Ce qui se cache derrière nos chutes, Jean 13.36-38

« Nous savons et nous sommes avertis de notre vulnérabilité. Ne présumons rien d’autre : nous sommes faibles. Jacques, un apôtre, a dit que : « Nous bronchons tous de diverses manières. » Notre responsabilité est de prendre tous les moyens que le Seigneur donne, de ne rien négliger et, par-dessus tout, nous devons toujours savoir que le Seigneur ne nous abandonne pas dans nos luttes ni dans nos faiblesses. Lorsque nous nous égarons, notre bon Berger vient nous chercher. L’exemple de Pierre est un puissant encouragement pour nous non pas à tomber, mais à persévérer malgré nos chutes. »

 

Introduction

Nous poursuivons aujourd’hui dans l’évangile de Jean et nous retrouvons ce cher apôtre Pierre en discussion avec Jésus.

Texte biblique

Simon Pierre lui dit : Seigneur, où vas-tu? Jésus répondit : Là où je vais, tu ne peux pas maintenant me suivre, mais tu me suivras plus tard. Seigneur, lui dit Pierre, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant? Je donnerai ma vie pour toi. Jésus répondit : Tu donneras ta vie pour moi! En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera point, que tu ne m’aies renié trois fois. (Jean 13.36-38)

Que le Seigneur bénisse sa Parole en nous. Prions…

Exposé

Pierre

Depuis le début du chapitre 13 (Jean 13) et ça se poursuivra jusqu’à la fin du chapitre 17, nous assistons aux derniers moments d’intimité entre Jésus et ses disciples. Les premiers versets du chapitre racontent le lavement des pieds. Ensuite, Jésus débusque Judas qui va quitter la pièce pour aller trahir Jésus.

Lorsque Judas quitte la pièce, au verset 30 du chapitre 13 (Jean 13.30), Jésus donne des enseignements à ses disciples, c’est-à-dire les vrais. Le verset 31 (Jean 13.31) nous montre que Jésus a attendu que Judas soit sorti pour dire des choses à ses disciples. Ces versets présentent un contraste entre Judas et Pierre : Judas trahit Jésus, Pierre renie Jésus. À première vue, ces deux prises de position sont semblables : entre trahir et renier, il y a peu.

Judas et Pierre ont failli tous les deux. Ils auraient dû être loyaux envers le Christ, mais quand on y regarde de plus près, il y a un monde de différence entre les deux. Dans le cas de Judas, son geste en fut un d’antagoniste, c’est-à-dire un opposant; dans le cas de Pierre, ce fut un moment de faiblesse temporaire, répréhensible, certes, mais temporaire. Dans le cas de Judas, il fut un ennemi de Jésus; dans le cas de Pierre, c’est un ami qui a failli à ce moment. Dans le cas de Judas, ce fut un geste délibéré, prémédité; dans l’évangile de Matthieu, au chapitre 26 (Matthieu 26), nous apprenons que Judas était déjà allé voir les principaux sacrificateurs et se fit payer pour livrer Jésus avant de se présenter dans la pièce avec Jésus et les autres disciples. Judas avait planifié, organisé son crime; Pierre a paniqué. Dans le cas de Pierre, il n’y avait rien de prémédité. Son intention était plutôt le contraire : suivre Jésus jusqu’au bout.

La grande différence entre Judas et Pierre, c’est que Pierre était un vrai croyant, alors que Judas a suivi Jésus durant trois années, mais sans croire réellement en lui. Il volait l’argent que les gens donnaient à Jésus et il a trahi Jésus aussi pour de l’argent. Nous avions vu avec le verset 30 (Jean 13.30) que Jean précise que lorsque Judas sortit, il faisait nuit. Dans l’évangile de Jean, la nuit est l’image de l’obscurité, des ténèbres du péché.

Judas s’est enfoncé dans les ténèbres et son choix fait qu’il est dans les ténèbres pour l’éternité. Il a rejeté celui qui est la lumière du monde. Si quelqu’un n’est pas à Jésus-Christ, il est dans les ténèbres et sa mort va le placer dans des ténèbres encore plus profondes, et ce, pour l’éternité.

Toutefois, l’expérience de Pierre peut même être un encouragement pour nous, parce que si Pierre, le leader parmi les apôtres, a chuté sans que sa foi ne défaille définitivement, il en est de même pour tous les chrétiens.

Tous peuvent chuter

La première leçon, c’est que tous les chrétiens peuvent chuter. Autrement dit, personne n’est à l’abri.

Aucune tentation ne vous est survenue qui n’ait été humaine; … Dieu est fidèle et ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces; mais avec la tentation, il donnera aussi le moyen d’en sortir, pour que vous puissiez la supporter. (1 Corinthiens 10.13)

Nous sommes avertis : la tentation est commune à tous les hommes. Même Jésus a été tenté. Paul présente ce point en rappelant que Dieu a une provision pour nous dans ces situations. Sa fidélité fait qu’il ne permettra pas que nous soyons tentés au-delà de nos forces. C’est donc que Dieu contrôle au moins soit la tentation soit nos forces ou les deux. En fait, je pense que c’est les deux. On le voit avec Job : c’est Dieu qui fixe la gravité de l’épreuve, de la tentation.

On le voit aussi dans un discours sur la fin des temps où Jésus dit que les jours de persécutions intenses seront abrégés à cause des élus. Dieu donne aussi la force de résister.

[…] mais avec la tentation, il donnera aussi le moyen d’en sortir, pour que vous puissiez la supporter. (1 Corinthiens 10.13)

Par conséquent, nous avons cette promesse que le secours de Dieu est toujours présent. Nous pouvons traverser l’épreuve, la supporter. Notre Dieu ne nous abandonne pas à nos propres forces. Lorsque nous sommes tentés ou éprouvés (c’est le même mot grec), nous expérimentons quelque chose de commun à tous les chrétiens. Dans un sens, il n’y a rien d’extraordinaire. C’est plutôt commun.

Soyez sobres. Veillez! Votre adversaire, le diable, rôde comme un lion rugissant, cherchant qui dévorer; résistez-lui, fermes en la foi, et sachant que les mêmes souffrances sont imposées à vos frères dans le monde. Le Dieu de toute grâce, qui, en Christ, vous a appelés à sa gloire éternelle, après que vous aurez souffert un peu de temps, vous formera lui-même, vous affermira, vous fortifiera, vous rendra inébranlables. (1 Pierre 5.8-10)

Ne pensons jamais que notre situation est désespérée. Ne pensons jamais que notre situation n’est pas couverte par les promesses de Dieu.

Dieu est fidèle et il ne permettra pas que vous soyez tentés au-delà de vos forces; mais avec la tentation, il donnera aussi le moyen d’en sortir, pour que vous puissiez la supporter. (1 Corinthiens 10.13)

David est un exemple de chute. Jusque-là, il avait démontré une attitude exemplaire. Il a démontré une grande loyauté envers Saül. Alors que ce dernier voulait tuer David et que David avait la possibilité de tuer Saül, David ne l’a pas fait. Par égard pour Dieu qui avait placé Saül, David n’a jamais voulu se venger. Un jour, son peuple était en guerre. Normalement, David aurait dû être au combat. Il est demeuré chez lui alors que la plupart des hommes étaient sur le champ de bataille. Il se promène sur le toit de sa maison. Il aperçoit Bath-Chéba qui prend son bain. Il vit qu’elle était très belle. C’est donc qu’il n’a pas détourné son regard. Nous connaissons la suite : David, qui était un adorateur de l’Éternel, un prophète, le roi selon le cœur de Dieu, un homme d’une éthique exemplaire, a chuté. Il s’est laissé aller à la tentation. Frères et sœurs, nous marinons, nous baignons dans un monde qui ne nous offre que le péché, que le rejet de la loi de Dieu.

De plus, notre chair est prompte à accueillir le péché. Il nous faut résister en prenant les provisions de Dieu. Dans un sens, il se peut que David n’était pas préparé au danger au sens où il n’avait pas été averti, mais Pierre a été averti. Nous allons regarder les étapes qui mènent à la chute. Quand la chute arrive, elle semble soudaine, mais il y a toujours des facteurs qui précèdent la chute. Un commentateur raconte qu’il y a plusieurs années, une station de télévision de Philadelphie a montré un reportage sur la démolition spectaculaire d’un hôtel sur la côte est, donc qui donne sur l’Atlantique. Cet hôtel était un endroit qui était bien aimé depuis longtemps par ceux qui voulaient se reposer près de la mer. Lorsque le moment de la démolition est venu, les gens ont été très surpris. Il y avait eu une petite annonce dans les journaux, mais nous savons que peu de gens lisent ce genre d’avis.

Donc le moment arrive et, ce que la population a vu, c’est un gros bruit suivi d’un immense nuage de poussière. Une minute, l’hôtel est debout; une autre minute, plus rien, que des débris. Pour la population, cette chute fut subite. Le reportage informait pourtant qu’il y avait eu un long processus qui a précédé la démolition. D’abord, ce bâtiment avait été trop négligé, ce qui l’a rendu désuet. Ensuite, durant les mois qui ont précédé, il y a eu plusieurs experts qui s’étaient rendus sur le site pour examiner la construction et pour faire des plans à savoir où les explosifs devraient être placés. La chute fut soudaine, mais la préparation dura des mois : nos chutes ne sont pas différentes et c’est ce que l’exemple de Pierre nous fournit.

Les étapes de la chute

La confiance

Le premier élément, c’est la présomption. C’est le fait d’avoir une telle confiance en soi, une surévaluation de ses capacités. Relisons les versets :

Simon Pierre lui dit : Seigneur, où vas-tu? Jésus répondit : Là où je vais, tu ne peux pas maintenant me suivre, mais tu me suivras plus tard. Seigneur, lui dit Pierre, pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant? Je donnerai ma vie pour toi. (Jean 13.36-37)

Le Seigneur vient de dire à Pierre que là où il va, Pierre ne peut pas le suivre maintenant, mais il le suivra plus tard. Pierre lui répond :

Pourquoi ne puis-je pas te suivre maintenant? Je donnerai ma vie pour toi. (Jean 13.37)

Pierre avait pourtant prononcé une belle profession de foi.

Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. (Matthieu 16.16)

Si Jésus est le Christ, le Fils du Dieu vivant, Pierre est très présomptueux de penser qu’il peut aller là où Jésus vient de lui dire qu’il ne peut pas aller. Pierre s’obstine contre Jésus. Il remet en question la parole de son Maître. Si nous paraphrasons la réponse de Jésus :

[…] [Tu penses réellement pouvoir me suivre là où je vais?] En vérité, en vérité, je te le dis, le coq ne chantera point, que tu ne m’aies renié trois fois. (Jean 13.38)

Pierre est convaincu d’une chose : il est convaincu qu’il a la capacité, la force, la détermination. Pierre veut et il s’aveugle sur lui-même. Pierre ne sait pas dans quoi il veut s’embarquer. Frères et sœurs, nous avons besoin du regard des autres sur nous-mêmes et surtout du regard du Seigneur sur nous-mêmes. Les Écritures nous enseignent sur la fragilité, la vulnérabilité de l’homme. Lorsque nous sommes présomptueux, nous nous fions sur nous-mêmes et non sur le Seigneur et c’est le premier pas vers la chute. À moins que nous nous appuyions sur le Seigneur, c’est la chute qui nous attend. Paul dit :

Non que nous soyons par nous-mêmes capables de concevoir quelque chose comme venant de nous-mêmes, mais notre capacité, vient de Dieu. (2 Corinthiens 3.5)

Si quelqu’un pense être quelque chose, alors qu’il n’est rien, il s’illusionne lui-même. (Galates 6.3)

Imaginez que vous voulez grimper dans un poteau en bois tel que ceux qui supportent les fils électriques. On vous remet une ceinture spéciale. Le travailleur porte un harnais qui le supportera complètement. À ce harnais est attachée une ceinture qui va contourner le poteau. Cette ceinture est munie de clous qui entreront dans le bois pour qu’elle ne glisse pas. Si le travailleur est présomptueux et pense ne pas avoir besoin de la ceinture, il va chuter, mais s’il a l’humilité de reconnaître sa vulnérabilité, il va mettre tout son poids sur la ceinture afin de ne pas chuter. Il ne présumera pas de ses capacités : il va présumer de son incapacité. Cet homme dans le poteau, plus il va mettre son poids sur la ceinture, plus il évite les chutes, puisque les clous vont s’enfoncer davantage. Plus le chrétien s’appuie sur Dieu, plus il évite les chutes.

Manque à la prière

Le deuxième élément qui conduit à la chute et qui est rattaché au premier, c’est un manque à la prière. Évidemment, lorsqu’on croit qu’on a la force en nous-mêmes, on n’a pas besoin de Dieu, on ne se confie pas en lui. Nous retrouvons ce point dans le jardin de Gethsémané après la discussion entre Pierre et Jésus et le reniement de Pierre.

Arrivé à cet endroit, Jésus dit à ses disciples : Priez, afin de ne pas entrer en tentation. (Luc 22.40)

Jésus s’éloigne un peu d’eux et revient quelques minutes après. Il leur dit :

Pourquoi dormez-vous? Levez-vous, priez, afin de ne pas entrer en tentation. (Luc 22.46)

Par les autres évangiles, nous savons que Jésus leur a donné cette mise en garde à trois reprises. Les disciples ont préféré dormir plutôt que de veiller. Nous savons que l’exhortation à veiller dans la Bible est plus que de garder les yeux ouverts : il s’agit d’être vigilants. Dormir dans ce cas est aussi plus que de somnoler. En fait, si les disciples ont somnolé, c’est qu’ils n’ont pas considéré le danger.

Vous êtes à l’extérieur, vous êtes fatigués et vous désirez faire une sieste dans votre chaise longue. Vous vous installez et, là, vous entendez votre voisin crier : « Attention, mon boa vient de s’enfuir de sa cage. Il est à l’extérieur. » Vous risquez de vous lever promptement et de prendre tous les moyens pour ne pas rencontrer le boa. Les disciples n’ont pas tenu compte des avertissements répétés de Jésus, qui leur demandait de prier afin de ne pas entrer en tentation. La question se pose : lorsque la tentation vient, quelle est ma réaction? Je dirais même que nous devons prier de manière préventive afin d’être déjà prêts lorsque les vents contraires arrivent.

À distance

Le troisième élément de la chute de Pierre, nous le retrouvons dans le texte suivant.

Après s’être emparés de Jésus, les principaux sacrificateurs emmenèrent Jésus et le conduisirent dans la maison du souverain sacrificateur. Pierre suivait de loin. (Luc 22.54)

Pierre examinait la situation de loin : il avait pris une distance. Sa peur l’a amené à s’éloigner de son Maître. Il voulait sauver sa peau. Jésus est arrêté et c’est la panique chez Pierre comme chez les autres disciples. Où est rendue la bravoure que Pierre venait d’exprimer?

Mais Pierre affirmait plus fort : Quand il me faudrait mourir avec toi, je ne te renierai point. Et tous disaient de même. (Matthieu 26.31)

Ce que Pierre a fait est caractéristique de la plupart d’entre nous : nous voulons suivre Jésus, mais lorsque la difficulté arrive, lorsque le sacrifice se présente, nous ne voulons pas les conséquences. Nous prenons nos distances, mais sans quitter définitivement. Pierre finit par se tenir dans la cour près du temple. Il se retrouve finalement en compagnie des ennemis de Dieu. À mesure que Pierre s’éloigna du Seigneur, il s’approchait de ses ennemis. Il leur disait ce que ceux-ci voulaient entendre :

Cependant, Pierre était assis dehors dans la cour. Une servante s’approcha de lui et dit : Toi aussi, tu étais avec Jésus le Galiléen. Mais il le nia devant tous disant : Je ne sais pas ce que tu veux dire. Comme il se dirigeait vers le porche, une autre le vit et dit à ceux qui se trouvaient là : Celui-ci était avec Jésus de Nazareth. Il le nia de nouveau avec serment : Je ne connais pas cet homme. Peu après, ceux qui étaient là s’approchèrent et dirent à Pierre : Vraiment, tu es de ces gens-là, ton langage te fait reconnaître. (Matthieu 26.69-73)

On ne peut se désolidariser du Seigneur sans se solidariser de ses ennemis. On ne peut se solidariser des ennemis du Seigneur sans se désolidariser du Seigneur. Pierre est même allé plus loin : son troisième reniement est marqué par l’exaspération.

Alors Pierre se mit à faire des imprécations et à jurer : Je ne connais pas cet homme. (Matthieu 26.74)

Des imprécations, c’est appeler la malédiction sur quelqu’un. Celui qui se présentait comme un brave, un homme courageux disposé à subir même la mort pour le Christ, se révèle être un homme paniqué. Il a perdu tous ses moyens. Lorsque nous nous enfonçons dans le péché, c’est ce qui arrive. Qu’entend-il après avoir renié trois fois le Christ? Il entend le coq chanter.

Pierre se souvint de la parole que Jésus avait dite : Avant que le coq chante, tu me renieras trois fois. Il sortit, et dehors il pleura amèrement. (Matthieu 26.75)

Pierre se souvint de la parole que Jésus avait dite. Quand on s’enfonce dans le péché, quand on se laisse diriger par la peur, on oublie les paroles du Seigneur. On oublie ses promesses. On ne se laisse diriger que par nos pensées, nos impressions, nos peurs.

Jésus

Dans tout le chemin que Pierre a parcouru vers le reniement, il y a un autre personnage qui était présent : c’est Jésus. Pendant que Pierre chutait, Jésus veillait.

Avez-vous remarqué que Jésus a annoncé à Pierre qu’il allait le renier trois fois, mais que Jésus n’a pas empêché Pierre de le faire? Jésus savait ce qui s’en venait. Il n’a pas empêché Judas de le livrer et il n’a pas empêché Pierre de le renier. Le Seigneur laisse le mal être pratiqué, parce qu’il va l’utiliser pour sa gloire. Nous ne savons pas toujours la manière dont il s’y prendra, mais nous savons qu’il se glorifiera en toutes choses.

Comme nous avons suivi Pierre à chaque élément de sa chute, nous allons maintenant suivre chaque élément des interventions de Jésus.

Jésus a prié

La première, c’est que Jésus a prié pour Pierre.

Simon, Simon, Satan vous a réclamés pour vous passer au crible comme le blé. Mais j’ai prié pour toi, afin que ta foi ne défaille pas, et toi, quand tu seras revenu à moi affermis tes frères. Seigneur, lui dit Pierre, je suis prêt à aller avec toi en prison et à la mort. Et Jésus dit : Pierre, je te le dis, le coq ne chantera pas aujourd’hui, que tu n’aies nié trois fois de me connaître. (Luc 22.31-34)

Jésus a prié pour que la foi de Pierre ne défaille pas. Nous devons croire que la prière de Jésus est toujours exaucée. Jésus a prié de manière préventive pour Pierre, de sorte que sa foi n’a pas défailli. Est-ce que Jésus a prié seulement pour Pierre? Dans ce cas précis, possiblement. Cela dit, nous devons savoir que Jésus a prié pour tous les siens.

Dans Jean 17, nous avons la prière sacerdotale. On l’appelle ainsi, parce que c’est la prière où le sacrificateur offre à Dieu le sacrifice et prie pour la rédemption, pour le salut de ceux qui sont au bénéfice du sacrifice. Dans le cas de Jésus, il était le sacrificateur et le sacrifice et il prie son Père. Les points qui ressortent de sa prière sont les suivants : « Que ceux que le Père lui a donnés aient la vie éternelle. », « Que ceux-ci connaissent le Père et ce qu’il a envoyé, c’est-à-dire le Christ. » Concernant les douze apôtres, il dit que ceux-ci ont gardé sa Parole. Ils ont reconnu que tout ce que le Père a donné au Fils venait vraiment du Père. Ils ont reconnu que le Fils est sorti d’auprès du Père et ils ont cru que le Fils était l’envoyé du Père. Ensuite, Jésus précise qu’il prie pour eux et non pas pour le monde. Autrement dit, les non-élus ne sont pas au bénéfice de la prière de Jésus ni de son œuvre expiatoire. Jésus prie ensuite pour l’unité des siens, ajoutant qu’il les a préservés. Jésus prie ensuite de garder les élus du Malin. Il prie que le Père sanctifie les siens et au verset 20, nous comprenons que nous sommes visés par sa prière :

Ce n’est pas pour eux seulement que je prie, mais encore pour ceux qui croiront en moi. (Jean 17.20)

Frères et sœurs, avant d’aller à la croix, Jésus, qui avait prié pour Pierre, a aussi prié pour nous, pour tous ceux que le Père lui a donnés. Il a intercédé pour nous afin que nous parvenions jusqu’à la maison du Père. Encore aujourd’hui, le Fils intercède pour nous.

Le Christ-Jésus est celui qui est mort; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous! (Romains 8.34)

Dans cette affirmation de Jésus, il y a le fait que Pierre avait la foi : Jésus n’a pas prié afin que Pierre ait la foi, mais afin que celle-ci ne défaille pas. La semence était en Pierre. Cette semence va porter son fruit. Nous voyons que si Pierre a négligé la prière, le Christ n’a pas négligé de prier pour Pierre.

Avertissement

La deuxième intervention de Jésus, c’est qu’il avertit Pierre. Nous ne sommes pas avertis de la même façon, c’est-à-dire chaque fois que nous péchons, nous ne recevons pas une parole de Jésus qui nous dit : « Tu t’apprêtes à commettre tel péché. » Cela dit, la Parole de Dieu nous avertit et lorsque nous nous apprêtons à pécher, l’Esprit de Dieu nous convainc. Parfois, sinon souvent, nous y allons malgré cela.

Jésus a averti Pierre. En l’avertissant, Jésus disait indirectement que ses prétentions ne sont que des prétentions. « Tu dis que tu me suivras jusqu’à la mort. Dans quelques heures, tu me renieras. » Le Seigneur connaît nos faiblesses. Il sait d’avance que nous allons chuter. Il sait tout. Nous devrions prendre au sérieux les avertissements du Seigneur qui peuvent aussi passer par les frères et sœurs.

Nous devons les prendre au sérieux et ne jamais présumer. Non seulement nous ne devrions pas présumer de nos forces, car nous n’en avons pas, mais nous devrions présumer de nos faiblesses. Nous devons savoir que nous sommes vulnérables, inconstants, et que nous tombons facilement. Nous sommes avertis.

Jésus exhorte à veiller et prier

La troisième intervention de Jésus, c’est qu’il exhorte Pierre et les autres à veiller et à prier afin de ne pas tomber en tentation. Jésus donne des moyens de grâce afin que nous luttions contre le péché dans nos vies. Nous devons croire que ces moyens sont efficaces, c’est-à-dire qu’ils produisent l’effet voulu. Lorsque nous péchons, il est bon de regarder en arrière. Souvent, nous allons constater une négligence des moyens de grâce.

On ne prie pratiquement plus, on lit la Bible rapidement, superficiellement, on manque les réunions d’Église. Bref, on s’éloigne du Seigneur. On se tient à distance. Le Seigneur nous donne des moyens pour notre croissance, pour nous fortifier dans les combats propres aux chrétiens dans ce monde.

Réintégration

La quatrième intervention de Jésus est qu’il réintègre Pierre dans sa vocation. Nos chutes sont amorties par le Seigneur et il les utilise pour nous former. Le Seigneur ne condamne pas les siens. Lorsqu’ils tombent, il les relève. Ainsi en fut-il de Moïse, de Jonas, de Pierre, de vous et de moi.

Applications

Maintenant, quelques applications :

Le péché

Le chrétien est un pécheur. Est-ce qu’un chrétien peut devenir non pécheur ici-bas? Évidemment que non : seule la mort mettra fin à la présence du péché non seulement autour de nous, mais en nous. Cela dit, une autre question se pose : est-ce qu’un chrétien peut lutter contre le péché? Évidemment : non seulement il le peut, mais il le doit.

C’est Dieu qui donne le vouloir et le faire. C’est lui qui garde nos pensées en Jésus-Christ. On parle ici de synergisme, c’est-à-dire que Dieu opère en nous, mais nous sommes appelés à joindre tous nos efforts. Tous ces efforts que nous pouvons faire ont comme source l’œuvre transformatrice de l’Esprit en nous. La sanctification ne se fera jamais par nous, tout comme elle ne se fera jamais sans nous : elle se fait avec nous.

Nous savons et nous sommes avertis de notre vulnérabilité. Ne présumons rien d’autre : nous sommes faibles. Jacques, un apôtre, a dit que : « Nous bronchons tous de diverses manières. » Notre responsabilité est de prendre tous les moyens que le Seigneur donne, de ne rien négliger et, par-dessus tout, nous devons toujours savoir que le Seigneur ne nous abandonne pas dans nos luttes ni dans nos faiblesses. Lorsque nous nous égarons, notre bon Berger vient nous chercher.

L’exemple de Pierre est un puissant encouragement pour nous non pas à tomber, mais à persévérer malgré nos chutes. Que le Seigneur bénisse sa Parole en nous.

Daniel Durand, pasteur
14 janvier 2018

Prédicateur invité

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