L’homme, image de Dieu

Share on facebook
Share on twitter
Share on google
Share on email

« Réfléchir à notre ressemblance à Dieu peut être bénéfique. Nous sommes la créature qui ressemble le plus à Dieu, plus que la nature, que les animaux et même que les anges. Son image en nous est là pour lui rendre gloire. En ayant le statut de l’image de Dieu, chacun représente Dieu, bien que ce soit d’une manière imparfaite pour l’instant et cette représentation devrait être traitée avec respect et dignité. »

 

Au cours de la dernière année, j’ai pu suivre deux cours chrétiens, dont Counseling biblique 1 et Théologie systématique 1. Un des sujets que ces deux cours abordaient brièvement est le sujet de l’image de Dieu en l’homme. J’ai donc cru intéressant d’approfondir le sujet et de vous en faire part. Je vais débuter en ressortant certains liens entre le dit sujet et les cours que j’ai suivis pour, ensuite, aborder les textes bibliques qui en parlent.

Très sommairement, le counseling biblique, c’est de connecter Christ et l’évangile aux différentes situations et épreuves d’une personne.

  1. Le fait de savoir que nous sommes créés à l’image de Dieu et de comprendre comment nous représentons le Dieu trois fois saint est une information pertinente afin de mieux connecter l’évangile à notre propre vie et à celle des autres;
  2. Dans les counseling biblique, il n’est pas rare de devoir dénicher les idoles qui se cachent dans la vie des gens. En comprenant mieux qui nous sommes en tant qu’image de Dieu, il est plus facile de savoir comment agir et comment s’éloigner de nos idoles;
  3. De plus, le cours de counseling biblique vise à donner une vision biblique de la croissance spirituelle chez le croyant et du processus de la sanctification progressive sur terre. De quoi la sanctification progressive implique de se rapprocher de plus en plus? De l’image parfaite de Dieu.

Abordons maintenant des liens avec le cours de théologie systématique. Le théologien Wayne Grudem donne une définition simple : « La TS consiste à répondre à la question [suivante :] « Que nous enseigne l’ensemble de la Bible aujourd’hui sur différents sujets ? ». On peut diviser les sujets en doctrines, par exemple :

  1. Doctrine de la parole de Dieu (comment Dieu se révèle, l’inspiration des Écritures);
  2. Doctrine de Dieu (la Trinité, les perfections / attributs de Dieu, la providence et le plan de Dieu);
  3. Doctrine de l’homme (l’homme à l’origine, l’image de Dieu en l’homme, la nature pécheresse).

L’image de Dieu en l’homme est un des sujets auquel la théologie systématique touche. On peut donc chercher dans les Écritures, de façon systématique, ce qui se rapporte à l’image de Dieu en l’homme.

Alors, en quoi l’homme, au sens générique, ressemble-t-il à Dieu? Regardons les versets dans Genèse 1.26-27 qui se trouvent dans le récit de la création, au sixième jour, alors que Dieu crée l’homme et la femme. Dieu vient de créer les animaux vivants selon leur espèce.

Puis Dieu dit : Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il domine sur les poissons de la mer, sur les oiseaux du ciel, sur le bétail, sur toute la terre, et sur tous les reptiles qui rampent sur la terre. (Genèse 1.26)

Dieu créa l’homme à son image, il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme. (Genèse 1.27)

Ces versets parlent tous les deux de l’image de Dieu, alors que Dieu crée l’homme et la femme. Contrairement, aux autres créatures, il les a faits pour être à sa ressemblance, mais que veut dire être créé « à l’image de Dieu »? Le terme tselemen Hébreux est traduit par « image » en français. Ce terme désigne un objet qui est similaire à quelque chose d’autre et qui en est la représentation. Prenons par exemple la statue d’un roi qui, non seulement lui ressemble, mais le représente aussi. Si quelqu’un s’en prenait à la statue, ça serait comme de s’y prendre au roi lui-même et la personne pourrait être accusée d’un crime grave; ou, encore, la photo de mon neveu lui est similaire et le représente. Si quelqu’un déchirait la photo de mon neveu, cela m’affecterait beaucoup plus que si la personne déchirait une photo d’un paysage quelconque, puisque son image le représente et donne une valeur ajoutée à la photo.

Le terme demût en hébreux est traduit par le mot « ressemblance » en français. Ce terme désigne aussi un objet similaire à un autre, mais sans nécessairement faire allusion à l’idée de représentation ou de substitution pour autre chose. Par exemple, mon chien peut ressembler à celui de quelqu’un d’autre en ce qu’il est similaire, mais il n’est pas sa représentation. Les deux termes sont utilisés dans le texte de Genèse, faisant en sorte que l’homme et la femme sont non seulement similaires à Dieu, mais le représentent de plusieurs façons. Les deux termes sont synonymes en indiquant la même pensée, à savoir que l’homme est similaire à Dieu, et non pas identique.

Il y a plusieurs points de vue qui ont été émis dans les siècles passés sur comment ou dans quels aspects l’homme ressemble à Dieu (substantiel, relationnel, fonctionnel)2. Selon ces points de vue, l’image pourrait se trouver dans :

  1. les qualités de la nature de l’homme, dont sa spiritualité et sa raison;
  2. dans les relations qu’a l’homme avec Dieu et les autres, illustrant l’importance théologique de la Trinité (la pluralité étant présente dans Genèse 1.26 : « […] Faisons l’homme […] »);
  3. dans le fait d’appliquer des fonctions comme Dieu, tel dominer sur la création (tel que vu en Genèse 1.26) en utilisant notre capacité à utiliser les ressources naturelles qui nous sont données par notre Créateur.

Tous ces points de vue réunis nous donnent une évaluation plus complète de l’image de Dieu dans l’homme. Prises séparément cependant, comme explique le théologien Grudem, ces définitions ne peuvent faire justice à ce que les textes disent, puisque les textes ne décrivent pas de quelle façon l’homme est à l’image de Dieu : ils affirment simplement que l’homme est similaire à Dieu. Regardons Genèse 5.1-3 pour mieux comprendre le point :

Voici le livre de la postérité d’Adam. Lorsque Dieu créa l’homme, il le fit à la ressemblance de Dieu. Il créa l’homme et la femme, il les bénit, et il les appela du nom d’homme, lorsqu’ils furent créés. Adam, âgé de cent trente ans, engendra un fils à sa ressemblance, selon son image, et il lui donna le nom de Seth. (Genèse 5.1-3)

Le verset 3 reprend les mêmes termes employés en Genèse 1.26. Pourtant, on ne fait pas de théories élaborées sur comment Seth est similaire à Adam, bien que l’on puisse comprendre de ce texte qu’il est une image modifiée de Dieu, étant corrompue par le péché. Est-ce que c’est de par la teinte de la peau? Son style de langage? Ses habiletés physiques? En fait, on ne le sait pas et ce ne sont que des hypothèses. Ce qu’on peut déduire, c’est que pour chaque aspect que Seth était comme Adam, cela faisait partie du fait d’être à son image. Pareillement, chaque façon dont l’homme est similaire à Dieu fait partie d’être à sa ressemblance et à son image.

Bien que nous ne savons pas tout ce qu’implique être semblable à Dieu, Grudem3 fait ressortir plusieurs similarités entre l’homme et Dieu, que les animaux ne partagent pas dans la même mesure. Moralement, nous sommes responsables de nos actions par la connaissance du bien et du mal. Spirituellement, notre esprit immatériel est en relation avec Dieu. Intellectuellement, nous sommes semblables par notre raisonnement logique, notre langage sophistiqué, notre créativité artistique et notre complexité émotionnelle. De façon relationnelle, l’homme est supérieur aux autres créatures par l’unité maritale, par l’unité familiale, par la vie d’église ainsi que par le mandat de dominer la création.

Il est intéressant de noter, comme un conseiller biblique américain Edward Welch le mentionne, que plus nous connaissons Dieu, plus nous en savons sur qui l’homme est en réalité, plus nous pourrons comprendre ce que veut dire être à la ressemblance de Dieu4. La Bible nous enseigne beaucoup sur Dieu et sur nous-même et ainsi sur comment nous pouvons Lui ressembler. En croissant dans la connaissance de Dieu, de sa Parole et de sa création, nos pensées se transforment de plus à la ressemblance des pensées de Dieu.

Regardons maintenant d’autres aspects en lien avec notre passage du début. On pourrait se demander si la chute a fait en sorte que cette caractéristique de l’image de Dieu n’est plus présente chez l’homme. Quelques passages bibliques nous aident à voir que l’image de Dieu réside encore en nous, bien que celle-ci ne soit plus parfaite. En parlant de la langue, Jacques 3.9 dit :

Par elle nous bénissons le Seigneur notre Père, et par elle nous maudissons les hommes faits à l’image de Dieu. [5] (Jacques 3.9)

Ce passage du Nouveau testament parle de pécheurs qui maudissent les hommes, ce qui est un résultat de la chute. Les hommes que nous maudissons sont non seulement des humains, mais des humains qui portent l’empreinte de Dieu. Ici, il est question de tous les hommes et non seulement les croyants. La notion que l’homme a été fait à l’image de Dieu a encore de l’importance chez les humains que nous côtoyons aujourd’hui. Les actions opposées dans le verset rendent celui-ci encore plus ironique puisque, bien que nous bénissions Dieu avec la langue, nous le maudissons aussi par le fait de maudire notre prochain.

Pour imager le tout, prenons l’exemple du dollar canadien sur lequel se trouve l’image de la reine, qui lui est similaire et qui la représente. Bien que je n’aie jamais vu la reine en personne, j’ai une bonne idée de ce à quoi elle ressemble par le fait que j’ai souvent vu son image sur le dollar canadien. Maintenant, si la pièce d’argent se trouve à être sale et abimée (la chute), le verso de la pièce demeure néanmoins l’image de la reine, bien que l’image soit déformée et imparfaite. De même, l’homme déchu demeure image de Dieu, bien que l’image soit déformée.

Nous voyons encore plus clairement la présence du péché et de l’image de Dieu dans Genèse 9.6 :

Si quelqu’un verse le sang de l’homme, par l’homme son sang sera versé; car Dieu a fait l’homme à son image[6] (Genèse 9.6)

Clairement, le meurtre est un résultat de la chute, mais la cause pour laquelle ceci est puni par « la peine de mort » est parce qu’il reste encore assez de l’image de Dieu en l’homme. Détruire l’image de Dieu, c’est de s’attaquer indirectement à Dieu. Un certain pasteur, Daniel Durand, a déjà fait allusion à ceci lorsqu’il a donné l’exemple d’une femme africaine qui voit un miroir pour la première fois et se voit dans le miroir : trouvant l’image d’elle-même horrible, elle décide de détruire le miroir. De façon similaire, les non-croyants ne pouvant s’en prendre à Dieu directement, s’en prennent à lui par le biais de son image le plus clair et « frappant », soit, les croyants.

Reprenons l’exemple du dollar canadien : si quelqu’un décidait de marquer d’un X l’image de la reine sur chaque pièce qu’il avait et sur des photos de la reine et que celui-ci se faisait découvrir par les gardes du corps de la reine, il y aurait des conséquences assurées. Commettre du vandalisme contre la pièce de monnaie est une affaire étant donnée qu’elle ne nous appartient pas, mais de le faire spécifiquement et volontairement sur l’image de la reine est un acte encore plus grave, étant donné que c’est une attaque dirigée contre celle que la pièce représente. Pareillement, s’en prendre à l’image de Dieu, c’est s’en prendre à Dieu.

Bien qu’une partie de l’image de Dieu réside en nous, on ne reflète pas aussi bien qui Il est comme on le faisait avant la chute. Dans notre vie ici-bas, les croyants sont appelés à grandir progressivement à la ressemblance de Dieu comme nous pouvons voir dans Colossiens 3.9-10 :

Ne mentez pas les uns aux autres, vous étant dépouillés du vieil homme et de ses œuvres, et ayant revêtu l’homme nouveau, qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé. (Colossiens 3.9-10)

La restauration de l’image de Dieu en nous, les croyants, se fait par le renouvellement de l’intelligence, en délaissant notre nature pécheresse. En grandissant en maturité chrétienne, nous rétablissons peu à peu l’image de Dieu en nous.

De même que nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste en Jésus-Christ, restaurant l’image prélapsaire de Dieu en l’homme. Nous voyons ceci dans 1 Corinthiens 15.47-49 dans un contexte où Paul parle de la résurrection des morts :

Le premier homme, tiré de la terre, est terrestre; le second homme est du ciel. Tel est le terrestre, tels sont aussi les terrestres; et tel est le céleste, tels sont aussi les célestes. Et de même que nous avons porté l’image du terrestre, nous porterons aussi l’image du céleste. (1 Corinthiens 15.47-49)

Nous portons l’image de Dieu imparfaitement suite à la chute dans notre corps animal, mais nous le porterons parfaitement dans notre corps spirituel lors de la résurrection des morts.

Il n’y a qu’une personne qui est l’image parfaite de Dieu comme il est dit dans Colossiens 1.15:

Il est l’image du Dieu invisible, le premier-né de toute la création. (Colossiens 1.15)

Dans la deuxième épitre aux Corinthiens au chapitre 4, Paul nous parle de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu

Si notre Évangile est encore voilé, il est voilé pour ceux qui périssent; pour les incrédules dont le dieu de ce siècle a aveuglé l’intelligence, afin qu’ils ne vissent pas briller la splendeur de l’Évangile de la gloire de Christ, qui est l’image de Dieu. (2 Corinthiens 4.3-4)

Dans le chapitre précédent, il mentionne que nous sommes transformés à la ressemblance de Christ, et ce, en utilisant l’analogie du miroir :

Nous tous qui, le visage découvert, contemplons comme dans un miroir la gloire du Seigneur, nous sommes transformés en la même image, de gloire en gloire, comme par le Seigneur, l’Esprit. (2 Corinthiens 3.18)

On voit mieux l’image d’un objet dans un miroir lorsque nous sommes dans le bon angle face à celui-ci, tout comme on voit l’image de Dieu dans l’homme selon son degré de relation (son angle) avec Lui7. Christ est en relation parfaite avec le Père et, ainsi, il est l’image et la gloire parfaite de celui-ci; nous sommes transformés en la même image, « de gloire en gloire ».

Ultimement, nous pouvons s’encourager du fait que nous sommes appelés à une restauration complète de l’image de Dieu en nous : nous avons été rachetés par Christ pour être conformes à son image comme nous l’indique Romains 8.29 :

Car ceux qu’il a connus d’avance, il les a aussi prédestinés à être semblables à l’image de son Fils, afin que son Fils fût le premier-né entre plusieurs frères. (Romains 8.29)

En tant que chrétiens, nous pouvons être assurés que nous serons de nouveau semblables à lui. Le verset 2 de 1 Jean, chapitre 3, l’exprime ainsi :

Bien-aimés, nous sommes maintenant enfants de Dieu, et ce que nous serons n’a pas encore été manifesté; mais nous savons que, lorsque cela sera manifesté, nous serons semblables à lui, parce que nous le verrons tel qu’il est. (1 Jean 3.2)

Plus nous connaissons Dieu par sa parole et par la connaissance du reflet de son image en nous, plus nous pourrons être comme Lui. Le tout sera à son comble lorsque, grâce à l’œuvre de Christ en nous, nous serons réunis en la présence de Dieu et, ainsi, nous le connaitrons tel qu’il est vraiment.

Réfléchir à notre ressemblance à Dieu peut être bénéfique8. Nous sommes la créature qui ressemble le plus à Dieu, plus que la nature, que les animaux et même que les anges. Son image en nous est là pour lui rendre gloire. En ayant le statut de l’image de Dieu, chacun représente Dieu, bien que ce soit d’une manière imparfaite pour l’instant et cette représentation devrait être traitée avec respect et dignité.

Comprendre l’image de Dieu en nous influencera notre manière de voir qui nous sommes en tant qu’humains et ce à quoi nous sommes appelés à progressivement devenir en tant que chrétiens. Ceci nous aidera aussi à savoir comment on devrait agir envers les autres. Au contraire, si nous évitons de reconnaitre l’image de Dieu en nous, nous serons portés à déprécier la valeur de la vie humaine et de traiter les autres comme n’importe quelle autre créature.

Pour les inconvertis, n’ayant pas la notion de la doctrine de l’image de Dieu en l’homme ou la niant, « leur vie ne tarde pas à perdre une partie de son sens »9. Il peut être pertinent de présenter l’évangile à partir de cet aspect : afin de retrouver le sens de la vie et être épanoui, soit retrouver notre statut prélapsaire et originel, il faut se détacher du péché qui corrompt l’image de Dieu en l’homme. De plus, notre épanouissement se trouve réellement en Christ, qui restaure l’image de Dieu en l’homme. Rappelons-nous personnellement et remémorons les autres que nous sommes faits à la ressemblance et à l’image de Dieu.

Quelques points en résumé :

L’homme postlapsaire demeure image de Dieu.

Cette caractéristique est ce qui donne la dignité à l’être humain.

Nous devons considérer tous les hommes en fonction de ceci.

Cette caractéristique sera restaurée à la glorification.

Nous devons croître dès maintenant dans cette transformation.

Luc Tessier
11 juillet 2018


1 GRUDEM, Wayne, Systematic theology, Zondervan, p. 443

2 DAMITZ, Chad: https://conformtojesus.com/2015/07/28/what-is-the-image-of-god-in-man/

3 GRUDEM, Wayne, Théologie systématique, ch. 21, p. 486-491

4 WELCH, T. Edward, Quand les hommes ont plus d’importance que Dieu, Éditions Impact, 2011, p.173-189.

5 L’accent est mis par l’auteur de la méditation.

6 Ibid.

7 ATKINSON, David, The Message of Genesis 1-11, Inter-varsity press, p. 37-38

8 GRUDEM, Wayne, Systematic theology, Zondervan, p. 449-450.

GRUDEM, Wayne, Théologie systématique, ch. 21, p. 492.

Hugo Lacasse

Partagez cet enseignement :

Share on facebook
Share on twitter
Share on print
Share on email