La base de nos relations : l’amour sincère et authentique, 1 Thessaloniciens 2.17-3.5

« C’est intéressant de constater que Paul ne cherche pas des nouvelles de leur ministère d’évangélisation, de la croissance de leur assemblée et de tout autre aspect que nous pourrions penser concernant l’œuvre des croyants. Bien que ces aspects l’intéressent sûrement, on constate que Paul veut des nouvelles de leur foi, comme au verset 2 (1 Thessaloniciens 3.2), où Paul désire les affermir et les encourager concernant leur foi. C’est à réfléchir. J’ai à me préoccuper de ce que je crois. Je veux aussi être sensible à ce que mes frères et sœurs croient. L’amour sincère et authentique se préoccupe de la foi des autres. »

 

Bon matin, frères et sœurs. C’est bon d’être ensemble pour louer notre grand Dieu, pour jouir de la communion fraternelle, pour étudier la Parole afin de découvrir des attributs du Dieu Tout-Puissant lui qui nous a adoptés en tant que ses enfants.

Bon matin également aux gens qui nous visitent. Soyez les bienvenus parmi nous. Je prie que Dieu vous rejoigne et vous touche ce matin. Le prophète Ésaïe a écrit :

Ainsi en est-il de ma parole [l’Éternel] qui sort de ma bouche : Elle ne retourne pas à moi sans effet, Sans avoir exécuté ma volonté Et accompli avec succès Ce pour quoi je l’ai envoyée. (Ésaïe 55.11)

C’est ma prière pour vous, peu importe avec quelle disposition de cœur vous êtes arrivés.

Je me nomme Carl St-Laurent. Je suis enfant de Dieu depuis 17 ans et c’est l’œuvre de Dieu. Lors de la conversion, j’avais l’impression d’avoir cherché Dieu et d’avoir fait un choix réfléchi, mais par la suite, Dieu m’a montré que c’est Lui qui a tout fait : c’est lui qui m’a agrippé et qui a transformé mon cœur de pierre en cœur de chair. Il me l’a montré par sa Parole, par les enseignements, par les discussions entre frères, par le Saint-Esprit. C’est lui qui m’a amené à la repentance et amené à mettre ma confiance dans le sacrifice de Jésus à la croix, où il a payé la punition que mon péché méritait. J’ai un chandail sur lequel il est écrit : « Les bonnes personnes ne vont pas au ciel. Les pécheurs pardonnés y vont. »

Je suis membre de cette assemblée depuis le début de ma vie chrétienne. Ce matin, je suis un prédicateur remplaçant, car notre enseignant principal, Daniel Durand, est en vacances. Avant d’aller plus loin, courbons nos têtes dans un mot de prière :

  • Pour une action de grâce pour la Parole, la vie en nous, la famille spirituelle;
  • Pour que Dieu touche et encourage les gens par sa Parole toujours vivante.

Il y a maintenant près de trois ans, nous avions étudié ensemble le début de la première lettre aux Thessaloniciens. Le temps passe vite! À ce moment-là, j’avais choisi d’étudier 1 Thessaloniciens par curiosité pour un texte peu cité, comparé à Romains ou à Éphésiens; en fait, cette lettre est une section de la révélation infaillible venant de Dieu, donc c’est assurément valable. Nous allons poursuivre ce matin où nous étions rendus. Je vous invite à ouvrir vos Bibles à la première lettre aux Thessaloniciens.

Au chapitre 1, Paul fait l’éloge des Thessaloniciens en tant que croyants et en tant qu’assemblée. Dans le premier message, j’avais utilisé le filon de l’action de Dieu dans le passé, dans le présent et dans le futur. Dieu travaille vraiment : c’est Lui qui agit et qui change les cœurs. Paul met l’accent sur l’action de Dieu.

Au début du chapitre 2, Paul expose son travail d’évangéliste. C’est sûrement une des plus belles descriptions du ministère d’évangéliste dans l’Écriture. En 2016, nous avions vu l’action de Paul sous trois angles : Paul, le théologien; Paul, l’évangéliste; et Paul, le pasteur. Tout ça, sur fond d’encouragements pour les croyants.

Nous allons donc lire ce matin à partir du verset 17 du chapitre 2 au verset 5 du chapitre 3 :

Pour nous, frères, séparés de vous pour un temps par la vue mais non par le cœur, nous avons cherché avec d’autant plus d’empressement (à satisfaire) notre vif désir de revoir votre visage. Aussi, nous avons voulu venir jusqu’à vous, du moins moi, Paul, à une ou deux reprises, mais Satan nous en a empêchés. Qui donc est en effet notre espérance, notre joie, notre couronne de gloire ? N’est-ce pas vous aussi, devant notre Seigneur Jésus, à son avènement ? Oui, vous êtes notre gloire et notre joie. Aussi, n’y tenant plus, nous avons trouvé bon de rester seuls à Athènes, et nous avons envoyé Timothée, notre frère, ouvrier avec Dieu pour l’Évangile du Christ, afin de vous affermir et de vous exhorter dans l’intérêt de votre foi, pour que personne ne soit ébranlé dans les tribulations présentes. Car, vous le savez vous-mêmes, c’est à cela que nous sommes destinés. Lorsque nous étions près de vous, nous vous disions d’avance que nous aurions des tribulations ; c’est ce qui est arrivé, vous le savez. C’est pourquoi, n’y tenant plus, j’envoyai Timothée s’informer de votre foi, dans la crainte que le tentateur ne vous ait tentés et que notre travail ne soit réduit à néant.

Nous avons ici un texte pas trop choquant, pas trop surprenant, où Paul exprime son amour envers les Thessaloniciens. Notre vie chrétienne est faite de relations et le texte de ce matin montre que la base du ministère de Paul est l’amour sincère et authentique, qu’il exprime avec émotions. C’est ce que Paul exprimait à ses lecteurs il y a près de 2000 ans et c’est aussi ce que Dieu veut nous enseigner ce matin. Je crois bien que, pour chacun de nous, ce n’est pas nouveau, mais Dieu veut nous le rappeler, nous encourager en ce sens :

  • La base de notre ministère est l’amour sincère et authentique :
    • Amour exprimé, par des gestes ou par des paroles;
    • Amour qui avertit des dangers, qui ne cache pas la vérité;
    • Amour qui encourage et qui console.

Étudions le texte plus en détails :

Pour nous, frères, séparés de vous pour un temps par la vue mais non par le cœur, nous avons cherché avec d’autant plus d’empressement (à satisfaire) notre vif désir de revoir votre visage. (1 Thessaloniciens 2.17)

Le chapitre 3 pourrait commencer ici. Après avoir rendu grâce pour tous les apprentissages et progrès des Thessaloniciens, Paul témoigne personnellement de son désir sincère de les revoir.

Premièrement, il les appelle « frères », un terme chaleureux. Dans l’adresse de la lettre, il s’adressait à l’église des Thessaloniciens, une belle salutation, mais ici au début de notre passage, Paul est plus chaleureux en disant « Pour nous, frères ».

Paul, Silvain et Timothée, à l’Église des Thessaloniciens qui est en Dieu le Père et dans le Seigneur Jésus-Christ : Que la grâce et la paix vous soient données ! (1 Thessaloniciens 1.1)

Puis, il ajoute : « nous avons cherché avec d’autant plus d’empressement [(cherché vivement)] », un verbe intense avec un adverbe intense, grande intensité dans le désir de Paul qui peut passer inaperçu en français. « ([À] satisfaire) notre vif désir » : encore un nom fort avec un adjectif fort. Paul utilise quatre mots forts qui sortent de l’ordinaire pour décrire son désir de revoir les frères. Paul est intense et passionné concernant les croyants de Thessalonique. Il se sent responsable et il désire ardemment les revoir. « [N]otre vif désir de revoir votre visage », ça aussi, c’est personnel et sensible : revoir le visage, face à face, pas juste au téléphone ou sur Facebook. Les moyens modernes de communication sont pratiques, mais il arrive qu’on dise qu’un sujet est trop important ou trop sensible et qu’on doive se voir face à face pour en parler. Paul aime les gens et veut ardemment les revoir.

Le mot « séparés de vous » est aussi particulier. Une traduction littérale serait « rendus orphelins » : « [nous avons été rendus orphelin] de vous », comme un enfant qui est séparé de ses parents, mais ça s’applique aussi au sens large, comme un parent qui perd ses enfants. Au verset 7 du chapitre 2 (1 Thessaloniciens 2.7), Paul écrivait :

Mais nous avons été pleins de douceur au milieu de vous. Comme une mère prend soin de ses enfants, (1 Thessaloniciens 2.7)

Aux versets 11 et 12 :

Vous savez aussi que nous avons été pour chacun de vous ce qu’un père est pour ses enfants ; nous vous avons exhortés, consolés, adjurés de marcher d’une manière digne de Dieu qui vous appelle à son royaume et à sa gloire. (1 Thessaloniciens 2.11-12)

Dans notre passage, Paul exprime un amour semblable à un amour parental. On peut voir un langage de parents envers les enfants quand ils en sont séparés.

Un autre aspect spécial dans ce verset est que Paul a subi son départ. L’expression « séparés de vous pour un temps » est au passif dans le grec original. Paul s’est fait séparer des Thessaloniciens : il ne désirait pas partir. Lors de son premier passage, il n’a pas été très longtemps à Thessalonique et certaines mauvaises langues pouvaient dire que Paul n’aimait pas vraiment les Thessaloniciens, parce qu’il était parti rapidement et n’était pas revenu depuis ce temps-là. Allons relire le récit du passage de Paul à Thessalonique en Actes 17. Je vous invite à tourner dans le livre des Actes au chapitre 17 :

Ils passèrent par Amphipolis et Apollonie, et arrivèrent à Thessalonique, où les Juifs avaient une synagogue. Paul y entra, selon sa coutume. Pendant trois sabbats, il eut avec eux des entretiens, d’après les Écritures ; il expliquait et exposait que le Christ devait souffrir et ressusciter d’entre les morts. Et Jésus que je vous annonce, disait-il, c’est lui qui est le Christ. Quelques-uns d’entre eux furent persuadés et se joignirent à Paul et à Silas, ainsi qu’une grande multitude de Grecs craignant Dieu, et plusieurs femmes parmi les plus notables. Mais les Juifs, jaloux, prirent avec eux quelques hommes de rien parmi la populace et provoquèrent des attroupements, ainsi que du tumulte dans la ville. Ils se portèrent à la maison de Jason et cherchèrent (Paul et Silas) pour les amener devant le peuple. Ils ne les trouvèrent pas ; alors ils traînèrent Jason et quelques frères devant les magistrats en criant : Ceux-ci, qui ont bouleversé le monde entier, sont aussi venus ici, et Jason les a reçus. Ils agissent tous contre les décrets de César et disent qu’il y a un autre roi, Jésus. Ces paroles troublèrent la foule et les magistrats, qui ne relâchèrent Jason et les autres qu’après avoir obtenu d’eux une caution.Aussitôt les frères firent partir de nuit Paul et Silas pour Bérée. Dès leur arrivée, ils entrèrent dans la synagogue des Juifs. (Actes 17.1-10)

Dans une nouvelle ville, Paul a commencé par la synagogue, comme il le faisait habituellement. C’est le début de l’assemblée. On voit que si Paul était resté sur place, c’est Jason qui aurait payé, peut-être de sa vie, parce que les dirigeants le tenaient responsable des tumultes. Paul n’était sûrement pas à l’aise avec ça. On voit aussi que Paul était parti à la sauvette, malgré lui, de nuit, probablement sans saluer toute l’assemblée. Ce départ précipité avait probablement semé des doutes chez certains membres de l’église concernant l’amour de Paul ou, du moins, chez certains détracteurs.

En revenant à notre texte principal, au verset 18 (1 Thessaloniciens 2.18), Paul continue dans l’expression de ses sentiments intenses envers les Thessaloniciens. Il écrit :

Aussi, nous avons voulu venir jusqu’à vous, du moins moi, Paul, à une ou deux reprises, mais Satan nous en a empêchés. (1 Thessaloniciens 2.18)

Ici, il faut faire une petite parenthèse, parce que les mots de Paul sont surprenants : Satan l’a empêché. On dirait que Paul croit que Satan est au contrôle, que Satan va décider quand Paul va pouvoir retourner chez les Thessaloniciens, mais ça ne marche pas comme ça! Notre grand Dieu Tout-Puissant, le créateur de l’univers, c’est lui qui est souverain, c’est lui qui décide. C’est lui qui fait les plans, qui a fait le grand plan global de l’histoire et qui a vaincu le mal. Notre espérance qu’il y aura des nouveaux cieux et une nouvelle terre, sans larmes, ni mort, ni deuil, ni cri, ni douleur, et les croyants de tous les âges avec des corps renouvelés qui voient la face de Dieu, tel que décrit dans Apocalypse 21 et 22, tout ça tombe à l’eau si Dieu ne décide pas, s’il n’est pas souverain, parce que Satan viendrait bousiller tout ça!

La Parole nous dit que Dieu est souverain, mais pour le croire, ça prend la foi que Dieu donne. Pour nous aider à croire, les prophéties accomplies sont une bonne base. L’Ancien Testament relate plusieurs prophéties accomplies, mais je voudrais aujourd’hui considérer la mort de Jésus, qu’il ne pouvait pas faire arriver tout seul.

On lit que, dans les semaines avant sa mort :

Jésus commença dès lors à montrer à ses disciples qu’il lui fallait aller à Jérusalem, souffrir beaucoup de la part des anciens, des principaux sacrificateurs et des scribes, être mis à mort et ressusciter le troisième jour.

Un peu plus tard, Jésus dit :

Voici : nous montons à Jérusalem, et le Fils de l’homme sera livré aux principaux sacrificateurs et aux scribes. Ils le condamneront à mort et le livreront aux païens, pour qu’ils se moquent de lui, le flagellent et le crucifient, et le troisième jour il ressuscitera. (Matthieu 20.18)

Jésus a prédit sa passion, sa mort et sa résurrection, mais il ne pouvait pas faire arriver tout ça tout seul. Il ne pouvait pas se crucifier lui-même, mais sa mort sur la croix faisait partie du plan décrété par Dieu, pour que Jésus paie la punition que je méritais à cause de mes péchés. Applicable aux autres croyants aussi, évidemment. Si Satan avait pu empêcher ça, il l’aurait fait, c’est certain.

Pourquoi, d’abord, Paul écrit que Satan l’a empêché une fois, puis deux fois? Quelques versets plus loin, Paul prie :

Que Dieu lui-même, notre Père, et notre Seigneur Jésus, aplanissent notre chemin jusqu’à vous ! (1 Thessaloniciens 3.11)

Donc, comme on pouvait s’y attendre, Paul sait que Dieu est le vrai grand patron.

Alors, comment expliquer qu’il dit que Satan l’a empêché une fois, puis deux fois ? Comme on l’a vu à l’école du dimanche récemment, l’explication est la notion de cause première et de cause seconde. Si on cherche pourquoi Jésus a été flagellé et crucifié, on peut dire que c’est à cause de Judas qui l’a livré, à cause des Juifs qui souhaitaient le faire mourir depuis longtemps ou à cause de Ponce Pilate, qui s’est laissé influencer par les Juifs. Tous ces personnages ont été responsables de la mort de Jésus il y a 2000 ans, mais on a vu tantôt que Jésus avait prédit ses souffrances et sa mort et que ça faisait partie du plan décrété par Dieu. Donc, Dieu est la cause première de la mort de Jésus. C’est lui, le Tout-Puissant, le grand patron. Judas, Pilate et les autres sont aussi la cause de la mort de Jésus, mais la cause seconde, utilisée par Dieu.

Tournez dans le livre des Actes au chapitre 2 pour lire un verset qui montre bien cette notion :

Israélites, écoutez ces paroles ! Jésus de Nazareth, cet homme approuvé de Dieu devant vous par les miracles, les prodiges et les signes que Dieu a faits par lui au milieu de vous, comme vous le savez vous-mêmes ; cet homme, livré selon le dessein arrêté et selon la prescience de Dieu, vous l’avez fait mourir en le clouant (à la croix) par la main des impies.​ (Actes 2.22-23)

Dieu est la cause première; les impies, la cause seconde, pour un seul et même événement.

On pourrait se demander si la notion de cause première et de cause seconde est une idée récente dans l’enseignement de l’Église. Eh bien, non. En préparant ce message, j’ai lu un commentaire de Jean Calvin daté de l’an 1550 qui parlait du double agent en lien avec ce verset. Calvin mentionne aussi qu’en sachant que Satan nous attaque, nous devrions prendre plus de soin pour combattre en maintenant une saine doctrine. La saine doctrine, c’est une conception juste des attributs de Dieu et de son plan. J’entendais récemment une définition intéressante de la théologie : la foi qui cherche à comprendre. Nous sommes des théologiens avec la foi et nous cherchons à comprendre toujours un peu plus comment Dieu travaille et comment il est. Dieu décrète les événements, il est la cause première et il utilise des personnes ou d’autres circonstances pour faire arriver les événements qu’il a décidé.

On peut revenir à notre texte :

Qui donc est en effet notre espérance, notre joie, notre couronne de gloire ? N’est-ce pas vous aussi, devant notre Seigneur Jésus, à son avènement ? Oui, vous êtes notre gloire et notre joie.​ (1 Thessaloniciens 2.19-20)

Paul mentionne en Galates 6.14 :

Quant à moi, certes non ! je ne me glorifierai de rien d’autre que de la croix de notre Seigneur Jésus-Christ, par qui le monde est crucifié pour moi, comme je le suis pour le monde !​ (Galates 6.14)

Aussi, l’espérance de Paul est fondé sur Christ : il espère la vie éternelle, la base de son espérance est le sang, la justice et le sacrifice de Christ. Est-ce que la gloire de Paul dans l’éternité est liée aux Thessaloniciens qui sont glorieusement transformés? J’avoue que je ne suis pas certain de ce que Paul veut dire exactement, mais en tout cas, on ressent beaucoup de joie et d’admiration de la part de Paul et un regard tourné vers le retour glorieux de Christ, à son avènement. Dieu veut que nous ayons les regards tournés vers le retour glorieux de Christ, vers la destination finale. C’est merveilleux et ça prépare les prochains versets.

Aussi, n’y tenant plus, nous avons trouvé bon de rester seuls à Athènes, et nous avons envoyé Timothée, notre frère, ouvrier avec Dieu pour l’Évangile du Christ, afin de vous affermir et de vous exhorter dans l’intérêt de votre foi, (1 Thessaloniciens 3.1-2)

« N’y tenant plus » montre encore beaucoup d’affection et de passion envers les Thessaloniciens, mais avant d’explorer les sentiments de Paul, nous pourrions faire une autre petite parenthèse concernant le « nous » de ces versets. Au chapitre 1, l’épitre commence par Paul, Sylvain et Timothée, donc nous comprenons que la plupart des « nous » font référence à ces trois hommes, mais ici, c’est un peu bizarre de lire « nous sommes restés seuls et nous avons envoyé Timothée ».

En grec comme en français, le « nous » peut être utilisé de trois façons : il peut être inclusif, comme si Paul écrit « frères, nous aurons des tribulations », qui inclut ceux qui écrivent et ceux qui vont lire. Le « nous » peut aussi être exclusif, comme si Paul écrit « nous voulons aller à Thessalonique », qui inclut seulement ceux qui sont avec Paul et non les lecteurs. La troisième utilisation est ce qu’on appelle le « nous épistolaire », qui équivaut au « je ». C’est plus rare en français, mais c’est assez commun en grec. En français, nous utilisons parfois la troisième personne du singulier, comme si mon épouse Nathalie dit : « Est-ce que le père va faire la vaisselle? » et que je réponds : « Oui, oui, il va la faire! » Ça veut dire : « je » ou, du moins, ça devrait vouloir dire « je »!

Dans notre verset, on comprend que Timothée n’a pas pu s’envoyer lui-même et, si Sylvain avait été avec Paul au moment de l’envoi de Timothée, ça n’aurait pas été gentil d’écrire qu’il « restait seul ». D’ailleurs, en Actes 18.5, on voit que Silas, la même personne que Sylvain, était parti pour la Macédoine. Donc, Paul est resté seul en envoyant Timothée : les « nous » de ces versets sont des « je ». Au verset 5, juste un peu plus loin, c’est la même idée, mais au « je » :

C’est pourquoi, n’y tenant plus, j’envoyai Timothée s’informer de votre foi, dans la crainte que le tentateur ne vous ait tentés et que notre travail ne soit réduit à néant. (1 Thessalonciens 3.5)

« C’est pourquoi, n’y tenant plus, j’envoyai Timothée ».

Le « je » revient en 1 Thessalonciens 5.27 : 

Je vous en conjure par le Seigneur, que cette lettre soit lue à tous les frères. (1 Thessaloniciens 5.27)

Donc, les « nous » de Paul sont parfois pluriel et parfois singulier. Il ne faut pas tirer de conclusions hâtives en voyant un « nous ».

Donc, Paul démontre ici beaucoup d’affection. « N’y tenant plus » montre beaucoup d’intensité et l’envoi de Timothée démontre un grand oubli de soi, le contraire de l’égoïsme. Pour Paul, c’est évident que ça aurait été plus plaisant de garder son compagnon, Timothée, avec lui, pour œuvrer ensemble. C’était plus risqué aussi de rester seul, mais Paul était moins préoccupé par ses problèmes que de la condition des Thessaloniciens. Paul était prêt à souffrir dans l’intérêt des frères thessaloniciens. Paul avait sûrement des bonnes raisons de rester à Athènes plutôt que d’aller avec Timothée à Thessalonique, mais quoi qu’il en soit, il partage ses sentiments intenses et il montre que la base de son ministère est un amour sincère et authentique.

[…] nous avons envoyé Timothée, notre frère, ouvrier avec Dieu pour l’Évangile du Christ, afin de vous affermir et de vous exhorter dans l’intérêt de votre foi, […] (1 Thessalonciens 3.2)

Paul en profite ici pour exprimer son appréciation pour son collaborateur : « frère » est un terme chaleureux et souligne la foi vraie de Timothée; « ouvrier avec Dieu pour l’Évangile du Christ » montre que Timothée n’est pas paresseux mais travaillant, « avec Dieu pour l’Évangile de Christ ».

Puis, Paul poursuit avec les raisons de l’envoi de Timothée :

[…] afin de vous affermir et de vous exhorter dans l’intérêt de votre foi, (1 Thessaloniciens 3.2)

« Affermir », rendre ferme, rendre fort. Après la conversion, le croyant doit par la suite être formé, être enseigné dans la foi et être encouragé. Le terme grec traduit par « exhorter » dans la traduction Colombe, parakaleô, peut aussi être traduit par « encourager », comme dans la traduction Semeur, et aussi par « consoler » et « réconforter ». Les traducteurs doivent faire des choix, mais j’ai la conviction que Paul avait toutes ces nuances en tête quand il a écrit sa lettre.

et nous avons envoyé Timothée, notre frère, ouvrier avec Dieu pour l’Évangile du Christ, afin de vous affermir et de vous exhorter[, de vous encourager, de vous consoler, de vous réconforter] dans l’intérêt de votre foi, pour que personne ne soit ébranlé dans les tribulations présentes. […] (1 Thessalonciens 3.2-3)

Pour les croyants, Dieu est aussi un Dieu de réconfort. Il y a des difficultés diverses, des persécutions, c’est la réalité, et Dieu se sert de Timothée, de Paul, de nos frères et sœurs pour nous réconforter, pour nous former aussi, et c’est « dans l’intérêt de notre foi ». Les connaissances sont utiles, pour solidifier la foi, parce que c’est la foi qui permet de résister dans les temps difficiles.

pour que personne ne soit ébranlé dans les tribulations présentes. Car, vous le savez vous-mêmes, c’est à cela que nous sommes destinés. Lorsque nous étions près de vous, nous vous disions d’avance que nous aurions des tribulations ; c’est ce qui est arrivé, vous le savez. (1 Thessaloniciens 3.3-4)

Dans les derniers mois, nous avons eu une série de prédications pour nous avertir ou pour nous préparer à ce qu’il y ait de plus en plus de persécutions envers nous ou plus de temps difficiles pour les vrais croyants. Pour ne pas que nous soyons surpris ou que nous doutions de la bonté de Dieu, Paul fait la même chose. Paul rappelle que les tribulations font partie de la vie chrétienne. On voit que Paul leur avait enseigné régulièrement sur les tribulations. Dans une autre lettre, Paul écrit que :

Tous ceux d’ailleurs qui veulent vivre pieusement en Christ-Jésus seront persécutés. (2 Timothée 3.12)

Les afflictions font partie du décret immuable de Dieu. Les croyants sont destinés pour les afflictions et certaines afflictions sont destinées pour les croyants. C’est ce qui arrive à tous ceux qui vivent saintement pour Dieu. Paul le leur avait dit, donc rien de nouveau. Ce n’est vraiment pas l’évangile sans tracas. C’est tentant pour nous d’inviter les gens à « venir à Christ » ou « à accepter Christ » pour que la vie aille mieux. Paul ne faisait pas ça.

La réalité des tribulations peut être troublante pour nous, les croyants. On aimerait mieux que Dieu ait promis une vie paisible et sans difficultés. On peut se rappeler certaines paroles de Jésus.

Heureux serez-vous, lorsqu’on vous insultera, qu’on vous persécutera et qu’on répandra sur vous toute sorte de mal, à cause de moi. (Matthieu 5.11)

Si vous étiez du monde, le monde aimerait ce qui est à lui ; mais parce que vous n’êtes pas du monde, et que je vous ai choisis du milieu du monde, à cause de cela, le monde a de la haine pour vous. Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : Le serviteur n’est pas plus grand que son maître. S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. (Jean 15.20)

Je vous ai parlé ainsi, pour que vous ayez la paix en moi. Vous aurez des tribulations dans le monde ; mais prenez courage, moi, j’ai vaincu le monde. (Jean 16.33)

et enseignez-leur à garder tout ce que je vous ai prescrit. Et voici, je suis avec vous tous les jours, jusqu’à la fin du monde. (Matthieu 28.20)

Un commentateur écrivait qu’étant donné que c’est la volonté de Dieu que les croyants aient des persécutions, on devrait les endurer patiemment et s’y soumettre calmement. C’est à réfléchir. Je vois un lien avec la fête de l’Action de grâce et j’y reviens dans quelques minutes.

Il nous reste un verset à regarder :

C’est pourquoi, n’y tenant plus, j’envoyai Timothée s’informer de votre foi, dans la crainte que le tentateur ne vous ait tentés et que notre travail ne soit réduit à néant. (1 Thessaloniciens 3.5)

« N’y tenant plus » sont les mêmes mots qu’au verset 1 (1 Thessaloniciens 3.1). Paul n’a pas peur de la répétition. C’était déjà intense et sensible de l’avoir écrit une fois; ça l’est doublement une deuxième fois. On voit la troisième raison pour laquelle Paul a envoyé Timothée à Thessalonique. Au verset 2 (1 Thessaloniciens 3.2), Timothée a été envoyé pour consolider leur foi et pour les encourager; puis, au verset 3 (1 Thessaloniciens 3.3), pour rappeler que les tribulations font partie de la vie chrétienne. Ici, c’est pour avoir des nouvelles d’eux, ces frères qu’il aime tant. C’est intéressant de constater que Paul ne cherche pas des nouvelles de leur ministère d’évangélisation, de la croissance de leur assemblée et de tout autre aspect que nous pourrions penser concernant l’œuvre des croyants. Bien que ces aspects l’intéressent sûrement, on constate que Paul veut des nouvelles de leur foi, comme au verset 2 (1 Thessaloniciens 3.2), où Paul désire les affermir et les encourager concernant leur foi. C’est à réfléchir. J’ai à me préoccuper de ce que je crois. Je veux aussi être sensible à ce que mes frères et sœurs croient. L’amour sincère et authentique se préoccupe de la foi des autres.

Encore une fois, Paul mentionne le tentateur, Satan, auquel il faut résister. Paul n’est pas peureux, mais il reconnait qu’il ne maîtrise pas les résultats. Paul sait que Dieu approuve son travail et ses efforts, mais que les résultats appartiennent à Dieu. Paul reconnait aussi que la chair est faible, que les Thessaloniciens auraient pu succomber à la tentation. Paul souhaite intensément qu’ils résistent au diable par la foi en Christ.

Selon les écrits de Paul, les pasteurs et les dirigeants sont appelés à manifester un amour semblable envers les frères et sœurs. Pour ma part, je rends grâce à Dieu pour Sylvain et pour Daniel, qui s’efforcent de suivre cet exemple de Paul le mieux possible. Sylvain et Daniel sont des humains que Dieu est en train de transformer. Ils font parfois des erreurs, mais je les vois très souvent poser des gestes d’amour concrets pour les frères et sœurs. Je lisais cette semaine que les Américains dédient ce dimanche-ci, aujourd’hui, à la reconnaissance envers les pasteurs, une occasion spéciale pour remercier nos pasteurs. Je trouve que c’est une très bonne idée.

Je crois profondément que ce texte de Paul s’applique aussi à chacun de nous, à toutes nos relations dans l’église. La base de notre ministère, de notre vie d’église, est un amour sincère et authentique, un amour exprimé par des gestes et des paroles, un amour qui avertit des dangers, qui ne cache pas la vérité, un amour qui encourage et qui console.

Au Canada, on a demain un jour férié où on célèbre l’Action de grâce. Je lisais cette semaine que le deuxième lundi d’octobre a été officialisé en 1957, et je cite : « le jour où on rend grâce à Dieu Tout Puissant pour les récoltes abondantes dont il bénit le Canada ». Avant 1957, la date de la fête variait d’année en année et les gens faisaient des célébrations d’action de grâce pour la fin d’une guerre, pour l’arrivée à bon port après la traversée de l’océan et pour les récoltes bénies de Dieu.

Pour nous, croyants, profitons-en pour remercier Dieu pour toutes ses bontés, pour notre famille spirituelle, pour toutes ses bénédictions matérielles et spirituelles, pour les épreuves aussi, si on en a la force, et remercions les frères et sœurs qui manifestent un amour sincère et authentique envers nous.

Surtout, à l’exemple de Paul, aimons-nous les uns les autres d’un amour sincère et authentique. C’est la base de nos relations.

Carl St-Laurent,
Diacre

Carl St-Laurent

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