a fait le ciel, la terre, la mer et tout ce qui s’y trouve, et il s’est reposé le septième jour : c’est pourquoi l’Éternel a béni le jour du sabbat et l’a sanctifié. (Exode 20.9-11)

La Parole de Dieu nous dit que la loi de Dieu est bonne, sainte et juste : si le travail fait partie de sa loi, c’est que le travail est bon, saint et juste. Le travail demeure une bénédiction même après la chute. Le croyant le considère comme une source de bonheur.

Psaume 128.1-2

Heureux quiconque craint l’Éternel et marche dans ses voies! Tu jouis alors du travail de tes mains, tu es heureux, tu prospères. (Psaume 128.1-2)

Notre travail est un service pour Dieu.

Serviteurs, obéissez à vos maîtres selon la chair avec crainte et tremblement, dans la simplicité de votre cœur, comme au Christ ; et cela non seulement sous leurs yeux, comme pour plaire aux hommes, mais comme des serviteurs de Christ, qui font de toute leur âme la volonté de Dieu. Servez-les de bon gré comme si vous serviez le Seigneur et non les hommes, sachant que chacun, esclave ou libre, recueillera du Seigneur selon le bien qu’il aura fait. (Éphésiens 6.5-8)

Le travail séculier est aussi un travail pour Dieu, même lorsque le maître, l’équivalent de l’employeur, n’est pas chrétien. Le Seigneur y attache tellement d’importance que Paul dit que chacun recueillera du Seigneur selon le bien qu’il aura fait. Le travail doit donc se faire dans le Seigneur, c’est-à-dire que le travail doit rencontrer les normes éthiques de la Parole de Dieu, ce qui exclut tout travail malhonnête ou immoral, mais Paul voit une autre chose reliée au travail.

Que celui qui dérobait ne dérobe plus, mais qu’il prenne plutôt de la peine, en travaillant honnêtement de ses mains, pour avoir de quoi donner à celui qui est dans le besoin. (Éphésiens 4.28)

La nouvelle naissance fait passer la personne de voleur à philanthrope, de mesquin à généreux, d’égoïste à altruiste. Il ne prend plus ce qui est aux autres pour en faire sa possession, mais il prend ce qui est en sa possession pour le donner aux autres. Le travail est un moyen d’être tourné vers les autres pour voir à leur bien-être. En 2 Thessaloniciens 3.11-12, Paul dit aux chrétiens :

Or nous apprenons que certains d’entre vous vivent dans le désordre et qu’au lieu d’agir ils s’agitent. Nous invitons ces gens-là, et nous les exhortons par le Seigneur Jésus-Christ, à travailler paisiblement et à manger leur propre pain.(2 Thessaloniciens 3.11-12)

Pour le Seigneur, nous devons travailler. C’est le moyen de subsistance qu’il nous a donné. Si quelqu’un ne le fait pas, Paul dit qu’il vit dans le désordre; il ajoute même ceci deux versets plus loin :

Si quelqu’un n’obéit pas à ce que nous disons dans cette lettre, prenez note de lui et n’ayez avec lui aucune relation, afin qu’il en ait honte. (2 Thessaloniciens 3.14)

Le travail fait partie de la vie chrétienne. Toutes ces exhortations concernent ceux qui peuvent travailler et non pas ceux qui ne le peuvent pas pour des raisons de limitations de santé. Donc, le travail est un service pour Dieu et doit nous tourner vers les autres.

Les paroles

Je pense que c’est le lien à faire entre le verset 28 où Paul parle du travail qui nous permet d’aider les autres, et le verset 29 qui dit :

Qu’il ne sorte de votre bouche aucune parole malsaine, mais s’il y a lieu, quelque bonne parole qui serve à l’édification nécessaire et communique une grâce à ceux qui l’entendent. (Éphésiens 4.29)

Autant par notre aide financière que par nos paroles, nous devons aider nos frères et sœurs. Nous devons les édifier. Il y a deux semaines, j’ai parlé presque uniquement sur les paroles malsaines. L’exhortation consiste à ne dire aucune parole malsaine, mais plutôt ce qui contribue à l’édification et qui communique une grâce. Je dois m’interroger sur mon intention et, puis, voir si la formulation accomplit mon intention.

Avant de parler, je dois me poser une première question : « Est-ce que je veux détruire ou si je veux construire? » Puis, une deuxième question : « Ce que je m’apprête à dire, est-ce que ça va construire ou si ça va détruire? » Paul nous exhorte à ne dire que de bonnes paroles qui servent à l’édification nécessaire et communique une grâce à ceux qui l’entendent. Semeur traduit par :

Ne laissez aucune parole blessante franchir vos lèvres, mais seulement des paroles empreintes de bonté. Qu’elles répondent à un besoin et aident les autres à grandir dans la foi. Ainsi elles feront du bien à ceux qui vous entendent. (Éphésiens 4.29 [Semeur])

Maintenant, qu’est-ce qu’une parole édifiante? Avec la traduction Semeur, nous pouvons voir qu’il s’agit d’une parole qui aide l’autre à grandir dans la foi. Le mot « édifier » signifie « construire », « grandir ». Ça ne signifie pas que ce sont toujours des compliments : reprendre un frère qui a péché, si c’est bien intentionné, vise à l’édifier, à l’aider à grandir. En fait, toute parole qui vise à faire grandir l’autre, pour l’aider dans sa marche chrétienne, est une parole édifiante.

Il me semble que nous confondons ce qu’est la bénédiction, l’édification et le sentiment de confort. Dans une Église à laquelle mon épouse et moi avons déjà appartenu, j’étais responsable de la musique. 99% des fois où des personnes sont venues me voir après le culte pour me dire que tel chant les bénissait, c’était en raison de la musique et non des paroles. J’avais l’impression que si nous avions changé les paroles pour chanter sur le même air une liste d’épicerie, ces personnes auraient été autant bénies, alors que des cantiques avec des paroles profondes ne recevaient pas d’appréciation. On ne mesure pas le facteur d’édification d’une parole au sentiment, au ressenti. Ce n’est pas parce qu’un frère m’exhorte et que je suis fâché que ce frère ne m’a pas béni, qu’il ne m’a pas édifié. Une parole qui bénit, qui édifie, se définit par son contenu et par la façon dont elle est apportée : dire la vérité dans l’amour. Si l’autre réagit mal, ça ne fait pas de cette parole une parole malsaine. Sinon, nous devrions penser que Jésus a tenu des paroles malsaines, mais au contraire : ses paroles ont toujours été de bonnes paroles, même lorsque des auditeurs ont mal réagi. Dans Jean 6, Jésus enseigne et voici ce qui arrive aux versets 60 et 66 :

Après l’avoir entendu, plusieurs de ses disciples dirent : Cette parole est dure, qui peut l’écouter? (Jean 6.60)

Dès lors, plusieurs de ses disciples se retirèrent en arrière et cessèrent d’aller avec lui. (Jean 6.66)

Il est possible que ce soit justement parce que notre parole en est une de vérité que l’autre achoppe. Donc, le but doit toujours être d’édifier l’autre et de lui communiquer une grâce. Ça doit déterminer le contenu de mon propos ainsi que la forme, la manière avec laquelle je l’amène. Paul affirmera au début du chapitre 5 :

Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés ; et marchez dans l’amour, de même que le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu pour nous en offrande et en sacrifice comme un parfum de bonne odeur. (Éphésiens 5.1-2)

Frères et sœurs, si je pense que Jésus ne parlerait pas de cette manière à mon frère, je ne dois pas lui parler de cette manière non plus. Si je pense que Jésus ne lui dirait pas telle chose, je ne dois pas lui dire cette même chose non plus. Jésus n’a pas dit des paroles de frustration : ses paroles n’avaient rien d’un cœur de pécheur. Ses paroles étaient celles du cœur de Dieu.

Le livre des Proverbes a beaucoup à nous dire sur les paroles. Lisons le verset 18 de Proverbes 12 :

Tel, qui bavarde à la légère, blesse comme une épée ; mais la langue des sages apporte la guérison. (Proverbes 12.18)

Ce verset nous invite à nous poser une question avant de parler : « Cherchons-nous à blesser comme une épée ou apporter la guérison? » Parce que la réponse que l’on va donner va déterminer la teneur de nos paroles, qui va révéler l’intention que nous avons.

N’attristez pas le Saint-Esprit

Après avoir exposé l’importance de nos paroles au verset 29 d’Éphésiens 4, Paul ajoute :

N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. (Éphésiens 4.30)

Un pasteur raconte qu’un jour, alors qu’il donnait une étude, un visiteur d’un certain âge va le trouver pour lui demander s’il accepterait de célébrer son mariage. Ce pasteur, qui n’était jamais enthousiaste à célébrer des mariages de personnes qu’il ne connaissait pas, lui propose tout de même de rencontrer le couple. L’homme lui dit qu’il aimerait l’informer d’une situation avant cette rencontre.

Il dit au pasteur qu’il a déjà été marié avec cette même femme, mais que, suite à une prise de bec il y a plus de 30 ans, alors que les deux ont été trop stupides pour s’humilier, le couple s’est divorcé. L’homme ajoute que chacun était trop orgueilleux pour reconnaître ses torts. Depuis, chacun a vécu seul, et maintenant, ils voient leur stupidité d’avoir gaspillé toutes ces années de bonheur. Les paroles blessantes ont volé les années de bonheur.

Maintenant, ils veulent se remarier, demandant au Seigneur la grâce d’avoir quelques années ensemble avant de mourir. Dans ce mariage, ils ont eu des paroles malsaines au lieu d’édifier l’autre. Les deux ont attristé le Saint-Esprit. Le Saint-Esprit habite en nous afin de nous sanctifier, de nous faire grandir. Il est le gage de notre rédemption. Il œuvre à notre sanctification, c’est-à-dire à nous transformer à l’image du Fils de Dieu. Il n’est donc pas surprenant que nos mauvaises paroles l’attristent. On découvre que, lorsque nous nous détruisons, il n’y a pas seulement conflit entre des individus : il y a conflit spirituel entre notre vieille nature et le Saint-Esprit en nous. Quand je donne libre cours à mes frustrations, à mon égoïsme, à mes jalousies, à mes jugements, c’est comme si je prenais le Saint-Esprit en moi et que je le mettais de côté : « Ce n’est pas toi qui décide mais moi! » C’est aussi une guerre spirituelle entre le diable que Paul mentionne au verset 27 (Éphésiens 4.27) et le Saint-Esprit. Imaginez la faute : si nous nous écrasons les uns les autres par nos mauvaises paroles, nous laissons un avantage à Satan sur le Saint-Esprit. Nous ouvrons la porte au diable dans l’Église, que le Saint-Esprit veut sanctifier. Réalisons, frères et sœurs, l’importance de prendre garde à nous-mêmes.

Que toute…

Ensuite, Paul va énumérer quelques mauvaises dispositions que nous devons éviter :

Que toute amertume, animosité, colère, clameur, calomnie, ainsi que toute méchanceté soient ôtées du milieu de vous. (Éphésiens 4.31)

Je pense que Paul vient nous placer devant ce qui se passe en nous et qui engendre des paroles destructrices. Récemment, je vous ai donné l’image de l’extincteur d’incendie sur lequel il est écrit d’arroser la base de la flamme. C’est ce que Paul fait ici : il est important de gérer nos réactions, de prendre garde à notre attitude, mais il est beaucoup plus productif de prendre conscience de ce qui se passe en nous. 

Amertume

Le premier terme est l’amertume. Le mot n’est pas très joli. L’usage dans le reste du Nouveau Testament nous en dit long :

[…] car je vois que tu es en proie à l’amertume du fiel et aux liens de l’injustice. (Actes 8.23)

Le mot décrit une méchanceté extrême, une grande haine. Ce verset met en parallèle l’amertume et les liens de l’injustice. L’amertume, c’est se placer dans un lien. C’est comme si on s’enroulait pour en devenir prisonnier de l’injustice. En parlant du cœur non régénéré, Paul dit en Romains 3.14 :

Leur bouche est pleine de malédiction et d’amertume. (Romains 3.14)

C’est tellement destructeur que l’auteur de l’épître aux Hébreux dit au chapitre 12, verset 15 :

Veillez à ce que personne ne se prive de la grâce de Dieu ; à ce qu’aucune racine d’amertume ne produise des rejetons et ne cause du trouble, et que plusieurs n’en soient infectés. (Hébreux 12.15)

L’auteur demande que ces racines d’amertume ne fassent du ravage. L’Église doit réagir et ne pas laisser ces choses se produire. Il y a un risque élevé d’infection.

Animosité

Le deuxième terme d’Éphésiens 4.31 est l’animosité. Il s’agit d’une irritation profonde. On la décrit comme une colère immédiate, bouillante et qui entraîne un excès de rage. C’est ce qui habitait les Juifs de Capernaüm lorsqu’ils entendirent Jésus :

Ils furent tous remplis d’animosité dans la synagogue, lorsqu’ils entendirent ces choses. Et s’étant levés, ils chassèrent Jésus de la ville […] (Luc 4.28-29)

Une animosité qui conduit au rejet de l’autre. On souhaite que l’autre disparaisse de notre vie.

Colère

Le troisième terme est la colère. C’est près de l’animosité, mais il y a un accent mis sur l’indignation, une émotion violente, accompagnée d’un désir de vengeance. On veut que l’autre subisse une punition, qu’il soit humilié. On veut lui faire payer. C’est le mot utilisé pour la colère de Dieu. Dans le cas de Dieu, c’est une juste colère et la vengeance lui appartient, mais dans notre cas, une mauvaise colère vient de celui qui veut prendre la place de Dieu. Paul dit en Romains 12.19 :

Ne vous vengez pas vous-mêmes, bien-aimés, mais laissez agir la colère, car il est écrit : À moi la vengeance, c’est moi qui rétribuerai, dit le Seigneur. (Romains 12.19)

C’est aussi le mot pour décrire le rôle du gouvernement civil :

[…] car l’autorité est au service de Dieu pour ton bien. Mais si tu fais le mal, sois dans la crainte ; car ce n’est pas en vain qu’elle porte l’épée, étant au service de Dieu pour montrer sa vengeance et sa colère à celui qui pratique le mal. (Romains 13.4)

Clameur

Le quatrième terme est la clameur. Le mot n’a pas toujours un sens négatif : dans Hébreux 5.7, l’auteur rappelle que Jésus a présenté avec de grands cris, même mot grec que « clameur », et avec larmes, des prières et des supplications à celui qui pouvait le sauver de la mort. En Éphésiens 4, c’est clairement négatif. La clameur, c’est le fait de crier après l’autre pour l’insulter, le condamner, l’invectiver. Quelqu’un a déjà dit que l’engueulade est un manque flagrant de vocabulaire. Au lieu de prendre les bons mots, on engueule l’autre. C’est la perte de contrôle qui dégénère dans un désir de contrôler l’autre.

Calomnie

Le cinquième terme est la calomnie. Le mot grec est « blasphème », mais le mot n’a pas toujours le sens de parler contre Dieu : il peut désigner le fait de parler contre quelqu’un, donc la calomnie. Il s’agit de propos injurieux, outrageux, calomniateurs, insultants, dénigrants, diffamatoires, dans le dos de la personne concernée. Ce sont des paroles qui visent à répandre des choses négatives sur quelqu’un, sachant très bien que ça lui sera nuisible.

Toute méchanceté

Paul termine le verset ainsi. Littéralement, le verset dit :

Que toute amertume, animosité, colère, clameur, calomnie, avec toute méchanceté, soient ôtées du milieu de vous. (Éphésiens 4.31)

Si vous remarquez bien, la méchanceté n’est pas un élément dans l’énumération. Sinon, nous aurions « clameur, calomnie ET méchanceté. » En disant « avec méchanceté », il semble bien que Paul la voit comme ce qui accompagne tous les péchés de cœur qu’il vient de mentionner. La méchanceté, c’est la malice, la mauvaise volonté. Ça nous montre que nos mauvaises paroles ne sont jamais innocentes. Elles sont le produit de nos cœurs méchants. Paul n’a pas terminé ses exhortations sur les mauvaises pratiques : le début du chapitre 5 poursuit sur le même sujet, mais nous verrons cela une autre fois. Ce qui frappe dans toutes ces exhortations, c’est que jamais Paul ne demande d’examiner les autres. Il en appelle à la responsabilité de chacun de mettre fin à leurs mauvaises attitudes et, surtout, aux mauvaises dispositions du cœur qui entraînent les mauvaises attitudes. Tout ceci nous montre une chose. Mon problème n’est pas l’autre : mon problème, c’est moi. Mon problème, c’est mon cœur. Voici ce que Jésus a dit à ses disciples en Luc 6.40-46 :

Le disciple n’est pas plus que le maître ; mais tout disciple accompli sera comme son maître. Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’œil de ton frère, et ne remarques-tu pas la poutre qui est dans ton œil à toi? Ou comment peux-tu dire à ton frère : Frère, laisse-moi ôter la paille qui est dans ton œil, toi qui ne vois pas la poutre qui est dans ton œil? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton œil, et alors tu verras à ôter la paille qui est dans l’œil de ton frère. Il n’y a pas de bon arbre qui produise du mauvais fruit, ni de mauvais arbre qui produise du bon fruit. Car chaque arbre se connaît à son propre fruit. On ne cueille pas des figues sur des épines, et l’on ne vendange pas des raisins sur des ronces. L’homme bon tire le bien du bon trésor de son cœur, et le mauvais tire le mal de son mauvais trésor, car c’est de l’abondance du cœur que la bouche parle. Pourquoi m’appelez-vous : Seigneur, Seigneur! et ne faites-vous pas ce que je dis? (Luc 6.40-46)

Imaginez que quelqu’un constate que l’eau qui sort de son robinet a une mauvaise couleur et sent mauvais. La personne va chez le quincailler et achète un nouveau robinet dans l’espoir de régler le problème. Il revient, installe son nouveau robinet et, plein d’optimisme, il ouvre l’eau pour constater que son problème n’est pas du tout réglé. Son problème a une source et c’est vraiment le cas de le dire. Son problème est à la source. D’où vient l’eau qui sort du robinet? C’est la même chose avec nos paroles. Frères et sœurs, nous devons reconnaître que notre bouche ne peut rien dire par elle-même. Elle ne fait que puiser dans notre cœur et notre cœur est mauvais. C’est là où nous amène Paul. Il nous dit :

Que toute amertume, animosité, colère, clameur, calomnie, ainsi que toute méchanceté soient ôtées du milieu de vous. (Éphésiens 4.31)

Que faire maintenant? Trois choses : la première est de confesser au Seigneur notre péché. Une prière de confession est une prière où celui qui confesse n’en veut plus de son péché. Il reconnaît devant Dieu avoir très mal agi, de l’avoir déshonoré, d’avoir fait du tort à ses frères et sœurs.

La deuxième, c’est de supplier le Seigneur de me délivrer. C’est quand je n’en peux plus de mon péché que je vais supplier le Seigneur de me purifier. Le Seigneur change les cœurs, il purifie tous ceux qui confessent leur péché. Nous avons cette promesse en 1 Jean 1.9 :

Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice. (1 Jean 1.9)

Quelle belle promesse! Si vraiment nous confessons nos péchés au Seigneur, non seulement il nous pardonne, mais aussi il nous purifie de toute injustice. La troisième chose à faire lorsque nous péchons avec la langue, c’est de réparer. Je ne peux jamais me satisfaire de m’être confessé au Seigneur. Si, vraiment, je reconnais la gravité de ma faute devant Dieu, je ne pourrai bien vivre sans la réparer.

Si quelqu’un a péché par une mauvaise parole, va trouver ton frère, ta sœur pour lui demander pardon. Si tu as contaminé des personnes par la calomnie, le bavardage, va réparer vis-à-vis celles-ci. Va leur demander pardon aussi. Frères et sœurs, j’ai souvent dit que l’Église, c’est Dieu qui nous confie les uns aux autres. Il nous demande de veiller les uns sur les autres. Si chacun est pour Dieu la prunelle de son œil, c’est que nous devons nous traiter ainsi. Comment pourrais-je penser avoir une communion avec Dieu tout en détruisant la prunelle de son œil? Veillons sur notre conduite. Prenons soin les uns des autres comme le Seigneur prend soin de nous.

Que le Seigneur vous bénisse.

Daniel Durand, pasteur
14 avril 2019

Prédicateur invité

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