Aimés d’un amour sans pareil, Jean 15.12-14

« Frères et sœurs, jamais nous ne serons aimés comme le Christ nous aime. Son amour est à son comble. Le Seigneur nous a aimés du plus grand amour qui soit. Il nous a aimés, même s’il savait que nous allions commettre tel ou tel péché, même s’il savait que notre consécration n’allait pas être totale. Il nous a aimés à donner sa vie pour nous, même s’il connaissait toutes nos faiblesses. Aimons-nous les uns les autres comme lui nous a aimés. Soyons patients les uns envers les autres. Sachons nous sacrifier pour les autres. Acceptons les faiblesses des autres sachant que nous en avons nous aussi. Par-dessus tout, sachons que nous sommes aimés du plus grand amour qui soit. Le Dieu de l’univers, le Dieu trois fois saint a pris la condition humaine pour nous sauver. Voilà le plus grand amour qui soit, voilà l’amour dont nous sommes les sujets. »

 

Introduction

Nous poursuivons ce matin dans l’évangile de Jean, au chapitre 15, et nous lirons les versets 12 à 14 :

Texte biblique

Voici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. Il n’y a pour personne de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. (Jean 15.12-14)

Que le Seigneur bénisse sa Parole. Prions.

Exposé

L’amitié

Dans cette parole, Jésus parle à ses disciples en leur disant qu’ils sont ses amis. La notion d’ami est très importante. Elle fait partie d’un sain développement. L’individu naît dans sa famille. Ses premières amitiés sont normalement sa famille. Plus tard, l’enfant grandit et il se prépare peu à peu à prendre une certaine indépendance en vue de voler de ses propres ailes. Il va donc chercher des amitiés en dehors de sa famille immédiate. En général, les gens ont des amis à toutes les périodes de leur vie, bien que plusieurs d’entre eux soient passagers. Malheureusement, ces amitiés sont souvent superficielles et reposent sur des affinités de tempérament ou sur des loisirs en commun. Lorsque nous lisons de tels versets, il y a un danger de mettre au même niveau l’amour de Jésus pour nous et l’amour que nous avons dans nos relations familiales ou autres. Le Seigneur a placé dans la création des éléments qui nous permettent d’avoir un certain aperçu des choses spirituelles. Par exemple, Jésus est présenté comme notre frère et Dieu comme notre Père. Nous savons ce qu’est un frère et un père. Cela nous donne un aperçu, mais en même temps, nous devons garder à l’esprit que le fait que Jésus soit notre frère et que Dieu soit notre Père est à un tout autre niveau que les relations familiales et sociales que nous connaissons.

Lorsque Jésus parle d’amitié avec ses disciples, il parle d’une réalité que ceux-ci connaissaient certainement, mais Jésus va en parler à un niveau inattendu. Le grand Dieu de l’univers, l’Éternel Dieu, le Tout-Puissant vient vers nous pour nous déclarer son amitié, la plus grande amitié qui soit. Jésus utilise donc une donnée relationnelle que nous connaissons, mais en démontrant un niveau tellement plus élevé. En disant qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis, Jésus insinue qu’il y a de moins grands amours. La Bible nous offre un bel exemple d’amitié : celle entre David et Jonathan. Leur amitié n’était pas banale, puisqu’elle reposait sur leur unité spirituelle. Jonathan était le fils du roi Saül. À ce titre, il aurait pu aspirer au trône, mais à cause de sa foi, il n’a jamais été attiré par la couronne. Il a plutôt tout fait ce qu’il pouvait pour protéger David afin qu’il parvienne à la royauté au moment venu.

Cette amitié ancrée dans les promesses divines était telle que Jonathan a pris position contre son père, qui tentait de mettre fin aux jours de David. Un commentateur raconte qu’un jour, un père et son fils étaient sur une embarcation et ni un ni l’autre ne savaient nager. Le fils tombe à l’eau et le père, malgré son incapacité à nager, plonge dans le but de le secourir.

Les deux sont morts et, lorsque les corps ont été repêchés, les bras du père étaient enlacés autour de son fils. C’est dire que le père n’a pas tenté de sauver sa propre vie en tentant de remonter à la surface. Ces amitiés familiales et humaines sont touchantes et très valables. Cela dit, l’amitié ou l’amour du Christ ne peut se comparer à ce que nous pouvons faire entre nous.

Il s’est donné en sacrifice, il est mort pour nous. L’amour du Christ ne peut se comparer à ce que nous pouvons faire entre nous, et ce, pour plusieurs raisons que nous allons examiner à partir de trois éléments :

  1. La nature du sacrifice;
  2. La nature parfaite du Christ;
  3. La nature pécheresse de l’homme.

La nature du sacrifice

Le sacrifice du Christ est unique en raison de la nature du sacrifice. Par amitié pour les siens, Jésus a donné sa vie. Il est mort à la place de ceux que le Père lui a donnés. Il a subi les atrocités de la juste colère de Dieu. Subir la colère de Dieu, c’est être l’objet de la vengeance de Dieu à la suite de notre rébellion. La colère de Dieu, qui aurait dû tomber sur nous, est plutôt tombée sur le Fils.

Aucune amitié humaine ne peut être comparée à ce que le Christ a subi pour nous. Personnellement, je ne pense pas être en mesure d’accepter de subir la mort violente que le Christ a subie à la croix par amitié pour quelqu’un. Surtout, je ne pense pas être en mesure d’accepter de subir la redoutable colère de Dieu à la place d’un ami. Le Christ l’a fait. Personne n’aurait eu la force d’aller à cette mort. Personne n’aurait eu la générosité d’aller à cette mort. Ce sacrifice est unique dans l’histoire de l’humanité en raison de la nature du sacrifice. Il y a bien des personnes qui ont accepté de mourir afin qu’un autre vive. En 1941, le franciscain Maximilien Kolbe était dans un camp de concentration en Pologne. Dans ce camp, lorsqu’un prisonnier tentait de s’évader, on exécutait dix prisonniers comme mesure dissuasive. Un jour, le franciscain entend un homme condamné à l’exécution dire : « Ah non, qu’est-ce que ma femme et mes enfants vont devenir? » Le franciscain a demandé à mourir à sa place et c’est ce qui est arrivé. Cette histoire bien attestée est très touchante et nous devons reconnaître le courage de ce franciscain, mais aussi valable que soit ce geste, ce que Jésus a fait ne se compare pas. Jésus a subi la colère de Dieu à notre place. Il n’est pas simplement décédé. Il a porté nos péchés, il a été traité comme un coupable devant Dieu. Il a subi sa terrible et terrifiante colère pour nous.

Il n’y a pour personne de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (Jean 15.13)

Personne ne peut aller à une telle atrocité par amitié pour quelqu’un d’autre. Il se peut que, lorsque nous pensons à la mort du Christ, nous ne voyions que sa mort physique. Cette mort, nous la subirons aussi, probablement moins souffrante, mais nous passerons par la mort. Le Christ ne nous évite pas la mort physique. Nous allons tous y passer.

D’ailleurs, le larron gracié a subi la même crucifixion que le Christ. Il est vrai qu’avant la crucifixion, on a fait subir au Christ des souffrances additionnelles : on a mis sur sa tête une couronne d’épines, on l’a flagellé, on l’a poussé. Cela dit, la crucifixion était une des pires morts qu’un humain pouvait subir. Un médecin, William Edwards, a écrit ceci concernant la crucifixion :

« Pour expirer correctement il fallait soulever le corps en poussant sur les pieds et en fléchissant les coudes […]. Cependant, cette manœuvre mettait tout le poids du corps sur les pieds et produisait une douleur atroce. De plus, la flexion des coudes provoquait la rotation des poignets autour des clous et une douleur fulgurante le long des nerfs médians endommagés. […] Des crampes et des fourmillements dans les bras ajoutaient à l’inconfort. À cause de cela, chaque effort respiratoire était douloureusement épuisant et conduisait finalement à l’asphyxie. »

Bien qu’on ne doive pas banaliser ses souffrances physiques, ça n’a pas été les pires souffrances que Jésus a subies. La pire chose qu’il a subie, c’est la mort spirituelle. Il a été séparé de Dieu. Il a subi la colère de Dieu. À la croix, le Christ cite le psaume 22 :

Mon Dieu, mon Dieu. Pourquoi m’as-tu abandonné? (Psaume 22.2)

Nous ne devons pas voir un abandon du Fils par le Père. Le sens que ça a dans le psaume 22 c’est : « Pourquoi me laisses-tu aussi longtemps dans cette épreuve? » Il y a aussi la possibilité que le sens soit : « Pourquoi m’as-tu laissé aller aux mains des hommes méchants? » Être abandonné, c’est le contraire d’être secouru. Le Christ n’a pas été secouru durant cette dure épreuve. Il devait la traverser, la subir. Il a pleinement goûté la mort physique et spirituelle. Il devait boire cette coupe. Ce n’est qu’après qu’il a été secouru, après le sacrifice.

La nature parfaite du Christ

Le deuxième élément qui fait que ce sacrifice est incomparable, c’est en raison de qui est Jésus. Là, il y a quelques points à faire ressortir.

Il n’aurait pas dû mourir

Le premier, c’est que Jésus n’aurait pas dû mourir. Le père qui a plongé pour sauver son fils, ce père serait mort de toute façon un jour ou l’autre. Lorsqu’un homme se sacrifie pour son ami, cet homme ne fait qu’anticiper sa propre mort.

Le franciscain Maximilien Kolbe savait qu’il allait mourir un jour, mais Jésus est mort pour ses amis alors qu’il n’aurait pas dû mourir, puisqu’il n’a pas péché. Nous sommes mortels, alors que Jésus est la vie.

Nous savons aussi que le Fils de Dieu est venu, et qu’il nous a donné l’intelligence pour connaître celui qui est le Véritable; et nous sommes dans le Véritable, en son Fils Jésus-Christ. C’est lui le Dieu véritable et la vie éternelle. (1 Jean 5.20)

Dans Jean 14.6, Jésus dit :

Moi, je suis le chemin, la vérité et la vie. Nul ne vient au Père que par moi. (Jean 14.6)

Celui qui est la vie éternelle est mort. La mort de Jésus est un très grand paradoxe. Dans le livre Connaître Christ, un livre qui vient de paraître chez Cruciforme et que je vous recommande chaudement, l’auteur, Mark Jones a ramassé quelques lignes des sermons de St-Augustin et les présente consécutivement :

« Le Créateur de l’homme a été fait homme, afin que, Souverain des étoiles, il puisse se nourrir aux mamelles de sa mère; afin que le Pain ait faim, afin que la Fontaine ait soif, afin que la Lumière sommeille, afin que le Chemin soit fatigué du voyage; afin que la Vérité soit accusée de faux témoignage, afin que l’Enseignant soit battu de verges, afin que le Fondement soit suspendu sur le bois; afin que la Force soit rendue faible, afin que Celui qui guérit puisse être blessé, afin que la Vie puisse mourir. »

Frères et sœurs, l’incarnation et la mort du Fils ne peuvent en rien être comparées à notre expérience. Jésus n’aurait pas dû mourir. Il l’a fait. Il a donné sa vie pour ses amis.

Jésus savait

Le deuxième point concernant ce que Jésus a dû subir est que Jésus savait qu’il allait mourir. Le père qui a plongé pour sauver son fils espérait certainement parvenir à sauver son fils et sa propre vie. Celui qui meurt pour avoir voulu sauver son voisin de l’incendie croyait pouvoir s’en sortir. Peut-être étaient-ils conscients du risque, mais ils n’ont certainement pas posé ce geste dans le but de mourir. Combien de ces personnes commettraient le même geste si elles avaient su qu’elles allaient mourir? Jésus savait. Il n’a pas risqué sa vie : il l’a donnée.

Il n’y a pour personne de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (Jean 15.13)

Lui le Saint

Un autre point relié aux souffrances du Christ, c’est que, par sa mort, il a porté nos péchés. Lui qui n’a jamais péché, il a été fait péché pour nous, non pas qu’il a péché, la Bible est claire, mais il a porté nos péchés sur la croix. Comment cela s’est-il passé? De la même façon que le péché d’Adam a été imputé à toute la descendance, nos péchés ont été imputés au Christ.

Avec la différence suivante : le péché d’Adam nous est imputé, mais nous ne sommes pas dégoûtés par le péché. Nous y participons allègrement. Le Christ a pris nos péchés alors qu’il les a en dégoût. Le Père a fait porter nos péchés par le Christ, qui les a réellement portés. Le Christ a pris nos péchés et ceux-ci ne nous appartenaient plus sur le plan légal, mais appartenaient au Christ. Ici, nous devons faire attention : si je pèche, c’est moi qui pèche et mon péché m’appartient. C’est moi qui dois me repentir.

Toutefois, sur le plan légal, mon péché a été porté par le Christ à la croix. C’est parce que mon péché a été porté à la croix sur un registre légal que je peux me repentir de mes péchés et en être purifié.

Pour des impies

Le troisième point relié à ce que Jésus a fait est qu’il est mort pour des gens qui le méprisaient.

Certes, ce sont nos souffrances qu’il a portées, c’est de nos douleurs qu’il s’est chargé; et nous, nous l’avons considéré comme atteint d’une plaie; comme frappé par Dieu et humilié. (Ésaïe 53.4)

L’homme

Ça nous amène au troisième point : le sacrifice du Christ est incomparable en raison de ce que nous sommes.

La nature pécheresse de l’homme

Avec ce point, nous allons être reconnaissants du sacrifice du Christ relativement au développement théologique qu’on appelle : création, chute, rédemption.

La création

Donc, le premier point à considérer pour être reconnaissant de l’amour sacrificiel de Jésus, c’est qu’il nous a créés : c’est par le Fils que le Père nous a créés.

Néanmoins pour nous, il n’y a qu’un seul Dieu, le Père, de qui viennent toutes choses, et pour qui nous sommes, et un seul Seigneur, Jésus-Christ, par qui sont toutes choses et par qui nous sommes. (1 Corinthiens 8.6)

Du seul fait que nous avons été créés, notre rébellion est une très grave ingratitude. Si nous avons la vie, c’est grâce au Dieu qui nous a créés. Lorsque Dieu a créé l’homme et la femme, il leur a tout donné. Il les a d’abord créés à son image, selon sa ressemblance. Je ne sais pas si vous vous être arrêtés sur ce point, mais personnellement, il me semble que je n’accepterais pas que n’importe qui porte mon image. En nous créant à son image, le Seigneur a associé étroitement l’homme à lui-même. Le Seigneur savait très bien que l’homme allait ternir cette image, la déshonorer, mais il l’a fait. De plus, il les a placés dans le jardin d’Éden, un jardin magnifique, un jardin d’abondance. Il leur a donné tous les arbres à manger, les meilleurs fruits à profusion, tous sauf un seul arbre qui était interdit. Il les a rendus participants à ses œuvres. Le Seigneur aurait pu tout créer, que tout soit déjà complet. Au lieu de cela, il confie à l’homme et la femme le soin de cultiver et de garder le jardin. Le Seigneur a associé l’homme à ses œuvres. Le Seigneur a manifesté sa présence providentielle par l’arbre de vie qu’ils auraient dû prendre comme nourriture. Le Seigneur leur a confié la domination sur toute la création, encore une fois pour les associer à ses œuvres. Il aurait pu dire à l’homme qu’il sera dominé par les animaux. Au contraire, il a placé sur l’homme la couronne royale. Il a mis dans sa main le sceptre.

Le Seigneur a aussi placé dans l’homme sa loi afin que l’homme ait un cadre pour vivre. Le Seigneur a tout fait pour l’homme.

La chute

La réponse de l’homme est horrible. Sa réponse a été de se rebeller contre Dieu. Nous avons pris la vie qu’il nous a donnée pour la retourner contre lui. Nous avons pris l’autorité qu’il nous a donnée pour l’utiliser contre lui. Cette autorité devait servir à dominer sur toute la création pour servir Dieu, pour aller dans le sens et le but que Dieu avait fixés, c’est-à-dire le glorifier. Cela nous conduit au prochain élément à propos de ce que nous sommes. La mort sacrificielle de Jésus est totalement différente de ce que nous voyons en raison de la relation qui existait avant. Le père qui a plongé pour sauver son fils avait une très belle relation avec ce dernier.

En ce qui nous concerne, si Jésus nous appelle ses amis, ce n’est pas ce que nous étions avant.

Car si, lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils, à bien plus forte raison, étant réconciliés, serons-nous sauvés par sa vie. (Romains 5.10)

Lorsque le Christ sauve quelqu’un, il ne sauve pas quelqu’un qui aime le Seigneur. Sauver son enfant, c’est une chose. Il y a un amour mutuel entre les deux. Sauver son voisin, c’est aussi quelque chose. Peut-être qu’il n’y a pas d’amour établi avec le voisin, mais c’est un être humain qui ne nous a rien fait de mal. Cependant, sauver son ennemi, c’est encore plus grand. Nous étions ennemis de Dieu. Nous étions consacrés à saccager sa création. Nous étions consacrés à blasphémer. Nous étions consacrés au péché et aux vices. Nous étions ses ennemis. Un des points marquants du ministère de Jésus, c’est qu’il ne s’est pas associé avec les grands de ce monde, ni avec les personnes reconnues ni avec les autorités religieuses bien établies. Au contraire, Jésus a développé des relations avec les pires de ce monde. Il a été appelé l’ami des pécheurs. Quand nous lisons cela, nous ne réalisons peut-être pas toujours que des pécheurs sont des personnes rebelles au Seigneur, donc à Jésus. Jésus est allé manger avec des personnes rebelles à lui. Il a mangé avec les pécheurs notoires et, lorsque nous nous arrêtons au sens du repas dans la Bible, manger avec eux revêtait un sens très profond. C’était l’expression du désir de Jésus d’avoir une relation amicale avec les pécheurs les plus notoires. Tant que nous ne voyons pas notre dépravation totale, tant que nous pensons que le Seigneur a trouvé quelque chose de bon en nous, nous ne pourrons apprécier l’amour du Christ pour nous à sa juste valeur. Ce n’est que lorsque je comprends que ma vie était consacrée à m’opposer au Dieu, qui m’a créé; ce n’est que lorsque je comprends que tout mon être était tourné contre Dieu; ce n’est que là que je peux être reconnaissant du sacrifice du Christ. Il est mort pour moi, un impie, un rebelle à sa loi, à ses institutions. Donc, le Seigneur nous a créés avec le statut le plus élevé qu’une créature pouvait recevoir, il nous a placés dans les meilleures conditions et notre réponse a été de se rebeller contre lui.

Le Seigneur aurait pu dire à ce moment-là : « Tant pis pour vous! Moi, c’est terminé! Vous avez fait votre choix. » C’est aussi à cause du péché et nous n’aurions pas fait mieux que les disciples, qui ont abandonné leur Seigneur alors que Jésus leur avait demandé de rester avec lui. Nous voyons dans Marc 14 qu’après leur avoir demandé de prier, les disciples ont préféré dormir. À la croix, où étaient ses disciples?

Alors tous les disciples l’abandonnèrent et prirent la fuite. (Matthieu 26.56)

Donc, même l’apôtre Jean, qui s’est présenté à la croix puisque Jésus lui a confié sa mère, est arrivé lorsque tout fut terminé, c’est-à-dire qu’il ne s’est pointé que lorsque Jésus fut mis en croix. Jésus n’a même pas eu un disciple qui s’est montré un vrai ami. Si certains d’entre vous ont vécu du rejet, sachez que le Seigneur connaît cette souffrance.

Le modèle

Le texte que nous étudions cet après-midi propose tout un défi. Relisons les versets 12 et 13 :

Voici mon commandement : Aimez-vous les uns les autres, comme je vous ai aimés. Il n’y a pour personne de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (Jean 15.12-13)

Jésus nous demande de nous aimer les uns les autres comme il nous a aimés. Avec ce que nous venons de voir, la marche est très haute. Évidemment, nous ne pouvons expier les péchés des autres. Cependant, nous pouvons nous donner pour l’autre. Nous pouvons nous sacrifier pour l’autre. Nous pouvons rechercher l’intérêt de l’autre plutôt que le nôtre.

Nous ne pouvons porter les péchés des autres au sens expiatoire, mais nous pouvons porter les péchés des autres au sens où nous sommes disposés à subir les imperfections des autres dans la patience et le désir d’édifier. La marche est haute, frères et sœurs. Cela est impossible à vues humaines et c’est ce que le contexte nous dit. Au verset 12 (Jean 15.12), Jésus nous commande, il nous ordonne de nous aimer les uns les autres comme lui nous a aimés. Au verset 13, il nous dit qu’il :

[…] n’y a pour personne de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. (Jean 15.13)

Et au verset 14, il ajoute :

Vous êtes mes amis, si vous faites ce que je vous commande. (Jean 15.14)

Nous sommes ses amis si nous faisons ce qu’il nous commande. Il nous commande de nous aimer comme il nous a aimés. C’est parce que nous sommes ses amis qu’il nous a aimés comme il l’a fait. Nous devons comprendre ces versets concernant l’image du cep et des sarments. Les sarments qui lui appartiennent portent du fruit de façon certaine. Pour ceux qui n’étaient pas là, vous pouvez écouter la prédication Que signifie le Cep et les sarments? – Jean 15.1-6 sur notre site Web. Ce fruit se voit premièrement par l’amour, concernant Galates 5.22 qui présente le fruit de l’Esprit. Nous sommes ses amis si nous faisons ce qu’il nous commande. Autrement dit, notre obéissance va confirmer notre attachement à lui. Jésus ne dit pas : « Vous serez mes amis si vous faites ce que je vous commande », mais « Vous êtes mes amis ». Celui qui aime démontre qu’il est attaché au cep. Frères et sœurs, jamais nous ne serons aimés comme le Christ nous aime. Son amour est à son comble. Le Seigneur nous a aimés du plus grand amour qui soit.

Il nous a aimés, même s’il savait que nous allions commettre tel ou tel péché, même s’il savait que notre consécration n’allait pas être totale. Il nous a aimés à donner sa vie pour nous, même s’il connaissait toutes nos faiblesses. Aimons-nous les uns les autres comme lui nous a aimés. Soyons patients les uns envers les autres. Sachons nous sacrifier pour les autres. Acceptons les faiblesses des autres sachant que nous en avons nous aussi.

Par-dessus tout, sachons que nous sommes aimés du plus grand amour qui soit. Le Dieu de l’univers, le Dieu trois fois saint a pris la condition humaine pour nous sauver. Voilà le plus grand amour qui soit, voilà l’amour dont nous sommes les sujets. Que le Seigneur vous bénisse. Amen.

Daniel Durand, pasteur
17 juin 2018

Prédicateur invité

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