Aucun perdu chez les élus, Jean 18.3-9

« Dieu utilise le mal pour notre bien. Frères et sœurs, savons-nous que nous sommes protégés du mal, du malin, des forces du mal, de tous les ennemis de Dieu et même de nous-mêmes? Ça ne signifie pas qu’ils ne peuvent rien faire contre nous. Ça signifie que même ce qu’ils font contre nous va tourner à notre avantage, parce Dieu fait concourir toute chose au bien de ceux qui l’aiment. Dans la vie chrétienne, nous avons souvent l’impression que c’est nous qui nous maintenons dans la persévérance. Nous avons l’impression que c’est par nos propres forces. Je pense que nous avons cette impression en raison de la manière dont Dieu travaille en nous. Notre persévérance est due à Dieu, mais Dieu ne fait pas le travail à notre place. C’est lui qui nous donne le vouloir et le faire. C’est lui qui nous donne l’amour de la vérité. C’est lui qui a écrit sa loi sur nos cœurs. C’est lui qui incline nos cœurs. Il fait tout le travail en nous pour que nous puissions agir comme il le demande. Autrement dit, Dieu n’œuvre pas en nous en dépit de notre volonté. Il œuvre en nous en inclinant notre volonté. Si le Seigneur nous forçait à agir malgré nous, nous verrions que c’est lui qui agit, mais ce n’est pas comme ça qu’il opère : il fait une œuvre en nous, il nous transforme. »

 

Introduction

Nous poursuivons ce matin dans l’évangile de Jean au chapitre 18 avec les versets 3 à 11 (Jean 18.3-11), mais pour nous mettre en contexte, nous lirons à partir du verset 1.

Texte biblique

Après avoir dit cela, Jésus sortit avec ses disciples pour aller de l’autre côté du ravin du Cédron, où se trouvait un jardin dans lequel il entra, lui et ses disciples. Judas, qui le livrait, connaissait l’endroit, parce que Jésus et ses disciples s’y étaient souvent réunis. Judas prit donc la cohorte et des gardes envoyés par les principaux sacrificateurs et par les Pharisiens, et s’y rendit avec des torches, des lanternes et des armes. Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s’avança et leur dit : Qui cherchez-vous? Ils lui répondirent : Jésus de Nazareth. Il leur dit : C’est moi. Judas, qui le livrait, se tenait avec eux. Lorsque Jésus leur eut dit : C’est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre. Il leur demanda de nouveau : Qui cherchez-vous? Et ils dirent : Jésus de Nazareth. Jésus répondit : Je vous ai dit que c’est moi. Si donc c’est moi que vous cherchez, laissez partir ceux-ci. C’était afin que s’accomplisse la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés. » (Jean 18.1-9)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

Exposé

Différentes perspectives

Perspectives des dirigeants et des gardes

L’appréciation de l’arrestation de Jésus sera différente en fonction des individus. Pour Caïphe, le souverain sacrificateur de l’époque, ce dut être un triomphe. « Finalement, nous avons réussi à le capturer. Il va cesser de nous importuner. » On peut résumer sa pensée par « Enfin! »

Si c’est le chef de la cohorte, l’arrestation de Jésus constitue un devoir professionnel. Son rapport devait être quelque chose comme : « Le 14e jour du mois de Nisan, à 11h30 du soir, le suspect recherché fut arrêté ». On peut résumer sa pensée par « Mission accomplie! » Toutefois, si c’est l’apôtre Jean, l’auteur du quatrième évangile, c’est complètement différent. Sa lecture de la situation est que Jésus s’est présenté lui-même dans le jardin par amour pour les siens, pour ceux que le Père lui avait donnés. 

Jésus a fait face à la situation avec courage. Il était en parfait contrôle de la situation. Jésus est allé au front et a protégé les siens. Pour Jean, de voir Jésus dans le jardin de Gethsémané était la suite logique de tout ce qu’il avait vu et entendu de lui durant les trois années.

Perspective de Jean

Pour Jean, c’est Jésus qui contrôlait la situation et non les autorités en place. Tout arrivait selon ce qui avait été annoncé par les prophètes. Lorsque Jean a écrit son évangile, il a dû revoir les évènements cette fois avec une foi éclairée. Il y a des choses que Jésus avait enseignées à ses disciples et que les disciples n’ont comprises qu’après la résurrection de Jésus. Par exemple, nous lisons en Luc 9.44-45 :

Pour vous, prêtez bien l’oreille à ces paroles : Le Fils de l’homme va être livré entre les mains des hommes. Mais les disciples ne comprenaient pas cette déclaration; elle était voilée pour eux, afin qu’ils n’en saisissent pas le sens; et ils craignaient de le questionner à ce sujet. (Luc 9.44-45)

La même chose se répète en Luc 18.34. Lorsque Jean a vécu ce qui est décrit en Jean 18, il n’avait pas du tout la même compréhension que celle qu’il a acquise après la résurrection :

Ses disciples ne comprirent pas cela tout d’abord; mais quand Jésus fut glorifié, alors ils se souvinrent que ces choses étaient écrites de lui […] (Jean 12.16)

Donc, quand Jean a écrit son évangile, il comprenait tout ce que Jésus avait enseigné. Combien il a dû trouver certaines choses absurdes : que des hommes arrêtent le Fils de Dieu.

Au début de son évangile, Jean affirme que le Fils a participé à la création :

Tout a été fait par la Parole, et rien de ce qui a été fait n’a été fait sans elle. (Jean 1.3)

La Parole, c’est Jésus. Au verset 14 (Jean 1.14), il est dit que la Parole s’est faite chair. Que des hommes, des créatures, arrêtent le créateur du monde, c’est inouï, invraisemblable. C’est comme si quelques fourmis veulent arrêter une locomotive. Même des millions de fourmis ne le pourraient pas. Jean a présenté Jésus comme la lumière du monde :

Jésus leur parla de nouveau et dit : Moi, je suis la lumière du monde […] (Jean 8.12)

On vient la nuit pour l’arrêter. On cherche la lumière avec des torches et des lanternes. On se munit également d’armes. Or, Jésus a guéri du monde, il a calmé la tempête. Jésus a démontré sa puissance. Venir avec des armes, c’est ridicule. Du côté des gardes, c’est normal de prendre les armes, mais du côté de Dieu, c’est ridicule. De nos jours, les ennemis du Seigneur avancent avec leurs lanternes, mais au sens figuré. Ils opposent leur pâle lumière au Seigneur, lui qui est la lumière du monde, mais les lumières du monde sont folies devant Dieu. Même si les hommes ont des bribes de lumière, celles-ci demeurent une folie pour Dieu. Puisque Jean a fui, comme les autres apôtres, lorsque Jésus fut arrêté, nous pouvons conclure que ce n’est qu’après la résurrection qu’il a compris que derrière la mobilisation des forces d’opposition, c’est la puissance de Dieu qui a agi.

Qui cherchez-vous

Les quatre évangiles rapportent l’arrestation de Jésus. Nous savons aussi que Jean est le dernier des quatre à avoir écrit l’évangile. Jean a inséré des éléments que les autres n’ont pas mis dans leurs évangiles. Dans notre texte, au verset 4 (Jean 18.4), il y a cette question de Jésus que nous ne retrouvons qu’ici :

Jésus, sachant tout ce qui devait lui arriver, s’avança et leur dit : Qui cherchez-vous? (Jean 18.4)

C’était la nuit. À l’époque où tout le monde est habillé à peu près pareil et où tous les hommes portent la barbe, il n’est pas facile de reconnaître un homme dans la nuit. Ce qui frappe, c’est que Jésus prend les devants : « Qui cherchez-vous? » Si les gardes l’avaient reconnu, ils auraient certainement dit : « C’est toi que nous cherchons ». Leur réponse a plutôt été : « Jésus de Nazareth ». Le verset 6 (Jean 18.6) nous fournit la suite :

Lorsque Jésus leur eut dit : C’est moi, ils reculèrent et tombèrent par terre. (Jean 18.6)

Certains ont pensé que c’est en raison de la gloire de Jésus que les gardes sont tombés par terre. Nous voyons le phénomène lorsque Paul s’est converti :

Nous sommes tous tombés par terre, et j’entendis une voix qui me disait en langue hébraïque : Saul, Saul, pourquoi me persécutes-tu? (Actes 26.14)

Dans le cas de la conversion de Paul, ce n’est pas la même chose. Jésus était glorifié et c’était une apparition céleste. Les hommes sont tombés par terre avant même de savoir que c’était Jésus. Autrement dit, la seule présence de Jésus glorifié provoquait cette réaction. Alors que dans le jardin de Gethsémané, les gardes ne sont pas tombés par terre même s’ils étaient devant Jésus. Ce n’est que lorsque Jésus s’est identifié que les gardes sont tombés par terre.

Quand Jésus comparaîtra devant Pilate, puis devant Hérode, ces hommes ne sont pas tombés par terre. Le Jésus qui se trouvait dans le jardin de Gethsémané était le même qui a circulé dans tout le pays durant trois années. Personne ne tombait par terre comme ça. Jésus n’était pas glorifié et son apparence était celle de tous les autres hommes. Le théologien Alexander Maclaren propose que ce soit la consternation qui a fait reculer les gardes.

Qu’ils soient tombés, c’est pratiquement normal. Il fait noir et si on recule le moindrement vite, les chutes sont plus que probables. Les chutes sont conséquentes au recul rapide. C’est plutôt le recul qu’il faut expliquer. Comment se fait-il qu’une cohorte recule ainsi? C’était les militaires les plus entraînés de l’époque. On leur apprenait à passer par-dessus la peur. De plus, ce n’était pas un garde devant Jésus, mais une cohorte.

Le mot « cohorte » désignait mille soldats, mais dans la pratique, c’était souvent 600 hommes. De plus, il y avait des gardes envoyés par les principaux sacrificateurs et les Pharisiens. Ces gardes étaient donc juifs. Imaginez : 600 soldats entraînés et armés reculent devant Jésus qui ne fait que s’identifier, de même que les gardes juifs. Qu’est-ce qui peut susciter une telle réaction? En quoi la réponse de Jésus est-elle aussi stupéfiante? En fait, en grec, la réponse de Jésus est egw eimi, ce qui signifie « Je suis ». Pour des Juifs, « Je suis », c’est le nom de Dieu révélé à Moïse :

Dieu dit à Moïse : Je suis celui qui suis. Et il ajouta : c’est ainsi que tu répondras aux Israélites : Celui qui s’appelle « Je suis » m’a envoyé vers vous. (Exode 3.14)

« Je suis » en hébreu, c’est Yahvé. Imaginons la scène : Jésus prend les devants en questionnant les gardes. Jésus garde son calme et, lui, ne recule pas. Jésus est libre. C’est en toute liberté qu’il se présente devant les gardes. Il affirme avec sérénité qu’il est Jésus de Nazareth, mais il le dit en utilisant le nom divin.

C’est tellement paradoxal. Jésus se livre dans la faiblesse, en simple homme. Déjà, à sa naissance, nous voyons ce paradoxe : Jésus naît dans une étable, d’une mère qui vient d’une ville méprisée, Nazareth; en même temps, ce sont des anges qui annoncent la naissance aux bergers. De plus, une étoile se déplace dans le ciel et des mages venus d’Orient sont conduits vers le petit enfant pour l’adorer.

Chez les Juifs, les anges étaient considérés comme les créatures les plus élevées qui soient. Ils pouvaient se présenter devant Dieu. Le paradoxe se voit aussi au baptême de Jésus. C’était un baptême de repentance et Jésus n’avait pas à se repentir et il ne l’a évidemment pas fait, mais en se faisant baptiser, il démontrait publiquement qu’il assumait le péché de son peuple. Il s’est humilié, mais en même temps, le Père fit entendre sa voix :

Aussitôt baptisé, Jésus sortit de l’eau. Et voici : les cieux s’ouvrirent, il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui. Et voici qu’une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection. (Matthieu 3.16-17)

La vie de Jésus en a été une de paradoxe : une vie de faiblesse en même temps qu’une vie de puissance. Avez-vous déjà remarqué que Jésus a connu des souffrances comme la faim, la soif, la fatigue et qu’il n’a jamais allégé ces souffrances par un miracle? Il est arrivé que Jésus ait faim, mais il n’a jamais multiplié des pains pour lui, il n’a jamais changé des pierres en pain.

Un autre paradoxe. Quand Lazare meurt, Jésus pleura. Il a vécu avec émotion la mort de Lazare, son ami. On voit la faiblesse humaine ici, mais en même temps, Jésus savait qu’il allait ressusciter Lazare et il l’a fait. Jésus a assumé la pleine faiblesse humaine, mais en même temps, sa vie fut glorieuse au point où Jean dit qu’ils ont contemplé sa gloire, une gloire comme celle du Fils unique venu du Père.

La vie, le ministère de Jésus, c’est la faiblesse humaine qui cohabite avec la gloire de Dieu. Le paradoxe se poursuit à partir de son arrestation. Il se rend aux autorités dans un état de faiblesse, c’est-à-dire en simple homme. Il recevra tous les coups, comme un simple homme, mais en même temps, c’est le grand « Je suis », c’est Yahvé dans la personne du Fils de Dieu qui se livre. C’est le créateur qui, dans une humilité sans précédent, accepte d’être livré à la volonté méchante des ennemis de Dieu. Cette arrestation a été voulue par Jésus lui-même :

Le Père m’aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même; j’ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir de la reprendre : tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père. (Jean 10.17-18)

Jésus ne dit pas seulement qu’il a le pouvoir de reprendre sa vie. Il a aussi le pouvoir de la donner. Nous devons réaliser ceci, frères et sœurs : si les forces du mal se sont liguées contre Jésus, si les autorités religieuses ont fait appel à une cohorte de soldats et aux gardes, tout cela s’est passé par le pouvoir, l’autorité de Jésus lui-même. En Tite 2.13-14, Paul nous parle de :

[…] notre Sauveur Jésus-Christ, qui s’est donné lui-même pour nous […] (Tite 2.13-14)

Matthieu 26.53-54 rapporte un propos très intéressant de Jésus dans le jardin de Gethsémané, alors que deux disciples tentent d’empêcher les gardes de se saisir de Jésus :

Penses-tu que je ne puisse pas invoquer mon Père qui me donnerait à l’instant plus de douze légions d’anges? Comment donc s’accompliraient les Écritures, d’après lesquelles il doit en être ainsi? (Matthieu 26.53-54)

Nous découvrons que la mort de Jésus a été l’œuvre de Jésus qui s’est livré à ses ennemis.

Si Jésus avait voulu se soustraire à cette mission, il en avait tous les moyens. Dans les versets que nous venons de lire, Jésus dit très clairement que, s’il l’avait voulu, il aurait demandé à son Père douze légions d’anges pour le secourir et il ajoute que son Père les lui aurait donnés. Une légion militaire représentait entre 5000 et 6200 soldats. Si on retient le nombre le plus bas, douze légions représentent 60 000 anges qui seraient venus à la rescousse de Jésus. 60 000 anges contre une cohorte de soldats, ce qui représente au maximum 1000 soldats. Jésus a refusé la cavalerie angélique afin d’accomplir le plan de son Père. 

Les hommes responsables

Cela dit, même si tout ce qui s’est passé était le plan parfait de Dieu et que Jésus a donné sa vie de lui-même, sans que personne ne la prenne, les opposants portent la pleine responsabilité de tous leurs gestes :

Le Fils de l’homme s’en va, selon ce qui est écrit de lui. Mais malheur à l’homme par qui le Fils de l’homme est livré! (Matthieu 26.24)

Ce qui s’est passé est arrivé selon tout ce qui est écrit, mais malheur à celui par qui ça arrive. Il porte la pleine responsabilité de son geste. Parfois, nous opposons des vérités alors que nous devons les concilier. Dieu a décrété que les choses allaient arriver, même le mal qui les fait arriver et ceux qui commettent le mal sont responsables du mal qu’ils commettent même si Dieu le canalise en bien.

Nous avons déjà vu ces choses à l’école du dimanche. Ceux qui n’y étaient pas, je vous suggère de retrouver ces enseignements sur notre site parolededieu.ca. C’est vraiment dans le cas de l’arrestation de Jésus et de sa crucifixion que ces deux vérités ressortent avec le plus de force. Rapidement, il y a plusieurs exemples de ces deux vérités maintenues dans la Bible, c’est-à-dire le mal commis par des pécheurs et Dieu qui est derrière tout cela sans que ce soit Dieu le coupable. Satan éprouve Job horriblement et Job répond :

L’Éternel a donné, et l’Éternel a ôté; que le nom de l’Éternel soit béni! (Job 1.21)

Job affirme que c’est Dieu qui lui a ôté ses possessions. Joseph est vendu en Égypte par ses frères et voici ce qu’il dit à ces derniers :

Maintenant, ne vous affligez pas et ne soyez pas fâchés de m’avoir vendu pour être conduit ici, car c’est pour vous garder en vie que Dieu m’a envoyé devant vous. (Genèse 45.5)

Joseph va leur dire sensiblement la même chose au chapitre 50 (Genèse 50). Nous lisons en 2 Samuel 24.1 :

La colère de l’Éternel s’enflamma de nouveau contre Israël. Il excita David contre eux en disant : Va, fais le recensement d’Israël et de Juda. (2 Samuel 24.1)

Pourtant, au verset 10 (2 Samuel 24.10), nous lisons :

David sentit battre son cœur, après qu’il eut ainsi compté le peuple. David dit à l’Éternel : J’ai commis un grand péché en faisant cela! Maintenant, Éternel, daigne pardonner la faute de ton serviteur, car j’ai agi tout à fait en insensé. (2 Samuel 24.10)

C’est Dieu qui poussa David à faire le recensement et, pourtant, David reconnaît que c’était un péché. En 2 Chroniques 21, il est dit que c’est Satan qui a incité David à commettre ce même geste. Toujours en 2 Samuel 21, dans les versets suivants, le Seigneur demande à David de choisir un châtiment parmi trois pour avoir péché. C’est Dieu qui incite David à commettre ce péché et c’est ce même Dieu qui châtie David pour ce même péché. En Ésaïe 10, le Seigneur envoie les Assyriens contre Israël pour le châtier, pour ensuite punir et condamner ces mêmes Assyriens pour ce qu’ils ont fait. Le théologien Wayne Grudem donne plusieurs autres exemples bibliques dans sa théologie systématique que nous avons à la bibliothèque. Ces deux doctrines sont très importantes. D’abord, Dieu demeure souverain dans toute sa création. Rien n’arrive sans que ça s’inscrive dans sa volonté, dans son plan parfait. Ensuite, ceux qui commettent le mal méritent le châtiment, la correction de Dieu. Nous portons l’entière responsabilité de tout ce que nous faisons. Dieu ne force pas l’homme à pécher. Je relis la fameuse phrase de Pierre Lombard.

« Dieu n’endurcit pas en communiquant la malice […], mais en ne communiquant pas la grâce. » (Pierre Lombard, Comment Dieu endurcit-il les pécheurs?)

Finalement, nous ne devons jamais imputer le mal à Dieu. La preuve, c’est que ce même Dieu punit le mal, mais ce n’est jamais Dieu qui commet le mal.

Protection du berger

Face à ces réalités du bien et du mal qui caractérisent nos vies, il y a une autre vérité que nous ne devons jamais perdre de vue :

Jésus répondit : Je vous ai dit que c’est moi. Si donc c’est moi que vous cherchez, laissez partir ceux-ci. C’était afin que s’accomplisse la parole qu’il avait dite : « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés. » (Jean 18.8-9)

Dans le jardin, Jésus s’est avancé vers les gardes et il a demandé qu’ils laissent aller en paix les disciples. Jésus est allé au front seul. Il a protégé les siens. Lorsque Jean a rédigé le quatrième évangile, il a associé ce geste de protection de Jésus à ce qu’il avait déjà dit :

Tout ce que le Père me donne viendra à moi, et je ne jetterai point dehors celui qui vient à moi; car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. Or, voici la volonté de celui qui m’a envoyé : que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour. (Jean 6.37-39)

Jésus l’a répété dans sa prière sacerdotale :

Je n’ai perdu personne de ceux que tu m’as donnés. (Jean 17.12)

Dans le jardin de Gethsémané, Jésus a protégé ses disciples. Nous devons savoir que les gardes voulaient capturer également les disciples. Nous lisons en Marc 14.50-52 :

Alors tous l’abandonnèrent et prirent la fuite. Un jeune homme le suivait, vêtu seulement d’un drap. On se saisit de lui, mais il lâcha le drap et s’enfuit tout nu. (Marc 14.50-52)

Les disciples ont fui avant que les gardes puissent les capturer, mais ils ont pu mettre la main sur un jeune homme, probablement Marc, l’auteur du deuxième évangile. Ils ont pu mettre la main sur lui, mais il a pu s’échapper, s’enfuyant en laissant derrière lui le seul drap qui le couvrait. Si Jean a associé ce qui s’est passé à la prière de Jésus « Je n’ai perdu aucun de ceux que tu m’as donnés », c’est que Jean attribue au Seigneur le fait que les disciples n’ont pas été arrêtés. Même la fuite des disciples s’inscrit dans la protection de Jésus, même si cette fuite était lâche. Dieu utilise le mal pour notre bien. Frères et sœurs, savons-nous que nous sommes protégés du mal, du malin, des forces du mal, de tous les ennemis de Dieu et même de nous-mêmes? Ça ne signifie pas qu’ils ne peuvent rien faire contre nous. Ça signifie que même ce qu’ils font contre nous va tourner à notre avantage, parce Dieu fait concourir toute chose au bien de ceux qui l’aiment. Dans la vie chrétienne, nous avons souvent l’impression que c’est nous qui nous maintenons dans la persévérance. Nous avons l’impression que c’est par nos propres forces. Je pense que nous avons cette impression en raison de la manière dont Dieu travaille en nous. Notre persévérance est due à Dieu, mais Dieu ne fait pas le travail à notre place. C’est lui qui nous donne le vouloir et le faire. C’est lui qui nous donne l’amour de la vérité. C’est lui qui a écrit sa loi sur nos cœurs. C’est lui qui incline nos cœurs. Il fait tout le travail en nous pour que nous puissions agir comme il le demande. Autrement dit, Dieu n’œuvre pas en nous en dépit de notre volonté. Il œuvre en nous en inclinant notre volonté. Si le Seigneur nous forçait à agir malgré nous, nous verrions que c’est lui qui agit, mais ce n’est pas comme ça qu’il opère : il fait une œuvre en nous, il nous transforme. C’est probablement la raison pour laquelle nous avons parfois l’impression que tout repose sur nous. C’est parce que les choses se font en nous. Ces vérités nous gardent de certains pièges. Ça nous garde de la fausse idée que tout repose sur nous : Dieu agit en nous pour que nous agissions pour lui. Ça nous garde de la fausse idée que nous n’avons rien à faire sous prétexte que tout repose sur Dieu. Si rien ne se passe en nous, c’est parce que Dieu n’est pas en nous. Dieu n’est pas passif dans ses enfants. Ça nous garde de la fausse idée que les ennemis de Dieu, notre propre chair, les circonstances, que tout ça pourrait nous emporter. Jésus n’a perdu personne de ceux que le Père lui a donnés. Si nous sommes à lui, soyons assurés qu’il veille sur nous, que personne ne nous ravira de sa main. Fort de cette promesse, nous pouvons agir pleinement pour lui. Nous pouvons réellement nous consacrer à lui dans le repos de sa divine protection.

Prions.

Daniel Durand, pasteur
7 juillet 2019

Prédicateur invité

Partagez cet enseignement :

Share on facebook
Share on twitter
Share on print
Share on email