Appliquer la grâce de Dieu entre nous, Éphésiens 4.30-32

« Frères et sœurs, réfléchissons sur la manière avec laquelle Dieu nous traite et traitons-nous de la même manière. Dieu nous pardonne lorsque nous nous repentons. Dieu maintient la communion et tout ce qu’il fait vise notre croissance. Il le fait dans un amour total. Il nous demande d’agir de la même façon les uns envers les autres. »

 

Introduction

Avant d’aller à la prédication, j’aimerais revenir sur une mise au point que j’ai faite il y a quelques semaines à la suite de la prédication d’un prédicateur invité. C’est le fameux dimanche où j’ai dû être remplacé parce que j’ai eu une pierre au rein. La semaine suivante, j’ai mentionné qu’il y a eu une affirmation de cette prédication avec laquelle Sylvain et moi n’étions pas d’accord. Le frère avait dit que, « dans un certain sens, Jésus est devenu Fils ». Cette semaine, j’ai reparlé avec ce frère et il m’a assuré qu’il s’agit simplement d’une mauvaise formulation de sa part. Il croit comme nous que Jésus est le Fils éternel de Dieu et que, en aucun sens, la filiation n’aurait eu un commencement puisque c’est une filiation éternelle. Voilà pour la mise au point.

Nous poursuivons ce matin dans l’épître de Paul aux Éphésiens et nous lirons à la fin du chapitre 4 les versets 30 à 32 :

N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. Que toute amertume, animosité, colère, clameur, calomnie, ainsi que toute méchanceté soient ôtées du milieu de vous. Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, faites-vous grâce réciproquement, comme Dieu vous a fait grâce en Christ. (Éphésiens 4.30-32)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Nous allons prier.

Exposé

Dans cette épître, nous avons vu que le thème principal est l’unité. Plusieurs appellent cette épître « l’épître de l’Église » au sens où le thème de l’Église est bien développé et c’est vrai que c’est un grand thème dans cette épître, mais ma pensée est qu’il y a plus que l’Église. Paul commence par exposer l’unité en Dieu lui-même. Le Père a décrété notre salut avant la fondation du monde. C’est dans le Fils que nous avons la rédemption de nos péchés. Nous avons été scellés du Saint-Esprit, qui avait été promis et qui constitue le gage de notre héritage, en vue de la rédemption de ceux que Dieu s’est acquis pour célébrer sa gloire. Les trois personnes de la trinité démontrent l’unité dans l’œuvre du salut. Au chapitre 2 et 3 (Éphésiens 2-3), Paul expose le fait que le peuple de Dieu est dorénavant constitué de Juifs et de non-Juifs qui sont assis ensemble dans les lieux célestes, et qui reçoivent le même héritage. L’unité en Dieu se réalise dans la constitution du peuple de Dieu. Au chapitre 4, versets 1 à 3 (Éphésiens 4.1-3), Paul exhorte les croyants :

[…] à marcher d’une manière digne de la vocation qui vous a été adressée, en toute humilité et douceur, avec patience. Supportez-vous les uns les autres avec amour, en vous efforçant de conserver l’unité de l’Esprit par le lien de la paix. (Éphésiens 4.1-3)

Le thème de l’unité se poursuit lorsque Paul énumère les points suivants :

Il y a un seul corps et un seul Esprit, comme aussi vous avez été appelés à une seule espérance, celle de votre vocation; il y a un seul Seigneur, une seule foi, un seul baptême, un seul Dieu et Père de tous, qui est au-dessus de tous, parmi tous et en tous. (Éphésiens 4.4-6)

Nous avions aussi vu que l’unité qui doit nous caractériser ne consiste pas à viser l’uniformité. Dieu a désiré la diversité des dons, des aptitudes, en vue de la complémentarité de chacun des membres, ceci pour nous rendre interdépendants les uns des autres. Donc, bien que l’Église soit un des principaux thèmes de l’épître, je pense que le principal thème est l’unité en Dieu qui se déverse sur tout ce qu’il a créé, en particulier l’Église. Nous avons vu dans les derniers mois toute la question de l’importance de la bonne attitude entre frères et sœurs, avec une attention particulière aux paroles qui sortent de notre bouche.

Le Dieu trinitaire

Toutes ces exhortations reposent sur le Dieu trinitaire déjà présenté au premier chapitre comme nous l’avons vu. Au cœur de la section pratique de son épître, Paul rappelle la place du Dieu trinitaire dans notre conduite.

Le Père

Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, faites-vous grâce réciproquement, comme Dieu vous a fait grâce en Christ. Soyez donc les imitateurs de Dieu, comme des enfants bien-aimés; (Éphésiens 4.32-5.1)

Dans le Nouveau Testament, lorsqu’il est question de Dieu, c’est pratiquement toujours Dieu le Père. Dieu a envoyé son Fils : si c’est son Fils, il est le Père.

Le Fils

Mais vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris le Christ, si du moins vous avez entendu parler de lui, et si vous avez été instruits en lui, conformément à la vérité qui est en Jésus : (Éphésiens 4.20-21)

Le Saint-Esprit

N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. (Éphésiens 4.30)

Ne vous enivrez pas de vin : c’est de la débauche. Soyez, au contraire, remplis de l’Esprit. (Éphésiens 5.18)

Chaque personne de la trinité œuvre à notre salut, chacun dans des rôles complémentaires. Ce point est très important, parce que nos relations entre frères et sœurs doivent refléter les relations intra trinitaires. C’est au point où il n’est pas plus concevable que nous nous critiquions entre nous, que nous entretenions de l’amertume entre nous, qu’il le serait au sein de la trinité. La raison est la suivante : le Saint-Esprit habite en moi tout comme il habite dans chacun de vous, frères et sœurs. Si je critique un frère ou une sœur, je critique un temple du Saint-Esprit. L’Esprit est en moi et il est dans mon frère et ma sœur. Lorsque nous nous comportons mal entre nous, nous faisons pratiquement participer le Seigneur à nos agissements :

Ne savez-vous pas que vos corps sont les membres de Christ? […] (1 Corinthiens 6.15)

Ici, il s’agit plus que d’un statut. C’est une réalité que je dois considérer très concrètement dans ma vie. Mon corps est un membre du Christ, c’est-à-dire que je suis une partie de son Corps. Je ne dois pas me considérer comme un tout, mais comme une partie du Corps du Christ, mais il y a plus : je dois considérer tous mes frères et sœurs de la même façon.

Quand je vous vois, quand je pense à vous, quand je prie pour vous, je dois toujours me rappeler que vous êtes plus que des individus : vous êtes les membres du Christ. Nous sommes tous rattachés au même Corps, celui de Jésus-Christ. Là, Paul veut que les chrétiens comprennent l’implication face au péché.

[…] Prendrai-je donc les membres de Christ, pour en faire les membres d’une prostituée? (1 Corinthiens 6.15)

Paul y va d’une comparaison très forte. Je ne peux pas, ce matin, développer vraiment le sujet de la prostitution en question. Je dirai simplement qu’il y avait une pensée dans la société, que nous retrouvons de plus en plus dans la nôtre, et qui voulait que la sexualité, puisqu’elle est naturelle, pouvait être pratiquée dans un libertinage complet. Paul fait ressortir la gravité du péché. Nous sommes les membres du Christ et, lorsque nous péchons, nous prenons les membres du Christ pour les faire participer au péché. Imaginons un seul instant la chose : le Saint-Esprit habite en nous et nous péchons. Lorsque nous péchons, le Saint-Esprit continue d’habiter en nous. Il ne sort pas le temps de notre égarement.

Certes non! Ne savez-vous pas que celui qui s’attache à la prostituée est un seul corps avec elle? Car, est-il dit, les deux deviendront une seule chair. Mais celui qui s’attache au Seigneur est avec lui un seul esprit. (1 Corinthiens 6.16-17)

Paul, qui venait d’enseigner sur les péchés sexuels, affirme que celui qui s’attache à une prostituée fait un seul corps avec elle. Il ne dit pas qu’ils sont mariés. Il ne faut pas penser que celui qui a couché avec une prostituée doit la marier. Il dit simplement que la sexualité est faite pour le mariage et que tout péché sexuel est une anomalie. Elle laisse une empreinte indélébile sur les deux personnes. L’exhortation de Paul à la suite de cette vérité que nous sommes les membres du Christ est la suivante :

Fuyez l’inconduite. Quelque autre péché qu’un homme commette, ce péché est extérieur au corps; mais celui qui se livre à l’inconduite pèche contre son propre corps. Ne savez-vous pas ceci : votre corps est le temple du Saint-Esprit qui est en vous et que vous avez reçu de Dieu, et vous n’êtes pas à vous-mêmes? Car vous avez été rachetés à grand prix. Glorifiez donc Dieu dans votre corps et dans votre esprit qui appartiennent à Dieu. (1 Corinthiens 6.18-20)

La vérité qui se dégage est que le chrétien ne doit jamais agir pour lui-même ni par lui-même. Il doit toujours considérer qu’il ne s’appartient pas : il appartient au Seigneur qui l’a racheté. Nous revenons à l’épître aux Éphésiens.

Faites-vous grâce

Que toute amertume, animosité, colère, clameur, calomnie, ainsi que toute méchanceté soient ôtées du milieu de vous. Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, faites-vous grâce réciproquement, comme Dieu vous a fait grâce en Christ. (Éphésiens 4.31-32)

Gardons en tête ce que nous venons de voir : que le chrétien est celui qui est habité par le Saint-Esprit et qu’il ne doit jamais agir ni même penser par lui-même, mais en considérant qu’il ne s’appartient pas. Il appartient au Seigneur. Le modèle qui nous est donné est Dieu lui-même. Faites-vous grâce réciproquement comme Dieu vous a fait grâce en Christ.

Nous avons ici le repère pour tous nos agissements et même toutes nos pensées, tous nos sentiments, bref, tout ce qui se passe dans nos vies. Est-ce que ce que je fais reçoit l’approbation de Dieu? Est-ce que ce que je fais correspond à ce que Dieu a fait pour moi? Suis-je en train de traiter mon frère et ma sœur comme Dieu m’a traité? J’aimerais que nous nous arrêtions particulièrement sur l’expression « faire grâce ».

[…] faites-vous grâce réciproquement, comme Dieu vous a fait grâce en Christ. (Éphésiens 4.32)

Le verbe grec est tellement synonyme de « pardonner » que la majorité des traductions que j’ai consultées ont privilégié « pardonner » à « se faire grâce ». Le mot va même plus loin que le pardon : on peut pardonner à quelqu’un, puis c’est fini. Il continue son chemin et je continue le mien, mais la grâce dont il est question inclut le pardon. On voit le mot, par exemple, en Colossiens 2.13 :

Vous qui étiez morts par vos offenses et par l’incirconcision de votre chair, il vous a rendus à la vie avec lui, en nous faisant grâce pour toutes nos offenses. (Colossiens 2.13)

On voit ici qu’il est question du pardon des péchés, mais il y a plus : la grâce en question dépasse le simple pardon. Il s’agit d’entrer et de maintenir une relation fraternelle ensemble, c’est-à-dire que nous devons nous faire grâce les uns envers les autres comme le Seigneur nous a fait grâce. Il nous a fait entrer dans une relation d’amour, il veille sur nous, il fait tout pour notre bien. Nous retrouvons le même verbe grec en Romains 8.32 :

Lui qui n’a pas épargné son propre Fils, mais qui l’a livré pour nous tous, comment ne nous donnera-t-il pas aussi tout avec lui, par grâce? (Romains 8.32)

« Donner par grâce » est un seul verbe dans l’original et c’est le même mot qui implique le pardon, mais qui va plus loin. Comme je vous ai dit, je peux pardonner à quelqu’un, mais que ça reste là. Si je suis en voyage et que quelqu’un me fait du tort, je lui parle et il se repent. Je lui pardonne, puis l’affaire est terminée. Il rentre chez lui et je rentre chez moi. Je ne le reverrai probablement plus jamais. Mon pardon est tout à fait réel, mais ça reste là. Dans le cas de Dieu, c’est tellement plus : si le Seigneur nous avait dit qu’il nous pardonne, pour nous souhaiter bonne chance pour la suite de nos vies, ça ne nous aurait rien donné, mais ce n’est pas ce que le Seigneur a fait. Il nous a pardonnés et il nous traite avec grâce, avec amour, avec compassion, avec patience. Il continue de s’intéresser à nous. Le verset qui est à l’écran nous le montre bien. Le Seigneur ne s’est pas livré pour nous pour nous laisser par la suite. Il nous donne tout le reste.

C’est ainsi que le Seigneur veut que nous nous traitions entre nous. Il arrive que des chrétiens disent avoir pardonné à l’autre, mais tout en conservant une froideur, une distance. On garde quelque chose sur le cœur, une rancune, une indifférence. On trouve des raisons égoïstes :

  • « Je lui ai pardonné, mais je me suis brûlé une fois, je ne me brûlerai pas une deuxième fois. »
  • « Je lui ai pardonné, mais dorénavant, je me protège. »

Cette attitude est complètement étrangère à celle que Dieu a pour nous. Il veut que nous nous fassions grâce de la même manière qu’il nous a fait grâce. Il veut que nous nous aimions non seulement en parole, mais aussi et surtout en pratique. La froideur, la distance, l’indifférence, ce n’est vraiment pas ce que le Seigneur fait pour nous et ce n’est vraiment pas ce qu’il nous demande. La froideur, la distance et l’indifférence n’ont pas leur place dans le Corps du Christ. Le chrétien est en permanence dans le Corps du Christ. Il doit honorer cette réalité en agissant comme le Seigneur le demande. Le pardon vise la réconciliation, c’est-à-dire le rétablissement de la relation fraternelle. Il y a environ deux ans, j’ai enseigné les mercredis soirs sur la notion de pardon.

Pardonner selon Dieu

Nous allons revenir sur ce point, parce que c’est très important dans nos rapports.

Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, vous pardonnant réciproquement, comme Dieu vous a pardonné en Christ. (Éphésiens 4.32)

Le pardon que nous devons exercer entre nous prend son modèle sur le pardon que Dieu nous a accordé en Jésus-Christ.

[…] comme le Christ vous a fait grâce, vous aussi, faites de même. (Colossiens 3.13)

Ces versets nous montrent que, pour savoir comment nous devons nous pardonner, nous devons regarder comment Dieu nous a pardonnés. C’est un sujet délicat et je me souviens que ça avait soulevé quelques réactions. Si jamais vous n’êtes pas d’accord, je vous invite à considérer les versets cités, à réécouter la prédication qui sera mise sur notre site parolededieu.ca. Il est important de réfléchir sereinement à partir des Écritures seules. Si vous avez des questions ou des désaccords par la suite, n’hésitez pas à communiquer avec moi. Ce que je comprends des Écritures, c’est que nous devons vraiment examiner comment Dieu nous a pardonnés afin que nous appliquions le même pardon entre nous. Il y a une pensée, autant dans les milieux catholiques que protestants, qui veut que nous devions pardonner à tout le monde inconditionnellement. Pour ma part, ce n’est pas ce que je lis dans les Écritures. Pourquoi est-ce que Dieu ne pardonne pas à tous les hommes? La réponse est que Dieu ne pardonne qu’à ceux qui se repentent. Plusieurs textes nous enseignent cela :

Repentez-vous, et que chacun de vous soit baptisé au nom de Jésus-Christ, pour le pardon de vos péchés; (Actes 2.38)

Le pardon de Dieu est conditionnel à la repentance. Autrement dit, celui qui ne se repent pas n’est pas pardonné.

Quand ils pécheront contre toi, car il n’y a point d’homme qui ne pèche, quand tu seras irrité contre eux et que tu les livreras à l’ennemi, quand ceux qui les tiendront captifs les emmèneront en captivité dans un pays ennemi, lointain ou rapproché, s’ils rentrent en eux-mêmes dans le pays où ils seront captifs, s’ils reviennent à toi, s’ils t’adressent des supplications dans le pays de ceux qui les ont emmenés captifs, et qu’ils disent : Nous avons péché, nous avons commis des fautes, nous avons fait le mal! s’ils reviennent à toi de tout leur cœur et de toute leur âme, et s’ils te prient, dans le pays de leurs ennemis qui les ont emmenés captifs, en direction du pays que tu as donné à leurs pères, de la ville que tu as choisie et de la maison que j’ai bâtie à ton nom, tu écouteras des cieux, du lieu où tu sièges, leurs prières et leurs supplications, et tu leur feras droit. Tu pardonneras à ton peuple ses péchés contre toi et tous les crimes qu’il a commis; […] (1 Rois 8.46-50)

Dieu pardonne si son peuple se repent. Un autre texte qu’on chante :

Si mon peuple sur qui est invoqué mon nom s’humilie, prie et recherche ma face, s’il revient de ses mauvaises voies, moi, je l’écouterai des cieux, je lui pardonnerai son péché et je guérirai son pays. (2 Chroniques 7.14)

Le Nouveau Testament maintient cette vérité d’un pardon uniquement pour ceux qui se repentent :

Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous pardonner nos péchés et nous purifier de toute injustice. (1 Jean 1.9)

J’ai déjà entendu des chrétiens répondre que Dieu a la liberté de ne pas pardonner, mais que nous n’avons pas cette liberté. Autrement dit, Dieu a un pardon conditionnel à la repentance, mais pour notre part, nous devons pardonner, mais à ceux qui ne se repentent pas. Un texte nous montre que nous devons agir de la même manière que Dieu agit :

Si ton frère a péché, reprends-le, et, s’il se repent, pardonne-lui. (Luc 17.3)

Je sais qu’il y a des textes qui ne mentionnent pas la nécessité de la repentance pour le pardon, mais nous ne devons pas opposer ces textes à ceux que nous avons vus. Pour avoir une compréhension globale de n’importe quel sujet des Écritures, nous devons considérer l’ensemble des données bibliques sur le sujet. Frères et sœurs, le pardon que Dieu nous demande d’appliquer est un pardon qui traite le péché et un pardon qui réconcilie l’offenseur et l’offensé.

Péché et loi

Par conséquent, lorsque nous parlons de pardon, nous devons parler de péché. Le péché se définit par rapport à la loi de Dieu.

Quiconque commet le péché, commet aussi une violation de la loi et, le péché, c’est la violation de la loi. (1 Jean 3.4)

Ce n’est pas à nous à décider de ce qui est péché et ce qui ne l’est pas. Ce n’est pas parce que quelque chose que l’autre a fait m’a dérangé que l’autre a péché. Trop souvent, nous sommes offusqués, non pas que la loi de Dieu ait été transgressée, mais parce que nos attentes, nos critères, nos exigences n’ont pas été rencontrés. Par exemple, je suis mal pris, j’ai besoin d’aide et j’en ai parlé à quelqu’un qui me répond qu’il n’est pas en mesure de m’aider. Je m’offusque : je lui prête de mauvaises intentions. Il se peut que l’autre traverse aussi une situation qui fait qu’il n’est pas en mesure actuellement de m’aider. Je n’ai pas à le juger et à lui prêter des intentions. Il n’a pas transgressé la loi de Dieu : il n’a pas péché. Nous nous offusquons aussi, parce que notre orgueil en a pris un coup. Par exemple, un frère m’exhorte. Il fait de son mieux pour prendre les bons mots. Disons qu’il m’exhorte sur l’importance d’être présent aux réunions d’Église, parce que je suis négligent. Au lieu de recevoir cette exhortation avec humilité et en être reconnaissant, je développe de mauvais sentiments à son égard : je commence à penser qu’il n’est pas parfait lui aussi, que c’est ma vie, etc. Je nourris ainsi de mauvais sentiments qui sont déclenchés par mon orgueil. Nous devons examiner s’il y a péché ou non.

Si l’autre a péché, la solution n’est pas de repousser l’autre, mais de l’exhorter bien fraternellement et humblement. Le seul cas où nous devons prendre une distance est lorsqu’il y a excommunication, c’est-à-dire lorsqu’un processus disciplinaire se rend à une rupture. Dans ce cas, Jésus demande de traiter la personne comme un païen et un publicain. Paul ajoute de ne pas avoir de relation avec une telle personne. 

C’est le seul cas. Entre nous, nous n’avons pas le droit de bouder l’autre, de le rejeter, de le repousser.

Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, faites-vous grâce réciproquement, comme Dieu vous a fait grâce en Christ. (Éphésiens 4.32)

Certains repoussent même l’autre, parce que l’autre a fait quelque chose qui lui déplait. Autrement dit, ce n’est pas que l’autre a péché : c’est que l’autre a fait quelque chose qui me déplait. Si j’agis ainsi, c’est que je me place au centre et que j’exige que l’autre corresponde à mes critères, sinon je n’aurai pas de fraternité avec lui. C’est malsain si je ne parle plus à un frère ou à une sœur parce qu’il a fait quelque chose qui me dérange, mais qui n’est pas péché. Je suis en train de repousser celui que le Seigneur accueille. Il y a des chrétiens qui en repoussent d’autres qui n’ont rien fait de répréhensible aux yeux de Dieu. On n’est même plus dans le traitement d’un péché : un est repoussé, uniquement parce que l’autre a fait quelque chose qui lui déplait. Frères et sœurs, ce sont des situations qui arrivent trop souvent. Parfois, je me pose la question suivante : comment une personne peut à la fois désirer une vie d’Église, puisqu’elle vient aux réunions, elle participe… et à la fois ne pas vouloir une vie d’Église si elle en repousse d’autres? Comment puis-je participer au Repas du Seigneur tout en repoussant un frère ou une sœur?

Puisqu’il y a un seul pain, nous qui sommes plusieurs, nous formons un seul corps; car nous participons tous à un même pain. (1 Corinthiens 10.17)

Comment puis-je participer au Repas du Seigneur et en même temps rejeter un frère ou une sœur? Nous devons réfléchir sérieusement à ce point.

Comment se faire grâce

Maintenant, comment se faire grâce? Le premier élément consiste à passer par-dessus les imperfections propres à chacun. Quelqu’un nous parle, mais les mots qu’il a pris ne sont pas les plus appropriés : je passe par-dessus et j’accueille mon frère, ma sœur, comme il est. Je pense même que nous devons passer par-dessus les péchés qui ne causent pas de préjudices graves à l’Église. Si quelqu’un dit quelque chose de faux sur moi, par exemple, quelqu’un affirme que j’ai une dépendance aux boissons gazeuses. C’est faux. Je pourrais grimper dans les rideaux et dire que c’est un faux témoignage, mais je pense que ce genre de chose ne mérite pas une mesure musclée.

Je passe par-dessus, parce que ça ne me cause pas de préjudices. Au plus, je peux simplement aller dire à l’autre que c’est faux, mais sans plus. Il me semble que ces situations sont nombreuses dans nos relations et nous devrions passer par-dessus ces choses. Passer par-dessus ne signifie pas bouder l’autre : passer par-dessus signifie que je ne laisse pas cette erreur banale dégrader ma relation avec l’autre.

Il me semble que le Seigneur ne nous châtie pas pour tous ces petits péchés. Par contre, si c’est un péché grave, il doit être traité humblement dans le but de gagner mon frère, non pour le perdre, mais pour le gagner. Dieu voulant, je reviendrai sur ce point éventuellement. Si c’est un péché qui ne porte pas préjudice gravement, je pense que nous devons passer par-dessus. Sinon, puisque nous sommes tous pécheurs, nous allons sans cesse nous reprendre sur les moindres détails. Maintenant, comment réagir s’il n’y a même pas péché? C’est très simple : nous devons passer par-dessus aussi, mais en maintenant les relations fraternelles. Frères et sœurs, réfléchissons sur la manière avec laquelle Dieu nous traite et traitons-nous de la même manière. Dieu nous pardonne lorsque nous nous repentons. Dieu maintient la communion et tout ce qu’il fait vise notre croissance. Il le fait dans un amour total. Il nous demande d’agir de la même façon les uns envers les autres.

N’attristez pas le Saint-Esprit de Dieu, par lequel vous avez été scellés pour le jour de la rédemption. Que toute amertume, animosité, colère, clameur, calomnie, ainsi que toute méchanceté soient ôtées du milieu de vous. Soyez bons les uns envers les autres, compatissants, faites-vous grâce réciproquement, comme Dieu vous a fait grâce en Christ. (Éphésiens 4.30-32)

Que le Seigneur vous bénisse. Nous allons prier.

Daniel Durand, pasteur
9 juin 2019

Prédicateur invité

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