Fils de rédemption ou fils de la rébellion? Éphésiens 2.1-3

« Dans le texte que nous étudions ce matin, Paul exprime que ces fils de la rébellion sont animés d’un autre esprit. Pour les apôtres, tout comme pour Jésus, l’obéissance fait partie de notre identité, lorsque nous sommes en Christ (Jean 14.21; Matthieu 12.50, cf 1 Jean 5.3; 2 Jean 1.6). Elle n’est pas une option, une possibilité : elle fait partie de notre nouvelle nature. En fait, c’est ce qui caractérise les fils de la rédemption. Ils ont un cœur nouveau (Jérémie 31.31-34, cf 2 Corinthiens 6.16), ils aiment Dieu. La loi de Dieu est inscrite sur leur cœur. Il n’y a pas de fils de la rébellion dans le royaume de Dieu et il n’y en aura pas non plus. La marche selon la chair caractérise des fils de la rébellion, alors que la marche selon l’esprit caractérise les fils de la rédemption, lesquels ont reçu un Esprit d’adoption (Romains 8.15). »

 

Aujourd’hui, notre regard se portera sur le passage d’Éphésiens 2.1-4. Nous y examinerons l’antithèse exposée par Paul, entre fils de la rébellion et de la rédemption (fils d’adoption), l’autorité, car la rébellion implique la notion d’autorité, la rébellion et finalement la rédemption. Lisons le texte.

Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés, dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion. Nous tous aussi, nous étions de leur nombre, et nous vivions autrefois selon les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres… Mais Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (Éphésiens 2.1-5)

Ces quelques versets s’inscrivent dans un des textes par lequel l’apôtre explique comment Dieu a prédestiné les élus à devenir ses enfants d’adoption, héritiers de Dieu avec Christ. L’héritage et le statut d’héritiers des enfants de Dieu reviennent à quelques reprises dans l’Épître d’Éphésiens (Éphésiens 1.14; Éphésiens 1.11; Éphésiens 1.18). Ce thème se retrouve à plusieurs reprises dans les propos des apôtres (Éphésiens 1.14; Éphésiens 1.11; Éphésiens 1.18, cf Galates 4.7; 1 Pierre 1.4; Hébreux 11.7-8). L’héritier est celui qui prend part à un héritage. Ce statut d’héritier met l’accent sur les bénédictions réservées dans les cieux aux fils d’adoption que Dieu a régénérés et garde par Sa puissance pour le Salut (1 Pierre 1.3-5). 

L’antithèse

Le passage expose, par opposition à la marche des fils de la rébellion, la nouvelle marche des fils de Dieu. Nos offenses [transgressions[1]] et nos péchés, c’est la manière dont nous marchions « autrefois » (Éphésiens 2.1) : « ἐν αἷς ποτε περιεπατήσατε » (en hais pote periepatēsate), littéralement « dans lesquels vous avez autrefois marchés ». Cette formulation forme un *inclusio[2] avec la phrase « ἵνα ἐν αὐτοῖς περιπατήσωμεν » (hina en autois peripatēsōmen), « que nous devrions commencer à marcher dans eux »[3]. La marche est une métaphore commune dans l’Ancien Testament pour désigner la conduite de sa vie (cf. Exode 16.4; 1 Rois 3.14) soit selon Dieu, soit non. La phrase qui suit, « selon le train de ce monde » (Éphésiens 2.1), « du prince de la puissance de l’air » (Éphésiens 2.1) découlait de « l’esprit qui agit dans les fils de la rébellion » (Éphésiens 2.1). Ici, l’apôtre marque l’opposition entre deux manières de vivre. Sans trop m’avancer sur le sujet, car cela nécessiterait le temps que j’ai ce matin, j’aimerais néanmoins signaler que le mot qui est traduit par « train » (version Louis Segond 1910) est le même mot grec qui est traduit par « siècle » au verset 21 du chapitre précédent (Éphésiens 1.21). On pourrait traduire « selon le train de ce monde » par « Selon l’âge de ce monde [4]». Cet « âge » contraste d’une manière évidente avec « âge à venir » (Éphésiens 1.21; Éphésiens 2.7). Cela augmente le contraste entre les citoyens d’un royaume et de l’autre, celui du monde voué à la destruction et celui de Dieu, inauguré en Christ.

Au verset 11 du chapitre précédent (Éphésiens 1.11), l’apôtre mentionne :

[…] vous avez été scellés du Saint-Esprit qui avait été promis, lequel est un gage de notre héritage […] (Éphésiens 1.13-14)

Deux catégories de fils sont exposées : les fils de la rébellion et les fils adoptifs de Dieu, les fils de la rédemption. Les uns sont morts : « vous étiez mort » (Éphésiens 2.1) les autres ont été « rendus à la vie » (Éphésiens 2.5).  Ils ont une nature différente : autrefois, « nous étions par nature des enfants de colère » (Éphésiens 2.3). Les enfants de colère, ces fils de la rébellion, vivent en accomplissant les convoitises [ce qu’elle désire, convoite] de la chair et de leurs pensées. Le fils de la rédemption était comme eux avant d’être adopté.

Dans Colossiens 3.5-7, l’apôtre reprend le même thème de fils de la rébellion :

C’est à cause de ces choses [les péchés mentionnés dans Colossiens 3.5-6] que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion, parmi lesquels vous marchiez autrefois, lorsque vous viviez dans ces péchés. (Colossiens 3.6-7)

« Ces choses », ce sont les péchés mentionnés précédemment (Colossiens 3.5-6). Dans « lesquels vous marchiez autrefois, lorsque vous viviez dans ces péchés », « ces péchés » font aussi référence aux péchés mentionnés précédemment.

Il s’attend à voir une différence :

Mais maintenant, renoncez à toutes ces choses […] (Colossiens 3.8)

Encore une fois, ces choses, ce sont les péchés qu’il mentionne ensuite (Colossiens 3.8-9).

affectionnez-vous aux choses d’en haut, et non à celles qui sont sur la terre, car vous êtes morts […] (Colossiens 3.2)

Pourquoi? Parce qu’on est passé d’une nature à l’autre, de fils de la rébellion à Fils de la rédemption :

[…] vous étant dépouillés du vieil homme et de ses œuvres, et ayant revêtu l’homme nouveau, qui se renouvelle, dans la connaissance, selon l’image de celui qui l’a créé. (Colossiens 3.9-10)

Les fils d’adoption sont morts quant au péché, à leur nature rebelle, et sont devenus des hommes nouveaux. Ils servent Dieu dans un esprit nouveau.

L’apôtre démontre l’opposition qu’il y a entre les fils de la rédemption et les fils de la rébellion. Aux chapitres 4 à 6 de la lettre aux Éphésiens (Éphésiens 4.17-6.9), Paul revient sur la distinction entre les fils de la rébellion et les fils de la rédemption (Éphésiens 5.1; Éphésiens 5.6). Les fils de la rébellion désobéissent, conformément à leur nature. Les fils de la rédemption sont appelés à s’évertuer à l’obéissance, conformément à leur nouvelle nature.

Pour les apôtres, il n’y a pas de nouvelle nature sans passer de rebelle à Dieu à soumis à Dieu. Évidemment, la sanctification n’est pas instantanée, mais elle est amorcée et continuera, car leur nature a changé. Ils sont passés de la mort à la vie.

Dans Galates, Paul expose la même distinction entre le comportement des fils de la perdition et des fils de la rédemption. Cette fois encore, il énumère plusieurs mauvaises œuvres des fils de la rébellion, c’est-à-dire ceux qui n’hériteront pas le royaume des cieux et ceux qui portent le fruit de l’Esprit de Dieu qui habitent en eux (Galates 5.22, cf 1 Corinthiens 13).

Dans l’épître aux Romains, dans un passage largement mal compris et utilisé à tort par les antinomistes pour se dire « libres de désobéir à Dieu », affranchis de la loi, Paul exprime sans équivoque que ceux qui marchent selon la chair vont périr :

Si vous vivez selon la chair, vous mourrez; mais si par l’Esprit vous faites mourir les actions du corps, vous vivrez, car tous ceux qui sont conduits par l’Esprit de Dieu sont fils de Dieu (Romains 8.13-14)

L’apôtre Paul ne parle pas d’un chrétien qui désobéit, mais d’un non-chrétien, celui qui périt, qui ne persévère pas jusqu’à la fin. Ceux qui meurent ne sont pas fils d’adoption, des fils de la rédemption, mais des fils de la perdition, des fils de la rébellion. Ils sont des graines tombées dans une mauvaise terre. (Matthieu 13.1-23)

Dans le texte que nous étudions ce matin, Paul exprime que ces fils de la rébellion sont animés d’un autre esprit. Pour les apôtres, tout comme pour Jésus, l’obéissance fait partie de notre identité, lorsque nous sommes en Christ (Jean 14.21; Matthieu 12.50, cf 1 Jean 5.3; 2 Jean 1.6). Elle n’est pas une option, une possibilité : elle fait partie de notre nouvelle nature. En fait, c’est ce qui caractérise les fils de la rédemption. Ils ont un cœur nouveau (Jérémie 31.31-34, cf 2 Corinthiens 6.16), ils aiment Dieu. La loi de Dieu est inscrite sur leur cœur. Il n’y a pas de fils de la rébellion dans le royaume de Dieu et il n’y en aura pas non plus.

La marche selon la chair caractérise des fils de la rébellion, alors que la marche selon l’esprit caractérise les fils de la rédemption, lesquels ont reçu un Esprit d’adoption (Romains 8.15).

L’autorité

L’antithèse qu’avance Paul entre fils de la rébellion et fils de la rédemption implique la notion d’autorité. En effet, il n’y a pas de rébellion sans autorité. Pour qu’il ait rébellion, il faut qu’il y ait autorité. Par définition, la rébellion est l’action de se rebeller. C’est une action qui est posée en désobéissance à l’autorité, une insubordination. Sans notion d’autorité et de subordination, la notion de rébellion n’existe tout simplement pas.

Il y a de nombreuses relations d’autorités dans le monde. Il y en a également plusieurs dans la Parole. Celle qui régit toutes les autres, c’est l’autorité de Dieu.

Comme créateur des cieux et de la Terre, Dieu possède tout ce qu’elle contient (Psaumes 24.1, cf Psaumes 89.12). Les termes « Seigneur », qu’on retrouve dans la Parole, font référence à sa souveraineté sur toute la création (Deutéronome 10.17), alors que le nom de Dieu « Shaddaï » ou « El Shaddaï » fait référence sa Toute-Puissance. Son autorité découle du fait qu’il en est le créateur et qu’il peut en disposer selon sa volonté (voir Romains 9.19-21, cf 2 Chroniques 20.6; Job 9.2; Daniel 4.35). Cette autorité sur la création implique l’autorité sur les créatures. La souveraineté de Dieu, implique qu’il est au-dessus de tout et qu’il n’est limité par aucun autre[5]. Dieu détient l’autorité et le pouvoir de l’exercer. La Bible ne cherche pas à fournir des preuves de l’existence de Dieu : elle l’assume et l’affirme de manière indiscutable, ainsi qu’elle affirme que chaque homme a reçu suffisamment pour reconnaître l’existence de Dieu, par la nature (Psaumes 19.2), dans sa conscience (Romains 2.14-15) et la pensée de l’éternité dans son cœur (Ecclésiaste 3.11). En tant que Parole de Dieu, l’Écriture est revêtue de l’autorité de son auteur divin. Lorsque Dieu parle, l’homme, qu’il le veuille ou non, est sous cette autorité. En tant que Dieu souverain sur toute la création, toutes choses sont assujetties à sa volonté. Il va de soi que nous devons nous soumettre à sa volonté, car il souverain. Il détient l’autorité et la domination.

La rébellion

La rébellion est l’acte de se rebeller à l’autorité établi. Elle se manifeste par le rejet et la transgression des directives établies par l’autorité en place.

En Genèse, lors de la chute, Dieu donne une directive à l’homme de ne pas manger le fruit (Genèse 2.16). Ce dernier désobéit à la directive établie et mange le fruit (Genèse 3.6). À ce moment même, Adam s’est rebellé contre Dieu en refusant d’obéir à ses directives et en faisant ce qui lui avait été défendu. C’est un peu comme si l’homme se disait : « Je ne suis pas d’accord avec la consigne de Dieu, je veux devenir comme un Dieu et connaitre le bien et le mal. » Que le serpent l’ait suggéré à la femme et la femme à l’homme n’y change rien.

Remarquons une chose ici : tout comme un enfant qui ne connaît pas la douleur qui résulterait de mettre sa main sur le rond d’un poêle, dont son père veut le protéger en lui défendant, l’homme n’était pas en mesure d’apprécier la conséquence de sa désobéissance, car il ne connaissait point le mal comme il l’a connu ensuite. L’autorité de Dieu le préservait d’avoir à subir le péché et d’en connaître les tréfonds.

La rébellion, comme nous l’avons mentionné plus tôt, est l’acte de se rebeller contre l’autorité établi. En soi, la rébellion débute au niveau du cœur, de l’attitude à l’égard de l’autorité. Elle engendre l’acte par lequel elle se concrétise, c’est-à-dire la désobéissance, la transgression. Lorsqu’il y a rébellion, il y a toujours une différence entre la volonté de l’autorité et la volonté du subordonné. Le premier veut que le second fasse ou ne fasse pas quelque chose, alors que le second veut faire le contraire. L’obéissance n’implique pas d’être en accord pour choisir d’obéir. C’est notre attitude rebelle qui engendre notre désobéissance. Que nous soyons en accord ou non ne change pas l’existence de l’autorité.

La rébellion se manifeste dans différentes sphères de notre existence. Par nature, nous sommes rebelles. L’homme déchu est fils de la rébellion (Éphésiens 2.2).

Vous étiez morts par vos offenses et par vos péchés, dans lesquels vous marchiez autrefois, selon le train de ce monde, selon le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion. Nous tous aussi, nous étions de leur nombre, et nous vivions autrefois selon les convoitises de notre chair, accomplissant les volontés de la chair et de nos pensées, et nous étions par nature des enfants de colère, comme les autres […] (Éphésiens 2.1-3)

Les vains discours qui cherchent à contourner ou à justifier la désobéissance ne changent pas l’existence de l’autorité et la responsabilité de s’y soumettre.

Que personne ne vous séduise par de vains discours; car c’est à cause de ces choses que la colère de Dieu vient sur les fils de la rébellion. N’ayez donc aucune part avec eux. Autrefois vous étiez ténèbres, et maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Marchez comme des enfants de lumière! (Éphésiens 5:6-8)

La rébellion de l’homme à l’égard de Dieu et de ses instructions est manifeste tout au long de l’Écriture. La démarche du peuple d’Israël, de l’exode au retour de Christ le met en évidence d’une manière immanquable[6].

Remarquez l’attitude d’Adam et d’Ève. Adam jette le blâme sur la femme et sur Dieu : « la femme que tu as mise auprès de moi » (Genèse 3.12). Ève rejette le blâme sur le serpent (Genèse 3.13). Tous ceux qui sont parents reconnaissent ici une similitude avec les enfants pris en tort. Ce n’est pas ma faute, c’est la faute de ci, de ça, de lui, d’elle… Le rebelle ne reconnaît pas sa faute : il tient les autres pour responsables.

Dans son livre sur l’assurance du Salut, Pascal Denault exprime : « L’homme animal c’est “l’homme laissé à sa seule nature” (TOB); de tels hommes ne connaissent pas Dieu et ils considèrent que les voies de Dieu sont une folie parce qu’ils “ont l’intelligence obscurcie, ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l’ignorance qui est en eux, à cause de l’endurcissement de leur cœur” (Éphésiens 4.18). [7]»

La rédemption

Regardons maintenant la rédemption que nous avons en Christ. « Effectuer une rédemption, c’est libérer d’un asservissement des êtres humains, animaux ou biens, au moyen d’une aide extérieure.[8] » C’est donc dire que, lorsqu’un chrétien a part à la rédemption, il est libéré de l’asservissement de l’esprit qui agit sur les fils de la rébellion (Éphésiens 2.2). Il a été affranchi de l’esclavage du péché. Ainsi, affranchi du péché, le fils de la rédemption marche en nouveauté de vie, à l’image de Christ, de progrès en progrès, dans la sanctification.

Le modèle de Christ

Le modèle à suivre, Christ, a fait la volonté du Père (Jean 4.34; Jean 5.30; Jean 6.30). Il voulait en effet se soumettre à la volonté du Père et accomplir Sa volonté. Voilà comment Paul nous rapporte l’obéissance de Christ à la Volonté du Père et nous exhorte à l’imiter :

Ayez en vous les sentiments qui étaient en Jésus-Christ, lequel, existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu, mais s’est dépouillé lui-même, en prenant une forme de serviteur, en devenant semblable aux hommes; et ayant paru comme un simple homme, il s’est humilié lui-même, se rendant obéissant jusqu’à la mort, même jusqu’à la mort de la croix. (Philippiens 2.5-8, cf Philippiens 3.17; 1 Corinthiens 11.1; 1 Corinthiens 4.16; 1 Thessaloniciens 1.6)

La soumission n’a pas à impliquer que la volonté de l’autorité soit conforme à la volonté du subordonné. Elle peut impliquer une dissonance entre les volontés impliquées. Il se peut que la volonté de celui qui détient l’autorité entre en conflit avec la volonté de celui qui doit s’y soumettre. Il est important de bien saisir cela, car c’est souvent en raison de notre désaccord avec la volonté de l’autorité que nous cherchons à nous esquiver d’avoir à obéir. Bien que Christ désirât accomplir la volonté de son Père (Jean 6.30; Jean 6.38; Luc 22.42; Matthieu 26.39; Matthieu 26.42), il s’agissait de quelque chose de difficile à accomplir : il allait devoir subir le mépris, le rejet, la tentation et être mis à mort par ceux qui lui étaient inférieurs et subordonnés. Dans l’exemple de Christ, nous trouvons un exemple modèle de soumission à la volonté du Père. De plus, la soumission de Christ a impliqué de ne pas exercer son autorité sur ses subordonnés, par amour, afin de les racheter.

La rédemption triomphe de la rébellion

Plus tôt, nous avons vu que la rédemption nous affranchit de l’esclavage. Celui qui est né de Dieu cherche à accomplir la Volonté de Dieu. Chers frères, sœurs, auditeurs, auditrices, si vous ne voulez pas faire la volonté de Dieu, j’ai bien peur que vous deviez vous poser des questions. La Parole enseigne sans détour que ceux qui entreront dans le royaume des cieux sont ceux qui mettront en pratique la volonté de Dieu (Matthieu 7.21; Matthieu 12.50; Marc 3.35; etc.). Nous sommes appelés, en tant que chrétiens, à combattre notre rébellion à la volonté de Dieu. Pour ce faire, nous devons laisser sa Parole dominer nos vies et l’accepter, telle qu’elle est : la Parole de Dieu. C’est Sa volonté et non la nôtre qui prime. Si nous n’acceptons pas ça, nous n’avons pas compris ce qu’est l’Évangile et nous ne sommes pas repentants pour notre péché et pour notre rébellion.

Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait. (Romains 12.2)

C’est pourquoi ne soyez pas inconsidérés, mais comprenez quelle est la volonté du Seigneur. (Éphésiens 5.17)

Ce qui est merveilleux, c’est qu’en opérant notre rédemption, Dieu nous affranchit de l’esclavage du péché et nous a donné une nouvelle nature. Cette nature cherche à mettre en pratique la Volonté de Dieu. Elle aime la loi de Dieu.

Dans notre relation avec les autorités établies par Dieu, la rédemption s’applique afin de nous restaurer et de nous conduire dans la conformité au plan de Dieu. En réalité, elle va directement à l’encontre de notre nature.

La rédemption et la soumission aux autorités

Les apôtres enseignent aux chrétiens à se soumettre aux autorités : aux dirigeants (Hébreux 13.17; 1 Corinthiens 16.16; 1 Thessaloniciens 5.12; 1 Timothée 5.12; 1 Pierre 5.5), à ses parents (Éphésiens 6.1; Colossiens 3.20), aux autorités publiques (Romains 13.1; Tite 3.1), à son maître [aux esclaves] (Éphésiens 5.6-9; Colossiens 3.22; Tite 2.9; 1 Pierre 2.18; 1 Timothée 6.1-2), à leur mari [aux femmes] (Éphésiens 5.22-23; Colossiens 1.18; 2 Pierre 3.1; 2 Pierre 3.5, cf 1 Corinthiens 14.34; 1 Timothée 2.11-12) et de les respecter (Éphésiens 5.33).

La soumission que Dieu demande aux rachetés est le contraire de leur nature rebelle. Il ne s’agit pas de savoir si les situations d’esclavage ou de mauvais comportements de la part des autorités sont justifiées ou acceptables, mais d’obéir à Dieu. N’oubliez pas que vous être citoyens d’un royaume qui n’est pas de ce monde et que vous êtes pèlerins dans un monde qui n’est pas le vôtre. Il ne s’agit pas de se soumettre volontairement à ce que nous considérons comme acceptable, mais de se soumettre volontairement avec une bonne disposition du cœur, même quand la soumission nous coûte quelque chose, à l’image du Christ.

La rédemption s’applique également dans l’exercice de l’autorité. La parole demande à ceux qui exercent de l’autorité d’en user avec sagesse. Ils auront des comptes à rendre sur la manière dont ils ont exercé leur autorité. Les dirigeants doivent ne pas négliger leurs responsabilités et exercer leur autorité avec bienveillance (1 Pierre 5.2-3; Actes 20.28), les maris doivent bien traiter leur femme et de les aimer comme Christ a aimé l’Église (Éphésiens 5.25; Éphésiens 5.28; Éphésiens 5.33; 1 Pierre 3.7), les maîtres doivent bien traiter leur esclave (Colossiens 4.1), les pères doivent ne pas irriter leur enfant (Colossiens 3.21; Éphésiens 6.9, cf Lévitique 25.43).

Une erreur courante

Égalité ne veut pas dire abolition de la subordination.

Lorsqu’on parle d’autorité, il est implicite qu’une forme de hiérarchie est présente. La hiérarchie quant à elle implique qu’il y a des rapports de subordination ou des personnes sont sous l’autorité d’autres. En d’autres mots, il y a des distinctions dans l’attribution des pouvoirs. Certains donnent des directives et d’autres les observent… ou non. Une personne qui désobéit transgresse une directive. Dans toute obéissance et désobéissance, il y a deux volontés impliquées : celle de l’autorité qui donne la directive et la volonté du subordonné, qui se manifeste au travers ses actions. Il se peut que, bien qu’aucune action ne soit entreprise, la personne soit rebelle et qu’elle n’ait pas encore eu l’occasion de se concrétiser en action sa rébellion.

Vous vous demandez peut-être pourquoi je dis tout ça, mais en réalité, c’est très important de comprendre. Une des erreurs les plus courantes et les plus répandues dans l’interprétation de l’Écriture, tout comme dans la communication, est d’attribuer des significations aux mots qui ne les ont pas. Une erreur fréquente est d’opposer la notion d’égalité à la notion d’autorité. Est-ce vrai qu’être égaux n’implique pas de subordination? Regardons l’exemple par excellence, celui de Christ, pour démontrer qu’il s’agit d’une conception erronée :

Jésus est égal à Dieu :

lequel [Christ], existant en forme de Dieu, n’a point regardé comme une proie à arracher d’être égal avec Dieu (Philippiens 2.6, encart ajouté; cf Jean 5.18; Jean 10.33)

Pourtant, il lui est subordonné :

Dieu, en effet, a tout mis sous ses pieds. Mais lorsqu’il dit que tout lui a été soumis, il est évident que celui qui lui a soumis toutes choses est excepté. Et lorsque toutes choses lui auront été soumises, alors le Fils lui-même sera soumis à celui qui lui a soumis toutes choses, afin que Dieu soit tout en tous. (1 Corinthiens 15.27-28, cf Hébreux 2.8; Éphésiens 1.22; Psaumes 8.6; Daniel 7.14; Matthieu 11.27; Matthieu 28.18)

Nous n’entrerons pas dans les détails trinitaires ici, le temps nous manquerait, mais nous notons néanmoins qu’il y a une relation de subordination entre Jésus et le Père, bien qu’ils soient tous les deux un seul Dieu.

Il est donc faux de prétendre qu’égalité veut dire qu’il n’y a pas de lien de subordination. Être égal ne signifie pas qu’il n’y ait personne qui soit en autorité sur nous. Tout comme Christ est égal au père, en Christ nous sommes tous égaux. Cela ne veut pas dire pour autant qu’il n’existe pas de subordination ou de lien hiérarchique.

L’application de la rédemption sur la relation mari/épouse

Dans le monde aujourd’hui, comme dans de nombreuses églises, la soumission de la femme à l’homme est un sujet difficile et controversé. Nous l’aborderons brièvement, car en tant que jeune gens, bientôt, vous serez dans des étapes de vos vies où vous serez confrontés à la difficulté d’obéir à ce qui contrarie votre volonté dans votre relation de couple. Nous discuterons donc de l’aspect homme/femme, dans la perspective biblique, dans le contexte de la chute et de la rédemption. L’argument de l’égalité, dont nous avons discuté plus tôt, est évoqué par les égalitariens pour justifier le rejet d’un enseignement de subordination dans la relation mari/épouse. Cet argument est invalide et repose sur un présupposé du monde auquel ils ne veulent pas renoncer. Ceux-ci s’appuient sur :

Il n’y a plus ni Juif ni Grec, il n’y a plus ni esclave ni libre, il n’y a plus ni homme ni femme; car tous vous êtes un en Jésus-Christ. (Galates 3.28, cf Colossiens 3.11)

Cet argument, utilisé par les égalitariens, est invalide. Tout d’abord, si on devait le considérer de la manière dont ils le prétendent, cela voudrait également dire qu’il n’y a aucune distinction de rôle entre les individus qui sont à Christ. Si cela s’avérait exact, cela voudrait également dire que les enfants n’ont aucun lien de subordination aux parents. De plus, cet enseignement contredit un grand nombre d’autres textes. Les égalitariens font valoir que les autres textes sont contextuels et découle de la culture dans un monde déchu et non du plan divin de Dieu pour l’homme et la femme, afin de rejeter les autres textes qui sont explicites à ce sujet. En effet, ces textes font remonter la relation hiérarchique à l’ordre créationnel (1 Corinthiens 11.3-16) qui précède la chute dont l’ordre n’a pas changé par la chute. Plus précisément, la malédiction (Genèse 3.16) qui survient après la chute amplifie la difficulté dans la relation établie par Dieu, mais elle n’abolit pas l’ordre créationnel. Par ailleurs, l’ordre prend également appui sur la relation entre l’Église et Christ (Éphésiens 5.23), relation qui demeure et demeurera subordonnée, dans la vie présente comme après les siècles à venir. Les égalitariens confondent « dominer » et « autorité ». L’autorité est un fait établi, alors que dominer est imposer son autorité. Christ peut dominer, mais à sa première venue, il est venu pour sauver, non pour dominer et juger les rebelles. Cependant, un jour, il le fera. L’homme est appelé à aimer sa femme comme Christ a aimé l’Église; la femme, à se soumettre à son époux, comme l’Église le fait à Christ. Il ne s’agit pas ici de se trouver une excuse pour le faire imparfaitement, comme l’Église, mais d’embrasser le plan de Dieu. La rédemption triomphe de la malédiction et nous sommes appelés à en triompher également, pas à la laisser gouverner nos vies. Les égalitariens laissent la philosophie du monde dicter ce qu’ils acceptent ou non, en rébellion à l’enseignement de la Parole de Dieu sur le sujet. Les tentatives exégétiques qui ont pour objectif de démontrer leur point sont non seulement insatisfaisantes sur ce plan, elles sont également ancrées dans un présupposé étranger à la Parole de Dieu. Il ne s’agit de rien d’autre que de se révolter contre Dieu et, par conséquent, contre Sa Parole. Se révolter contre Dieu, c’est la nature des fils de la rébellion, pas celle des enfants de Dieu. Je vous encourage donc à ne pas laisser les faux enseignements qui circulent à ce sujet devenir des pierres d’achoppement pour vous. Il en va de même pour tous les enseignements qui ont pour seul but de vous confirmer que vous avez raison d’être rebelles à ce qui vous dérange dans l’enseignement biblique.

L’application de la rédemption dans la relation avec les autorités dans l’église

Comme nous l’avons vu précédemment, la Parole nous enseigne à nous soumettre aux dirigeants.

Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage.[9] (Hébreux 13.17)

Ayez vous aussi de la déférence pour de tels hommes, et pour tous ceux qui travaillent à la même œuvre. [10] (1 Corinthiens 16.16)

Le mot ici traduit par « déférence » est « ὑποτάσσω » (hupŏtassō), signifiant littéralement « se subordonner », « obéir », « se soumettre aux ordres de quelqu’un ». Lorsqu’il dit « [avoir] de la déférence pour de tels hommes », il fait référence à « ceux qui travaillent à la même œuvre. », faisant référence à la famille de Stéphanas qui « s’est dévouée au service des saints » (1 Corinthiens 16.15-16). 

Dans une autre épître, Paul exprime, encore concernant ceux qui dirigent :

Nous vous prions, frères, d’avoir de la considération pour ceux qui travaillent parmi vous, qui vous dirigent dans le Seigneur, et qui vous exhortent. Ayez pour eux beaucoup d’affection, à cause de leur œuvre. (1 Thessaloniciens 5.12)

Finalement, dans la première épître à Timothée, il écrit :

Que les anciens qui dirigent bien soient jugés dignes d’un double honneur, surtout ceux qui travaillent à la prédication et à l’enseignement. (1 Timothée 5.17)

L’apôtre ne mentionne pas ce sujet sans raison. Déjà, à son époque, le problème de manque de considération et de rébellion est présent. Les épîtres sont toutes des lettres d’instructions et d’exhortations pour l’église afin qu’elle demeure dans l’Évangile. L’apôtre, à l’instar des autres dirigeants, était déjà confronté à la rébellion dans l’église. On le voit d’une manière très explicite dans les épîtres au Corinthiens (par exemple, 2 Corinthiens 10.10-12).

Si on revient au texte de l’épître aux Hébreux (Hébreux 13.17), Paul exprime :

Obéissez à vos conducteurs et ayez pour eux de la déférence, car ils veillent sur vos âmes comme devant en rendre compte; qu’il en soit ainsi, afin qu’ils le fassent avec joie, et non en gémissant, ce qui ne vous serait d’aucun avantage. (Hébreux 13.17)

Les autorités que Dieu a instituées dans l’église veillent sur vos âmes pour vous conduire jusqu’à la fin, dans la cité céleste. Certes, il peut arriver que ce ne soit pas plaisant, mais n’oubliez pas qu’en vous rebellant à l’autorité établie par Dieu et à laquelle il nous demande de se soumettre dans sa Parole, c’est envers Dieu que vous vous rebellez.

La rédemption dans vos vies?

Pour faire suite à ce que nous venons de voir, j’aimerais vous demander : la rédemption s’applique-t-elle dans vos vies? Êtes-vous sous le contrôle d’une nature rebelle? Vos pensées cherchent-elles à justifier cette rébellion, la rendre acceptable à vos yeux ou aux yeux des autres? Cherchez-vous à vous donner raison d’être rebelles?

La soumission est une des plus grandes difficultés auxquelles vous aurez à faire face. La première chose à savoir, quant à la rébellion, c’est si vous appartenez réellement à Christ. Vous ne pouvez porter du bon fruit si vous n’avez pas un cœur nouveau. Si vous appartenez à Christ, ce n’est pas accomplir votre volonté qui est au centre de vos actions, mais accomplir la volonté de Dieu. Pour reprendre les propos de Pascal Denault : « la preuve que Christ a pris notre vie est la vie nouvelle que nous recevons et qui se manifeste par le fruit de l’Esprit ». Vous savez quoi ? Il a raison !  Si vous ne Lui appartenez pas, c’est en vain que vous porterez des fruits. Bien que vous puissiez vous croire chrétiens et que vous tentiez d’agir comme tels, vous serez comme ceux que le Seigneur rejette dans l’enseignement de Jésus :

Tout bon arbre porte de bons fruits, mais le mauvais arbre porte de mauvais fruits. Un bon arbre ne peut porter de mauvais fruits, ni un mauvais arbre porter de bons fruits. Tout arbre qui ne porte pas de bons fruits est coupé et jeté au feu.  C’est donc à leurs fruits que vous les reconnaîtrez. Ceux qui me disent : Seigneur, Seigneur! n’entreront pas tous dans le royaume des cieux, mais celui-là seul qui fait la volonté de mon Père qui est dans les cieux. Plusieurs me diront en ce jour-là : Seigneur, Seigneur, n’avons-nous pas prophétisé par ton nom? n’avons-nous pas chassé des démons par ton nom? et n’avons-nous pas fait beaucoup de miracles par ton nom? Alors je leur dirai ouvertement : Je ne vous ai jamais connus, retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité. (Matthieu 7.17-23)

Ces gens croient visiblement être à Christ. Ils se réconfortent dans leurs œuvres pour Christ. Pourtant, ils ne lui appartiennent pas. Ils sont encore dans l’esclavage du péché. Ça nous est confirmé lorsque Jésus leur dit : « retirez-vous de moi, vous qui commettez l’iniquité ». Dans un des passages les plus mal compris du Nouveau Testament, Paul exprime que lorsque nous étions encore dans la chair, les passions des péchés nous faisaient porter des fruits pour la mort :

Car, lorsque nous étions dans la chair, les passions des péchés provoquées par la loi agissaient dans nos membres, de sorte que nous portions des fruits pour la mort. Mais maintenant, nous avons été dégagés de la loi, étant morts à cette loi sous laquelle nous étions retenus, de sorte que nous servons dans un esprit nouveau, et non selon la lettre qui a vieilli. (Romains 7.5–6)

Lorsqu’il exprime que nous servons selon un esprit nouveau, c’est en relation à l’obéissance au commandement de Dieu. Ce n’est plus par esprit de rébellion ou pour y trouver la justification, chose impossible à l’homme, mais parce que Dieu nous a justifiés en Jésus-Christ!

Si vous ne vous êtes jamais réellement repentis de vos péchés et n’avez jamais réellement eu foi en Christ, vous tenterez toute votre vie d’accomplir une vie qui vous est impossible. Plus encore, vous aurez sacrifié des plaisirs du monde, alors que vous étiez du monde, pour n’obtenir aucun Salut.

Mon but, aujourd’hui, n’est pas de vous faire douter de votre Salut, si vous êtes sauvés, bien évidemment. Il est plutôt de vous amener à vous demander si vous l’êtes vraiment. Si c’est le cas, cela devrait être visible dans votre vie pour les gens de l’extérieur, mais plus important encore, cela devrait être visible pour vous-mêmes dans votre vie, non par vos actions, mais par le cœur que vous avez pour obéir à Dieu et à sa Parole. Cela ne fera pas disparaître les difficultés et les combats que vous aurez, mais changera radicalement la disposition que vous aurez à mener ce combat.

Pour ceux et celles qui sont certains d’appartenir à Christ, ma question est : jusqu’à quel point faites-vous confiance à Christ pour vous soumettre à la volonté de Dieu, quelle qu’elle soit pour vos vies? Êtes-vous prêts à le laisser dominer toutes les sphères de votre vie?

Embrasser le plan de Dieu

Il y a deux pièges dont j’aimerais vous mettre en garde ici. Le premier, très répandu, est de croire que, puisque de nombreuses interprétations existent, la vérité est relative. C’est complètement faux. Il s’agit en fait d’une excuse pour ne pas rechercher ce qui est vrai. Que plusieurs arrivent à des conclusions différentes ne change pas le fait qu’il y ait une vérité absolue. Généralement, cet argument est invoqué soit pour justifier de ne pas chercher la vérité ou pour mettre fin à un échange dans lequel deux parties n’arrivent pas à la même conclusion. C’est une idéologie qui vient du monde, le relativisme, mais qui n’a pas sa place chez des gens qui professent croire en la vérité. Le second, c’est de chercher à interpréter la Parole de Dieu autrement, lorsqu’elle vous offusque ou porte atteinte à vos considérations, de mettre en œuvre votre rationalisation, vos vaines pensées, afin de vous dégager d’y obéir. C’est un piège dans lequel beaucoup sont emportés, car il n’arrive tout simplement pas à accepter la volonté de Dieu transmise dans sa Parole. Modifier le sens d’un texte à l’aide de techniques d’interprétation ne change pas le sens du texte et, surtout, ne change pas la volonté de Dieu. Il s’agit de subversion. Ne tombez pas dans le panneau de contredire Dieu parce que vous n’êtes pas prêts à accepter sa volonté. Les grands perdants, ce sera vous et non lui.

Hugo Lacasse,
19 mai 2019

 

[1] L’usage des deux termes vient mettre l’accent sur les actes de désobéissances délibéré et non délibéré. (voir Ephesians : Evangelical Exegetical Commentary – EEC Eph, S.M. Baugh)

[2] Un inclusio est un dispositif littéraire d’encadrement par lequel le même mot ou la même phrase apparaît au début et à la fin d’une unité linguistique.

[3] ἐν αἷς ποτε περιεπατήσατε (en hais pote periepatēsat), « dans lequel vous avez autrefois marché. » « Marcher dans » (περιπατέωἐν, peripateō en) se trouve au début et à la fin d’Éphésiens 2.1-10 pour unifier le passage en tant qu’inclusio. Un verbe grec plus commun pour communiquer la conduite de la vie est ναστρέφω (anastrephō), que Paul utilise dans Éphésiens 2.3, évitant ainsi d’utiliser περιπατέω (peripateō), ce qui aurait interféré avec l’inclusio d’Éphésiens 2.1 et d’Éphésiens 2.10. Le fait est que le public de Paul, avant leur conversion, était volontairement engagé dans des modes de vie consacrés à violer de manière rebelle la Sainte Loi de Dieu, non seulement des erreurs occasionnelles ou des faiblesses (cf. Éphésiens 4.17; Romains 7.12; Romains 11.30; Colossiens 3.7; 1 Jean 1.6-10). S. M. Baugh, Ephesians : Evangelical Exegetical Commentary, eds. Wayne H. House, Hall W. Harris III, and Andrew W. Pitts, Evangelical Exegetical Commentary, (Bellingham, WA: Lexham Press, 2015), 139-140

[4] Ibid, p.139. « l’âge de ce monde » fait référence au système mondial déchu dominé par des « convoitises charnelles » (Éphésiens 2.3) et les chrétiens ne doivent pas s’y conformer (Romains 12.2). Voir l’analyse faite par S. M. Baugh à ce sujet.

[5] « souverain », Le Petit Robert Micro, p. 1359

[6] Notons, par exemple, qu’après que Dieu eût donné la loi à Moise, avant qu’Israël n’entre en Terre promise, il lui dit que le peuple n’avait pas obéi jusque-là parce qu’il ne lui avait pas « donné un cœur pour comprendre, des yeux pour voir, des oreilles pour entendre » (Deutéronome 29.4). Les prophètes annoncent ce nouveau cœur, la loi écrite sur celui-ci, à de maintes reprises dans l’Ancien Testament et ce sujet est repris dans le Nouveau Testament pour l’appliquer à la réalisation de la promesse en Christ (Jérémie 24.7; Jérémie 31.33; Jérémie 32.39-40; Ézéchiel 11.19, cf Romains 11.27; 2 Corinthiens 3.3; Hébreux 8.10; etc.) Notons également que Moise n’entre pas, parce qu’il avait été rebelle (Deutéronome 3.23-27; Deutéronome 32.48-52). La rébellion est attachée au cœur de l’homme.

[7] Pascal Denault, Le côté obscur de la vie chrétienne, p. 68.

[8] « rédemption », Dictionnaire de Théologie Biblique, p.854

[9] Louis Segond, La Sainte Bible (Oak Harbor, WA: Logos Research Systems, Inc., 1996), Hébreux 13.17.

[10] Louis Segond, La Sainte Bible (Oak Harbor, WA: Logos Research Systems, Inc., 1996), 1 Corinthiens 16.16.

Hugo Lacasse

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