Abraham et le sacrifice d’Isaac, partie 1

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Ce soir, nous allons regarder un texte qui nous parle de la foi. Il s’agit du récit où le Seigneur demande à Abraham de sacrifier son fils Isaac. Nous ne verrons que les premiers versets, et la suite viendra plus tard. Mais avant d’aller au texte, rappelons-nous quel homme est Abraham.

 

Abraham, notre père dans la foi, n’était pas un surhomme. Lorsqu’il est arrivé en terre promise, il y avait une sécheresse. Abraham et sa famille ont dû fuir en Égypte. Il fait passer sa femme pour sa sœur par crainte des hommes. Puisque sa femme était très belle, Abraham a eu peur que les Égyptiens le tuent afin que le pharaon puisse prendre Sara comme épouse. Ensuite, Dieu lui promet un fils mais Abraham et Sara trouvent que ça tarde trop. Sara envoie son mari Abraham vers Agar, la servante de Sara, afin qu’il ait un fils par elle. Des tensions familiales s’ensuivent. Lorsque, finalement, Isaac naît, Ismaël, le fils d’Agar se moque d’Isaac et le méprise. Agar et son fils sont contraints de quitter la famille d’Abraham. Tout n’était pas facile dans la famille du patriarche. Puis, les choses semblent plus stables. Le fils promis est né. Attendons qu’il grandisse et qu’il assure une descendance. Il faut savoir que la notion de descendance chez les Juifs était liée à la venue du messie promis. Et là, le Seigneur met la foi d’Abraham à l’épreuve. Genèse 22.1-19 :

1 Après ces événements, Dieu mit Abraham à l’épreuve et lui dit : Abraham ! Il répondit : Me voici!

Dès le premier verset, le lecteur est mis au courant de l’intention de Dieu : mettre Abraham à l’épreuve. Il s’agit de l’épreuve de la foi qui ne peut être démontrée que par l’obéissance. Le Seigneur adresse 3 impératifs à Abraham.

2 Dieu dit : Prends donc ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac ; va-t’en dans le pays de Moriya et là, offre-le en holocauste sur l’une des montagnes que je t’indiquerai.

Peut-on imaginer Abraham entendre ces paroles? Dieu lui demande d’offrir son fils, son unique, celui qu’il aime, en holocauste, c’est-à-dire en sacrifice. Le Seigneur insiste même sur ce que représente son fils pour Abraham : « Prends donc ton fils, ton unique, celui que tu aimes, Isaac… » Abraham avait eu Ismaël auparavant. Et Abraham avait trouvé très difficile de devoir se séparer de ce fils. Il a intercédé pour ce fils afin que le Seigneur le bénisse. On se rappellera que le Seigneur avait promis à Abraham qu’il aurait un fils par Sara. Et que par ce fils, il aurait une descendance aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable de la mer. Et là, avant même qu’Isaac ait pu avoir une descendance, le Seigneur demande à Abraham de le sacrifier. Autrement dit, je t’ai promis une descendance par Isaac. Et là, je te demande de le sacrifier alors qu’il n’a pas encore eu d’enfant. Pour prendre la mesure de ce que Dieu demande à Abraham, nous devons nous rappeler que ce sont toutes les promesses de l’alliance qui passaient par Isaac. Nous allons tourner en Genèse 17, et nous lirons les versets 10 à 21 :

10 Voici comment vous garderez l’alliance que je traite avec vous et avec ta descendance après toi : tout mâle parmi vous sera circoncis. 11 Vous vous circoncirez comme signe d’alliance entre vous et moi. 12 A l’âge de huit jours, tout mâle parmi vous sera circoncis, dans toutes vos générations, qu’il soit né dans la maison ou qu’il soit acquis à prix d’argent de la part d’un étranger qui n’est pas de ta descendance. 13 On devra circoncire celui qui est né dans ta maison et celui qui est acquis avec ton argent ; ce sera dans votre chair la marque d’une alliance perpétuelle. 14 Un mâle incirconcis, qui n’aura pas subi la circoncision dans sa chair, sera retranché du milieu de son peuple : il aura rompu mon alliance. 15 Dieu dit encore à Abraham : Pour ce qui est de ta femme Saraï, tu ne l’appelleras plus Saraï ; mais son nom sera Sara. 16 Je la bénirai et je te donnerai d’elle aussi un fils ; je la bénirai et elle donnera naissance à des nations ; les rois de plusieurs peuples sortiront d’elle. 17 Abraham tomba face contre terre ; il rit et dit en son cœur : Naîtrait-il un fils à un homme de 100 ans? et Sara, âgée de 90 ans, accoucherait-elle? 18 Puis Abraham dit à Dieu : Oh! qu’Ismaël vive devant ta face! 19 Mais Dieu dit : Certainement, ta femme Sara va te donner un fils ; et tu l’appelleras Isaac. J’établirai mon alliance comme une alliance perpétuelle avec lui et sa descendance après lui. 20 À l’égard d’Ismaël, je t’ai entendu : je le bénirai, je le rendrai fécond et je le multiplierai à l’extrême ; il engendrera douze princes, et je ferai de lui une grande nation. 21 Mais en ce qui concerne mon alliance, je l’établirai avec Isaac que Sara te donnera à cette époque-ci de l’année prochaine.

Voyez le verset 21 : « En ce qui concerne mon alliance, je l’établirai avec Isaac ». Le Seigneur avait promis à Abraham qu’il deviendrait une très grande nation à travers Isaac. Une nation aussi nombreuse que les étoiles du ciel et que le sable de la mer. Et là, le Seigneur demande à Abraham de sacrifier ce fils de la promesse. Ça allait contre toute logique. Au chapitre 17, le Seigneur avait même dit à Abraham, Genèse 17.5 :

On ne t’appellera plus du nom d’Abram, mais ton nom sera Abraham, car je te rends père d’une foule de nations.

Quelques versets plus loin, le Seigneur annonce la même chose à Sara. C’est par le fils de Sara, c’est-à-dire Isaac, que la promesse doit passer.  Le Seigneur mit la foi d’Abraham à dure épreuve, à très dure épreuve. Le sacrifice d’Isaac représentait plus que la perte d’un enfant, ce qui est déjà horrible. C’était aussi la perte de l’enfant de la promesse. Isaac représentait la seule lignée possible pour mener à la naissance du messie. Sans Isaac, pas de descendance, pas de pays promis, pas de grande nation. Bref, ce sont toutes les promesses de l’alliance qui s’évaporent d’un coup, du moins, à vue humaine. En fait, ce que le Seigneur demande à Abraham, c’est de sacrifier le fils par qui doivent passer toutes les promesses de l’alliance. Abraham est pris entre la promesse de Dieu et le commandement de Dieu. Quelle fut la réaction d’Abraham, verset 3?

3 Abraham se leva de bon matin, sella son âne et prit avec lui ses deux jeunes serviteurs et son fils Isaac. Il fendit du bois pour l’holocauste et partit pour se rendre à l’endroit que Dieu lui avait indiqué.

On constate l’obéissance immédiate, sans hésitation. Juste dans ce verset, Abraham a déjà répondu favorablement aux 2 premiers impératifs. Abraham obéit à l’impératif du verset 2 « Prends ton fils ». Verset 3, Abraham prit avec lui son fils Isaac. Abraham obéit à l’impératif du verset 2 « va-t’en dans le pays de Moriya ». Verset 3, Abraham partit pour se rendre à l’endroit que Dieu lui avait indiqué. Frères et sœurs, la foi implique l’obéissance, que l’on comprenne le bien fondé ou non. La foi implique l’obéissance sans compromis. Abraham n’a rien changé aux impératifs divins. Il a obéit comme Dieu le lui avait demandé. Cette obéissance n’a rien de mécanique. Elle est le fruit de la foi, d’une confiance en celui qui parle. C’est vrai que nous devons obéir à Dieu parce qu’il est Dieu. Et si Dieu était un mauvais Dieu, nous devrions lui obéir quand même parce qu’il est Dieu. Il est le créateur et nous sommes la créature. Mais ce n’est pas un Dieu mauvais, et le Seigneur ne veut pas d’une obéissance contrainte. Il veut que notre obéissance soit l’expression de notre foi. Hébreux 11.8 :

C’est par la foi qu’Abraham obéit à l’appel de Dieu en partant vers un pays qu’il devait recevoir en héritage ; et il partit sans savoir où il allait.

Abraham a obéi par la foi. C’est-à-dire qu’Abraham avait confiance en Dieu et il avait confiance que ce que Dieu lui demande est la meilleure chose. Même devant l’impensable d’offrir son propre fils, son unique. J’aimerais vous dire qu’Abraham est notre père dans la foi. Il est notre père au sens où il est le modèle de celui qui fut justifié par la foi. Et il fut justifié par la foi qui obéit. La véritable foi ne se contente pas d’être persuadé que Dieu existe. La véritable foi, celle que Dieu donne, est active. Elle obéit. Elle s’accompagne d’une inclinaison qui fait que nous prenons plaisir dans la loi de l’Éternel. La véritable foi est synonyme de confiance totale. Et celui qui croit vraiment regarde tout ce que Dieu lui demande comme étant bon pour lui. Il reçoit tous les commandements comme venant de son Père céleste qui sait mieux que ses enfants ce dont ils ont besoin et ce qui est le mieux pour eux. C’est par la foi qu’Abraham obéit. Si quelqu’un dit qu’il a la foi mais ne veut pas obéir au Seigneur, il s’illusionne. Il ne convainc que lui-même. Le verset 3 nous dit qu’Abraham a fendu le bois lui-même pour l’holocauste. Pouvons-nous imaginer ce qu’a dû représenter chaque coup de hache? Chaque bûche qu’Abraham coupait le rapprochait du sacrifice de son fils. Et pourtant, Abraham l’a fait. Le verset 4 nous dit qu’ils ont dû marcher durant 3 jours avant d’arriver au lieu choisi par Dieu pour le sacrifice. Nous ne savons pas si Abraham a conversé avec son fils. Mais ce dut être les 3 jours les plus difficiles d’Abraham. Chaque pas le rapprochait du sacrifice de son fils.

 

Frères et sœurs, la foi est la plus belle chose que nous avons. Mais la foi doit être façonnée et ça passe par des épreuves. Il arrive que le Seigneur nous mette à l’épreuve. Il veut que notre foi soit manifeste, et pour nous et pour les autres. La foi d’Abraham est la foi des enfants d’Abraham, donc la nôtre. Et la foi d’Abraham est la foi qui interprète toute circonstance à la lumière de qui est Dieu, et à la lumière des promesses de Dieu. Que le Seigneur nous donne d’avoir une foi obéissante, une foi agissante par l’amour, une confiance en notre Père céleste même dans l’épreuve.

 

Daniel Durand, pasteur

 

25 juillet 2018

Prédicateur invité

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