Caractéristiques de l’amour de Dieu pour nous, Jean 17.23

« Son amour ne doit pas être mesuré à partir de ces considérations mais uniquement à partir de la croix de sorte que, pour savoir comment Dieu m’aime, je ne dois pas regarder aux choses que j’ai ou aux situations que je traverse, mais je dois regarder à la croix […] Parfois, nous sommes tellement centrés sur nous-mêmes que nous n’apprécions même plus l’amour de Dieu manifesté à la croix. […] Nous sommes parfois comme ça : le Seigneur nous a sauvés de la perdition éternelle, du naufrage de nos vies, il nous aime d’un amour éternel, et nous trouvons le moyen de critiquer, de maugréer et de contester. […] Alors, comment allons-nous répondre à l’amour éternel, infini, parfait et actif de Dieu? En aimant notre Dieu de tout notre cœur, de tout notre âme, et de toute notre pensée, et notre prochain comme nous-mêmes. »

 

Introduction

Nous allons lire dans l’évangile de Jean, au chapitre 17, le verset 23.

[…] moi en eux, et toi en moi, afin qu’ils soient parfaitement un, et que le monde connaisse que tu m’as envoyé et que tu les as aimés, comme tu m’as aimé. (Jean 17.23)

Que le Seigneur bénisse sa Parole.

 

Exposé

La Bible nous parle beaucoup d’amour et, en particulier, de l’amour de Dieu pour son peuple. Sous des vocables tels la compassion, la miséricorde, la bonté et d’autres, les Écritures ne manquent pas d’insister sur ce point, mais le verset que nous avons lu a une particularité :

[…] tu les as aimés, comme tu m’as aimé. (Jean 17.23)

Si jamais un frère ou une sœur ici se pose la question à savoir comment Dieu nous aime, la réponse est là : il nous aime du même amour que le Père aime le Fils éternel. Certains ont compris ce verset comme si Dieu nous aime, parce qu’il aime son Fils; d’autres affirment que Dieu nous aime parce que nous sommes en son Fils. Ces affirmations sont vraies, mais elles ne rendent pas justice à la force du verset.

[…] tu les as aimés, comme tu m’as aimé. (Jean 17.23)

L’adverbe que le texte utilise n’a pas un sens vague. Si je dis, par exemple, que j’aime les pommes comme j’aime les oranges, comme j’aime les raisins, je fais simplement dire que j’aime ces fruits. L’adverbe grec a un sens plus fort et signifie « autant que », « de la même manière » ou « exactement comme il a été dit » ou « dans la même mesure que ».

Nous le retrouvons souvent dans des versets qui citent l’Ancien Testament :

Celui qui croit en moi, des fleuves d’eau vive couleront de son sein, comme dit l’Écriture. (Jean 7.38)

« [Exactement comme le dit l’Écriture,] des fleuves d’eau vive couleront de son sein ». Autrement dit, il n’y a pas de différence entre ce que dit l’Écriture et l’accomplissement. L’amour que Dieu a pour nous, frères et sœurs, est identique à l’amour qu’il a pour son Fils. Il n’y a pas de différence entre l’amour que Dieu a pour son Fils et l’amour qu’il a pour chacun de ses enfants. C’est un amour merveilleux. Il est merveilleux pour plusieurs raisons. De voir que Dieu aime des créatures du même amour qu’il aime son Fils éternel me dépasse, mais surtout, de voir que Dieu aime des créatures qui étaient rebelles et que, même dans leur rébellion, il les aimait du même amour qu’il aime son Fils, ça me dépasse encore plus :

Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous. (Romains 5.8)

Dieu n’a pas commencé à nous aimer à notre conversion : il nous aime d’un amour éternel et il l’a prouvé en livrant son Fils pour nous, alors que nous étions encore des pécheurs, des ennemis de Dieu. Nous avons dans cela une première vérité qui doit nous interpeler : Dieu n’a pas de préféré au sein de son peuple. Nombre de personnes ont souffert de voir leur frère ou leur sœur être le chou-chou, le préféré des parents. Le message que ça envoie, c’est que les autres ne sont pas aimés intensément. Notre Père céleste nous aime tous du plus grand amour qui soit. Dieu nous aime tellement qu’il n’aurait pas pu nous aimer davantage. Cet amour, nous sommes incapables de l’apprécier pleinement. C’est un amour qui nous dépasse. Je vous ai souvent comparé le salut à un couple qui adopte un enfant qui sabotait leur maison. Le couple, au lieu de condamner cet enfant, décide de l’adopter, de le sortir de la rue, de lui donner une identité, un foyer, des repas, une éducation, etc. Sur le coup, l’enfant ne pourra pas réaliser l’amour de ce couple pour lui, parce qu’il n’a pas connu un aussi grand amour dans son enfance. De la même manière, nous ne sommes pas en mesure d’apprécier l’amour que Dieu a pour nous parce que jamais nous ne goûtons un amour aussi intense les uns envers les autres. Ce n’est pas vrai que j’aime mon épouse comme le Christ aime son Église. Mon égoïsme, mon péché font que mon amour est pâle. Regardons quelques caractéristiques de l’amour du Père pour son Fils éternel afin d’apprécier davantage l’amour de Dieu pour nous.

Éternité

Éternité passée

La première caractéristique de l’amour du Père pour son Fils est que c’est un amour éternel, un amour qui n’a jamais commencé. Je vous ai souvent cité Jérémie 31, versets 31 à 33, où le prophète annonce les modalités de la nouvelle alliance, mais au début du chapitre, nous avons cette affirmation :

De loin l’Éternel se montre à moi : Je t’aime d’un amour éternel ; c’est pourquoi je te conserve ma bienveillance. (Jérémie 31.3)

Un époux peut bien dire à son épouse qu’il l’aime et qu’il l’aimera toujours, nous savons bien que cet amour n’est pas éternel. D’abord, il a eu un commencement. Avant de rencontrer sa future épouse, ce jeune homme n’aimait pas du tout cette inconnue. De plus, cet amour aura une fin. La mort viendra mettre un terme à la relation conjugale. Celui ou celle qui restera vivra peut-être de souvenirs, s’ennuiera possiblement de son mari, mais lorsqu’elle décèdera, il n’y aura plus cet amour conjugal. À l’inverse, l’amour de Dieu pour nous n’a eu ni commencement et n’aura pas de fin. C’est un amour éternel :

En lui, Dieu nous a élus avant la fondation du monde, pour que nous soyons saints et sans défaut devant lui. Dans son amour, il nous a prédestinés par Jésus-Christ à être adoptés, selon le dessein bienveillant de sa volonté, (Éphésiens 1.4-5)

Dieu ne s’est pas dit à un moment donné : « Tiens, lui je vais l’aimer ». Quand j’étais jeune, je ne me souciais vraiment pas à savoir si j’allais fonder une famille et avoir des enfants. Lorsque nous nous sommes mariés, Loraine et moi ne voulions pas d’enfant. Un jour, le Seigneur nous a vraiment mis à cœur d’avoir des enfants. Lorsque Loraine est tombée enceinte, nous étions très heureux et nous avons commencé à aimer cet enfant qu’elle portait. C’est un bel amour, mais c’est un amour qui a eu un commencement. Ce n’est pas un amour éternel. L’amour de Dieu pour nous est de toute autre nature. Ce n’est pas un amour qui a eu un commencement. Pouvez-vous imaginer? Dans l’éternité passée, nous étions déjà aimés par Dieu du même amour qu’il aime son Fils. Nous retrouvons un autre texte dans le Nouveau Testament qui nous parle d’avant la fondation du monde :

Vous savez en effet que ce n’est point par des choses périssables, argent ou or, que vous avez été rachetés de la vaine manière de vivre, héritée de vos pères, mais par le sang précieux de Christ, comme d’un agneau sans défaut et sans tache ; il a été désigné d’avance, avant la fondation du monde, et manifesté à la fin des temps, à cause de vous. (1 Pierre 1.18-20)

Nous devons comprendre ceci : avant la fondation du monde, le Seigneur nous a aimés dans son Fils, c’est-à-dire que son projet pour nous était déjà de nous traiter comme son propre Fils, de nous aimer comme il aime son propre Fils et c’est pourquoi, toujours avant la fondation du monde, le Père a désigné le Fils pour qu’il verse son sang pour nous sauver. Tout cela était déjà présent dans l’éternité passée.

Éternité future

Ce n’est pas tout : être aimés d’un amour éternel implique aussi que Dieu va nous aimer pour l’éternité. Pouvons-nous imaginer qu’un jour, le Père va cesser d’aimer son Fils unique? Peut-on imaginer que l’affection profonde qui existe entre le Père et le Fils depuis toute éternité va cesser? Non? De la même manière, nous ne devons jamais penser que Dieu va cesser ou a cessé de nous aimer. L’amour entre le Père et le Fils est éternel, sans commencement, sans fin. Parce que Dieu nous a aimés comme il aime son propre Fils, Dieu nous aime éternellement, d’un amour sans commencement, sans fin.

Qui accusera les élus de Dieu ? Dieu est celui qui justifie ! Qui les condamnera ? Le Christ-Jésus est celui qui est mort ; bien plus, il est ressuscité, il est à la droite de Dieu, et il intercède pour nous ! Qui nous séparera de l’amour de Christ ? La tribulation, ou l’angoisse, ou la persécution, ou la faim, ou le dénuement, ou le péril, ou l’épée ? (Romains 8.33-35)

Mais dans toutes ces choses, nous sommes plus que vainqueurs par celui qui nous a aimés. Car je suis persuadé que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni les êtres d’en-haut, ni ceux d’en-bas, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Christ-Jésus notre Seigneur. (Romains 8.37-39)

Croyons-nous, frères et sœurs, que rien ne nous séparera de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ? Croyons-nous que Dieu nous aime d’un amour éternel?

Infini

La deuxième caractéristique de l’amour du Père pour son Fils est que c’est un amour infini. Autrement dit, Dieu ne pourrait pas aimer son Fils plus qu’il l’aime. De la même façon, Dieu ne pourrait pas nous aimer plus qu’il nous aime :

Car Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. (Jean 3.16)

Dieu nous a tant aimés qu’il a donné son Fils unique. Si le Seigneur ne nous aimait pas autant qu’il aime son Fils, ce verset n’aurait pas été écrit. L’adverbe traduit par « tant » signifie « ainsi », « pareil ». Nous pourrions facilement traduire par : « Le niveau de l’amour de Dieu est tel qu’il a donné son Fils unique […] » Cet amour est infini, comme je l’ai dit, au sens où Dieu ne pourrait pas nous aimer davantage. Il nous a donné ce qu’il a de plus précieux, son Fils unique. Que l’on ressente cet amour ou non, si nous sommes au Seigneur, nous sommes aimés d’un amour infini.

Un jour, le psychologue suisse Paul Tournier reçoit une dame dans son cabinet. Lorsqu’il eut terminé avec elle, elle ouvre la porte et lui demande avant de partir : « Je demeure trop loin pour venir souvent. Est-ce que je peux vous écrire? » Il lui répond qu’elle le peut. Elle ajoute : « Aussi souvent que je le veux? » Il répond : « Vous pouvez m’écrire aussi souvent que vous le voulez, il n’y a aucune limite. », mais il constate après que ce n’est pas vrai. Il a réalisé que l’infini est l’absence de limite et qu’il ne pouvait pas s’engager comme ça à lui répondre aussi souvent qu’elle le voudrait.

Quand nous disons que l’amour de Dieu pour nous est sans limite, là, c’est vrai. Il est sans limite. L’amour de Dieu est sans limite parce que Dieu est sans limite. Il n’est pas limité dans le temps, dans sa capacité d’agir, dans sa puissance, ni dans son amour. Le caractère infini de l’amour de Dieu pour ses enfants nous montre également qu’il n’y a pas de variations dans son amour pour nous. Il n’y a pas une journée où Dieu nous aime moins et une autre où il nous aime plus : l’amour de Dieu pour nous est infini, sans limite. Pour nous, créatures limitées, nous voyons peut-être cela comme un amour simplement plus grand que ce que nous pouvons connaître. Oui, l’amour de Dieu est plus grand que ce que nous pouvons connaître dans nos rapports mutuels, mais l’amour de Dieu n’est pas seulement plus grand : il est infini, c’est-à-dire qu’il n’y a plus de grandeur rendu là ou c’est une grandeur à l’infini. Imaginez une maison qui aurait une surface de 10 mètres par 10 mètres, mais une hauteur infinie. Impossible à mesurer. Non mais, comment tu fais pour te rendre sur le toit? Il n’y a pas de toit. Si tu passais ton éternité à monter les étages, tu n’arriverais jamais au dernier étage. C’est infini. L’amour de Dieu pour nous est infini, sans limite, sans borne, sans variation, sans fluctuation. Maintenant, considérons, frères et sœurs, l’amour de Dieu en lien avec d’autres de ses attributs.

La sainteté

Le premier attribut que je vous propose est sa sainteté. Dieu est saint, parfaitement saint. Il m’aime d’un amour éternel alors que je suis sale, et alors que je me salis encore. Dieu n’aime pas mon péché, mais il m’aime et il m’aime autant qu’il aime son Fils éternel.

L’omniscience

Le deuxième que je vous propose est son omniscience. Dieu sait tout, parfaitement tout, totalement tout. Il connaît mes chutes, mes doutes, mes manquements. Il me connaît parfaitement. Si Dieu n’avait pas l’omniscience, c’est-à-dire si Dieu ne connaissait pas tout exhaustivement dans ma vie, je pourrais me questionner :

  • Tu m’aimes depuis toute éternité, mais ne savais-tu pas que j’allais commettre tel et tel péché?
  • Ne savais-tu pas que, même après ma conversion, j’allais retourner dans tel péché auquel je croyais avoir renoncé définitivement?

Dieu savait tout de moi. Il savait tout de vous, ce qui est caché comme ce qui est manifeste. Il connaissait non seulement toutes mes actions, mais aussi toutes mes pensées, tous mes états d’âme, toutes les injustices que j’allais commettre. Il savait tout et il m’a aimé dans l’éternité passée.

La majesté

Le troisième attribut que je vous propose est la majesté de Dieu. Dieu est grand, nous le chantons souvent. Il est majestueux, il est glorieux et, dans sa grandeur infinie, Dieu aime des faibles créatures comme nous. J’aime bien les petits oiseaux. Nous avons deux mangeoires à la maison. Je les aime bien, mais jamais comme mes propres enfants. Dieu aime de faibles créatures autant qu’il aime son Fils éternel.

Parfait

Nous avons vu que l’amour de Dieu pour nous est éternel, qu’il est infini et, maintenant, nous allons voir que son amour pour nous est parfait. Nous ne sommes pas capables d’aimer parfaitement. Notre amour est réel, mais il comporte des saletés. Mon amour pour mon épouse ou mon amour pour vous, frères et sœurs, est tellement imparfait. Mon amour est entaché d’égoïsme, d’orgueil, d’envie et de tous mes autres péchés. L’amour des hommes est tellement imparfait et c’est ce qui explique les divorces, les amitiés terminées, la rébellion des enfants à leurs parents et la déresponsabilisation des parents face à leurs enfants. C’est ce qui explique la plupart des crises dans les Églises. Nous aimons imparfaitement, pour ne pas dire que notre amour est parfois remplacé par la haine et la rancune. Nous prenons à la légère nos responsabilités. Nous regardons les situations en étant centrés sur nous-mêmes. Nous voyons notre frère ou notre sœur dans le besoin et n’intervenons pas comme il se doit. Nous fermons notre cœur. Nous soupçonnons le mal chez les autres, nous colportons des faussetés sur certains autres, nous nous critiquons les uns les autres et après nous chantons Mon Jésus, je t’aime. Frères et sœurs, nous aimons, mais nous aimons mal : nous aimons imparfaitement. L’amour de Dieu pour nous est tellement différent : il nous aime parfaitement.

Actif

L’amour de Dieu pour nous est un amour éternel, infini, parfait, et nous allons maintenant voir que c’est un amour actif. Dans le livre La discipline d’Église – l’importance de protéger la réputation de Jésus-Christ et de son Église, l’auteur Jonathan Leeman écrit ceci :

« Le problème est que, de nos jours, la plupart des gens ont une vision sentimentale de l’amour et qu’ils le définissent comme la faculté de faire sentir à l’autre qu’il est spécial. Ou bien, ils ont une vision romantique de l’amour où une personne peut s’exprimer sans être jugée. Ou encore, ils le considèrent d’un point de vue de consommateur : l’amour consiste à trouver la personne qui nous convient parfaitement. Dans la pensée populaire, l’amour a peu de choses en commun avec la vérité, la sainteté et l’autorité.

Toutefois, la Bible présente l’amour d’une tout autre façon. Il est pur, il impose certaines exigences et il produit l’obéissance. Il ne se réjouit pas du mal, mais il se réjouit de la vérité. » (Jonathan Leeman, La discipline d’Église — l’importance de protéger la réputation de Jésus-Christ et de son ÉglisePublications chrétiennes, Trois-Rivières, chapitre 15, section Enseignez sur l’amour.)

Si nous définissons l’amour de Dieu à partir du concept moderne de sentimentalité, de romantisme ou de consommation, nous allons complètement tordre l’amour de Dieu pour nous et nous allons tout autant tordre l’amour que nous devons avoir les uns pour les autres. Si l’amour de Dieu n’avait pas été actif, ça n’aurait pas été de l’amour : ça n’aurait été qu’un simple sentiment vide de sens. Si un père dit à son fils qu’il l’aime, et qu’il laisse tomber son fils, parce que celui-ci est devenu invalide suite à un accident, personne ne croira que le père aimait vraiment son fils. Dieu nous aime d’un amour actif et c’est le passage entre l’élection et la prédestination.

Dieu nous a élus avant la fondation du monde. Il nous a choisis. Il n’y a pas d’action dans l’élection, seulement une décision. La prédestination met l’accent sur son projet d’amour pour nous : autrement dit, sur ce qu’il fait de ceux qu’il s’est choisis. Il nous a choisis avant la fondation du monde pour que nous devenions saints et sans défaut È autrement dit, semblables à l’image de son Fils.

L’élection met l’accent sur le choix initial, alors que la prédestination met l’accent sur la fin, la réalisation du projet. Prédestination signifie que la destination est prédéterminée. Là, on est dans l’action de Dieu. Parce qu’il nous a élus, il nous a créés, il nous a protégés. Oui, il nous a fait passer par des situations parfois très douloureuses, et possiblement que d’autres sont à venir, mais tout ça s’inscrit dans le déploiement de son projet d’amour pour nous :

Nous savons, du reste, que toutes choses coopèrent au bien de ceux qui aiment Dieu, de ceux qui sont appelés selon son dessein. (Romains 8.28)

Les épreuves sont là pour nous faire réaliser des choses, pour nous permettre de le glorifier dans des circonstances difficiles ou encore pour nous montrer un péché, mais ultimement, ces choses sont bonnes pour nous. Il se peut que certains se pensent moins aimés que d’autres chrétiens, parce que les autres ont des dons particuliers, parce que les autres ont moins souffert qu’eux ou parce que d’autres ont une vie plus facile, mais nous devons comprendre que le Seigneur, s’il nous aime tous du même amour, ne traite pas avec chacun de la même manière.

Son amour ne doit pas être mesuré à partir de ces considérations mais uniquement à partir de la croix de sorte que, pour savoir comment Dieu m’aime, je ne dois pas regarder aux choses que j’ai ou aux situations que je traverse, mais je dois regarder à la croix :

Nous avons connu l’amour, en ce qu’il a donné sa vie pour nous. (1 Jean 3.16)

L’amour de Dieu a été manifesté envers nous en ce que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui. Et cet amour consiste, non point en ce que nous avons aimé Dieu, mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés. (1 Jean 4.9-10)

Il n’y a pour personne de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (Jean 15.13)

Parfois, nous sommes tellement centrés sur nous-mêmes que nous n’apprécions même plus l’amour de Dieu manifesté à la croix. Imaginez que Jean-Denis soit sur un bateau qui est en train de couler. Il y a une embarcation de sauvetage, mais les places sont limitées. Jean-Denis vient pour prendre place et le capitaine l’informe que la personne avant lui est la dernière qui pouvait monter : « Désolé, c’est complet. » Jean-Denis est sans mot, alors que cette dernière personne se retourne vers lui et lui dit qu’elle lui cède sa place. Elle sauve la vie de Jean-Denis. Elle accepte de mourir pour que Jean-Denis ait la vie sauve et monte dans l’embarcation. Là, dans l’embarcation, au lieu d’apprécier ce geste totalement altruiste, Jean-Denis critique la place où il est assis dans l’embarcation. De plus, Jean-Denis n’apprécie pas la personne assise à côté de lui. En plus, il déprécie la nourriture qu’on lui offre. Nous sommes parfois comme ça : le Seigneur nous a sauvés de la perdition éternelle, du naufrage de nos vies, il nous aime d’un amour éternel, et nous trouvons le moyen de critiquer, de maugréer et de contester.

 

Applications

Maintenant, quelques applications.

La sécurité

La première est notre sécurité : parce que Dieu ne cessera jamais de nous aimer et que son amour est actif, il nous garde précieusement dans sa bonne main paternelle. Il n’y a que les chrétiens qui peuvent regarder l’avenir avec grande assurance et pas seulement l’avenir après notre mort. Dès maintenant, je sais que Dieu m’aime, qu’il m’aimera demain et que tout ce que Dieu me fait traverser s’inscrit dans son projet d’amour pour moi. Nous avons lu Romains 8.38-39 :

Car je suis persuadé que ni la mort, ni la vie, ni les anges, ni les dominations, ni le présent, ni l’avenir, ni les puissances, ni les êtres d’en-haut, ni ceux d’en-bas, ni aucune autre créature ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu en Christ-Jésus notre Seigneur. (Romains 8.38-39)

Nous devons être persuadés, nous devons avoir cette certitude que rien ne nous séparera de l’amour de Dieu manifesté en Jésus-Christ. Notre salut en est un pare-choc à pare-choc, sans siège éjectable. Nous sommes en sécurité, puisque nous sommes en Jésus-Christ. Nous sommes en celui qui a déjà traversé la douane du jugement, qui est déjà ressuscité et qui siège dans les cieux. Jésus-Christ a traversé le jugement pour nous. Il a subi la colère de Dieu à notre place et Dieu l’a ressuscité. Ce ne sont pas seulement les promesses de Dieu qui nous donnent la sécurité, mais aussi la position dans laquelle il nous a placés. Nous sommes EN Jésus-Christ.

Amour mutuel

La deuxième et dernière application concerne notre réponse comme chrétiens à l’amour de Dieu : le Seigneur nous demande de nous aimer les uns les autres. Nous sommes dans la même embarcation, parce que nous avons été sauvés du naufrage. Il y a deux semaines, j’ai cité par cœur un verset et certains m’ont exprimé des questionnements par la suite :

Si quelqu’un dit : J’aime Dieu, et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur, car celui qui n’aime pas son frère qu’il voit, ne peut aimer Dieu qu’il ne voit pas. (1 Jean 4.20)

Ça ne signifie pas que nous allons aimer parfaitement ici-bas. Ça ne signifie pas que nous ne détesterons jamais un frère. Ça signifie que, si nous péchons en ayant de la haine pour un frère ou une sœur, nous allons nous repentir devant Dieu et devant ce frère ou cette sœur, mais celui qui a de la haine pour son frère ou pour sa sœur ne peut pas dire qu’il aime Dieu. C’est le propos de Jean.

Alors, comment allons-nous répondre à l’amour éternel, infini, parfait et actif de Dieu? En aimant notre Dieu de tout notre cœur, de tout notre âme, et de toute notre pensée, et notre prochain comme nous-mêmes.

Que le Seigneur nous accorde la grâce de comprendre son amour et de le vivre.

Daniel Durand, pasteur
24 mars 2019

Prédicateur invité

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