Abraham et le sacrifice d’Isaac, partie 5

« La maison de l’Éternel est le temple où les sacrifices devaient être offerts. Le temple a été construit au même endroit où Abraham allait offrir son fils Isaac. Ce point est important. C’est comme si le Seigneur a voulu que le Juif croyant puisse ainsi s’identifier à la foi d’Abraham en offrant des sacrifices au temple, lieu même du sacrifice d’Isaac. »

 

Introduction

Nous revenons ce soir sur Genèse 22.1-19 que nous allons relire.

1 Après ces événements, Dieu mit Abraham à l’épreuve et lui dit : Abraham ! Il répondit : Me voici ! 2 Dieu dit : Prends donc ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t’en dans le pays de Moriya et là, offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je t’indiquerai. 3 Abraham se leva de bon matin, sella son âne et prit avec lui ses deux jeunes serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour l’holocauste et partit pour se rendre à l’endroit que Dieu lui avait indiqué. 4 Le troisième jour, Abraham, levant les yeux, vit l’endroit de loin. 5 Alors il dit à ses jeunes serviteurs : Vous, restez ici avec l’âne ; le jeune homme et moi nous irons là-haut pour adorer, puis nous reviendrons auprès de vous. 6 Abraham prit le bois pour l’holocauste, le chargea sur son fils Isaac et prit dans sa main le feu et le couteau. Ils marchèrent tous deux ensemble. 7 Alors Isaac adressa la parole à son père Abraham et dit : Mon père ! Il lui répondit : Me voici, mon fils ! Isaac reprit : Voici le feu et le bois ; mais où est l’agneau pour l’holocauste ? 8 Abraham répondit : Mon fils, Dieu va se pourvoir lui-même de l’agneau pour l’holocauste. Et ils marchèrent tous deux ensemble. 9 Lorsqu’ils furent arrivés à l’endroit que Dieu lui avait indiqué, Abraham y construisit l’autel et disposa le bois. Il ligota son fils Isaac et le mit sur l’autel, par-dessus le bois. 10 Puis Abraham étendit la main et prit le couteau pour égorger son fils. 11 Alors l’ange de l’Éternel l’appela du ciel et dit : Abraham ! Abraham ! Il répondit : Me voici ! 12 L’ange dit : N’étends pas ta main sur le jeune homme et ne lui fais rien ; car j’ai reconnu maintenant que tu crains Dieu et que tu ne m’as pas refusé ton fils, ton unique. 13 Abraham leva les yeux et vit par derrière un bélier retenu dans un buisson par les cornes ; alors Abraham alla prendre le bélier et l’offrit en holocauste à la place de son fils. 14 Abraham donna à cet endroit le nom de Adonaï-Yireéh. C’est pourquoi l’on dit aujourd’hui : Sur la montagne de l’Éternel, il sera pourvu. 15 L’ange de l’Éternel appela Abraham une seconde fois du ciel 16 et dit : Je le jure par moi-même, oracle de l’Éternel ! parce que tu as fait cela, et que tu n’as pas refusé ton fils, ton unique, 17 je te comblerai de bénédictions et je multiplierai ta descendance, comme les étoiles du ciel et comme le sable qui est au bord de la mer. Ta descendance aura le contrôle de ses ennemis. 18 Toutes les nations de la terre se diront bénies par ta descendance, parce que tu as écouté ma voix. 19 Abraham s’en retourna vers ses jeunes serviteurs, puis ils se levèrent pour aller ensemble à Beér-Chéba, car Abraham habitait à Beér-Chéba.

 

Regard théologique

Ce que nous avons vu du texte jusqu’à maintenant a emprunté surtout un parcours historique, parfois psychologique, ainsi que spirituel. Nous allons maintenant faire un léger retour sur le texte, cette fois sous un angle plus théologique. Ce texte fait ressortir des attributs de Dieu.

 

Souveraineté divine

Il y a d’abord la souveraineté divine. C’est Dieu qui commande à Abraham. Le texte ne laisse entrevoir aucune contestation, aucune hésitation de la part d’Abraham. Il semble bien qu’il avait compris que Dieu est souverain. Il a le droit de commander ce qu’il veut. La souveraineté divine se voit aussi du fait que le Seigneur contrôle tout, du début à la fin.  C’est l’Ange de l’Éternel qui empêche Abraham de sacrifier son fils. C’est Dieu qui pourvoit au sacrifice de substitution en plaçant un bélier tout près. Il me semble que c’est R.C. Sproul qui a dit : « La seule façon pour Dieu de nous montrer qu’il contrôle tout parfaitement est de nous placer dans des situations où nous ne contrôlons absolument rien ».

 

 

Fidélité

La fidélité de Dieu ressort aussi dans Genèse 22. Le Seigneur avait promis à Abraham que c’est Isaac qui allait lui donner une descendance. Au moment de cette épreuve, Isaac n’avait pas encore d’enfant. Comme je l’ai raconté dimanche dernier, il m’est arrivé souvent de voir dans ma vie que le Seigneur plaçait des épreuves afin de me permettre de constater la fidélité de Dieu. Par exemple. Tout va bien, et soudain surgit une épreuve financière. Il y a plusieurs années, en deux semaines, plusieurs tuiles financières nous sont tombées sur la tête. Par exemple, notre voiture a nécessité de coûteuses réparations, notre réfrigérateur nous a abandonnés. Puis, la providence divine s’est manifestée par des entrées d’argent vraiment imprévues. Finalement, avec ces entrées, nous étions corrects. Le Seigneur aurait pu faire en sorte que les difficultés financières n’arrivent jamais, et que les entrées d’argent n’arrivent pas non plus. Dans ce cas, on ne se serait rendu compte de rien. La routine aurait suivi son cours. Mais en envoyant les difficultés, puis les provisions, ça nous a permis de goûter à la fidélité de Dieu. Sur ce point, il y a un texte très intéressant où Dieu rappelle la traversée du désert. Deutéronome 8.3 :

3 Il t’a humilié, il t’a fait souffrir de la faim et il t’a nourri de la manne que tu ne connaissais pas et que n’avaient pas connue tes pères,

Ce fut la même chose pour Abraham. La difficulté est qu’il devait sacrifier son fils. Et le Seigneur l’a réglée en pourvoyant au sacrifice. La fin de Deutéronome 8.3 nous parle du 2e but :

… afin de t’apprendre que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais que l’homme vit de tout ce qui sort de la bouche de l’Éternel.

C’est ce qui est arrivé à Abraham. L’épreuve est arrivée, puis la provision. Il a goûté à la fidélité de Dieu et à ses promesses. Et son cœur a été révélé. Abraham avait la foi, la vraie, celle qui se confirme dans l’action, dans la consécration. Frères et sœurs, est-ce possible que, lorsque le Seigneur nous éprouve, il soit en train de nous montrer ses attributs? Parce que nous avons de la peine à les voir dans notre quotidien? Avec la fidélité, Abraham a aussi goûté à la grâce de Dieu. Parce que Dieu n’est jamais obligé de nous donner. Le Seigneur n’a aucune dette, il ne doit absolument rien à personne. Il est Dieu. Abraham goûte à la grâce de Dieu. Alors que son fils est voué à la mort, son fils lui est rendu. Abraham reçoit à nouveau le fils de la promesse. C’est un don renouvelé. L’auteur de l’épître aux Hébreux compare cela à une résurrection. Hébreux 11.19 :

Abraham comptait que Dieu est puissant, même pour faire ressusciter d’entre les morts. C’est pourquoi son fils lui fut rendu : il y a là un symbole.

Pourquoi tout ce scénario? Parce que nous oublions facilement. Les circonstances que le Seigneur place sur nos routes sont là pour nous rappeler des promesses de Dieu, des attributs de Dieu, de l’amour de Dieu pour nous.

 

Substitution

Une autre contribution théologique du récit, c’est la substitution. C’est-à-dire que le Seigneur laisse une victime innocente mourir à la place de l’homme pécheur. Le Seigneur a pourvu un bélier pour qu’Isaac ne meure pas. Le verset 2 de Genèse 22 nous dit que c’est sur le mont Moriya qu’Abraham devait amener son fils pour le sacrifier. Ce lieu est devenu historique et chargé de sens. 2 Chroniques 3.1 :

Salomon commença à bâtir la maison de l’Éternel à Jérusalem, sur la montagne de Moriya, qui avait été indiquée à son père David, à l’endroit préparé par David sur l’aire d’Ornân, le Yebousien.

La maison de l’Éternel est le temple où les sacrifices devaient être offerts. Le temple a été construit au même endroit où Abraham allait offrir son fils Isaac. Ce point est important. C’est comme si le Seigneur a voulu que le Juif croyant puisse ainsi s’identifier à la foi d’Abraham en offrant des sacrifices au temple, lieu même du sacrifice d’Isaac. Cette symbolique nous montre qu’au cœur des promesses de Dieu, il y a le sacrifice fourni par Dieu lui-même. Au cœur des promesses qui sont nôtres, il y a le sacrifice parfait de Jésus-Christ. L’idée de sacrifice, d’holocauste, indique le besoin de l’homme que ses péchés soient expiés, effacés à la satisfaction de Dieu. À travers Isaac, le fils de la promesse, c’est le Fils de Dieu qui est visé. Pour Abraham, la promesse passait par son fils Isaac. Mais le descendant ultime d’Abraham, c’est Jésus-Christ. Galates 3.16 :

Or les promesses ont été faites à Abraham et à sa descendance. Il n’est pas dit : et aux descendances, comme s’il s’agissait de plusieurs, mais comme à une seule : et à ta descendance, c’est-à-dire, à Christ.

Quand nous lisons la suite des Écritures, nous voyons la foi d’Abraham mise à l’épreuve dans ce récit comme une ancre pour le peuple. Deutéronome 1.8 :

Voyez, j’ai mis le pays devant vous ; allez et prenez possession du pays que l’Éternel a juré à vos pères, Abraham, Isaac et Jacob, de leur donner ainsi qu’à leur descendance après eux.

Le peuple juif devait regarder non seulement la promesse, mais aussi le fait que le Seigneur a épargné, a sauvé Isaac en pourvoyant au sacrifice. Autrement dit, quand un Juif lisait le récit où Dieu demande à Abraham de sacrifier son fils Isaac, il devait considérer que c’est lui qui devrait mourir. Ça ne suffit pas pour nous de dire que Dieu a épargné Isaac. Nous devons voir que Dieu nous épargne aussi. Ça fait partie de la foi. Si nous avons la foi d’Abraham, nous avons la vie sauve. Cette promesse des bénédictions de l’alliance ne peut donc être dissociée du sacrifice promis, sacrifice du messie qui s’offre volontairement pour expier nos péchés. Autrement dit, si nous devons nous rappeler des promesses de l’alliance, nous devons nous rappeler aussi ce qu’elles ont coûté. La réalité est que Dieu n’a pas seulement épargné Isaac. Il a sauvé toute sa descendance en lui. Si Isaac était mort, il n’aurait pas eu de descendance. Autrement dit, sa descendance serait aussi morte en lui. C’est l’Église qui serait morte avec lui, puisque, théologiquement, nous sommes descendants d’Abraham, d’Isaac et de Jacob. La Pâque juive rappelait le sacrifice demandé à Abraham. La Pâque célébrait le fait que les premiers-nés juifs avaient été épargnés de la mort du fait que les pères avaient appliqué du sang de l’agneau pascal sur les linteaux des portes. Des premiers-nés épargnés rappellent Isaac, le premier-né d’Abraham, qui a été épargné. Même si Isaac avait un demi-frère plus âgé, Isaac est considéré comme le premier-né. Le Seigneur lui a bien dit en Genèse 22.2 :

Prends donc ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t’en dans le pays de Moriya et là, offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je t’indiquerai.

Si Isaac est appelé le fils unique, il est considéré comme le premier-né. J’aimerais vous laisser sur l’importance de chercher à connaître et à reconnaître le Seigneur dans tout ce qui nous arrive.

Que le Seigneur vous bénisse.

 

Daniel Durand, pasteur

26 septembre 2018

Prédicateur invité

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