Deux Adam, deux jardins et deux résultats, Jean 18.1-2

« Alors, comment Jésus est-il demeuré ferme? En s’en remettant à son Père céleste. Alors qu’Ève a pris le fruit dans l’espoir de devenir comme Dieu, le Christ, qui est Dieu, a assumé fidèlement dans l’humanité son ministère. Dans nos vies, combien gagnons-nous lorsque nous nous en remettons à Dieu? Lorsque nous vivons une tentation, une épreuve (c’est le même mot grec), ça ne donne rien de négocier, de vouloir réfléchir avec des créatures qui s’opposent au Seigneur. Apprenons à prier notre Dieu qui sait toujours délivrer ses enfants. »

 

Introduction

Nous poursuivons ce matin dans l’évangile de Jean et nous lirons les deux premiers versets du chapitre 18.

Texte biblique

Après avoir dit cela, Jésus sortit avec ses disciples pour aller de l’autre côté du ravin du Cédron où se trouvait un jardin dans lequel il entra, lui et ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, parce que Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis. (Jean 18.1-2)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

Exposé

Il y a deux semaines, nous avions vu le verset 1 (Jean 18.1) et nous nous étions arrêtés sur le fait que les souffrances que Jésus a subies ne sont pas comparables aux nôtres. Ce matin, nous allons regarder d’autres éléments du texte.

Jean, témoin et participant

Quand un drame arrive, comme ce qui s’est produit à Lac-Mégantic, les journalistes cherchent à interviewer les personnes qui ont été le plus près de la scène. Ils ne s’intéresseront pas vraiment à celui qui vit à 1,5 kilomètre et qui a simplement entendu une explosion. Ils vont vouloir recevoir le témoignage des personnes les plus près de la scène. Les versets que nous avons lus ont été écrits par l’apôtre Jean.

Cet apôtre a été témoin de la transfiguration. Seul Pierre, Jacques et Jean ont été invités à voir la transfiguration. Jésus n’a pas invité les autres disciples. La Bible ne nous en donne pas la raison. Ces mêmes trois apôtres ont aussi été choisis par Jésus dans le jardin de Gethsémané pour veiller avec Jésus :

Jésus prit avec lui Pierre, Jacques et Jean, et il commença à être saisi d’effroi et d’angoisse. Il leur dit : Mon âme est triste jusqu’à la mort; restez ici et veillez. (Marc 14.33-34)

Jean était présent dans le jardin de Gethsémané et il fut un témoin privilégié. Avec Pierre et Jacques, Jésus lui demanda de veiller avec lui ne serait-ce qu’une heure. Jésus s’en va à la croix et c’est la seule fois où il a demandé une telle chose à ses disciples : ils ont préféré dormir. C’est comme si j’apprends que mon fils va mourir probablement cette nuit et, qu’au lieu d’aller veiller avec lui pour le réconforter et pour le soutenir, je préfère aller dormir. Imaginez l’apôtre Jean écrire ces lignes. Imaginez tous les souvenirs qui lui sont remontés en tête. L’évangile de Jean n’est pas celui d’un journaliste ni d’un simple témoin : il s’agit de quelqu’un qui était dans l’action. Il connaissait toute l’ambiance des évènements.

Un jardin

Il y a un élément qui passe inaperçu si on ne s’y arrête pas : il s’agit du fait que c’est dans un jardin que ça se passe.

C’est dans un jardin que Jésus rencontrait ses disciples et c’est là que la trahison eut lieu. La notion de jardin a une grande signification dans les Écritures. Lorsque nous pensons à un jardin, on pense parfois à un jardin de fleurs ou un jardin potager, mais dans la Bible, le jardin est le lieu de bénédictions de Dieu. Il envoie la rosée et on y trouve l’abondance. Le jardin est ce lieu où on trouve une abondance de ressources. Ce point a été proposé par plusieurs pères de l’Église, c’est-à-dire les principaux théologiens reconnus des premiers siècles de notre ère.

Développement théologique

La notion de jardin connaît un développement dans toutes les Écritures. Ce matin, nous allons regarder certains parallèles entre Adam dans le jardin d’Éden et Jésus dans le jardin de Gethsémané. Ces comparaisons sont justifiées du fait que Jésus est le dernier Adam et qu’il accomplit le mandat là où le premier Adam a échoué. La vie d’Adam et d’Ève a débuté dans un jardin. Le pays promis en est un où coulent le lait et le miel. C’est dans un jardin que Jésus est arrêté. Alors que des femmes s’étaient rendues près du tombeau de Jésus, nous lisons ceci :

Cependant, Marie se tenait dehors, près du tombeau, et pleurait. Comme elle pleurait, elle se baissa pour regarder dans le tombeau et vit deux anges vêtus de blanc, assis à la place où avait été couché le corps de Jésus, l’un à la tête, l’autre aux pieds. Ils lui dirent : Femme, pourquoi pleures-tu? Elle leur répondit : Parce qu’on a enlevé mon Seigneur, et je ne sais où on l’a mis. En disant cela, elle se retourna et vit Jésus debout; mais elle ne savait pas que c’était Jésus. Jésus lui dit : Femme, pourquoi pleures-tu? Qui cherches-tu? Pensant que c’était le jardinier, elle lui dit : Seigneur, si c’est toi qui l’as emporté, dis-moi où tu l’as mis, et je le prendrai. (Jean 20.11-15)

Ce verset laisse supposer que Jésus avait l’accoutrement d’un jardinier. La nouvelle création aura les éléments d’un jardin. Nous ne lirons pas les versets, mais ils se trouvent dans Apocalypse 21-22. Tout comme le jardin d’Éden, il est question de pierres précieuses, de l’arbre de vie, de fleuve qui traverse.

Alliance adamique accomplie

Ceci nous montre une belle vérité. Paul désigne Jésus comme le dernier Adam. Il doit bien y avoir un lien avec le premier Adam. Ça nous enseigne que Jésus a accompli l’alliance que Dieu avait traitée avec le premier Adam. De même que le premier Adam a entraîné l’humanité dans la désobéissance et la condamnation éternelle; de même, Jésus, le dernier Adam, a entraîné la nouvelle humanité, c’est-à-dire son peuple, dans l’obéissance et la bénédiction éternelle. Adam a perdu le jardin d’Éden; Jésus nous procure la nouvelle création, où l’arbre de vie sera placé au centre :

Au milieu de la place de la ville et sur les deux bords du fleuve, se trouve l’arbre de vie, […] (Apocalypse 22.2)

Autrement dit, ce qui a été perdu par Adam est retrouvé en Jésus-Christ et même plus, c’est-à-dire que notre condition dans l’éternité future sera meilleure que celle qu’Adam a connue avant la chute. Les choses ne seront pas les mêmes. D’abord, le mandat de se multiplier ne sera plus. Il n’y aura plus de relations conjugales. Ensuite, alors qu’Adam et Ève étaient nus, ce ne sera pas notre cas. Pour l’éternité, nous serons revêtus d’un vêtement blanc. Il se peut que le vêtement blanc soit au sens figuré, représentant la justice du Christ, dont nous sommes revêtus, mais il est aussi très possible que ce soit au sens propre. Adam et Ève étaient nus tant qu’ils persévéraient dans les voies de Dieu, tant qu’ils étaient non-pécheurs. Pour nous, pour l’éternité, nous serons des pécheurs qui auront été graciés, pardonnés et purifiés. Pour l’éternité, c’est la justice du Christ dont nous serons revêtus. Je pense que ça va paraître dans le fait que nous serons vêtus. Une autre grande différence entre la condition d’Adam et d’Ève et celle qui nous attend dans la nouvelle création, c’est que le serpent n’y sera plus. Il aura été jeté dans l’étang de feu. Il ne pourra plus nous tenter. Finalement, nous n’aurons pas une nature faillible, c’est-à-dire que, même si Satan était présent sur la nouvelle terre, nous ne pourrions plus être tentés. En conclusion sur ce point, Jésus-Christ est celui qui nous prépare tout un jardin, un jardin d’abondance, un jardin de beauté, un jardin de repos. Il a accompli l’alliance adamique et nous fait entrer dans un monde meilleur.

Comparaisons avec Éden

Le théologien Arthur Pink a fait les comparaisons suivantes entre ce qui s’est passé en Éden et ce qui s’est passé à Gethsémané en faisant ressortir les contrastes. Je vous en mentionne quelques-uns. En Éden, tout était magnifique; en Gethsémané, tout était terrible. En Éden, Ève a eu des pourparlers avec Satan; en Gethsémané, Jésus cherchait la face de son Père. En Éden, le premier Adam a péché; à Gethsémané, le Christ a souffert. En Éden, Adam a chuté; à Gethsémané, Jésus a conquis. En Éden, les évènements se sont passés de jour, puisqu’il est dit qu’Ève vit que l’arbre était bon à manger; à Gethsémané, ça s’est passé la nuit. En Éden, l’humanité a été perdue; à Gethsémané, le peuple de Dieu est racheté. En Éden, Adam a pris le fruit qu’Ève lui a donné; à Gethsémané, Jésus a pris la coupe que son Père lui a donnée. En Éden, Adam et Ève se sont cachés; à Gethsémané, Jésus s’est montré (cité par James Montgomery Boice dans son commentaire sur Jean 18.1-2, Olive Tree.) Ces rapprochements ne sont pas artificiels. Paul désigne Jésus comme le dernier Adam en 1 Corinthiens 15.45. Jésus a accompli le mandat là où Adam a échoué. Adam a été placé dans le jardin béni, alors que tout était parfait. La création était sans tache. Il y avait bien Satan qui était présent, mais sans le consentement de l’homme, Satan était impuissant. Adam avait devant lui un monde parfait : aucune violence, aucune maladie, c’était le paradis.

Il avait à sa disposition une abondance énorme. Il devait travailler, mais un travail sans sueur. Il vivait en harmonie avec les animaux. Tout était parfait. Dieu avait apprécié sa création, disant que tout était très bon. Littéralement, il avait la vie devant lui. Jésus, le dernier Adam, est venu sur un sol maudit. Il est venu dans un monde de violence, un monde d’opposition à Dieu. Il a posé ses pieds sur le sol maudit. Alors qu’Adam avait la plus belle vie devant lui, Jésus avait la pire mort devant lui.

Contexte

Un autre élément qui mérite d’être soulevé, c’est la situation de chacun. Adam et Ève ont tous les deux été tentés dans le jardin d’Éden et Jésus l’a été dans le jardin de Gethsémané. La différence est qu’Adam et Ève n’ont pas eu une tentation difficile. Ils étaient dans un bien-être total. Ils jouissaient de toute la création de Dieu.

Le mot « Éden » signifie « délices ». C’était le paradis. Persévérer dans ce que Dieu leur avait demandé consistait à se maintenir dans cette vie paradisiaque, alors que Jésus n’avait pas ce contexte. Sa persévérance dans ce que le Père lui a demandé consistait non pas à continuer à jouir d’une vie paradisiaque, mais à se rendre au supplice horrible. L’épître aux Hébreux nous dit ceci :

Jésus a été tenté comme nous à tous égards, sans commettre de péché. (Hébreux 4.15)

Quand il est dit que « Jésus a été tenté comme nous » (Hébreux 4.15), ça ne signifie pas que les tentations étaient dans des contextes de mêmes difficultés que celles que nous traversons. « Jésus a été tenté comme nous » (Hébreux 4.15) signifie que les tentations qu’il a subies sollicitaient les mêmes désirs de la condition humaine. Je vous donne un exemple : je suis tenté de m’acheter un jeu vidéo, alors que je sais très bien que je vais en devenir esclave, que je vais négliger ma famille et ma vie chrétienne. C’est une tentation. Là, un ami me dit qu’il est prêt à me payer le jeu vidéo. C’est la même passion qui est sollicitée, mais vous comprendrez que ça prend plus de fermeté pour résister. Jésus a subi des tentations qui sollicitaient les mêmes désirs de la condition humaine, mais dans certains cas, en particulier celles concernant la croix, les contextes étaient nettement plus difficiles que les nôtres.

Discussion

Adam et Ève

Tout ceci nous amène à apprécier ce que Jésus a fait, en comparaison avec ce qu’Adam et Ève ont fait. Ève a discuté avec le serpent, c’est-à-dire avec Satan :

Le serpent était le plus rusé de tous les animaux des champs que l’Éternel Dieu avait faits. Il dit à la femme : Dieu a-t-il réellement dit : Vous ne mangerez pas de tous les arbres du jardin? La femme dit au serpent : Nous mangeons du fruit des arbres du jardin. Mais quant au fruit de l’arbre qui est au milieu du jardin, Dieu a dit : Vous n’en mangerez pas et vous n’y toucherez pas, sinon vous mourrez. Alors le serpent dit à la femme : Vous ne mourrez pas du tout! Mais Dieu sait que, le jour où vous en mangerez, vos yeux s’ouvriront, et que vous serez comme des dieux qui connaissent le bien et le mal. (Genèse 3.1-5)

Nous assistons à une discussion où les deux s’expriment. Ce sont des pourparlers : Satan y va d’une tromperie laissant entendre que la consigne de Dieu n’est pas légitime, qu’elle est abusive; Ève met un bémol. Satan réplique en affirmant que Dieu a menti. Dans le mandat créationnel, c’est l’homme qui a reçu la parole afin de parler selon Dieu. La parole fait partie des moyens par lesquels l’homme devait exercer la domination sur les animaux. Nous le voyons lorsque l’homme donne aux animaux leurs noms. Qu’un animal parle, c’est anormal : Ève n’aurait jamais dû accepter cette discussion. Elle a accepté qu’une créature vienne la troubler. Adam n’a pas participé à la discussion entre Satan et Ève, mais il a tout de même écouté lui aussi la parole d’une créature :

L’Éternel Dieu dit à l’homme : Parce que tu as écouté la voix de ta femme et que tu as mangé de l’arbre dont je t’avais défendu de manger, le sol sera maudit à cause de toi […] (Genèse 3.17)

Ève a écouté la voix d’une créature, celle du serpent, et Adam a écouté la voix d’une créature, celle de sa femme. Adam a écouté la voix d’une créature qui a écouté la voix d’une créature. Frères et sœurs, quand on écoute la voix des hommes, que ce soit celle d’un autre ou même la nôtre, nous sommes sur la voie de l’égarement. En fait, quand nous écoutons la voix d’un autre, nous écoutons notre propre voix. Nous avons le dernier mot. Adam a acquiescé. Il s’est dit qu’il pouvait en manger. Il a écouté sa propre voix qui lui a dit d’écouter la voix de sa femme. C’est là que le péché entre.

Jésus

À l’inverse, Jésus n’a pas discuté avec Satan dans le jardin de Gethsémané : il a prié son Père à trois reprises. C’est toute la différence. Jésus n’a même pas voulu écouter sa propre voix.

[…] Toutefois que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne, qui soit faite. (Luc 22.42)

Jésus a pris les derniers instants pour prier. Il l’a fait dans sa prière sacerdotale en Jean 17, et il l’a fait à trois reprises dans le jardin de Gethsémané. Et même, Jésus a pris avec lui trois disciples, Pierre, Jacques et Jean, et il leur demanda de veiller, comme je l’ai mentionné plus tôt. Ils ont préféré dormir. Nous allons regarder quelques versets dans l’évangile de Matthieu :

Il prit avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, et il commença à être saisi de tristesse et d’angoisse. Il leur dit alors : Mon âme est triste jusqu’à la mort, restez ici et veillez avec moi. Puis il s’avança un peu, se jeta la face contre terre et pria ainsi : Mon Père, s’il est possible, que cette coupe s’éloigne de moi! Toutefois, non pas comme je veux, mais comme tu veux. (Matthieu 26.37-39)

Puis, Jésus s’en va retrouver les disciples à qui il avait demandé de veiller avec lui :

Il revint vers les disciples, qu’il trouva endormis; il dit à Pierre : Vous n’avez donc pas été capables de veiller une heure avec moi! Veillez et priez, afin de ne pas entrer en tentation; l’esprit est bien disposé, mais la chair est faible. (Matthieu 26.40-41)

Mon impression est que Jésus luttait contre la tentation de ne pas boire la coupe que son Père lui a donnée. Et il exhorte ses disciples à faire de même. Jésus priait dans la tentation. Que fera Jésus ensuite?

Jésus s’éloigna une deuxième fois et pria ainsi : Mon Père, s’il n’est pas possible que cette coupe s’éloigne sans que je la boive, que ta volonté soit faite! (Matthieu 26.42)

On sent que la difficulté est plus grande. Jésus avait prié, puis il va vers ses disciples. On a l’impression qu’il sent le besoin de retourner en prière. Que font les disciples durant ce temps?

Jésus revint et les trouva encore endormis; car leurs yeux étaient appesantis. (Matthieu 26.43)

Que fera Jésus?

Il les quitta, s’éloigna de nouveau et pria pour la troisième fois en répétant les mêmes paroles. (Matthieu 26.44)

Nous avons pris quelques minutes pour lire ces versets, mais ce qui est décrit s’est déroulé durant quelques heures. Nous pouvons conclure cela de la parole de Jésus :

Jésus revint vers les disciples, qu’il trouva endormis; il dit à Pierre : Vous n’avez donc pas été capables de veiller une heure avec moi! (Matthieu 26.40)

Si Jésus a prié durant une heure la première fois, ce serait surprenant qu’il ait prié cinq minutes dans les deux autres moments de prière qu’il a pris avec son Père. Jésus s’est retrouvé seul au milieu de la plus grande lutte de sa vie, mais il a triomphé parce qu’il s’en est remis à Dieu. À la suite de ces moments dans la prière, Jésus se leva pour accomplir la rédemption. Jésus a prié non pas tant qu’il n’a pas obtenu ce que sa volonté humaine souhaitait, c’est-à-dire que la coupe de la colère de Dieu s’éloigne, mais tant que sa volonté humaine n’était pas conforme à celle de son Père. Ça me semble implicite du fait que, dès qu’il a terminé de prier, il fait face aux opposants. Hébreux 5.7 rappelle ces derniers moments :

C’est le Christ qui, dans les jours de sa chair, offrit à grands cris et avec larmes, des prières et des supplications à Celui qui pouvait le sauver de la mort. (Hébreux 5.7)

Jésus n’a pas négocié, avec des créatures, son chemin, ses droits. C’est aussi là que Jésus a vécu probablement la tentation la plus forte. Jésus n’a pas été seulement tenté lorsque l’Esprit le conduisit au désert. Lorsque Satan l’a tenté au désert, Jésus lui a répondu :

Retire-toi Satan! Car il est écrit : Tu adoreras le Seigneur, ton Dieu, et à lui seul, tu rendras un culte. (Matthieu 4.10)

Autrement dit, Satan voulait amener Jésus à désobéir à son Père, à prendre un autre chemin. Jésus lui dit : « Retire-toi, Satan ». Pierre a fait la même chose avec Jésus :

Jésus commença dès lors à montrer à ses disciples qu’il lui fallait aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, être mis à mort et ressusciter le troisième jour. Pierre, le prit à part et se mit à lui faire des reproches en disant : À Dieu ne plaise, Seigneur! Cela ne t’arrivera pas. (Matthieu 16.21-22)

Pierre fait la même chose que Satan : il veut convaincre Jésus de prendre un autre chemin que celui tracé par son Père. Qu’est-ce que Jésus lui répond?

Mais Jésus se retourna et dit à Pierre : Arrière de moi, Satan! Tu es pour moi un scandale, car tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. (Matthieu 16.23)

La plus grande tentation que Jésus a eue semble vraiment être celle d’éviter la croix. C’est le seul endroit dans tous les évangiles où on entend Jésus dire : « […] Toutefois que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne, qui soit faite. » (Luc 22.42) :

Père, si tu le veux, éloigne de moi cette coupe. Toutefois que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne, qui soit faite. (Luc 22.42)

Ce verset nous donne l’impression que Jésus a demandé à son Père s’il n’y avait pas un autre moyen d’accomplir le plan. Jésus n’a pas demandé que son Père laisse tomber son projet : il a demandé en parfaite soumission à son Père.

[…] si tu le veux […] (Luc 22.42)

[…] Toutefois que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne, qui soit faite. (Luc 22.42)

Alors, comment Jésus est-il demeuré ferme? En s’en remettant à son Père céleste. Alors qu’Ève a pris le fruit dans l’espoir de devenir comme Dieu, le Christ, qui est Dieu, a assumé fidèlement dans l’humanité son ministère. Dans nos vies, combien gagnons-nous lorsque nous nous en remettons à Dieu? Lorsque nous vivons une tentation, une épreuve (c’est le même mot grec), ça ne donne rien de négocier, de vouloir réfléchir avec des créatures qui s’opposent au Seigneur. Apprenons à prier notre Dieu qui sait toujours délivrer ses enfants.

Celui qui donne

Un autre contraste entre ce qui s’est passé dans le jardin d’Éden et ce qui s’est passé dans le jardin de Gethsémané, c’est celui qui donne. Pour Adam, c’est Ève qui lui a remis le fruit défendu. Pour Jésus, c’est la coupe que son Père lui a donnée à boire. Frères et sœurs, nous sommes toujours gagnants en prenant ce que Dieu nous donne, peu importe ce que c’est.

Nous sommes toujours perdants en prenant ce que quelqu’un qui désobéit à Dieu veut nous donner, que ce soit des conseils ou autres choses. Adam a pris le fruit défendu : Ève l’avait cueilli à la suite de la séduction de Satan. Ce fruit était en fait un poison. Le péché, c’est toujours une boule de poison présentée dans un emballage de friandise.

Jésus, pour sa part, a pris la coupe que son Père lui a donnée à boire. C’était la meilleure chose, malgré tout ce qu’elle représentait, même pour Jésus. Le fait qu’il ait pris cette coupe lui a donné d’accéder au trône en tant que représentant de l’humanité.

Le mandat créationnel

Si on revient à Adam et à Ève, ils devaient multiplier sur la terre la condition du jardin d’Éden. Ils n’étaient pas appelés à se limiter au jardin. Ils devaient remplir la terre.

Ils avaient comme mandat de glorifier le Seigneur dans toutes leurs activités, y compris dans la manière de remplir la terre. Donc, extensivement, c’est toute la terre qui devait être remplie. Si Adam et Ève avaient obéi au Seigneur, c’est par l’humanité conservée pure que la gloire de Dieu aurait rempli toute la terre. Intensivement, Adam et Ève devaient glorifier Dieu dans tout ce qu’ils faisaient.

Ils ont échoué : ils ont entraîné l’humanité dans le péché, la condamnation et la mort. Ils ont placé la création dans un désordre complet. Jésus est venu. Il a accompli parfaitement le plan de Dieu. Il est en train de sauver des hommes et des femmes jusqu’aux extrémités de la terre. Il nous a procuré la justification, le salut éternel, la résurrection, la glorification, bref, toutes les bénédictions.

Il va complètement purifier la création. Nous serons placés pour l’éternité dans ce jardin d’abondance, de repos, où la gloire de Dieu couvrira toute la terre.

Applications

Quelques applications :

Homme ou Dieu

La première est que nous ne devons pas nous confier dans une créature, mais en Dieu seul. Adam et Ève se sont tous les deux confiés en une créature : le serpent pour Ève; Ève pour Adam. Les résultats sont horribles. Jésus s’en est remis à son Père : les résultats sont glorieux.

Espérance

La deuxième application est que nous avons toutes les raisons de mettre notre espérance en Jésus-Christ. Bien que nous ne voyions pas encore le résultat final, nous savons que notre avenir est des plus prometteurs si nous sommes chrétiens.

C’est ce qui fait que nous acceptons actuellement de souffrir. Nous avons une espérance. Frères et sœurs, en qui est notre confiance? En Adam, c’est-à-dire dans les hommes qui ont tous échoué, y compris nous; ou en Jésus-Christ, qui est demeuré ferme et obéissant pour nous racheter? Où trouvons-nous notre joie? Dans l’homme dépravé qui s’enorgueillit pour sa perte ou dans le Fils de Dieu qui s’est humilié pour notre salut? Que le Seigneur vous bénisse. Nous allons prier.

Daniel Durand, pasteur
16 juin 2019

Prédicateur invité

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